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SOS crampons, soukn
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un chene. (D'aprts un
photograph
M. Takasima
, iLlb^
e Japona
s 4 rtcole forestiire.)
pieces dans teur chute et en d^priicler le d^bit comme bois de fente et de sciage, on a pris Thabilude de les tron^onner sur pied en billes de 4 fi 6 metres de longueur (Gg. 61 et 62). Les coupes d'cclaircies peuvent elre exploitees indilTeremment en toule saison, et meme, si Ton a interSt k 6viler la production des rejets, il vaudra mieux faire I'abalage en ete. Dans les bois feuillus, pourlant, on prefere la satson d'hiver, parce qu'alors les bilcherons travaillent a meilleur march^, et aussi parce que lea menus bois coupes avec leurs feuilles se fa^onnent moins bien et moins proprement que ceux qui en sent ddpourvus; c'est fe qui fait que les fagots feuilles
DOHHAGES CAUSES PAR L'HOHME. 263
passent, avec raison, pour avoir et^ coupes en d£Iit, et lea honnSles gens ne les achetent pas.
Aussitdt 3pr6s leur chule, les arbres sont d^coupes suivant le genre du d^bil qu"ils comportent. Lea divers produits ainsi obtenus sont ensuite rassembles et disposes defagon !) encombrer le moins possible le parterre des coupes, en attendant qu'on vienne les en lever,
Dans Tenceinte des ventes,,le debit des bois ne doit pas
Fig. 83. — Trohvonnenieiild^un orbresur pieil,f.>rctdc Belleme (Ome), il'liotograpliie do M. J. Gt-orge.)
etre pouss^ au dela de la fomie d'un premier fa(;onna,ge krul; indispensable pour qu'on puisse en faire Tenlevemenl et pour en r^duire les poids par la dessication. 11 ne faut jamais y tolirer I'inslallalion de chantiers destines a transformer la matiere premiere en produils fabriquds lels que : sabots, merrains, (5chalas, sciage, etc, . . Cette coutume ramfine chaque ann^e, en for^t, toute une population ouvrifere qui s'inslalle pendant plusieurs mois sur les points qui demanderaient h 6tre le mieu\ garanlis; non seulement les places d'atelier sont lassies par la fr^quentalion des ouvriers et de
264 EXPLOITATION* ET PBOTECTION DES FOHEIS.
leor famillc, mais le pii^tinement exerce portoul son influence fdcheuse et les regenerations les micux assur^es ne lui survivent pas. C'est & de pareils abus qu'on doit, dans line certaine mesure, altribuer la desLrucLion de belles fuLaies de chene, oil de maigres r^g^n^rations artificiellea en pin aylvesire succedent aux peuplements les plus riches.
Quoi qu'il en coiite, il faut faire cesser un tel ^tat de chosea. Hien n'est plus simple que de determiner, dans
chaque s^rie, un certain nombre de places bien choisies qui seronl consacr^es, d'une mani^re permanente, & I'installation dee chanliers de d^bit. Le proprietaire de la foret pourrail ainei faire la depense de baraquements loues aux adjudicataires; cettc premiere mise de fonds serait bien tot couverte su grand profit de tout le monde, L'emploi, pour le d^bardage, de petits chemins de fer ou porteurs Decauville, faciliterait consid6rab!ement les ameliorations & inlroduire dans des habitudes funcstes, enracin^es depuis des siecles.
Le transport des produtU hors des coupes se fait h dos
DOMMAGES CAl'SES PAB l' HOMME, 265
d'homme oil b. la brouetle, pour les boia de chaufTage et les pieces de faibles diniengions ; au moyen de charlols, d'avanltrains ou de Iraineaux pour les bilks trop grosses pour 6lre mani^es h bras d'homme. Tous ces proc^diis peuvent 6tre mis avanlageuscmcnt en pratique suivant Ics cas, ct les inconvdnienls qu'ils pr^senlent sonl proportidnn^s k rintelligence, au bon vouloir et k I'adresse des charreticrs; on doil ausst
rig. 6i. — EmpilaBc de planches de sapin. scierie du Grand-Rou4 (Vosges), (Photographie de M. J. George.)
lenir comple des dommageg causes au jeune recru, qui augmentent avec la longueur sous laquelle les pifeces de service sonl maintenues.
Le trainage ou glissage direct dcs tronces sur le sol, qui d^piace la couverlure el commence les ravinements, doit eire proscrit, aulant que possible, des coupes principales. Nous en dirons aulant du litn^age, fOt-il am^lior^ par les couloirs creusiis en cuvette en vue de dinger les billes dans leur chute. C'est eeulement dans la grande monlagne que ces procedds primitifs seront toler^s cl cela ue sera jamais
266 EXPLOITATION ET PHOTECTION DES tORETS.
Bans dommagea; car on sail combien de billes bondissent hora dulanpoir, et.dans leu r chute dSsordonn^e, mutilenlou brisent tout ce qu'elles rencontrent (fig. 68, A). On devra toujours leur pr^ferer le transport par traineaux sur les chemins de bois dits chemins de schlitle {fig. 65), ou, mieux encore, les cables a^riens (1). La ddpense sera gi-andement r^cuperee
Fig. 65. — Le achlittoge dans les Vosgt
par la plus-value des marchandises et la ineilleure fenue dos peuplements.
Dans les futaies feuillues, le passage des voitures ou des avant-trains ne fait pas dc dommagea aussi considerables qu'on pourrait le supposer : lea brins de semis se courbent sous lea pieds des chevaux ou sous les roues des voitures et se relevent bientfll sans parailre trop soulTrir des lesions qui leursont failes. U suffit d'^viler de faire passer plusieurs voi-
(1) E. Thi^ry. £iude »i Bei^r-LevraulL. ]B93. cjU?lei uirient, Nancy, Nicole, 1896.
Ut ptlits chemins de fer forestien. Nancy.
E. ThWry et Denionel, Les Iramporli par
DOMHAGBs cweia pah l'iiohme. 267
lures de Buite dans le mSme sillon, ce qui cr^e un vdrilable chemin baltu dans lequel lout est 6cras6. D'aiUcurs, si cela est n^ceseaire, on peut avoir recours au recepage. Quand des Boins convenables ont H6 pris, deux ou trois ans apres une coupe, le foupr6 sera compldtemcnl r^taWi sans conserver de traces bien scnsiblcs de la derniire exploitation. Dana lea forSts rdaineuscs, plus dc prdcaulions sent ndces- Baires, car les jcuncs plants dcrasda sc reinvent difricilcmcnl et
n'ont pas, commc lea fcuillua, la faculty d'i5mcttre des rejels.
D'une manicre g^mSralc, on peut dire que le dommage cauflii au pcuplemcnt par le transport des arbrcs k travera bois est proportionnci ii la lonf^ucur des billes pluLAt qu'k leur poida. Cent ainai que, dans Ics ri^giona oil Ton fabrique dc la planchc marchandc, Ics plus f^ranils sapina ou t^piccas sont d^bilds Bur place en Ironccs de 4 m6lrea, dont le Iranaport se fait facilcmcnt cl d'une fa^on inolTcnaivc (lig. C6). Tandis qu'il faut avoir vu, dans Ic Jura, les douzc li qutnze paircs de
boeufs allelees k une de ces enormes poutres dont la longueur d^passe 30 metres et deslinees aux chanliers de constructions navales de la Mediterrannee, pour comprendre les ravages que de tels convois font subir a la regeneration; sur une largeur de 4 a 5 metres, le long de leur parcours, toute la jeunesseest ecrasee^De plus, les ing^nieurs fores tiers doivent calculer les courbes de leurs routes avec un rayon suffisant pour que les prolonges puissentparco.ui'ir les tournants sans venir butter contre les talus en deblai.
Quelles que soient les essences, il est d'un interet majeur d'enlever les produits aussi rapidement que possible. Moins longtemps le parterre des coupes sera frequente, mieux s'en trouveront les peuplements; car, pour r^parer les fatigues de toute sorte qui sont la consequence necessaire d'une exploitation, la foret demande a etre au plus vite rendue k ellememe (1).
Dans les coupes de taillis, la vidange doit etre conduite plus rapidement encore que dans les futaies. Leur frequentation par les hommes et les animaux pendant la saison d'ete qui suit I'abatage, devient une cause de dommages considerables pour la regeneration ; car un grand nombre de jeunes rejets sont detruits alors qu'ils sont cassants et mal attaches. Certainement, il en repoussera de nouveaux au printemps suivant, mais les rejets de la premiere annee sont les plus abondants et les plus vigoureux ; de plus, il y a toujours un certain nombre de souches ainsi fatiguees qui ne repoussent plus. G'est h'l une des principales causes de I'appauvrissement des taillis en bonnes essences. Pour se rendre comple de ce fait, il suffit de comparer deux coupes voisines, en tout semblables et exploilees en meme temps ; dans Tune, la vidange aura 6ie terminee avant le printemps qui suit I'exploitation, tandis que, dans Tautre, cette operation se sera
(1) Avec les d^Iais de vidange admis dans la pratique de la vente des coupes sur pied, Tadjudicataire se sert pendant plus d'une annee du parterre de la vente comme d'un lieu de d^pot dans lequel il peut, au fur et k mesure de ses livraisons, prendre les produits pour les conduire directement au biicher de Tacheteur. II gagne ainsi les frais de chargement et de d^chargement qu'il subirait en les accumulant dans ses chan tiers.
DOUMAGES CAUSES PAR LIIOMME. 269
prolong6e pendant lout I'^tS suivant : la difference enlre le d^veloppement des deux regenerations est saisissante en faveur de la premiere.
Les produils des eclaircies aont portes k dos d'hommesur lesohemins existants. A ce point de vue, il est avantageux de Tnultiplier, dans !es limites raisonnables, le nombre de ceux qui traversent les massifs, et de rendre praticables aux voitures
toutes les lignes d'assiette de ramenagement. Ces chcmins int^rieurs, ^tablis sur une largeur de 2 ^ 3 metres lora de I'exploitation des coupes prjncipales, peuvent Hre maintenus pendant loute la vie du peuptement sans nuire sensiblement h la production totale.
Toutca les precautions qui precedent sont du ressort de la g'eetion. La seule prescription qui concerne les am^nagistes est contenuc dans le formulaire des Regies tl'assielle. La deuxieme de ces regies dit :
Les coupes doirent 6tre dispos^es de mani&re que les bois d^une coupe en exploitation ne soient pas dans le cas d'etre transportes k travers d*autres coupes r^cemment exploit^es.
Pour s*y conformer, il suffit que chaque coupe soil independante des autres at qu*elle abouiisse directement, soil sur una route ou un chemin, soil sur un ruissaau ou la bois puisse se flotter, soil enfin sur les terres riveraines (1).
Ce qui vient d'etre dit^ sufRt, en general, pour concilier les exigences de la perception des revenus avec celles de la r^g^n^ration. Sans doute, dans la pratique, quelques legeres modifications y seront apportees en vue de mieux les adapter aux habitudes ou circonstances locales ; mais il est superflu d'imposer aux adjudicataires des charges sou vent onereuses que la routine eternise dans les documents administratifs sans aucun profit pour la for6t. II en est ainsi, par exemple, de Tarrachage des epines. A quoi sert, en effet, d'arracher les Opines ? Ce travail, lorsqu'on Texige, est toujours mal fait ; de plus, la plupart des morts-bois et arbustes dits nuisibles, notamment les ronces, les epines noires et blanches drageonnent facilement, etTenlevement de la souche, qui ne pent necessairement s'etendre jusqu'i I'extremit^ des racines, provoque leur expansion sur une grande surface.
Les ^lagages. — A Toccasion des mefaits commis par la hache ou la serpe du propri^taire, nous devons parler des ^lagages. Mais, pour ceux-ci du moins, on a la faculte de laisser les outils se reposer et, dans la majorite des cas, aussi bien dans Tinteret de ses arbres que dans ceux de sa bourse, le mieux sera de s'abstenir.
L'^lagage est une sorte de taille appliquee aux arbres, en vue de leur donner, en une seule fois, une forme plus avantageuse au moyen d 'amputations totales ou partielles des rameaux r^put^s inutiles ou nuisibles.
S^duit par I'aspect extdrieur des arbres elagues, et faute de s'^tre rendu un compte exact de la consequence des operations, on a, pendant longtemps, erig6 en un veritable systeme d'exploitation forestiere cette pratique d'ailleurs excel-
(1) Lorentz et Parade, Culture des bois.
DOMMAGES CAUSES PAH l'hOHME. 271
lente pour les arbres de pare ou d'aligneinent(l]. Mais si la laille est r^ellement profitable h. celui qui — chaque jour— intervienl pour dinger un bourgeon bien plac^, en vue de lui fairc
Fig. 6S. — a. Tares iinlt'lLibiloa con ^-icu lives i unc iUBcription faite «ur I'icorce. — i), Plaie contuse occosionnite par le choc dune tronce lanc^o SUP un vci-sant du montaunc, — c, Elagagc rei-lronc bicn Tail : solution dc conlinuili} dans lei lis«us. — d, illagige rez-lronc ■uivi de poiuriture. — e, £lagBge en chicot suivi de pourrjture.
produire, a aon gr^, des fruils, des lleurs ou des ombrages, en forfil, ou Ton cherche — avant tout — k fabriquer du boia sain, clle ne saurait Stro qu'une fallacieuse mutilation. 11 faut se souvenir que Tenlgvenient de loute branche dc lout rameau, se traduit par une perte de substance et une (I) L'eUgtge da arbret, par le comt«des Cars, Paris, Rothschild, iMT.
plaie k recouvrir. Pour permettre k Tarbre qui en est victime de r^parer ces dommages, il lui faut une nourriture supplymentaire qu'un arboriculteur avis^ ne lui manage pas. Mais, en foret, qui apportera a Toper^ les medicaments et fortifiants n^cessaires k sa guerison ?
Quoiqu'il en soit, il est certain que I'^lagage rez-tronc^ a section verticale, pr^sente certains avantages sur les proc^d^s en chicot ou a section oblique ; mais il n'en produit pas moins des blessures incurables^ avec tout le cortege de maladies qu'elles engendrent, en depit des pansements les mieux appliques. Le recouvrement (fig. 68, a) cache la surface de section sans la cicatriser dans le sens physiologique du mot; et, avant qu*il soit complet, le bois mis i nu a tout le temps de mourir, de se ger^er et Ton sait que toute crevasse est la porte ouverte aux germes des champignons destructeurs (1).
Aujourd'hui, I'experience a fait justice de toutes ces chim^res et il n'est pas trop tot d'arreterles mutilations inilig^es, de parti pris, k la plupart des chdnes reserves dans les taillis composes. II suffit, en elTet, d'ouvrir le tronc d'un de ces arbres pour constater toute I'etendue du mal (1) [fig. 68, c, rf, e).
« En fait, dit, M. Broilliard (2), tout arbre constitu^ ne saurait etre ampute d'une ou plusieurs grosses branches sans qu'il en rdsulte un ralentissement dans la vegetation, un trouble marque dans les fonctions vitales, et une plaie nuisible par elle-meme et souvent desastreuse par les vices qu'elle occasionne dans le corps de Tarbre ».
L'elagage doit done etre proscrit des forets, en tant que precede methodique de traitement, mais on doit se demander dans quelles limites il est permis d'en user, k titre d'op^ration chirurgicale, suivant qu*il s'agit de branches vivantes, de branches mories ou de branches gourmandes.
L'^lagage des branches vivantes ne pent dtre toler^ que dans les cas suivants :
(1) Martinet, Garde general des for6ts, Considerations et recherches sur Velagage des essences foresliereSy Paris, librairie agricole, 1876.
' D'Arbois de Jubainville, sous-inspecteur des forSts, Observations sur le syst^me d'Hagage de Courval et des Car«, Paris, Rothschild,
. (2) Broilliard, Court d'amdnagement des forHSf Naney, Berger-Levrault et 0^% 1878, p. 258.
1* sur les plants de haute tige 6\ev6s en p^piniere et qu'on peut soumettre k une taille raisonnee dans le but d'ain6liorer une forme d^fectueuse ;
2° sur les branches basses appartenant h la cime des baliveaux de T^ge et des jeunes modernes. La suppression de ces branches basses, dont le calibre ne d^passe pas 5^8 centimetres de diamdtre k la base, peut se faire sans graves inconv^nients, car d*aussi petites plaies se recouvrent bient6t et les solutions de continuity qui en r^sultent sont plac^es pr^s du centre de Tarbre et n^en d^pr^cicnt pas sensiblement le d^bit; quandil s'agit de chines, le bois mis k^nu ^tant encore enti^rement a T^tat d'aubier, celui-ci se recouvre d*un enduit gommeux qui le preserve du contact imm^diat de Fair et le met k Tabri des champignons. D'ailleurs, ces branches basses sont condamn^es k disparattre sous Tinfluence de T^lagage naturel: en les supprimant on ne fait que devancer la nature ;
3° il est dgalement permis de couper, si on le juge n6cessaire pour favoriser un ensemencement, les branches appartenant k des Bujets destines k dtre exploitds k brdve ^ch^ance.
On ne saurait trop se garder de toucher ^ une branche, quelque petite qu'clle soit, sur lesconiferes ; car, toute plaie faite k un arbre de ce groupe provoque des dcoulements de r^sine et des ddsordres plus graves encore que chez les arbres feuillus.
Les branches mortes doivent 6tre traitdes comme les branches vives, puisque, pour obtenir le recouvrement, il faut reculerle point de section jusque dans le bois vif (1). II vaut done mieux laisser les branches mortes continuer, lentement et au grand jour, leur ocuvre de destruction, en surveillant le mal pour couper Tarbre avant qu*il soit plus ddgradd.
Celte observation s'applique surtout aux grosses branches mortes insdrdes directement sur le fi!^t des arbres. Certes, pour retarder les pourriturcs, il serait utile de remplacer par une section nettc la cassure csquilleusc qui les termine le
(!) L. Roppe, Cours de lechnologie fore$tUre. Nancv, Derg:er>Levrault et O, 1R87.
B0PI*B et JOLYF.T. 18
EXFLOITATION ET PnOTECTION DES FORETS.
plus souvent; mais rop^ration est trop on^reuse et Ton civile de faire des sacrifices pour des sujets qui 8ont affectes de tare compromettant leur avenir. Du reste, on ne pourrait pratiquer ces amputations qu'en montant sur les arbres a Taide de crampons, dont Tusage est peut etre encore plus nuisible que T^lagage lui-meme.
Quant aux branches mortes dans la cime, branches appartenant aux ramiQcations secondaires, il n'y a pas lieu d'y toucher. Les essences de lumiere, notamment les chenes reserves dans les taillis composes, presentent toujours de pareilles branches dans la couronne, quand ils arrivent k un age avance ; ces comes sont la consequence de leur temperament et des crises qu'ils ont a supporter apres chaque exploitation. Tant que I'arbre se maintient d'ailleurs vigoureux, elles disparaissent assez vite sous I'effort du vent et, avant longtemps du moins, leur rupture n'occasionnera aucun d^sordre serieux. Au contraire, chez les essences d'ombre, chez les hetres principalement, les branches mortes dans la cinie sont toujours un indice f^cheux, et il n^est jamais prudent de conserver les individus qui portent ainsi les signes d'un dep6rissement prochain.
M. Mer conseille d'enlever, sur les arbres resineux, les branches mortes en dessous de la cime, de fa^Jon qu'elles ne soient pas englobees, — v^ritables chevilles, — dans le fut qui grossit autour d'elles. Leur amputation se fait a la scie, a quelques millimetres au-dessus du bourrelet de base, pour ne pas en entamer les tissus vivants.
Les ^mondages. — On admet que I'^volution des branches ffourmandes ou des gourmands sur le fut des reserves est la consequence du changement d'etat que leur impose chaque exploitation; les gourmands, abandonnes a euxmemes, disparaissent pendant le cours de la revolution. On accuse leurs evolutions successives d'engendrer des excroissances^ des nodosiies^ des broussins^ dont le tissu lache et madrd^ est de qualite mediocre.
L*op^ration qui consiste h supprimer ces rameaux gourmands, porte le nom d'ebourgeonnement ou d'dmondage. Nombre de forestiers attachent a la pratique des ^mondages
une importance capitate ; d'autres, n'ont dans leur efficacit6 qu'une confiance tr^s limit^e; un observateur de premier, ordre, M. le Conservateur d'Arboisde Jubainville les signale meme comme nuisibles k Tegal des elagages. Nos recherches personnelles nous font parlager cette derniere opinion; aussi, sans proscrire systematiquement les emondages, recommandons-nous de ne pas en g^ndraliser I'application et de les restreindre a un petit nombre de cas particuliers, que tout praticien saura discerner : il y a, pour les proprietaires qui en abusent par tradition, de s6rieuses Economies a r^aliser de ce cot^.
Quoiqujl en soit, partout ou reparation sera jugee indispensable, on devra se conformer aux indications suivantes :
l«proc6der k Top^ration au milieu de T^te, ou mieux, en automne, de fa^^on k ne pas exposer les ouvriers aux d^man* geaisons avec acces febriles qu'occasionnent les poils de la chenille processionnaire tres commune sur les chines ;
2" limiter striclement la coupe aux gourmands dont le diametre k la base ne depasse pas 1 centimetre, en employant des instruments speciaux, bien tranchants et manias avec assez d'habilete pour ne pas entamer les parties vivantes de I'ecorce. En efTet, des que les branchettes ont depass^ ce calibre, elles laissent des plaies ctendues, dont la marque indel^bile d^precie, lors du d^bit^ les ^chantillons qui les portent : dmondage devient elagage,
Les assainissements. — Mais, dans la trousse du chirurgien forestier, la hache n'estpas seule a torturer les peuplements. Pendant qu'ellc ampute les arbres soi-disant pour les redresser, la beche et la pioche, sous pretexte d*hygiene, 6puisent le sol par d 'inutiles saignees.
L'eau n*est reellement nuisible aux arbres que si elle restc stagnante k la surface du sol pendant la saison de vegdr tation ; ccs parties marecagcuses sc pr^sentent, dans la plupart des cas, sous forme de tourbieres, de mares ou de fonds de cuvettes sans 6coulement. En semblables conditions, on confond) trop souvent, la cause avec Teffet ; car, si Teau reste k la surface, c*est que le sol est imperm^ablei
aussi bien aux racines qu'k Teau, et cet inconvenient est encore plus accentu^ apres qu'avant le drainage.
Quant aux fosses d'assainissement ouverts dans les stations humides ou aquatiques dont Teau se renouvelle, ils ont pour effet de ralentir la vegetation des arbres d^j^ developp^s. lis modifient en mal la qualite du bois des chenes, des ormes, des frenes et compromettent, enfin, leur melange avec les bois tendres. On ne bouleverse pas impun^ment les conditions dans lesquelles les arbres ont v^cu; car les peuplements forestiers se constituent en fonction du sol et de
etat permanent de ses propriet^s physiques. Quand celles-ci sont modifiees, Fancien peuplement dep^rit, pour faire place a un autre dont le temperament sera mieux en harmonie avec la situation nouvelie. *^
Peu importe d'ailleurs I'etat submerge d'un terrain en hiver, quand Texces d*eau disparait au moment de la vegetation. On constate que les cantons soumis a ces inondations periodiques fournissent les meilleurs chenes de France, aussi bien dans le Nord que dans le Centre et dans le Midi.
L'assainissement ne se justifie done que dans les terrains improductifs par exces d'eau stagnante] dans ce cas, Toperation presente un caractere purement local et ne doit etre executee que si les benefices k pretendre sont de nature a compenser la depense ; partout aiileurs, Tassainissement erige en systeme, outre qu'il augmente les crues des rivieres, est inutile, onereux et nuisible au point de vue strictement forestier.
Au surplus, par la transpiration des feuilles, par la penetration des racines et surtout par les proprietes hygrometriques de la couverture, la vegetation forestiere exerce sur tons les sols une action assechante des plus marquees; aussi, dans rimmense majorite des cas, Texces de secheresse est-il plus a craindre que Texces d'humidite.
A Tappui de ce fait, citons un exemple bon a noter.
Partout, en montagne,il est facile de constater les effets dus a Touverture d'un chemin qui coupe la pente d'un versant quelque peu rapide. Les eauxsuperficiellesd*amont sont captees par la tranchee des talus de deblai et conduites dans les
DOMMAOES CAUSES PAR l'iIOMME. 277
fosses bordiers jusqu*au prochain caniveau, par oil elles s*^couleni en flols inuliles et parfois nuisibles par suite des ravi« nements qu*elles produisenl; d^s lors, les parcelles d*aval, privies des eaux superficielles qui les alimentaieni, souffrent de la soif et leur v6g6tation se ralentit. Pour attdnuer rintensit^ du dommage, le seul moyen est de multiplier les cani* veaux pour rendre aux eaux leur cours naturel d*infiltration h travers toutesles surfaces : irriguer^ apris avoir asaiche,
Lors done qu*il s'agit de remettre en valeur des terrains sans d^clivit6 que la nature du sous-sol et leur 6tat de nudit6 rendent mar^cageux, il peut otre n^cessaire de faire des assainissemcnts pr^alables, en vue d'y rdtablir Tancien 6tat bois^; mais, une fois les peuplements reconstitu^s gr&ce k un travail d^ensemble qui englobe toute une region, la for^t feralc reste ; c*est du moins ainsi que cela s'est pass6 dans certaines contrdes autrefois infcct^es par les fievres palud^ennes et en partie assainies par la foret, comme : les Landes de Gascogne(l), la Sologne (2) et les Dombes.
Enfin les int^ressantes recherches de M. Chevandier au sujct de rinfluence des irrigations sur la v^g^tation des fordts permeltent deconclure que de telles am^iorations ne peuvent 6tre g6ndralis6es dans la pratique, mais qu'il est utile de mettre k profit toutes les circonstances dans lesquelles la nature les fournit sans frais ; — qu*il n'est done pas logique, — par excmple, d'assainir d'une fapon exag6r(^e les tourbi^res dans la haute montagne ou elles jouent un role analogue & celui des glaciers et fournissent, en etd, Teau n^cessaire pour irriguer les versants et alimenter les sources de la plaine.
Fait des d^Unquants.
Les causes. — De tous temps, les forets ont eu k souffrir du voisinage des populations riveraines. Cela tient k ce fai
(1) Chambrelent, Hi$e en valeur des landes de GascognCf Bordeaux, tS63.
(2) A. Brongniart, Happoris sur les reboisementa de U Sologne (Annales foresiiires, t. XI, 1865.)
que la foret,'avant d'etre reconnue, en droit, comme une propriety priv6e, etait regardee comme un bien banal, ou chacun pouvait prendre ce qui se rencontrait d'ulile k Tentretien du manage.
De telles traditions k r^primer justifient les rigueurs du Code forestier. L'enlevement frauduleux de tout produit du sol y constitue un delit; le bois mort, les hcrbes, la litiere, les pierres, etc..., aussi bien que le bois sur pied, rien ne peut 6tre exporte sans autorisation ; certains faits sont meme punissables, alors qu*ils d^notent la simple intention de commettre un delit. De ce c6t6, tout est pr^vu, le propri^taire est suffisamment arme ; a lui de veiller ei' I'execution de la loi, en faisant bonne garde.
On previent aussi les delits, dans une certaine mesure, en donnant satisfaction aux besoins les plus imp^rieux des ha^ bitants pauvres, au moyen de concessions sagement rdglementdes. Ges deiivrances, limitees comme il sera dit plus loin, font aimer et respecter la for^t.
La repression. — Encequi concerne la repression directe, on remarque que les delits augmentent bient6t lorsque la police forestiere n'est pas assuree d*une mani^re convenable ; aussi les proprietaires de forets ne doivent-ils pas regretter les d^penses que leur occasionne un personnel de surveillance actif et suffisant; les Economies mal entendues sur les frais de garde coutent souvent bien cher. Au surplus, les fonctions du vrai garde forestier ne doiventpas ^tre limitees k la repression des delits ; il peut executer une foule de menus travaux, dont Tensemble represente une somme d*am^liorations notables pour la foret : il est, en un mot, Uauxiliaire naturel du proprietaire dans tous les actes relatifs k la gestion de son domaine. Mais, avant tout, il faut qu'un garde ait une morality et une tenue en rapport avec la dignity d*o/*ficier de police judiciaire dont il est investi ; on doilSrdonc le mettre, par un traitement convenable, dans une situation pdcuniaire superieure a celle des bucherons et des manoeuvres qu'il dirige.
Bien que, chez nous, le garde forestier ne puisse pas donner a la chasse tout le temps que comporte une source aussi
DOMMAGES CAUSES PAR l/lIOMME. 279
imporlante de revenus pour les forSts, il ne devra jamais s*en d^sint^resser. Mieux que personne, il est k meme de connaitre les allures des braconniers, et jamais il ne manquera Toccasion de les prendre en flagrant dtUit. Que si, dans ces recherches aussi minutieuses que dangereuses, il n*a pas toujours le temps d*operer lui-m6me, du moins ses indications seront-elles des plus pr^cieuses pour les gardes particuliers sp^cialement charges de ce service. L*entente et la bonne harmonic r^gneront entre eux.
I)*ailleurs, qu*il s'agisse de d^lits de bois ou de chasse, la surveillance sera singulieremcnt facilit^e par la creation de chemins de ronde, dissimul^s sous bois k quelques metres des bordures; en les suivant, matin et soir, pour se rendre k sou travail, le garde qui a quelque sentiment du devoir saura bien rcconnaitre sur le sol la trace d'une piste douteuse. De plus, en pays de montagne tout au moins, Touverture de seniiers de surveillance p^ndtrant au milieu des massifs a donn6 les meilleurs r^sultats dans les for6ts soumises au regime foreslier; leur rdseau sYtend tous les jours. D'un parcours plus ais6 que les lignes d'amdnagement souvent dirigees suivant la plus grande pente, ils permettent Tacc^s de tous les cantons au garde et k Tagent ; ils font aussi le bonheur du touriste.
On recommande, enfm, Temploi de cabanes rustiqucs camples sous bois, (^k ctQa; celui qu*elles abrilcnt peut, k loisir, d6visager le delinquant qui, dans ses randonn<^es et ses feintes, passera par mc^garde a leur portt^c. « La vue permanente, d'ailleurs, de ces sombres sentinelles, engendre, chez le braconnier, une crainte salutaire et le decide, souvent, k aller en d'autres lieux exerccr ses talents >) (1).
Les concessions de menus produlls.
Tolerances nicessaires. — La for^l renferme dans son sol et fournit spontan^ment un grand nombrc de substances uti-
(1) De Dru8, Les chasses aux braconniers, Paris, E. Den'u, 1885.
lisables, d'origine soil v^getale, soil min^rale, auxquelles on donne le nom de menus produits. Ce sont, parmi les produiis v^g^taux : les hois morls^ les souches mortes, les mortS'bois^ la litiere, les feuilles mortes^ les herbes, les fruits^ les champignons , les planies herbacees di verses, pharmaceuiiques ou autres, etc.; et, parmi les produits min^raux: les pierres roulanteSy les pierres en place, les minerals, castines, sables, la terre de bruyere^ la tourbe, Vean, etc.
Le plus souvent, ces menus produits sont concedes aux populations riveraines, moyennant des redevances evalu^es, soit en journees de travail, soit en argent. On les considere comme inutiles k la foret, et les benefices procures par leur enlevement, quelque modestes qu'ils soient, semblent de Targent trouv^. II y a lieu de r^agir contre cette opinion trop r^pandue, en France, parmi le public et meme dans le monde forestier ; car ces concessions donnent lieu k bien des abus.
D'autre part, il faut reconnaitre que certains de ces menus produits satisfont oi un besoin reel pour les populations riveraines des forets. II y a lieu, toutefois, de les considerer, non plus comme la source d*un revenu eventuel, mais, k la fac^on du parcours, comme un mal ndcessaire. II est clair que de tels enlevements, lorsqu'ils sont moderes, ne produisent jamais de prejudices bien serieux ; et ce serait folie que de vouloir les supprimer d'une fa^on radicale ; ce qui est k craindre, ce sont les abus auxquels on se laisse trop facilement entrainer, lorsqu*on ne se rend pas un compte bien exact des faits, et c'est mal comprendre Thygiene de la foret que de ne pas attacher k cette question Timportance qu'elle comporte. En foret, comme ailleurs, les plus petites causes peuvent avoir des effets d^sastreux : par exemple, le parcours ou Tenlevcment des feuilles mortes, en relentissant la vegetation, engendrent les invasions d'insectes. On sait aussi que la foret demande la tranquillity ; or, la frdquentation des massifs et I'enlevement d*une fraction de la couverture morte ou vivante ont pour consequences necessaires de diminuer la production de Thumus, d'amoindrir la density
DOMMAGES CAUSES PAR l'hOMME. 281
des peuplements, d*augmenler enfin le degr^ de tassement ei de dessechemeni du sol : ioutcs causes qui sont de nature k changer bientot en perte seche pour le proprietaire, les pr6tendus b6n^fices realises sous cette forme.
11 convient done, parmi ces concessions, de pouvoir discerner celles qui pourraient devenir dangereuses, afin de les supprimer en temps utile, ou tout au moins de les r^glementer.
Menus produits vigitaux. — L'enldvement des hois morls sur pied donne lieu a de nombreux abus : aussi cette jouissance du bois mort doit-elle 6tre limit^e au menu bois gisaniy sans jamais permettre la coupe ou la rupture des branches seches encore attachees aux arbres.
Les souches morteSy en se d^composant dans la terre, se transforment en humus ; elles augmentent ainsi la fertilite du sol et sa porosite. L'extraction n'en est utile que dans des cas d^termin^s, par exemple : pour faciliter la r^g^n^ration naturelle dans les fulaies, les plantations dans les taillis sous futaie, ou encore pour emp^cher le d^veloppement exag6r^ des insectes dans certaines for6ts r^sineuses.
Les mor/^-Z)0(5 contribuent, dans les pcuplements jeunes, k couvrir le sol et k hater la formation de T^tat de fourrd . lis ne peuvent disparaitrc sans danger, meme quand les grandes essences se sont constituees en massif au-dessus d^eux. Si, momentan^ment et sur certains points , ils deviennent genants, c'est sous forme d'op^ration culturale et non sous forme de concession qu*il faut s'en debarrasser. En dehors des contr^es ou les incendies sont a craindre, le debroussaillement radical, ou soulrage^ n'est done jamais justifi^.
La recolte des herbes^ pour fourrage ou pour litiere, ne doit Itre tol6r6e, k la faux ou k la faucille, que sur les chemins et les sentiers ou les arbres manquent absolument; partout ailleurs, meme dans les vides et clairi^res, elle ne doit 6tre permise que par arrachage k la main ; autrement Tetendue de ces clairieres va sans cesse augmentant ei jamais on ne les verra se repeupler. Dans ces conditions, le prix de la cueillette ne permet pas a la grande et a la moyenne culture d'en tircr profil, II y a meme lieu de Tinterdire d'une
fa^on absolue dans les parcelles en regeneration ; car ces herbes protegent les jeunes plants contre les ardeurs irop vives du soleil, et, quand, par leur presence, elles s'opposent k rinstallation du semis, ce n'est pas en les fauchant qu'on ameiiorera la situation : il faut les arracher, en donnant au sol une l^g^re culture, vers T^poque de la chute naturelle des graines.
Dans le voisinage des grandes villes, Tenlevement des mousses pent aussi prendre des proportions telles qu*il en resulte un veritable danger. G*est alors par wagons que la mousse est ramass^e ; le sol sans cesse pie tine, tass6^ peie, s*appauvrit graduellement, au point de ne . plus pouvoir nourrir que de maigres broussailles. L'^tat deplorable dans lequel se trouvent certaines forets des environs* de Paris n'a pas d'autres causes, et le temps n'est pas loin, oil il faudra chercher un mode de traitement compatible avec des depredations qu*on sera de plus en plus impuissant h empScher.
Les graines forestieres telles que : glands, faines, doivent etre ramass^es k la main, sur le sol, dans les cantons ou Ton ne desire aucune regeneration par la semence. Le ramassage au moyen de rateaux, balais, est nuisible, en ce qu'il deplace ou detruit la couverture ; en aucun cas, si ce n'est pour son usage particulier, le proprietaire ne devra permettre la recolte des graines sur les arbres.
La cueillette des buies comestibles tels que : fraises, framboises, myrtilles, etc., occasionne des pietinements et des ruptures de tiges parfois tres prejudiciables dans les jeunes peuplements ; il est bon de soumettre ces tolerances k des restrictions, dans les cantons oil elles ne pourraient etre exercees sans dommage.
L*enlevement des champignons comestibles ne presente d'autres dangers que ceux auxquels sont exposees les personnes qui les recoltent, lorsqu'elles commettent des erreurs sur les especes. Nous avons vu que I'un d'entre eux, la irnjfe^ acquiert m^me, dans certaines regions meridionales, une importance assez considerable pour engager les proprietaires k disposer les peuplements dans les conditions les plus favora-
bles k sa production, sans tenir trop grand compte des produits ligneux.
Quant Siux plantes herbacies ramass^es pourleurs vertu? pharmaceutiques ou extraites en mottes pour une transplantation, il est clair que leur disparition est toujours limitde k un trop petit nombre de sujets pour que la fertilite du sol puisse en subir un dommage appreciable. N^anmoins, on entend les botanistes se plaindre, avec raison, de ce fait que, dans le voisinage des villes, les belles planles sauvages disparaissent sans autre profit que celui qui est r^alis^ par les maraudeurs qui en font le commerce ; en effet, ces plantes, organis6es pour vivre dans les conditions de sol et de convert que leur manage la foret, perissent infailliblement des qu*elles sont transplant^es, en plein air, dans les jardins : si Ton a interet k cultiver certaines d*entre ellcs, c*est par la semence qu'il faut tenter de le faire.
Nous ne saurions trop r^p^ter queTenlevement des/eiii7Ze* mortes^ qu'elles soient destinies a faire de la litiere ou d, tout autre usage, nc doit etre tolere nulle part,
Ajoutons enfin que ces petites industries dela foret ne sont, en g^n^ral, pratiquces que par des infirmes, des paresseux ou des insoumis, k qui, trop souvent, elles servent de pretexte pour se livrer au braconnage.
Menus produits miniraux. — Si, des matieres veg^tales, on passe aux matieres minerales, les inconv^nients des extractions, pour etre d*une nature diff^rente n'en sont pas moins reels. Sur les pentes rapides, renlevement des pierres roiilanies occasionne des eboulements de debris qui causent des plaies dangereuses au pied des arbres. On constate qu*en semblable situation, si, dans les ^claircies, on menage les petites perches domindes mais encore vivantcs, celles-ci arr6tent les pierres et, en diminuant leur vitesse de chute, pr6servent les arbres d*avenir.
La d^livrance de blocs dans les moraines eiles murgers^ des montagnes granitiques, ddtruit les conditions d'^quilibre dela masse ct occasionne des Eboulements; de plus on sait que U, plusqu'ailleurSftoutd^placcmentde la surface emp6chele reboisement nature! dc ces parties rocheuses eten Eternise la siErilitE*
Quand les mat^riaux sorit extraits de carrieres, il en r^sulte des defrichements qui diminuent la surface en production tant que dure Toccupation ; et, dans la suite, de longues annees s'^coulent avant que le terrain puisse rentrer dans le cadre du traitement appliqu^ aux parcelles environnantes. En outre, ces dernieres ont k soufTrir du voisinage des ouvriers, et, sur toutle p^rimMre des parties occupies, il se cr^e des lisieres, avec toutes les consequences f^cheuses que Ton connait.
Les exploitations en galerie, sous le sol des forets, amenent Touverture de crevasses, des effondrements, des chutes d'arbres, des troubles nombreux dans la jouissance et des pertes sensibles pour le proprietaire de la surface. II est necessaire de tenir compte de tons ces fails lors du reglement des indemnites qui lui sont dues, soit par I'exploitant quand les marches ont ei6 consentis amiablement, soit par les industriels k qui certaines legislations sp^ciales conferent des droits considerables.
Enfin, s'il s'agit de concessions d'eaux^ il sera bon de les limiter aux eaux courantes qui sortent de la foret, en interdisant les travaux de captage qui pourraient asseche partie plus ou moins etendue de la surface.
Le pftturagre.
La situation actuelle. — Le pAiurage, meme moder^] appauvrit la foret ; Vabus est sa mine.
On designe sous le noiti general de parcours^ le fait d'introduire des animaux domestiques en for^t pour les y faire paturer ; le plus souvent, on distingue le pAtnrage qui 8*applique aux betes aumailles, — du pacage, qui se rapporte particulierement au menu betail : chevres et moutons, — et du panage^ qui ne concerne que les pores.
Mettre une for^t en defends, c*est en interdire Tentree aux bestiaux, parce que les jeunes bois n y sont pas assez eiev^s pour echapper k Vabroutissement. On appelle foret d^fensa^ ble celle qu'on pent ouvrir au parcours parce qu'elle n'a plus rien a craindre de la dent du betail.
DOMMAGES CAUSES PAR l'hOMME.
Tout proprietaire, en verlu de son droit d*user de la chose qui lui appartient, pent exercer le parcours dans ses fordts; k lui d'appr6cier le dommage qu'il en subira. Depuis les premiers temps du moyen ^ge, des droits de cette nature ont et^ aussi concedes, sous forme de servitude d'usage, a*ux populations riveraines, par les seigneurs propri^taires ; on a tout benefice a s'aifranchir de ces lourdes charges par le rachat a prix d'argent, dans les conditions pr^vues par la loi. Le parcours pent enfin Stre exerc^ en d^lit, sans le consentement du proprietaire; il constilue alors un fait punissable. G*est affaire de surveillance.
Nocuit^ du p&turage suivant les regions. — Actuel-
lement, dans les pays de coteaux et de basses montagnes des zones parisienne et girondine, oil le climat est assez humide et la terre assez fertile pour permettre la culture et le fauchage des prairies naturelles et artificielles, le parcours n'a plus sa raison d*6tre. A vrai dire, la foret ne porte d'herbes nutritives que dans les tres jeunes bois et dans les vides ; on tourne, des lors, dans un cercle vicieux ; car, si la foret produit d'autant plus d'herbes qu'elle est en situation plus ire, c*est alors qu*elle a le plus besoin de repos et faut en eloigner le b^tail ; aussi, les cuUivateurs s se rendent-ils parfaitement compte du benefice illuoire qu'on tire de cette pratique lorsque, comme de raison, lie est limitee aux seuls cantons defensables; ils savent que, dans toute foret en ^tat moyen de production ligneuse, retendue de ceux-ci va du tiers k la moiti^ de la surface totale et qu*on n'y rencontre pas plus d'un dixieme de vides. Dans ces conditions, on a calculi que le benefice annuel oscille entre 60 centimes et 1 fr. 50 par hectare pour I'ensemble de la foret et que le nombre des b^tes k admettre ne doit pas ^tre superieur a une tete par 2 k A hectares de cantons defensables; entre ces limites, les chiffres varient avec la nature du sol, avec la fertility du climat, avec la composition des peuplements et leur traitement , suivant enfin les ressources qu'ils pr^sentent en herbe : des qu'elle sont depassees, on pent etre assur^ que le b^tail, faute d'herbe, attaquera le
bois (1); un si mince profit est loin de compenser la perte totale des engrais et le dommage eventuel cause aux arbres. II faut des annees exceptionnellement seches, comme Tet^ de 1893, pour que, dans ces regions, on ait intdret k lacher le b^tail dans les bois ; ceux-ci rendent alors un service signal6 k Tagriculture, en lui permettant, non pas de tircr une rente du b^tail ad mis au parcours, mais simplement de le maintenir vivant jusqu'a la prochaine r^colte. Et a quel prixl La crise pass^e^ la for^t cache ses blessures sans les gu^rir, et ce n'est que plus tard, alors que viendront en tour d*exploitation les peuplements p&tures a Tetat de jeune bois, qu'on pourra ^valuer Tenormit^ du dommage ; nos enfants paieront nos m^faits.
II n'en est pas de m6me dans les hautes montagnes, et dans les regions proven^ales ou, en ^te, toute trace de verdure ayant disparu en sol decouvert, on ne rencontre plus de rares brins d'herbe que sous Tabri desbuissons et des arbres. Dans Tun et Tautre cas, paturage et pacage deviennent une n^cessit^, et il faut s'incliner devant la formule du primo vivendi. Toutefois, si Ton va au fond des choses, on constate que, souvent, ces besoins sont plus artificiels que reels. Dans la haute montagne^ la question du paturage en foret est entierement li6e k celle du paturage en general, question vitale et pleine d'actualite, dont les pouvoirs publics sont en ce moment saisis, mais qui demande trop de developpe-. ments pour ^tre trait^e ici avec tous les details qu'elle comporte.
Quant aux forets meridionales de la plain e et de la basse montagne, taillis de ch^ne yeuse et de chene blanc, elles sont toutes plus ou moins ruin^es, Tantique capital bois ayant ete progressivement devore par les moutons; dans I'^tat de degradation oil elles se trouvent, beaucoup ont ete transformees depuis longtemps en patures ligneuses n*ayant plus de foret que le nom. II n'est pas surprenant^ des lors, que - certaines rapportent en viande et en laine beaucoup plus qu'en bois (2).
(1) A. Mathey, Le p&turage en for4t^ Besangon, Paul Jacquin, 1900.
(2) V. de Larminat, Inspecteur-adjoint, Les for4ts de chine veri^ Troyes, Lacroix, 1893.
DOMMAGES CAUSES PAR l'iIOMME. 287
Voil& Targument fondamental invoqu^ en faveur du parcours.
Encore serait-iljusle, du moinsen ce qui concerne les forets
communales, que chacun des habitants, qui r6pr^sente une fraction du propri^taire, fi!^t appel^ k prendre sa part de profit dans cette mobilisation du patrimoine commun. Or, il n'en est pas ainsi, et la maniere dont s*exerce ce parcours ruineux est aussi injuste qu'anti-d^mocratique.
Citons un exemple entre mille. D'apres un document recent (1), la situation des forets sur le versant meridional du mont Ventoux a 616 ^tablie de la fapon suivante, au point de vue du parcours : « 6,1 ^/g seulement du total des chefs de famille usent de cette part de la propri4t4 commune k tous les habitants^ et parmi ces 6^i y^, ^,6 "/q, les plus riches, possedent des troupeaux nombreux et accaparent la totality des produits, »
II faut avoir habits la montagne, ajoute lauteur, pour se faire une id6e de Tiiprete avec laquelle les gros propriitaires luttent contre le reboisement.
Ce sont ces ^goistes obstin^s qui peuplent les conseils mu* nicipaux. Pour mettre fm k leurs exigences insatiables, les agents forestiers pr^pos^s k la defense du patrimoine commun sont unanimes pour demander, comme seul remade pratique, A'affouager les pAturages : ce qui revient k donner k chaque feu sa legitime part des produits des p^iturages, comme cela se fait pour ceux des for6ts (2).
Quoi qu'il en 8oit,puisque le p&turage est un mal n^cessaire, il importe de connaitre ses consequences afin de mieux le r^gl^menter. On constate que Tintensite du dommage varie d*une part, suivant Tcspdcc dc bdtail admis au parcours, d*autre part, suivant la nature du sol, suivant IVigc et T^tat des peuplements qui le subissent.
Influence de Tesptee de bitail. — La chivre est celui des
animaux domcstiqucs qui cause le plus de mal k la foret.
(1) F. Tessier, Inspecteur-adjoint, LesforHa du versant mdridionaldn mont Ventoux. [Revue des eaux et forite^ no> dc Janvier et fdvrier, 1000.)
(2) Ch. Guyol, Le rigime pastoral (Revue dee eaux et forits^ aoiM 1800.)
On la laisse divaguer en toute saison : ce qui fait qu'elle se nourrit presqu'exclusivement des jeunes plantes ligneuses qu'elle pent atteindre jusqu'^ une assez grande hauteur en se dressant suir les paltes de derriere. Pour la chevre, il n'y a pas de cantons d^fensables; de plus elle s^aventure, par instinct, dans les endroits les moins accessibles oil la v^g^tation forestiere ne s'installe que sous Tinfluence d'un repos absolu.
Bien qu'a nombre egal, ils soient moins nuisibles que les chevres, les moutons sont aussi des hdtes ires dangereux, surtout si on les laisse cheminer k leur gre, ou sojourner longtemps sur le meme point ; car, alors, ceux qui iharchent en tete du troupeau n*avancent qu'apres avoir broute le meilleur de I'herbe. Ceux qui suivent tondent les touffes de plus pr^s et il ne reste aux derniers que les racines, si bien que, k defaut de celles-ci, ils doivent attaquer le bois pour ne pas mourir de faim. Quand, par force majeure, la forSt doit leur Mre ouverte, on pent user des precautions suivantes pour att6nuer le dommage et retarder la mine : donner la preference aux petites races, — composer le troupeau en brebis plut6t qu'en moutons. Dans ce cas, le berger qui les dirige devient un veritable administrateur : il doit Stre intelligent, vigilant et habile a donner tons ses soins k Televage (1) ; il offre done, k tons ^gards, beaucoup plus de garantie que le chemineau quelconque k qui Ton cqnfie les troupeaux nomades.
Les betes k comes pSiturent les jeunes plants forestiers en mSme temps que les herbes ; elles en arrachent un grand nombre, surtout par les temps pluvieux. Les chevanx et les ^/le^ feraient moins de mal, s'ils se contentaient des jeunes pousses que leurs dents coupent net sans les arracher ; mais, trop souvent, en rongeant les ecorces, ils font de graves blessures dans la partie du tronc qui a le plus de valeur. Toutes ces betes aumailles tassent le sol et arretent le fonctionnement des reactions qui entretiennent sa fertilite .
De tons les animaux domestiques, les /)orc5 sont cerlaine-
(l) V. de Larminat, loc. cit.
DOMMAGES CAUSES PAR l'hOMME. 289
ment les moins nuisibles a la for^t. Mais il ne faudrait pas abuser de leur s^jour permanent dans des espaces restreints. T^moins, tous ces cantons qui nous sont parvenus sous le nom de clairschenes et qui, tant qu'ils ont ete frequent^s par les hardes, n*^taient peuples que de vieux « ^landiers » disposes h la fagon d'une Normandie^ oil les chenes, comma des pommiers, laissaient tomber leurs branches jusqu*k terre, sur un sol nu, sans cesse tourmente par les souilles, oii nulle vegetation n'avait le temps de s'installer ; le repos en a fait d*excellents massifs oil le chSne abonde.
A ces degradations, il faut encore aj outer celles qui sont le fait des patres, sou vent des enfants, dont les jeux, tax^s d^innocents, se traduisent par de v^ritables actes de destruction : Tun ^t^tera un jeune brin d*avenir; un autre d^tachera un lambeau d'^corce sur le cerisier, le bouleau ou le sapin le plus lisse de la for^t, ou gravera son nom sur le fut d'un h^tre (fig. 68 a) ; un troisieme, allumera du feu dans un vieux tronc, y laissera couver un tison d*oii naitra Tincendie ; tous s'amuseront k faire rouler sur les pentes des pierres qui, en rebondissant, iront frapper les arbres et leur ouvrir de larges plaies. Ces petits mdfaits, que le jeune age excuse, finissent, lorsqu'ils sont rdpet^s tous les jours, par coi^ter k la forSt plus cher que le salaire d'un plitre s6rieux et intelligent.
Influence de I'^tat des peuplements. — Les feuillus ont plus h souffrir que les r^sineux, les essences de lumi^re plus que les essences d^ombre. Les peuplements jeunes sont les plus malmen^s par le betail; plus aussi, on s'approche du moment de la regeneration^ plus le p&turage est nuisible ; pour bien faire, tout betail doit etreexclu des cantons en voie de regeneration dix ans au moins avant Tensemencement et douze ou quinze ans apres la naissance des semis ou des rejets ; il en resulle que les bois d^age moyen peuvent seuls etre declares defensables; or, ceux-ci, etant les plus serres, renferment le moins d^herbe. Quant aux forets jardinces ou furetees, qui toujours sont meiangees de jeunes bois, le betail ne devrait jamais y penetrer en principe. Telle est la source de Teternelle querelle entre usagers et proprietaires, entre cultiva^ teurs et forestiers.
BOPPB et JOLYET. 19
Quand le sol est en pente rapide, qu*il soit d*une nature terreuse ou convert de pierrailles, le parcours y augmente les chances de ravinement ; dans le dernier cas, les bestiaux d^tachent des pierres roulantes qui occasionnent, au pied des arbrcs atteints, des tares, bientdt suivies de pourritures ; sur les plateaux terreux ou mouilleux le plus grand dommage vient du tassement.
Conclusions. — Tels sont les faits contre lesquels on doit se pr^munir. On n*y parviendra qu'k Taide des precautions suivantes :
V s'assurer contre les d^lits par une surveillance constante sur Ids points les plus exposes ;
2** ^tablir une forte et solide cl6ture entre le sol bois6 et les p&turages voisins, faire de meme le long des pistes fr^quent^es par les troupeaux. Getle cloture sera, suivantlescas, unfoss^ difficile k franchir, avec les terres disposces en rempart a rint^rieur du bois, — un mur en pierres seches, — des haies vives, — un landrage en bois brut dispose k la Suedoise, — un cordon en fil de fer nu ou fagonn^ en ronce artificielle ;
3® enfin, soumettre le droit de parcours aux restrictions severes dont on trouvera le detail aux articles 66 k 85 du Code forestier.
Constatons, en terminant, que dans toute I'Europe centrale, le XIX* siecle aura eu pour mission de reparer, dans les forets, les desordres imputables au paturage pendant les temps passes. Vcillons 1 1
Les Incendles.
' Leurs causes et leurs consequences. — Les incendies dans les forets sont occasionnes, le plus souvent, par des imprudences ou par la malveillance ; ils proviennent tres raremeiflt des effels de la foudre, Presque toujours, le feu, allume sur le sol, est aliments par des mat^riaux inflammables qui s'y accumulent pendant la secheresse ; il se propage parfois sur de tres grandes surfaces.
Du niveau du sol, il pout s*^lever jusqu*au sommet des arbres resineux, dont les aiguilles gorgees de resine sont in-
DOMMAGBS CAUSES PAR L^HOMMB. 291
flammables k I'^iat vert, et alors, de proche en proche, dea massifs considerables peuvent ^tre eniierement d^viastes* Rarement il gagne la cime des arbres feuillus.
Par un temps sec, si la saison est favorable, il suffit d*un fragment d'allumette ou d'amadou encore en combustion, d*une 6tincelle ^chapp^e du fourneau d'une pipe ou d'un cigare, d'une bourre enflamm^e par la d^charge d'un fusil, d'un charbon tomb6 du cendrier d'une locomotive pour determiner Tembrasement presque subit d'un espace trop etendu pour qu*un homme seul puisse T^leindre.
D^ailleurs, le nombre des incendies et la gravity de leurs consequences varient sui van t les regions que Ton consid^re.
R^ions montagneuses. — Sous le climat humide de la haute montagne, la couverture morte est toujours mouill^e et le feu ne s'y propage pas facilement ; aussi, malgr^ la constitution des fordts en massifs r^sineux, les Incendies sont-ils peu a craindre. Toutefois, il ne faut pas abuser de cett^ apparente s^curite pour commettre des imprudences : les feux qu*on allume volontairement en foret doivent etre surveill^s, en montagne comme partout ailleurs ; il faut ^viter de les placer sous le feuillage des arbres r^sineux, dont les branches trop basses pourraient etre atteintes par la flamme, et on ne doit jamais abandonner un brasier sansTavoir eteint compl^tement.
Zone parisienne. — En plaine, dans la zone parisienne, oix les for^ts sont en majeure partie peupl^es d*especes feuillues, rincendie ne quitte guere le sol. G^est au [irintemps, quand les feuilles mortes sont dess^chees par le vent du Nord-Est (vulgairement appcie le hAle de mars), que le feu prend ; le ' danger existe pendant quelques semaines au plus, car il suffi^ que les herbcs entrent en vegetation pour Tecarter.
L'incendie se propage en detruisant la couverture, 11 endommage les parties infericures des tiges et les portions de racincs qui sont k d^couvert. Pousse par le vent, il marche dans la m6me direction que lui^ et s*avance tant qu*il trouve des aliments et aussi loin que le massif se prolonge, k moins qu*une pluie abondante ou les secours Tarreient.
Les gros arbres en soufTrent generalemcnt peu ; par conire les jeunes tiges sont presque toujours mortellement atteintes ;
il est d'ailleurs, facile, de se rendre compie de la situation en examinant les couches cambiales mises k nu par de legeres incisions pratiquees au couteau sur quelques tigcs de moyenne grosseiir, choisies dans les c^p^es de toutes les essences. D6s que cette couche apparait, teintee en noir, m^me legeremeiit, il faut prescrire Je recepage immediat; sinon, la poussc encore possible des feuilles masque la situation : il arrive que les bourgeons, grace k I'eau qui monte dans les tissus ligneux, parviennent encore a s'ouvrir; mais la seve elaborce ne pouvant plus descendre et se diffuser par la couche cambiale n^crosee, les racines insuffisaminent nourries, si elles ne sont pas completement mortes, au printemps suivant, ne donneront plus, du moins, que des rejets chdtifs et sans avenir. Dans le doute, le mieux est encore de se r^soudre au sacrifice immediat; car, si un grand nombre de tiges partiellement atteinles continuent encore a vivre tant bien que mal, on voit apparaitre a leur pied, sur les zones brulees, des plaies chancreuses qui ralentissent leur croissance et d^pr^cient la marchandise.
II faut veiller avec soin k la preservation des bois rdsineux d'origine artificielle, pour qui le danger est permanent surtout pendant les annees seches, comme Tet^ 1893, oil Ton a vu les incendies prendre le caractere de d^sastres, aussi bien en France que dans la Campine Beige. Aussi, d6s qu'iine de ces for^ts est plus particulierement expos^e par la proximity d'habitations ou d'une ligne de chemin de fer, y a-t-il lieu de proceder au nettoiement du sol et, dds Tetat de gaulis, d'^laguer les branches basses jusqu'a 50 ou 60 centimetres au-dessus de terre ; mais, sous cette reserve expresse que les brindilles provenant de ce travail, au lieu d'etre abandonn^es sur le sol, comme cela se fait trop souvent, seront emportees au loin, hors des enceintes parcourues; autrement c*est en former le loup dans la bergcrie. En semblable situation, il sera prudent, de la part des compagnies de chemin de fer, dont la responsabilite est si s6rieusement engagee, de s'entendre avec les proprielaires riverains de la voie et de leur fournir les subventions n^ces- Baires pour proceder a ces Iravaux de preservation, en tenant
DOMMAGES CAUSES PAR l'hOMME. 293
la main a leur execution. La division des surfaces par de larges Iranchees garde- feu^ comma nous recommandons plus loin de le faire, serait encore d'un grand secours.
En general, le feu n'est pas allum^ par la malveillanee ; personne, dans cette region, n'ayant intdret k detruire T^tat bois6.
Des qu'un incendie est signals, les populations riveraines doivent, au besoin, ^tre mises en demeure d'accourir pour r^eindre ; il faut reconnaitre que leur bonne volont^ ne fait jamais defaut, et que, le plus souvent,- lour concours est spontan^. Les hommes arrivent munis de pelles, de piocKes et de rateaux ; si Tincendie ne pr^sente qu'un foyer peu aclif etpeu6tendu, on ^teint le feu en le pi^tinant, en le oouvrant de jets de terre, ou en le frappant avec des branchages ; toutefois ce dernier moyen n'est pas trop k recommander, car, en lan^ant des flammeches dans toutes les directions, on peut allumer de nouveaux foyers en arriere des travailleurs. On attaque le feu de pr^f^rence par ses flancs et dans le sens de sa marche, en cherchant k r^trecir de plus en plus la largeur du front jusqu'^i fermeture complete.
Quand le foyer est trop ardent pour qu'on puisse Tapprocher et, pour ne pas exposer ses hommes h des accidents, le chef des travaux se transporte avec une bonne dquipe en avant du feu et dans sa direction ; b, les travailleurs, avec des rateaux, ddbarrasscnt une bande de terrain de tous les mal^riaux combustibles ; celle bande est tracee perpendiculairement a la direction du feu et k une distance suiTisante pour qu'on ait le temps d'achever le travail avant sonarriv^e ; il s*6teint, alors, faule d'aliments. Si, n^anmoins, la flamme franchit cet obstacle, elle a, du moins, perdu sa violence, et on FetoufTe. Ordinairement il suffit de donner k la tranch^e une largeur de 2 k 3 metres.
LMncendie r^prime, on doit veiller sur le th<^atre du feu jusqu*au moment oil il n y a plus k craindre de le voir se ranimer. 11 faut remarquer qu*un tison peut couver longtemps encore dans les arbres creux, dans les troncs pourris, dans les racincs et qu^il faut Tetcindre parfois, soit en Tinondant, soit en rdlouflant sous des jets dc tcrre.
294 EXPLOITATION BT PROTECTION DES FOBETS.
Regions miridionales. — Dans les climats m^ridionaux, et, plus particulierement dans TEsterel et dans les landes de Gascogne, les incendies son! le fl^au des foreis r6sineuses.
La f^condit^ du climat, la nature siliceuse du terrain font naitre k profusion, sur le sol des for^ts, des plantes socialse qui se dessechent en ete et couvrent la terre de matieres inflammables, Les forets en terrain calcaire avec leur flora plus vari6e et surtout plus riche en arbustes k feuilles persistantesy sont, k ce point de vue, beaucoup moins expos^es que les pr^c^dentes.
Dans les forets des Maures, dit M. Far^ (1), sous le couvert des pins maritimes et des chdnes-Ii&ge qui, avec le chfttaignier, forment la grande masse des peuplements, la v^g^tation arbustive se d^veloppe sur le sol en buissons imp^netrables, les cystes et la bruy&re arborescente sont, de beaucoup, les esp&ces les plus dangereuses. Pendant la saison chaude, ce sous-^tage, k Fetat naturel dans tous les massifs de la contr^e, parvient k un tel degr6 de dessiccation, qu'il suffit d'une etincelle pour produire la combustion. Lorsque le feu s*est declare, il se propage avec une rapidity plus ou moins grande suivant la violence du vent, et on est dispose d. admettre que, si le mistral souffle avec force, tous les moyens employes pour combattre Tincendie sont, le plus souvent, inefficaces et dangereux pour les travailleurs. Dans ces circonstances, les c6nes de pins seraient un agent de propagation des plus dangereux; de nbmbreux t^moins occulaires affirment, en efTet, que, sous Tinfluence de la chaleur de Tincendie, ces c6nes encore verts ^clatent et que leurs debris enflamm^s peuvent allumer de nouveaux foyers k plusieurs centaines de metres de leur point de depart ; les flamm&ches et les fragments des ecorces de resin eux, qui pdtillcnt sous Taction du feu, concourent au m^me resultat, de sorte qu'il n'est pas rare de voir de nouveaux incendies se multiplier en dehors de la ligne od les travailleurs combattent la marche du feu. Ces conditions font de Tarr^t de Fincendie une operation toujours delicate. Le plus souvent, les secours, quelques d^vou^s qu'ils soient, restent tmpuissants centre les forces aveugles du fleau et le feu ne s'arr6te que lorsqu'il n'y a plus rien k d^vorer.
Ces incendies proviennent, pourla plupart, de Fimprudence des fumeurs, des chasseurs, des ouvriers charbonniers ou de ceux qui pratiquent les ecobuages. On dit meme que le feu pent ^tre allum^ et communique k distance par les degagements d'huiles essentielles odorantes, produits, pendant les grandes chaleurs, par certaines plantes de la famille des la-
(1) Far^, Enqu4te sur les causes des incendies dans la rdgion des Maures et de VEsterel^ Imprimerie nationale, 1869.
DOMMAGES CAUSES PAR l'hOMME. 295
bi^ea : lavande, thym, serpolet etc.; ceite assertion aurait besoin d*6tre confirmee. On a malheureusement trop de preuves qu'ils doivent aussi 6tre attribu^s h la malveillance.
II est rare que le foyer conserve la forme du feu courant 8ur le sol ; presque toujours, il monte dans les cimes des pins, entrafnant la mort de tous les arbres atteints, quand m6me il ne s'attaquerait qu*aux brindilles s^ches et aux feuilles ou aiguilles ; le plus souvent, d'ailleurs, les arbres ne sont consumes en entier que lorsqu'ils sont creux. Les cantons (linsi parcourus doivent 6tre exploit^s, et, dans les massif? irop jeunes pour donner de la semence, les espdces feuillues repi^raissent seules sous forme de rejets ou de drageons.
Le seul moyen eflicace de diminuer les chances de sinistres est le debroussaillement, L'op^ration est malheureusement trop coi^teuse pour qu*on puisse Timposer h tous les propria* taires; cetted^pense est ^valuee en moyenne k 80 ou 100 francs par hectare, pour la premiere operation ; les debroussaille* ments ult^rieurs, qui doivent 6tre r^p^t^s k des intervalles 4.6 5 k 10 ans, coiitent, suivant les difficult^s locales, de 5 k 10 francs par hectare. Dans Timpossibihte de d^truire la cause des incendies, on a eu recours k une loi sp^ciale promulgu^e les 6 juillet-3 aout 1870, pour en limiter les effets. Cette loi interdit Tusage du feu, mSme pour les exploitations foresti^res ou agricoles usitdes sous la denomination d'6cobuage, taillardsy issards et petit feu, en dehors des dpoques d^terminees par des arretes pr^fectoraux. EUe prescrit, en outre, Touverture et Tenlretien de tranch4es garde- feu, soigneusement d^frichdes et d^une largeur de 20 k 50 metres entre deux propri^tds contigues et non ddbroussaill^es. Si cette loi dtait sc^v^rement appliqu^e, on pourrait en attcndre de s^rieux rdsultats.
Dans les landes de Gascogne (1), les fordts sontde creation recente; elles sont en presque totality pcupl^es de pins maritimes que Ton rdsinc. Comme dans les Maurcs, les incendies se propagent sous Tinfluence de la vd^^tation buissonnante extremement touffue et form<^e d*ajoncs, de bruycres, de fou-
(1) Happorl dc M. Fard, Enqniie »ur lea incendies dans U region des landes de Gascogne, Imprinierie nationale lK7d.
geres et de diverses plantes herbacdes parmi lesquelles il faut citer la Canche en gazon {Aira cespitosa),
Les causes des incendies sont les memes que partout ailleurs, mais ici il faut aiiribuer une beaucoup plu^ large part aux accidents causes par la circulation des locomotives et, aussi, & la malveillance. On a constats, ^en effet, que, trop souvent, surtout dans les fordts plantees en ex<§cution de la loi de 1857, les bergers allument le feu, volontairement, dans le but de d^truire un ^tat bois^ qui enlrave la jouissance des terrains autrefois livres au parcours. Les meilleures precautions k prendre sont encore le d^broussaillemcnt et Touverture de trancb^es garde-feu peupldes d*essences feuillues et plus sp^cialement de chene p^doncul^ et de chenes am^ricains : Q. iinctoria,^ Q. phellos^ Q. palusiris,.,
Quoiqu*il en soit, dans ces deux regions, le feu a d^jk cause des pertes immenses. Comme on est sans cesse expos6 k de nouveaux ravages, il faut savoir comment s*y prendre pour arr6ter la marche de I'incendie.
Au premier signal, dit M. Far^ (1), il faut r^unir sur le lieu du sinistre des travailleurs en grand nombre, places sous une direction ^clair^e et munis des instruments n^cessaires. Mais, comme la population est peu dense et les chemins aussi peu nombreux, il y a d*ordinaire bien du temps perdu avant que les secours soient organises. Les habitants d'une commune une fois r^unis devraient Stre places sous la conduite d'un homme competent qui imprimerait k tous les efforts une direction unique. II arrive souvent, en efTet, que, par suite du d^faut de commandement, les secours sc divisent au grand detriment du r^sultat k obtenir, et la vie des travailleurs se trouve meme parfois menac^e. Le manque d'instruments de travail paralyse parf«)is le d^vouement, et, & ce propos, on a fait remarquer la convenance de placer dans les cantons habites un dep6t d*outils appropri^s k ce genre de travail auquel peut participer toute la population. Les mesures A prendre consistent d'ordinaire k disposer les travailleurs sur une route ou sur une ligne de pare-feu parfaitement d^barrass^e de matiSres combustibles. Chacun d'eux est muni d'une perche gamie de ses feuilles vertes et c'est en frappant les parties embras^es soit sur le p^rim&tre de la ligne, soit en arri&re, lorsqu'un nouveau foyer produit par des flamm&ches port^es au loin vient k 6clater, qu'on arrete Tincendie. Cette operation suppose Texistence d'une route ou d'un parefeu ; mais, dans tous les autres cas, c'est en plein massif qu'il faut agir et alors il convient de se donner une base d'operation. On commence
(1) Rapport ci-dessus mentionn^.
DEGATS DES ANIXAUX. 297
done par abattre les bois sur unc largeur d<^termin^ de mani&re & former une ligne d^blayee d'arbres et de morls-bois ; on ^tablit ensuile un foss6 dont on rejette les terres du cAt^ du foyer et c'est sur cette ligne qu*OD combat la marche du feu. Dans certaines circonstances, quand rincendie est attis^ par un vent violent, il y aurait t^merit^ 4 attcndre le feu sur une ligne ^troite, telle qu*on peut r^tablir pendant la marche du feu ; on recourt, alors, au contre-feu^ pratique dangereuse dans ses applications, et qui exige de la part de ceux qui Temploient beaucoup de tact et de mesure. Le contr&>feu peut-^tre consider^ comme une arme 4 deux tranchants ; c*est parfois le seul rem6de eflicace 4 employ er, mais s*il est appliqu^ mal 4 propos, il peut provoquer un nouvel incendie.
II faut aussi se preoccuper de ralimentation k fournir sur place aux travailleurs qui, entendant sonnerle tocsin, quittent tout et s'empressent de se rendre b Tappel. Cette question, secondaire en apparence, est signaUe comme ayant eu une importance capitale sur des points ^loign^sde tout centre habits oil les travailleurs, a bout de force et manquant de nourriture, ^talent contraints desuspendre lalutte.
ARTICLE m
d£gats des animaux
Les mammif^res. — Les oiseaux. — Les insectes.
La forM abriteet nourrit nombre d*animaux : mammiriVcn, oiseaux et insectes, parmi lesqucls, pour qiiolqucN oupt^cfn utile8,on en compte unefoule de nuisiblcH. Tnn rrvuc* rnpiftc* de tout ce grand et petit monde noun permn(li*«i f|c« ilinUiiitiitir les amis des ennemis, et de trailer chtioiiti oottimt^ il \f^ ws^vWt^ pour le plus grand biendcs muHHirN,
Les mammittres. — L«h airnaMnivrM nc» fdtil jdtMttia ito mmI aux arbres et, si Ton nc tcnuit ptm cMiinpld lUm pioiua lio gibier ou des animaux domoR(if|tiofi qu'iU ilt'^rnluMH, Itnips i){ renards pourraient dtrc considi^'t^H pliilol ronuue uliloit qui) comme nuisibles, car Tun et Taulro diMniihent une gramlo quantile de campagnols. Les renaixis so nourriH^ent ausiii d'insectes et notamment de hannelons i\ IVHat de larvoa ou d'insectes parfaits.
Les sang tiers rendent quelques services par les insectes et
298 BXPUHTATION ET PHOTBCTION DES FORETS.
les souris qu'ils d^truisent, et par rameublissement qu'ils
donneni au sol en le fouillant de leurs vermillures . lis soni
n^anmoins nuisibles, en ce sens qu'ils mangent une grande
quantity de semences, ravagent les p^pinieres et bouleversent
les semis et les plantations, lis fouillent de preference les po*
tets ou les rigoles fraichement travaill^s ; ce n'est pas, comme
on le suppose g^n^ralement, pour macher les racines des
jeunes plants, mais pour chercher les vers et les autres ani->
maux qu'ils trouvent en plus grande abondance dans le sol
ameubli. Mais c'est, surtout par les degats qu'ils causent dans
les cultures riveraines des forets que la presence des san-
gliers est redoutable : du mois de mars au mbis de novem-
bre, quand toutes les graines forestieres ont germe ou sont
pourries, ils ne trouvent plus a se nourrir sous bois et forc^-
ment iis vont d^vasler les recoltes. L'action en responsabilil6
de ces dommages est, d'ailleurs, assez delicate a intenter, car
le sanglier est un animal essentiellement nomade.
Les betes fauves : cerfs, daims et chevreuil, lorsqu'elles fraieni leur tele pendant le refatt des bois, occasionnent sur les perches des blessures, auxquellcs, en langage de chasse, on donne le nom de frayoirs (fig. 69 b), Au printemps, ces memes animaux broutent les jeunes bourgeons et attaquent Tecorce de certaines essences, notamment du charme, qu'ils arrachenl en longues lanieres. On dit que cette nourriture les enivre. En hiver, quand la neige les empeche de p&turer, ils attaquent brindilles, decrees et bourgeons. A cet egard les daims font moins de mal que les chevreuils et les cerfs, qui absorbent de plus une grande quantity de glands.
Quand une ^paisse couche de neige recouvre le sol, les lie^ vres rongent, k la base, Tecorce des jeunes arbres, surtout des fruitiers ; dans les p6pinieres, ils sont aussi tres friands des jeunes pousses des especes legumineuses, telles que : robinier, cystise, genet, etc.
Les lapins sont certainement les botes les plus dangereux de la foret; ils recherchent les terrains sablonneux meubles qui s'^gouttent rapidement, et affectionnent les cantons ivaU^ ^ -"-^ sousfutaie. les pineraies claires ou le sol est tou' \s massifs de betre sous
D^OATS DES AMMAUX.
le couvert continu desquels rdgne une humidity consUnle, Partout oil its s'lnsUllent, les lapins fouillent le sol, ronfent lea £corces jusqu'au bols, broutenl les jeunes semis, d^racinent les plants : Hen de ce qui est vivant n'^chappe &
Pin. as, — DdfcAls dcs mamniifireB ; a, brim de cliarmo ranges 1 leur boie paries cumpattnolB : b, frayoira de b^te fauvc tur uneperchede Mln ; c.c, Iikcb de Trf ne el de liiHro altaqufo par leg lapina ; d, clmo d'dpic<!a ddcorliqufe par les fcureuiU.
la voracity el k rinslincl de destruction de ces rongeurs; en CBsde famine, ils s'altaquent au bols vif et m6me au bois sec (Rg. 69 c. c). De plus ils se multiplienl, en pcu de temps, d'une facon efTroyablc, et Toisonnent pour ainsi dire h la manidre des insecles : austit lo lapin doil-il ^tre extermin^ par tous les moyens possibles el banni de toutc forel bien tenue. Le moyen le plus ^conomique d'empecher Icur propagation serait de s'opposcr h la destruction dca renards, fouines,
belettes..., etc., ses ennemis naturels, k qui la nature a d^volu le role d'en arreter la multiplication exager^e. II est vpai que toute mesure de ce genre sera incompatible avec une exploitation luxueuse de la chasse.
Toute reserve ^tant faite k Tegard du lapin, on peut dire que le gibier n*occasionne a la foret qu'un mal insignifiant. D'aiileurs, dansle casou Tune ou Tautre espece viendrait k se multiplier d'une maniere inquietante, on possede dans la chasse un moyen efficace d*en diminuer le nombre. De tels dangers sont Irop rarementk craindre en France; il est meme k d^sirer qu'une legislation mieux entendue permette un jour de mettre a profit les facilites naturelles que la foret presente k la production du gibier, pour augmenter son rendement et procurer a Talimentation publique des ressources qu'on emprunte aujourd'hui k Tetranger.
En dehors du gibier proprement dit, les especes les plus dangereuses apparliennent au groupe des rongeurs,
Les ecureuils coupent un grand nombre de cones et de jeunes bourgeons ; faute de mieux, ils rongent jusqu'au bois la jeune ^corce des sapins, des 6pic6as et des hetres; k ce point de vue, il est bon de ne pas les laisser trop se multiplier
[£1^. md).
Les souris detruisent une ^norme quantite de semences, non seulement pour leur nourriture, mais encore pour ob^ir k un instinct de prevoyance outrec, qui les porte k faire des provisions considerables, — un decalitre et plus, — ■' auxquelles souvent elles ne touchent meme pas. En hiver, quandles fruits leur font ddfaut, ces animaux, et particulierement les campagnols^ s'attaquent a Tecorce des jeunes brins, surtout des charmes et des coudriers, qu*ils rongent sur une hauteur de plusieurs centimetres. Les tiges ainsi attaquees sont perdues et il est necessaire de les receper [^\^, 69 a). Ces petits rongeurs apparaissent parfois subitement, en tres grand nombre, sous forme d'une veritable invasion ; leurs d^g&ts sont alors considerables; on a des exemples de superficies de 500 hectares, et plus, devastees pendant un seul hiver; la nature heureusement pourvoit elle-meme a leur destruction, etil est rare qu'ils se montrent en nombre exag^re