‹ Traité pratique des agrandissements photographiques (volume 2)Chapitre 11 sur 42 · I. — GËLATINOBROMURE · texte numérisé non relu

I. — GËLATINOBROMURE

Emploi des g^laces tontes préparées.

Les clichés, ou épreuves négatives, pourront être ou sur verre, ou sur pellicule transparente. L'emploi de la pellicule sera surtout utile avec les appareils à rouleaux; et c'est grâce à la mise dans le commerce des pellicules sensibles que le Kodak deviendra l'appareil par excellence pour les touristes photographes.

L'emploi des glaces sera peut-être préférable dans le cas qui nous occupe, et nous verrons même que l'opérateur qui voudra obtenir le maximum de perfection dans les agrandissements sera obligé de préparer lui-même ses couches sensibles, et de revenir au collodion si oublié aujourd'hui, surtout par les amateurs.

Coupage des glaces, — T^e plus ordinairement, on

trouve dans le commerce des glaces sensibles, coupées aux dimensions voulues; cependant il est bon de pouvoir débiter soi-même ses glaces, lorsqu'on ne trouve pas sous la main ce qui est nécessaire.

Nous avons conseillé de faire usage des glaces 8x9, comme étant le format qui se prête le mieux aux agrandissements. Une glace 18 x24, grandeur courante que l'on rencontre partout, donne six glaces 8x9; il faut pour cela faire deux bandes sur la longueur; elles auront chacune 9<^" de large sur 24^™ de long, et coupées en trois, elles donneront les plaques désirées.

Les plaques se coupent au diamant ou à la roulette; mais il est assez difficile de choisir un bon diamant, et il est rare de trouver une roulette assez fortement trempée pour servir longtemps.

Un bon diamant coûte encore assez cher, 15f**ou20f'', et n'est pas toujours facile à manier, car il y a pour chacun d'eux une position spéciale à lui donner pour qu'il coupe le verre. Si le trait est baveux, opaque, le verre n'est pas coupé, le diamant n'était pas bien tenu ; au contraire, une bonne coupe est celle qui se produit lorsque le diamant ne trace qu'un trait extrêmement fin. Il faut donc chercher la position qui donne ce résultat; en général, le diamant doit être tenu droit et appuyé contre la règle du côté qui porte deux petites rondelles d'ivoire,

Couper du verre nu est assez facile, mais couper le verre recouvert d'émulsion à la gélatine est plus difficile : il faut, pour réussir convenablement, faire un premier trait, sans appuyer trop, sur la couche de gélatine,

PHOCftDÉS NÉGATIFS, ' 103

pois retourner la plaque et donner un trait sur le verre lui-même. Pour obtenir une ligne nette, et <5viter les fuites do côté, on appuie la plaque sur un angle de table exactement au-dessus de la ligne de coupe. En appuyant fortement, le verre se sépare facilement suivant le trait de diamaot,

La manœuvre de la roulette est plus facile, il suffit

FiK. 4e.

de faire glisser l'instrument contre la règle sans trop appuyer; avec une roulette neuve, l'opération réussit toujours, mais trop souvent elle s'émousse rapidement et ne coupe plus.

Lorsqu'on a fait une coupe soit au diamant, soit à la roulette, on s'aperçoit que le trait ne se produit pas contre la règle qui sert de guide, mais à une distance

loi CnAPITRE II.

de cette règle égale à une demi-épaisseur de la monture, ce dont il faut tenir compte dans toutes les coupes et dans tous les calibres que l'on prépare pour rendre l'opération plus facile.

La fig, 46 montre la disposition adoptée par M. Davanne, comme très commode pour le coupage des glaces.

Nous nous servons d'une planchette bien d'équerre (celle du dessinateur); sur cette planchette on colle une feuille de papier blanc, sur laquelle on commence par tracer, au moyen de la règle à T, les deux lignes AB et BG perpendiculaires l'une à l'autre et parallèles chacune au côté de la planchette auquel elles correspondent. Avec quelques petites pointes, on fixe en BG la règle plate HR, qui sera le butoir contre lequel viendront buter les verres a couper. Avec le diamant appuyé contre le butoir, on trace la ligne bc parallèle àBG et séparée d'elle juste de la demi-épaisseur de monture du diamant; il ne reste plus qu'à porter avec un compas, sur la ligne AB, les diverses grandeurs des côtés des glaces dont on fait usage, en ayant la précaution de faire 'partir cette mesure du point b et non du point B, afin d'avoir de suite dans la coupe la compensation de l'épaisseur du diamant.

Avec la règle à T, on trace les parallèles suivant les points marqués ; on fait, si l'on veut, la même opération sur la ligne bc, et en reliant les longueurs avec les largeurs suivant chaque format de glace, on a les calibres des grandeurs.

Les glaces coupées aux dimensions voulues sont époussetées avec soin et mises en paquet, ou même dans des boîtes à rainures.

Si l'on a débité des vef res non préparés, il convient d'abattre les arêtes tranchantes des bords, opération

PROCÉDÉS NÉGATIFS. lOfï

qui se fait en passant sur chaque angle, à deux ou trois reprises, une pierre à aiguiser; celles faites d'émeri comprimé sont les meilleures.

Choix des glaces rapides, lentes, — Mais quels sont los procédés qu'il convient d'employer? Pour les instantanées, l'hésitation n'est pas possible, il faut de toute nécessité faire usage des plaques au gélatinobromure les plus sensibles : marque bleue de Lumière, par exemple.

Pour les portraits, il vaut mieux se servir de plaques un peu moins rapides : marque jaune de Lumière; les clichés obtenus alors sont déjà plus fins que ceux faits avec les plaques bleues.

Pour les paysages posés, il faut, de toute nécessitéy employer les plaques les plus lentes : marque rouge de Lumière ; elles seules donneront une finesse suffisante pour l'agrandissement.

La rapidité des préparations au gélatinobromure est intimement liée à leur état moléculaire, les plus rapides étant celles dans lesquelles les grains de bromure d'argent sont les plus gros. Le plus simple examen microcospique permet de vérifier le fait.

Au contraire, si l'émulsion est produite par du bromure d'argent extrêmement divisé, la sensibilité à la lumière est bien moindre.

C'est là un fait d'observation qui est encore inexpliqué scientifiquement, mais qui est incontestable.

Mais, quel que soit le peu de rapidité des couches à émulsion de gélatine, elles ne peuvent supporter un

agrandissement aussi considérable que celles qui sont données par le collodion. Aussi faudra-t-il avoir recours à cette méthode lorsqu'on voudra obtenir des clichés destinés à une très forte amplification.

Les clichés produits par l'une ou l'autre de ces méthodes doivent avoir des qualités spéciales, et souvent un cliché ordinaire présente de grandes difficultés lorsqu'on cherche à l'agrandir. Nous allons examiner quelles doivent être leurs qualités en indiquant les meilleures méthodes pour arriver au résultat que l'on cherche.

Il ne faut pas l'oublier, de la qualité du cliché dépend le résultat final : avec un cliché médiocre, il est absolument impossible d'obtenir une épreuve passable, alors qu'au contraire un cliché convenable donnera facilement un grand positif excellent.

Emploi des plaques au gélatinobromure. — Quelle que soit l'espèce de plaques dont on fasse usage, il faut choisir le plus possible celles dont le verre est mince; c'est une condition nécessaire pour obtenir sans trop de lenteur les agrandissements à la lanterne. Si Ton débite soi-même des plaques 18 x H, soit en 9 x 12, soit en 8 X 9, on pourra toujours choisir dans chaque boîte les verres les plus minces. On peut même savoir par avance si une boîte contient des plaques épaisses ou minces ; en les pesant, on choisira les moins lourdes.

On trouve aujourd'hui dans le commerce des préparations de rapidité différente, et chaque fabricant distingue ses diverses qualités par la couleur de l'étiquette que portent les boîtes.

Les plus rapides, étiquette bleue de Lumière, sont indispensables pour les instantanées, mais leur grain est trop fort pour supporter un agrandissement considérable, comme nous l'avons déjà dit.

Le développement de ces plaques extra-rapides peut se faire à Tacide pyrogallique, à Ticonogène ; ce sont les deux meilleures méthodes, la dernière surtout.

Développement. — Voici les deux formules dont nous conseillons l'emploi :

A. Eau distillée 100"

Sulfite de soude 19b"

Acide pyrogallique 3»'

B. Eau lOO"-^

Carbonate de soude -. 1«'

G. Eau 200-

Bromure de potassium 20^'

Pour développer, mettre dans un verre à expérien^ces 30<^c d'eau et 30" de chacune des solutions A et B, plus l goutte de la solution C.

Le défaut qu'il faut chercher à éviter avec ce bain, est la coloration en jaune des parties transparentes, accident qui se produit quelquefois et qui provient de causes très diverses. M. Balagny assure que l'on peut éviter à coup sûr cette coloration jaune en prenant la précaution de passer la plaque développée et lavée dans un bain d'acide citrique à 1 pour 100, lavée de nouveau puis plongée dans le bain d'hyposulfite.

On arrive à enlever ou du moins à atténuer cette

coloration en faisant tremper le cliché jaune dans le bain suivant :

Eau 100-

Alun 5s'

Acide citrique i^""

Avec un peu d'habileté, on obtient d'excellents clichés par cette méthode, mais il faut une certaine habitude pour arriver à coup sûr à des résultats parfaits : il faut savoir corriger le développement suivant la marche qu'il prend. L'épreuve vient-elle trop vite, ajoutez du bromure; au contraire, est-elle lente à venir et a-t-elle des partieà fortement accentuées, ajoutez de l'acide pyrogallique.

Le bain à l'iconogène est plus facile à employer et, pour les clichés destinés h l'agrandissement, il donne de meilleurs résultats, en permettant d'avoir des clichés plus doux.

La formule à employer est la suivante :

Page 1