‹ Traité pratique des agrandissements photographiques (volume 2)Chapitre 10 sur 42 · IV. — ACCESSOIRES DIVERS · texte numérisé non relu

IV. — ACCESSOIRES DIVERS

Quel que soit l'appareil que l'on emploie, il devra toujours être enfermé dans un sac que Ton peut porter en bandoulière. On trouve des sacs tout faits chez les fabricants d'appareils, les uns en toile, les autres en cuir; quelques-uns ont une fermeture à clef, ce qui est toujours une précaution utile, car les indiscrets se rencontrent partout et causent souvent de véritables desastres en ouvrant les appareils sans qu'on le sache.

Chercheurs. — Un chercheur est toujours nécessaire lorsqu'on fait de l'instantanéité, afin de mettre en bonne place le sujet à reproduire. Les uns, dits à vision directe, sont formés par une simple lentille biconcave, ils obligent à tenir l'appareil à hauteur de l'œil, et c'est là un inconvénient; car il est difficile d'obtenir une rigidité suffisante lors du déclenchement de Tobtura-

90 cniPiTni: i.

tour, et trop souvent les épreuves ont un double contour.

Les autres forment une véritable chambre obscure; ils sont tantôt à vision directe {fig. 41) et sont utiles

Fie, 41.

r[uand on opère sur un pied; les autres sont munis d'une glace placée à 45» et renvoient l'image sur un verre dépoli horizontal {/ig. 42); ce sont les plus commodes pour les détectives sans pied. C'est le système employé dans l'Argus de M. Mendoza et dans l'Express détective de M. Nadar.

Dans certains modèles la glace réfléchissante est mobile; la face supérieure et la face postérieure sont munies toutes deux d'un verre dépoli; il est alors facile d'obtenir l'une ou l'autre combinaison : vision directe, ou vision réfléchie, en faisant mouvoir le miroir mobile autour d'un axe,

Iconomètre. — Un petit instrument fort utile égale-

ment est Yiconomètre, véritable chambre noire de poche en forme de lunette, qui permet de se rendre compte exactement de l'effet produit par le paysage,

sans qu'il soit nécessaire de monter Tapparcil et de regarder le verre dépoli.

Si l'on fait usage d'un chercheur indépendant de l'appareil i/ïg. i\), on peut se contenter des indications qu'il fournit, mais elles sont moins complètes que celles données par l'iconomètre.

Lorsqu'on n'emploie qu'un objectif, ces deux instruments sont suffisants ; mais, lorsqu'au contraire on fait usage de plusieurs instruments de foyers différents.

il faut avoir recours au chercheur de M. Davaiinc

Pour faciliter la recherche du point de vue, l'encadrer et indiquer de suite quelle longueur focale il est nécessaire de prendre pour obtenir l'image de la grandeur voulue, nous avons fait construire, soua le nom de chercheur focimélrique, un instrument qui montre par son seul emploi la proportion qui existe entre la dimension de l'épreuve prise comme unité et la longueur focale à employer; on peut ainsi choisir sans tâtonnements, parmi les divers ob- Fig. 43.

jeclJFâque l'on a à sa disposition, et monter sur la chambre noire celui qui convient à la grandeur déterminée.

Ce chercheur a l'avantage de pouvoir servir pour toutes les dimensions et pour tous les objectifs, parce qu'il est basé, non sur la grandeur des épreuves, mais sur leurs proportions relativement à la longueur focale; il est représenté aux f de grandeur dans la fig. d3.

11 secompose d'une base AB sur laquelle sont assemblées

ÂPPAIIEILS. 93

à charnières les deux platines P, L, qui peuvent se rabattre Tune sur Tautre, de sorte que l'instrument replié se met facilement dans la poche.

Pour examiner le sujet à reproduire, on relève les deux platines, on regarde par l'ouverture O placée très près de rœil, et Ton recule plus ou moins la platine L jusqu'à ce que l'ensemble à reproduire apparaisse encadré dans l'ouverture rectangulaire abcd, faite dans la proportion de 3 X 4, qui est à peu près celle de tous les formats de glaces; le sujet est ainsi isolé de son entourage; on en fait une sorte de tableau, et on l'étudié au point de vue artistique en cherchant à quelle position, à quelle place l'ensemble apparaît de la manière la plus favorable; la position étant trouvée, il faut obtenir cet ensemble dans une dimension convenable pour la glace dont on dispose; il suffit alors de regarder derrière la platine mobile L, où s'arrête le petit index et de prendre le nombre le plus proche gravé sur la base. En multipliant ce nombre par la mesure du côté de la glace, on a la longueur focale approximative de l'objectif à employer.

Supposons l'index près du nombre 1 |, cela veut dire que l'objectif à employer devra avoir une longueur focale égale à 1 fois { le côté de la surface sensible; dans l'espèce, pour une glace dont le côté a 0",21, nous aurons donc

26'"'" est la longueur focale demandée. Si l'index marque 3 f , ce sera

soit le*"" de longueur focale.

Le chercheur n'est pas un instrument de précision, ce serait inutile, puisqu'on ne saurait avoir autant d'objectifs de foyers différents qu'il y aurait d'indications; mais dans la pratique il est suffisant.

Le photographe paysagiste pourra, dans ses promenades, sans emporter d'appareil et sans recourir à une fatigante observation sur la glace dépolie, déterminer d'une manière sûre, avec son chercheur, sur quel point il devra placer sa chambre noire; il connaîtra en même temps quel objectif convient à cette position.

Un niveau a bulle d'air sera parfois indispensable, lorsqu'on aura à photographier un monument à lignes compliquées; dans les instruments soignés, il existe presque toujours un ou deux niveaux incrustés dans les l)ois de l'appareil. Si l'on fait usage du niveau circulaire, un seul sera suffisant.

Pied. — Comme nous le verrons par la suite, les clichés destinés à fournir des agrandissements un peu considérables doivent être faits avec des couches lentes; il faut donc poser Tappareil sur un pied pour éviter tout mouvement.

Le pied est certainement la chose la plus ennuyeuse du bagage phographique, et cependant il est indispensable de se munir de cet accessoire de première nécessité.

Pour les petits appareils dont nous avons à faire usage, ce pied peut être léger, et il doit occuper peu de place une fois rangé dans son étui.

Il doit être composé de trois pièces à coulisse, ou même de quatre pièces, ainsi que le montre la fig, 44 ; de cette façon, le pied une fois replié, est assez court pour être placé en travers d'un sac de touriste, et ne dépasse pas trop sur le côté.

Un pied-canne peut, à la rigueur, ùtre employé, mais jamais on n'obtient en terrain incliné, en montague,

une solidité suffisante, et, dans les pentes rapides, ce système est absolument inutilisable.

Appareil panoramique de l'Auteur. — En montagne, il est souvent nécessaire de faire une série

d'épreuves successives , qui embrassent • une partie étendue de l'horizon, de façon à donner un panorama. Le système de petits clichés agrandis donne alors d'excellents résultats, sans entraîner trop de difficultés de transport et de manœuvre comme le font les appareils panoramiques ordinaires. Mais, pour obtenir des résultats complets, il est indispensable d'user de certaines précautions.

L'appareil doit être absolument horizontal; s'il en était autrement, la ligne de base des différentes parties du panorama (chaque cliché) ne serait pas une ligne droite, mais une ligne brisée, et alors les sommets perdraient leur hauteur relative; il serait impossible au topographe d'effectuer des mesures sur une pareille épreuve.

Le niveau à bulle d'air permettra de mettre ainsi l'appareil en position horizontale; mais il se produit le plus souvent alors cet inconvénient : l'instrument plonge trop en bas, ou, au contraire, il prend une quantité considérable de ciel ; ceci dépend de l'altitude du point de station. Or, comme il n'est pas possible de choisir une altitude convenable et qu'il faut opérer en un point déterminé, il faut de toute nécessité remédier à cet inconvénient.

Pour arriver au résultat cherché, j'ai combiné une base à inclinaison variable, qui permet de conserver l'horizontalité du plan de circonvolution {fig. 45).

Une première planchette est vissée directement sur le sommet du pied; une seconde planchette est fixée sur celle-ci et peut tourner autour d'un axe, dont nous de-

lermiiierons la place tout à riiourc. Cette seconde idanchette porte deux niveaux à bulle incrustés dans le bois et placés perpendiculairement l'un à l'autre ; ils serviront à établir l'horizontalité absolue de cette base. Ces niveaux doivent être assez longs pour donner un nivellement suffisamment exact. Le pivot autour du-

quel se Tait le mouvemeut est situé à l'avant des deux plancbettes ; à l'arrière, elles portent une rainure courbe dont le centre est donné par le pivot antérieur; unécrou circule librement dans cette double rainure et permet détenir en bonne place chaque station de l'appareil; des divisions gravées sur la tranche de la planchette permettent d'arrêter l'instrument aux points voulus sans regarder sur le verre dépoli.

Sur cette double planchette se place la chambre noire, mais celle-ci peut s'inclinera volonté surl'hori-

zon, grâce à des charnières que porte la planchette supérieure et qui relient également l'extrémité de la base de la chambre. A l'avant et sur les côtés, deux attelles mobiles sur un axe A et portant deux rainures dans le haut permettent d'incliner la chambre ; deux boutons de serrage maintiennent le tout en place.

Dans l'appareil que représente la fîg. 45, la chambre ne peut se mouvoir que de bas en haut : c'est le cas le plus fréquent; pour avoir un instrument absolument complet, cette chambre devrait pouvoir également s'incliner vers le bas; il suffirait pour cela d'une troisième planchette avec charnières placées en sens inverse. Mais, je le répète, il est extrêmement rare de se trouver obligé d'opérer ainsi.

Le point le plus important est de fixer le centre de rotation à l'endroit voulu; celui-ci doit être exactement au-dessous de la lentille de l'objectif: dans le cas d'un objectif simple, cette place est facile à trouver; avec un objectif double, le point cherché est à peu près sous le diaphragme.

Pour s'assurer de la bonne mise en place de ce point de rotation, il faut, en s'abritant sous le voile noir, vieer un point très net, très saillant, le sommet d'une montagne, d'un clocher, et voir si ce point reste invariablement à la même place lorsqu'on fait tourner l'appareil; s'il oscille sur le verre dépoli, il faut corriger la position du centre, et la fixer une fois pour toutes lorsqu'elle a été trouvée.

Avec un appareil convenablement téglé^ les panoramas de montagnes s'obtiendront très facilement : chaqud

épreuve viendra s'accoler à celle qui la précède sans difficulté, et l'effet général sera absolument complet.

Il est bon, en réglant les points d'arrêt de chaque pose, de faire mordre chaque épreuve Tune sur l'autre, afin de faciliter les raccordements.

Au tirage, il est quelquefois difficile d'obtenir des ciels de valeur égale; je conseille, dans ce cas, de découper les ciels et d'appliquer les épreuves sur une feuille de papier Canson à grains, tendue sur un châssis, et sur laquelle on peindra à la gouache des nuages qui compléteront l'ensemble et donneront la perspective aérienne, qui manquerait sans ce subterfuge. Les points de raccordement qui seraient très visibles dans le ciel, seront très facilement cachés dans les terrains, et en faisant porter les épreuves les unes sur les autres, et non côte à côte, cette opération sera très facile.

Page 1