APPAREILS POUR GLACES
Chambre de M, Darlot. — - Cette chambre à foyer fixe se compose d'une boîte conique en bois noir, à. l'avant de laquelle est fixé un objectif muni d'un obturateur mécanique à disque tournant ; à côté,.est placé un chercheur à glace dépolie. A l'arrière, une coulisse permet de faire glisser les plaques sensibles dans l'appareil; celles-ci sont portées par de petits châssis métalliques à fond plein et* renfermées au nombre de douze dans une boîte séparée. A chaque extrémité de cette boîte à châssis, se trouve une fente de grandeur voulue pour laisser passer aisément les châssis à glace. Par une opération très simple, on fait passer facilement les plaques sensibles de la boîte qui les contient dans la chambre noire et, après la pose, la plaque est mise de nouveau dans la boîte-réserve par une manœuvre inverse.
La longueur de la chambre est calculée pour la mise au point des objets situés à plus de 10" de distance; dans le cas contraire, s'il s'agissait de faire un objet
place à 5"" seulcmeut, il suffit de dévisser l'objectif et d'engager, eatre l'épaulement placé au-dessus du pas de via et la rondelle, un index mobile en cuivre; Tobjectif, ramené au contact de cet index, Beramis au point pour cette distance de 5".
L'obturateur est formé d'une plaque tournante actionnée par un ressort placé à l'extérieur de la monture; un anneau mobile permet de tondre ce ressort plus ou moins et de varier ainsi la vitesse.
Les images que donne cet instrument mesurent 9™ sur 6'<°; elles sont d'une estrêmo finesse, même celles obtenues en tenant l'appareil à la main, et nous avons produit couramment des clichés parfaits en usant de préparations suffisamment sensibles, telles que les plaques bleues de Lumière.
Argus de M. Marco Mendoza. — Cet appareil ifig- i ) Fig. I.
consiste en une simple boite couverte en gainerie et qui ne ressemble en rien à un appareil photographique C'c.ît là un avantage précieux lorsque l'on veut photographier sans attirev l'attention du public; bien en-
tendu, il faut de toute nécessité opérer alors instantanément. A la partie antérieure, sont enchâssés deux petits objectifs qui servent de viseurs, et qui donnent sur les côtés de l'appareil deux petites images qui viennent se peindre sur deux verres dépolis. Une sorte de capuchon mobile abrite ces deux verres dépolis d'une trop grande lumière. Au centre de cette face antérieure, une ouverture centrale découvre l'objectif; celui-ci est fixé sur une cloison qui divise la boîte en deux parties de grandeur inégale : la première contient l'objectif et son obturateur instantané, ainsi que les deux viseurs; la seconde constitue la chambre obscure elle-même. Une coulisse donne passage aux châssis à glace; l'objectif est mis au point pour tous les objets placés à plus de dix pas.
Idéographe de M. Martin. — Construit sur le même principe de l'Argus, l'Idéographe (fîg. 2) s'en distinguo en ce que sa partie antérieure mobile s'ouvre à charnière, de façon à permettre de remédier facilement à tout accident qui pourrait se produire dans l'obturateur instantané. L'objectif, monté à tirage, peut se régler très facilement pour la mise au point, et une vis de pression le maintient exactement en place. Enfin un diaphragme rotatif permet de modérer la lumière lorsqu'elle est trop vive, et rend possible également les poses lentes d'intérieurs par exemple, qui demandent, pour être nettes, l'emploi d'un petit diaphragme.
Les viseurs, au lieu d'être placés dans les angles de Tappareil, sont exactement au milieu de chacun dCvS
côtés, ce qui rend plus exacte la mise on bonne ptac de l'image.
Simplex de M. Marion. — Cet appareil' {flg. 3) présente également l'aspect d'une simple boîte que l'on peut porter fi la main au moyen d'une courroie, L'objectir est simple, grand angulaire, d'une grande profondeur de foyer; il est porté sur une planchette mobile d'avant en arrière dans rintérieur de l'appareil, et un soufflet en toile noire relie cette planchette avec la boîte, de façon à éviter toute introduction de lumière. Une vis de serrage A permet de faire mouvoir d'avant en arrière et de fixer au point voulu la plan-
chettc porte-objectit; des repères gravés sur la plaque de cuivre qui forme coulisse indiquent la position où elle doit être fixée, suivant que l'on opère è. 2", S" ou à S"" ; au delà, le point ne varie plus et reste fixe.
Frg. 3.
L'objectif porte également un diaphragme tournaut pour les poses posées.
L'obturateur est formé par un disque actionné par un ressort à boudin commandé par le bouton C; en tournant celui-ci, on peut ainsi augmenter ou diminuer la vitesse de la plaque, tournante. La détente se fait par le bouton D placé devant l'appareil, le pouce étant passé dans la poignée et le médius appuyé contre le bouton C qui se trouve à coté de l'indicateur A; l'index se place naturellement sur le bouton B que l'on ramène avec une très légère pression. L'appareil tenu ainsi se place soit sous le bras, soit à la hauteur do la poitrine ; un
viseur à pivot se place sur le devant de la boîte et permet de prendre les sujets dans les deux sens.
Enfin un petit sac en dtoffe noire s*attache au-dessus de la coulisse des châssis, et permet d'ouvrir le volet de ceux-ci sans que la lumière puisse pénétrer jusqu'à la glace sensible
Chambre simplex Brunet^ de Laverne. — Cet appareil à foyer fixe forme une boîte qui ne présente rien ô. l'extérieur qui puisse rappeler un appareil de Photographie ; il est combiné de façon à contenir dans sa partie postérieure six châssis doubles, ce qui permet d'emporter douze glaces. L'objectif symétrique porte un diaphragme rotatif que l'on peut faire mouvoir facilement en ouvrant un petit panneau à charnière placé à la partie antérieure de la boîte. Ce panneau est luimême percé à son centre pour permettre à l'objectif de recevoir les rayons lumineux; une trappe mobile dans une coulisse fixe ferme à volonté cette ouverture.
Un obturateur à disque permet les poses instantanées; il s'ouvre de l'extérieur au moyen d'une cordelette qu'il suffit de tirer; et l'on déclenche en appuyant sur l'extrémité d'une tige butante qui vient affleurer sur le côté de la boîte.
Deux chercheurs noyés dans les parois permettent de mettre le sujet en bonne place.
A l'arrière de la chambre noire proprement dite, se trouve un compartiment dans lequel se placent les châssis. On peut, pour les poses posées, vérifier la mise au point sur le verre dépoli; à cet efi'ct, la plan-
AlTARElLâ. Il
chette du fond porte une petite ouverture où l'on peut appliquer l'œil.
Le volet du châssis, étant tiré, trouve à se loger dans une dépression de la face supérieure, et une plaque de cuivre mobile, dans une coulisse, vient se placer au-dessus de la brisure du volet, de façon à empêcher toute introduction de lumière dans l'appareil.
En somme, cet instrument se fait remarquer par sa simplicité et par sa solidité; l'objectif qu'il contient est excellent sous le rapport de la rapidité et de la finesse, et il sera certainement fort apprécié de tous ceux qui en auront fait une fois l'essai.
Détective Poulenc, — M, Poulenc a également mis dans le commerce une chambre détective qui possède certains avantages qui en font un excellent appareil.
La fig. 4 représente l'appareil fermé, tel qu'on le porte, et prêt à fonctionner ; son volume est en centimètres de 13 X 18 X 20 et son poids de 1 "^5,400, y compris un châssis chargé. Il est recouvert de peau chagrinée et n'offre nullement l'aspect d'un appareil photographique, condition importante.
" Sur le corps principal de la boîte donnant le tirage ôfocal, est fixé l'objectif muni de son obturateur (ftg, 5). Jxobjectif est muni de diaphragmes tournants et d'une xrémaillère. La mise au point fixe est établie lorsque la raie gravée sur le tube de l'objectif est amenée à hauteur du tube de la crémaillère; elle existe à partir de 7™ jusqu'à l'infini, et à moins de vouloir faire des objets rapprochés, des portraits par exemple, nous
pouvons dire, par expérience, qu'il n'y a pas lieu de modifier cette mise au point. La crémaillère permet d'allonger le foyer de 1"" environ.
Le couvercle antérieur se rabat sur la boite, il porte
le déclenchement, les deux viseurs et les deux niveaux d'eau. Les niveaus sont très utiles pour éviter les déformations, la bulle d'air peut être sans inconvénient un peu en avant ou en arrière du centre, mais il faut absolument éviter qu'elle soit à droite ou k gauche, sans quoi le cliché présenterait une déformation très appréciable.
La fig. 6 représente l'arrière de l'appareil avec son châssis double à rideaux. Le couvercle postérieur a pour but, non de protéger le châssis de la lumière (car
il est absolument ëtauche), mais de protéger le chdssis contre les chocs et de donner plus de cachet à l'appareil.
MaiiŒuvre de l'appareil.
As3urez-vous d'abord que l'objectif est bien au point.
en faisant correspondre la raie gravée sur le tube de l'objectif avec le tube de la crémaillère, fermez le couvercle, armez l'obturateur en tournant la cletde gauche
adroite jusqu'à ce qu'elle sonne deux crans, elle devra venir eu travers de la fonte qui lui livre passage, ouvrez le rideau du châssis, refermez le couvercle et levez le paraaoleil du viseur qui doit servir soit pour la vue en hauteur, soit pour celle en travers.
Appuyez fortement l'appareil sur la poitrine pour i-viler qu'il ne bouge, suivez dans le viseur l'objet en marche, surveillez en même temps le niveau d'eau, ce qui est très facile, il a été placé à côté dans ce but. et pressez le bouton de déclenchement. Fermez le ri-
APPABEIL9. 15
(leau du châssis, retournez le châssis pour faire l'autre * pose et ainsi de suite.
Le point capital est de serrer fortement l'appareil contre soi, autrement l'appareil subissant un petit tremblement, les images ne seraient pas nettes.
Le diaphragme généralement employé est le plus grand, mais l'opérateur pourra, par une forte lumière, se servir d'un diaphragme de plus petite ouverture. Au bord de la mer, par un temps de soleil, les clichés seraient sûrement trop posés avec le grand diaphragme.
Nouvelle chambre Moltcni. — Le nouvel appareil (le M. Molteni est une modification fort élégante et fort ingénieuse de celui que nous venons de décrire. La fîg, 7 en fera facilement comprendre la construction.
En A se trouve un viseur à pinnules mobiles, qui peuvent se rabattre sur l'appareil;
B est un cadran divisé servant à mettre l'objectif au point, suivant la distance à laquelle se trouve le sujet à reproduire : sur la table C, on trouve l'indication du chiffre correspondant à la division nécessaire pour une mise au point exacte;
D est le bouton servant à armer Tobturateur; celuici est du système Groult;
En E, se trouve une gâchette, sur laquelle on appuie pour déclencher l'obturateur;
F, bouton pour tondre plus ou moins le ressort et varier la vitesse ;
G, bouton pour maintenir l'obturateur ouvert au mi-
lieu de sa course, lorsqu'on veut fatreides vues p l'appareil étant monté sur un pied.
Appareil de l'Auteur. — Nous avons fait construire de notre côté une chambre à foyer fixe qui diffère des précédentes en ceci : la partie postérieure s'ouvre à charnière, de façon h donner passage â une boîte Jans laquelle sont renfermés les châssis à glaces. De cette manière, toutes les pièces de l'appareil s'emboîtent les unes dans les autres et forment un tout compact et réduit aux plus petites dimensions possibles.
Boîte de chasse de M. Leroy. — Dans cet appareil {fig. 8|, les plaques sensibles ne sont plus coDtenues dans deschâssisséparés; ellessont enfermées danaVappareil lui-même et, par un mécanisme simple et ingénieux,
Fig. 8.
elles viennent successivement se placer au foyer de l'objectif.
A l'estérieur, la botte noire, qui contient chambre noire et châssis, porto : à l'avant, une ouverture pour l'objectif; au-dessous, deus boutons, l'un pour la manœuvre de l'obturateur instantané, l'autre pour le réglage de la vitesse. Au-dessus, deux lentilles formant viseurs ; deux verres dépolis à capuchou sont placés sur chaque face de la boîte et servent i la mise en place de l'image. Au-dessous, une tige à ressort
IS CHAriTIlE I.
sert à déclencher l'obturateur eu appuyant légèrement sur son extrémité.
A la partie supérieure de la boîte et en arrière, une coulisse donne passage à un bouton qui actionne les plaques et les fait passer d'un réservoir dans l'autre.
A l'intérieur, nous allons trouver les différents organes qui permettent de changer les glaces automatiquement.
Ouvrons le dessus de la boîte en appuyant sur le loqueteau à ressort qui se voit sur le côté; abaissons la face opposée à l'objectif porté par une charnière, et enlevons la boîte intérieure en dégageant, par un mouvement de bascule, l'objectif qui est engagé dans uae virole. portée par l'obturateur.
A l'avant de cette boîte, une coulisse porte un cône en bois sur le devant duquel est fixé l'objectif; la longueur de ce cône a été exactement calculée de telle sorte que l'objectif se trouve à la distance voulue de la plaque sensible.
La boîte à plaque qui occupe l'arrière est divisée en deux étages, communiquant entre eux par une fente placée à l'avant.
Les plaques (au nombre de 18 ou de 24), sont enfermées chacune dans un petit châssis en tôle; ces châssis se placent dans le compartiment supérieur, les uns devant les autres; une plaque en bois portée sur un ressort à boudin les pousse toujours en avant. Dans le compartiment inférieur, se trouve également une plaque de serrage avec ressort, mais celui-ci est beaucoup moins fort que celui de dessus,
Enfin, à la partie supérieure de la boîte, un volet à rideau se meut dans une rainure et peut se replier en avant, comme on le voit dans la figure. L'épaisseur de ce rideau est exactement celle des petits châssis en tôle.
Lorsqu'on veut faire passer une plaque de la partie supérieure dans la partie inférieure, il suffit de pousser le bouton qui commande le volet. Dans cette manœuvre, le premier châssis se trouve entraîné par le rideau, il descend avec lui et il est maintenu en place par la plaque à ressort qui se trouve dans le réservoir inférieur.
Dans cette manœuvre, le rideau sert encore à masquer la surface sensible de la seconde plaque, et c'est à ce moment qu'il convient d'armer l'obturateur.
Cette description un peu longue pourrait faire croire que cet appareil est difficile à manœuvrer; il n'en est rien cependant, et il suffit de quelques minutes pour faire mouvoir ses différentes parties.
11 a de plus l'avantage de ne ressembler en rien à un instrument de Photographie. Une fois la pose faite, il n'y a pas de châssis à enlever et à remplacer; il n'y a qu'à faire mouvoir d'avant en arrière [un bouton qui commande les châssis, et l'appareil est prêt à fonctionner.
Il se construit en quatre dimensions ; 4 i x 6 4.
6x8, 6 1x9 et 9 x 12.
Chambre -magasin de M, Schaeffner. — Cette chambre {fig. 9), qui a la forme d'une boîte, est en bois poli, à coins arrondis,
20 CBAPITUE [.
Excepté quelques boutons, il n'existe aucune partie saillante, de sorte qu'elle n'attire pas les regards, et, eotourée d'une enveloppe de papier trouée à l'endroit de l'objectif et du viseur, elle passe inaperçue.
La chambre-magasifi renferme viugt-quatre plaques;
Flg. 9.
on peut donc impressionner vingt-quatre clichés sans ouvrir l'appareil ou sans être obligé de s'enfermer dans le laboratoire.
La chambre-magasin est munie d'un antiplanat de Steinheil : cet objectif donne des négatifs extrêmement
lumineux et nets, qui peuvent s'agrandir à toute dimension.
L'objectif est pourvu d'un diaphragme dont l'ouverture est calculée de telle sorte que l'image est nette jusque sur les bords, et qu'on peut obtenir des clichés même par un temps peu clair ou en hiver. Ce sont souvent les changements de diaphragmes et les diflFérentes vitesses des obturateurs qui occasionnent des insuccès.
L'ouverture de l'un et la vitesse de l'autre ont été calculées pour obtenir une bonne rapidité moyenne.
La chambre-magasin peut se démonter entièrement en quelques minutes; à cette fin, elle n'est pas collée, quoique fermant hermétiquement. La possibilité de séparer les pièces les unes d'avec les autres est très importante en cas de réparation.
Au moyen d'une poignée en cuir placée au-dessous do la chambre, on la maintient de la main gauche appuyée fortement contre la poitrine, pendant que la main droite opère le déclenchement. On a eu le soin de soulever le couvercle du viseur, afin de suivre le sujet à photographier sur le verre dépoli.
Pour des temps de pose comptés, on accroche le bouton d au crochet voisin; de cette façon, l'ouverture de l'obturateur instantané coïncide avec celle do l'objectif.
Par le tirage de l'obturateur de sûreté, on expose les plaques pendant le temps voulu.
Après chaque exposition, il est important d'introduire une nouvelle plaque dans la chambre, afin que
22 CUAPITIIE I.
plus tard on n'ait pas à douter si déjà elle n'a pas été glissée; sans cette précaution, on s'expose à faire de doubles poses et à laisser des plaques sans images.
Lorsque Ton veut garnir la chambre de plaques sensibles, on pose Tappareil sur une table, l'objectif en dessous ; on ôte le couvercle et l'on introduit dans le compartiment du côté du viseur, un àun, les vingt-quatre châssis en tôle que l'on a préalablement garnis de plaques; on les pose la couche sensible en dessous et le numéro dans son vrai sens en dessus. On classera les châssis dans l'ordre de leurs numéros et l'on aura soin de faire coïncider ces numéros avec ceux correspondants do rindicateur-compteur, visible par le petit trou placé entre le viseur et le transporteur.
Après quoi on met le couvercle, en ayant soin d'introduire verticalement les ressorts avec les plaques métalliques, et l'on ferme avec les quatre crochets.
Pour extraire les plaques déjà posées, on retient ferme avec l'index de la main droite celles qui se trouvent encore en haut, et, pendant qu'on retourne l'appareil, on laisse tomber les plaques exposées dans la main gauche.
La manoeuvre qui a pour but de faire passer les châssis du magasin dans la chambre se fait très aisément en observant les précautions suivantes. Avant de tirer le transporteur a, on tourne le petit levier b qui se trouve sur le côté de la chambre, de façon à avoir la position horizontale au lieu de la verticale qu'il a d'habitude. Alors seulement, on tire entièrement le transporteur et on le repousse également dans toute
la longueur, ce qui oblige le levier 6 à prendre de luimême la position verticale. Le retour à la verticale du levier b au moyen du mouvement imprimé au transporteur, indique avec certitude qu^une nouvelle plaque a été glissée dans la chambre, ce qui n'est pas le cas si le levier reste horizontal. C'est qu'on n'a pas tiré le transporteur a d'une longueur suffisante; celui-ci ne peut saisir aucun châssis, ni par conséquent le transporter dahs la chambre. Si l'on avait oublié d'amener le levier b à la position horizontale avant de manœuvrer le transporteur, il ne serait plus possible d^agir sur ce dernier, car les châssis qui se trouvent déjà dans la partie inférieure l'en empêcheraient. En pareil cas, on peut tourner après coup le levier 6 et ensuite faire glisser les châssis, mais cela ne va pas aussi bien que quand le levier b a été tourné d'abord.
Si, par erreur, un châssis ne glissait pas entièrement dans la chambre et qu'après l'exposition ou voulût transporter la plaque suivante, le levier b n'obéirait plus. '
Si le levier b ne tourne plus et si le transporteur ne glisse pas, on recule le bouton c placé près du transporteur, un peu en arrière, et par ce moyen les châssis sont poussés de même. Le transporteur peut de nouveau fonctionner et le levier b tourne, mais ces erreurs n'arrivent jamais si l'on observe bien les règles suivantes : 1° chaque fois, tourner le levier b avant le transport ; 2° chaque fois, tirer le transporteur dans toute la longueur et le repousser à fond.
Le déclenchement de l'obturateur s'opère on tirant
le bouton jusqu'à ce que le ressort sauto. Uu secood obturatcurclesûreté.devantrohjectif, empêche l'entrée de -ta lumière au moment où l'on arme l'obturateur. Si l'on tira entièrement l'obturateur de sûreté au moyen du bouton c, l'obturateur instantané est dégagé et l'exposition est efiTectuée.
Cet appareil ingénieux se construit pour des plaques mesurani 6 x â et contient 24 plaques, un modèle plus grand contient 18 plaques de 9 x 12
Fis. 10'
Photosphère de la Compagnie Française de Photographie.— C'est un petit appareil à main (/îg. 10) donnant des épreuves de 8 x 9, et qui ne ressemble ù aucun de ceux que nous avons déji décrits.
La chambre est en métal embouti mécaniquement, cuivre argenté oxydé, et dont la plus grande dimension n'excède pas 12^^. Sa construction métallique la met à Fabri de tous les accidents auxquels sont sujettes les chambres en bois, ainsi que des principaux inconvénients inhérents à ces dernières. La partie postérieure, en forme de boîte rectangulaire, présente une coulisse dans laquelle doit glisser le châssis; la face antérieure, en forme de demi-sphère, porte l'objectif et contient à l'intérieur l'obturateur instantané.
L'objectif aplanatique est fixé sur l'appareil ; il est maintenu à la distance voulue de la plaque par une bague de cuivre. Les lentilles ont seulement 15"™ de diamètre et 95"°» de foyer. Il est diaphragmé de façon à couvrir très nettement et jusque dans les angles les plaques 8x9, tout en conservant une rapidité très suffisante pour prendre instantanément les objets les plus mobiles. Il est au point depuis une distance de 3'» à 4" jusqu'à rinfini.
L'obturateur instantané est placé dans l'intérieur de la partie sphérique de la chambre. Il se compose d'une coquille glissant concentriquement et à frottement doux dans la demi-sphère et présentant à son centre une ouverture circulaire d'un diamètre égal à celui de l'objectif et qui, se mouvant de gauche à droite, dans le même plan horizontal que ce dernier, forme la fermeture. L'obturateur est commandé extérieurement par un petit levier de manœuvre placé à la partie supérieure de la chambre; il s'arme en portant horizontalement ce levier de manœuvre de gauche à droite; le
'2(y CHAPITRE 1.
déclenchement s'opère en appuyant légèrement sur l'extrémité du ressort placé au-dessous et à droite du levier et de manière à le faire buter sur le petit arrêt situé en arrière. La vitesse de marche de l'obturateur peut être réglée au moyen du bouton placé sur la partie droite de l'appareil, et qui commande la petite aiguille dorée que l'on voit sur la partie plane de la boîte, derrière le levier de manœuvre. Cette aiguille se meut sur un petit cadran portant cinq divisions ; la vitesse, lorsque l'aiguille est au point initial , peut être évaluée (d'après le constructeur) à -^^ ou -^^ de seconde; cette vitesse est augmentée lorsque, tournant le bouton de gauche à droite, on porte l'aiguille dans la même direction et suivant les divisions du cadran-; la vitesse du no 5 correspondrait à -^ ^® seconde. Les autres divisions du cadran servent de point de repère pour toutes les vitesses intermédiaires que l'on peut désirer obtenir.
Le viseur est une petite chambre noire qui s'adapte iJans un coulisseau placé derrière l'aiguille de l'obturateur; la partie supérieure peut à volonté se rabattre <lc manière à protéger le verre dépoli ou se relever pour opérer la mise en place*
Les châssis sont en bois et portent chacun deux glaces; une bande de velours empêche le jour de pénétrer entre le volet et la chambre.
Passe-partout de M. Hanau. — Cet appareil { fiij. 1 1 ; donne des images de e^m de côté seulement et chaque châssis double permet de faire quatre poseS;
I.a chambre est formée par ud cône métallique qui porte à son sommet l'objectif et son obturateur instantancS, et à sa partie supérieure un chercheur.
Une coulisse permet de placer à l'arrière le châssis
Fig. II.
porte-plaque; celui-ci porte uu volet divisé en deux, co qui permet de ne découvrir que la moitié do la plaque; ces plaques ont 6"° de large sur 13^"" de long, soit une plaque 13 x 13 coupée en trois.
Pour opérer, on fixe le cône qui supporte l'objectif rectilinéaire rapide sur la rondelle, on place l'appareil sur la planchette marquée n® 1 du châssis, on arme l'obturateur en tournant la molette jusqu'au cran d'arrêt. Au moyen du viseur, on met en bonne place, on tire la planchette et Ton déclenche en appuyant légèrement sur la pédale.
Photo-carnet du D' Krugcr, — C'est un tout petit appareil, construit sur le même principe que le précédent; il n'a que 4c™, 5 d'épaisseur et ressemble à un petit livre. Les plaques, au nombre de 24, sont un peu petites, 4«n» de côté, mais les épreuves obtenues avec cet instrument peuvent encore s'agrandir et donner des images de 18 x 24.
Appareil secret de Fetler{fig. 12). — Cet instrument difTôre de tous les autres par sa forme, une boîte rondo et plate, et par ses dispositions. La plaque sensible est ronde et peut recevoir six images de 3"" de diamètre. Au moyen d'une simple ficelle, on fait tourner la plaque sur elle-même et elle vient se présenter en six temps différents devant l'objectif; celui-ci est muni d'un obturateur instantané.
Il est facile de dissimuler cet appareil sous son habit et de ne laisser passer que Tobjectif qui simule alors un simple bouton et n'attire pas l'attention.
Dans les appareils que nous venons de décrire, la chambre noire forme une boîte non réductible et dont
le volume est toujours un peu encombraut : un sac îipëcia) est alors absolument indispensable. Plusieurs constructeurs ont cherché & replier sur elles-mêmes les diverses parties de l'appareil, afin de pouvoir en
Flg. lî.
ri'^duire le volume au point de permettre de placer dans une poche ordinaire d'habit la chambre, les châssis et
l'objectif.
Stéréographe du D' Candèze. — Le D'' Candèze a donné le nom de Stéréographe à une chambre noire formée d'une poche en étoffe imperméable à la lumière ot portant à une extrémité une planchette sur laquelle
se fixent tes châssis à plaque et à l'autre extrémité l'objectif. Des attelles ea bois se repliant sur la partie
postérieure de l'appareil servent à teadre l'étoffe et à tenir en bonne place l'avant de l'appareil {[ig. 13).
Appareil Dubroni. — D'autres fois les attellos en
bois sont remplacées par un simple trapèze en fil de laiton {fîg. 14).
Chambre de M. de la Laurencie, — M. do la Laurencie, un de nos amateurs les plus distingués, a modifié fort heureusement ces appareils, et est arrivé à construire une chambre portative absolument irréprochable (fîg. 15).
La planchette porte-objectif est munie d'une coulisse qui permet d'excentrer celui-ci dans le cas où l'on a à photographier un monument très élevé. Le soufflet, ou pour mieux dire la poche, est formé de deux épaisseurs de satinette noire recouverte par une enveloppe en peau mince (peau de gant). Cette poche est fixée en haut sur un léger cadre en laiton; en bas, sur un cadre en bois, sur lequel sont fixés deux tendeurs en fil d'acier. Le cadre en laiton se fixe à frottement dans les replis de deux gouttières d'une planchette, et les tendeurs viennent s'arc-bouter dans ces gouttières où les arrêtent deux petits verrous. Une enveloppe de laiton mince, obturée par une feuille de placage à fibres contrariées, se glisse dans une petite rainure pratiquée sur le cadre. inférieur du soufflet, y forme un vide qui vient remplir, comme un tiroir, le châssis double. Ce châssis comporte une rainure intérieure, dans laquelle se glissent aisément deux glaces ordinaires et un papier noir pour les séparer. Les deux rideaux de ce châssis sont en carton bristol, solidement nervés par une étoffe de soie collée dessus et glissant chacun dans une rainure spéciale formée par un trait de scie;
des ressorts plats forcent ces rideaux à adhérer au châssis du côté de l'ouverture. Un chercheur à cadre rectangulaire permet de voir immédiatement la disposition du sujet à reproduire.
Appareils de MM. Martinet, Mackenslein et l.auernc. — Tout deroièrement, MM. Martinet, MackensteJQ et Laverue out repris cette même forme d'appareil en y introduisant quelques modiBcations fort heureuses;
Fig. if.
les modèles de ces trois constructeurs se ressemblent beaucoup et sont également bien lyustés. Notre flo- 16 représente celui de M. Martinet.
Cette chambre, appelée chambre passe-partoul, est formée par un soufflet conique eu peau, tendu par deux cadres en bois, qui s'articulent sur les deux petits côtés
de l'arrière. Un niveau circulaire à bulle d'air permet de maintenir horizontalement l'appareil, et un viseur, à glace dépolie assez grande, rend facile la mise en place de l'image. Les châssis sont à rideaux, ce qui facilite singulièrement la manœuvre. Enfin, l'avant porte un obturateur Ruckert, dont le principe rappelle celui de l'iris-diaphragme.
Dans la chambre de M. Mackenstein, le réglage de la mise au point se fait d'une manière très simple et à la fois très exacte. Le soufflet, au lieu d'être fixé directement sur le cadre postérieur de l'appareil, est porte sur un châssis mobile qui peut se mouvoir d'avant en arrière; au moyen de quatre vis de serrage placées sur les côtés du cadre, on peut facilement avancer ou reculer toute la partie antérieure, de façon à mettre exactement en place l'objectif et obtenir une mise au point rigoureuse.
Chambre noire de M. Gilles. — Cet appareil est établi sur le même principe que le précédent et en diffère cependant par quelques points.
La chambre, lorsqu'elle est dépliée, se place dans une gaine en maroquin, qui la dissimule complètement.
Cette gaine se déplie avec la chambre, de manière qu'il n'est pas nécessaire de retirer la chambre de cette enveloppe pour opérer. Un viseur est assujetti sur l'appareil, afin de permettre de se rendre compte exactement de la vue que l'on désire prendre.
I/objectif adapté à cet appareil est un aplanatique
rectiligne muni d'im obturateur instantané, et donne la mise au point à partir de 4°^. Les châssis sont à robinet, système particulier à M. Gilles, et d'un volume très restreint.
Lorsqu'on veut se servir de l'appareil, on procède au. montage de la manière suivante : le soufflet étant tendu et l'objectif fermé, on engage, dans l'ouverture pratiquée dans le haut de la chambre noire, l'ouverture de l'étui contenant la plaque que l'on veut exposer.
On ouvre le robinet qui ferme l'ouverture de la chambre noire et celui qui ferme l'étui; la plaque glisse alors de l'étui dans les rainures pratiquées pour la recevoir.
Puis on tourne le robinet de façon à fermer hermétiquement l'ouverture de la chambre noire.
L'étui peut alors être retiré et la plaque exposée.
Une fois la plaque impressionnée, on replace sur l'ouverture de la chambre l'étui qui la contenait primitivement, on ouvre les robinets. En renversant ou en iuclinant suffisamment la chambre noire, la plaque retombe dans l'étui, dont on ferme alors le robinet et rfu'on retire pour le placer soit dans sa poche, soit dans un sac disposé à cet effet.
Ce mode de fermeture donne une assurance absolue contre toute introduction de lumière, lors du passage de la plaque de l'étui dans la chambre noire et réciproquement.
Chaque plaque se trouvant dans un étui séparé, l'opérateur peut réduire au strict nécessaire le volume et le poids de son bagage, en ne se chargeant que dn nombre
de plaques qu'il a rintention d'exposer. Il peut aussi faire provision d'un nombre quelconque de plaques, ce nombre n'étant pas limité par les dimensions d'une boîte à escamoter»
Cette division des plaques dans des étuis séparés offre encore cet avantage que, dans le cas où, par inadvertance, l'un des étuis se trouverait mal fermé, une seule glace serait perdue.
• Ce genre d'appareil se construit de trois dimensions, pour des plaques 9x12, 11x15 et 13 x 18.
Vélocigraphe de M. Laverne. — Cet appareil se rapproche beaucoup de ceux que nous avons précédemment décrits; mais le constructeur a fort judicieuse^ ment agrandi la dimension du chercheur, car le plus souvent l'image trop petite des modèles ordinaires ne donnait que des indications absolument insuffisantes.
L'objectif est muni d'un obturateur à plaque tournante, et le déclenchement peut se produire soit directement avec le doigt, soit pneumatiquement au moyen d'une poire en caoutchouc. Les plaques ont 9 x 12.
Omnigraphe de M.Hanau. — Cet instrument {fîg. 17, 18, 19) diffère des précédents par le mode de ten&ion employé pour tenir en place les parties antérieures et postérieures de l'appareil : ce sont, comme on peut le voir sur la fîg. 17, une série de triangles articulés qui se replient sur eux-mêmes, de chaque côté de l'appareil. Un sac en étoffe imperméable forme le corps de sa chambre. La mise au point se fait une fois pour
toutes par le coulaot de l'objectif, une vis de pression le maintient à la place voulue.
La partie originale de cet appareil est la boite à
glacea:ce!le-cisecomposod'unecai3seenbois, dans laquelle glisse un autre étui en inétat, nickelé, muni d'une
poignée. Dans celui-ci, sont renfermés douze châssis, cadres métalliques, contenant chacun une glace sen-
sible. Par uae maoceuvre assez simple, on parvient à faire passer en avant des châssis chacun des douze
cadres, celui qui vient de poser allant au contraire se placer à l'arrière de la boite-
APPAREILS POUR PELLICULES. CHASSIS i
La fabrication des pellicules est devenue aujourd'hui
aussi parfaite que celle des glaces, aussi le touriste trouvera-t-il un grand avantage à se débarrasser du poids des glaces. Cependant les appareils à glaces sont quelquefois plus commodes à employer, lorsque l'on ne veut faire que quelques poses, et la pellicule eu rouleaux n'est réellement supérieure qu'en voyage : ajoutons toutefois que les pellicules coupées à la dimension des glaces ordinaires peuvent être employées dans les châssis courants; un simple tendeur leur donnera la rigidité nécessaire & une bonne mise au point.
Appdreilde M. Slebbing. — La chambre noire automatique b. bande pelliculaire sans ûa de M. St«bbing est une des premières qui aient été construites ( fig. 20 et 21 1. Cet appareil est formé d'une eliambre noire à foyer fixe de 1 1"-"" de iong environ, l'objectif est réglé
Fig. w.
de façon que tous les objets situés à &™ et au delà soient mathématiquement au point.
Deux rouleaux A et B portent la pellicule qui se déroule de l'un à l'autre.
A l'aide d'une barrette, on insère une extrémité de la bande sensible dans une raiuure pratiquée dans le rouleau A", puis on tourne le bouton A jusqu'à ce que la bande entière soit enroulée, sauf une partie à peu
U CUAFITSE I.
près longue comme le fond de l'appareil. Cette pariic est amenée vers le rouleau de droite BB'; on fixe son eïtrémitéde la même manière que pour l'autre, puis on tourne le bouton A de façon à tendre convenable-
Flg. !1.
ment la bande sensible. La partie médiane passe derrière une glace polie, et c'est contre la surface postérieure de cette glace que vient porter la partie de la bande qui doit fournir un négatif.
Une petite planchette garnie d'un morceau de drap noir est placée en arrière de la bande, dans la position correspondante à celle de la glace et portant contre les deux ressorts BB'. Tout cela étant fait, on ferme la planchette C et l'on tourne le bouton à vis D situé au
APPAREILS. 4i
milieu de cette planchette jusqu'à ce qu'il refuse d'avancer davantage. Il a alors poussé à fond la petite planchette mobile, qui elle-même a appliqué exactement la pellicule contre la glace. L'épreuve se fait en démasquant l'objectif, puis on passe à une deuxième partie de la bande sensible. Tout d'abord on desserre Je bouton D et l'on tourne BB' d'un cran. Un bruit que produit 1^ détente d'un ressort à l'intérieur indique le moment où il s'est enroulé sur BB' une longueur de bande égale à celle d'une épreuve; en même temps, une pointe convenablement placée sur BB' perce la bande d'un trou. C'est entre chacun de ces trous successifs que se trouvent les épreuves à développer.
On serre de nouveau le bouton D, une nouvelle épreuve est faite et ainsi de suite.
Aucune mise en place ne pouvant avoir lieu à cause de la fixation à demeure de la pellicule sensible, on centre et l'on encadre la vue à reproduire à l'aide de la mire M et du cadre M', à charnière tous deux, qui sont placés sur le haut au centre et en arrière de la chambre noire. La mire M [est une plaque circulaire noire, percée d'une petite ouverture. Le cadre M' est coupé en croix à son centre par deux fils métalliques. Le point d'intersection de ces fils est dans l'axe du centre de la mire M, et la distance de M à M' est telle que l'ensemble de la vue encadrée par le cadre est bien celui que l'on aura sur le négatif dont le point central coïncidera avec l'objet vu à travers la mire à l'intersection des deux fils.
Les épreuves que donne cet appareil sont un peu
petites, elles n'ont que 6«°» de côté, mais elles sont d'une finesse telle qu'on peut facilement les agrandir à la dimension 27 x 33.
Le Kodak de la Compagnie américaine Eastmayi. — Cet appareil ressemble un peu à celui de M. Stebbing, mais il est tellement perfectionné qu'il laisse loin derrière lui tout ce qui avait été fait en ce genre. Le no 1 donne des épreuves de 6«n» de côté, mais ce format est bien petit; aussi, la Compagnie Eastman vient-elle de mettre dans le commerce un n<* 2 qui donne des épreuves de 9^™ de côté, format qui nous paraît le meilleur pour les clichés destinés à l'agrandissement.
Le Kodak se présente comme une simple boîte en gaînerie qui ne rappelle nullement un appareil de Pho-. tographie. A l'avant, un premier compartiment renferme l'objectif et son obturateur instantané et deux viseurs disposés comme ceux de TArgus que nous avons décrit. La manœuvre de l'obturateur se fait en tirant simplement le cordon qui se voit au-dessous de la chambre; le déclenchement, en appuyant sur le bouton qui est sur le côté.
Dans le Kodak n» 1, cette partie antérieure est fixe et ne peut s'ouvrir; les viseurs sont supprimés.
Dans le n° 2, au contraire, la planchette de l'avant s'abat et met à découvert l'objectif, ce qui permet de changer les diaphragmes et de placer une ouverture convenable lorsqu'il s'agit d'épreuves posées; pour les instantanées, l'objectif doit, au contraire, travailler à toute ouverture. A l'arrière de la boîte, est placé le
châssis à rouleaux, pouvant faire cent épreuves sur la même bande de pellicule sensible. La mise en place de la pellicule se fait au moyen de la clef qui se voit sur le dessus de la boîte ; un index placé à côté permet de voir à quel moment il faut s'arrêter dans la manœuvre du rouleau. Un système de pointe perfore la pellicule entre chaque épreuve.
C'est là bien certainement l'appareil le plus complet, le plus commode qui ait été mis dans le commerce. Ajoutons enfin que son prix est relativement modéré.
Escopette. — Appareil voisin du Kodak, mais il en diffère 'surtout par son obturateur instantané qui est semblable à celui du Photosphère.
Appareils it foyer variable.
Nous rentrons ici dans les appareils courants et nous n'aurions rien de particulier à dire si nos divers constructeurs n'avaient établi des appareils spéciaux pour les petites épreuves destinées aux agrandissements.
Nous allons citer les principaux modèles de ce genre.
En-cas de M. Léon Vidal. — Un dès premiers qui aient été combinés dans le but que nous poursuivons est VEu'Cas de M. Léon Vidal, et no\is laissons à l'auteur le soin de le décrire.
L'en-cas photographique de poche dont nous avons créé le modèle, fort bien transformé en outil sérieux et pratique
par M. Français, n'a aucune prétention à être une chose nouvelle dans son ensemble; mais, quant à ses détails et accessoires, ils ont été appropriés à l'œuvre qu'on devait produire avec un outil de dimensions aussi réduites.
Avant tout, il fallait en faire un vade mecum vraiment digne de ce nom^ tout en lui donnant des dimensions susceptibles de produire un premier type aussi grand que possible.
Nous nous sommes arrêté au format de plaque 6x7 qui permet de faire des clichés dont la contre-épreuve directe ou positive peut être projetée à l'aide des lanternes à projections courantes.
L'épreuve positive d'un négatif 6x7 tirée sur papier est déjà assez lisible, sans qu'il soit absolument nécessaire d'en faire un agrandissement.
Depuis lors, M. Vidal a adopté le format que nous préférons, 8x9, mais rappareil est toujours construit sur le même principe.
La chambre noire TT, que représente la fig, 22, est établie comme le sont toutes les chambres noires à soufflet : une fois celui-ci serré et la queue G repliée, on aune boîte carrée de 10'" environ de longueur, large de 8'" à 9"^"» et haute de 3"^, le tout pesant seulement 380s' environ.
Cette boite, enfermée dans un étui en peau souple, se met aisément dans la poche d'un paletot ou d'une jaquette; les châssis constituent une autre boîte qui se met dans une autre poche, et enfin l'on a dans un petit étui ad hoc l'objectif portant son obturateur rapide et le petit déclenchement pneumatique.
Veut-on user de l'appareil, il n'y a qu'à le sortir de son étui, à rabattre la queue G, le soufflet ouvert est fixé à l'extrémité de la queue de la chambre par l'introduction, dans une rainure, de deux coulisseaux placés au bas de la planchette de l'objectif.
11 va sans dire qu'un verrou de bois, placé dans la queue à rabattement, permet d en maintenir la rigidité.
L'objectif est alors placé sur la planchette à l'aide aussi de deux rainures dans lesquelles s'engage sa rondelle, ainsi qu'on le voit en F. Si l'on veut opérer instantanément, le petit déclenchement est mis à sa place, de façon à faire fonctionner l'obturateur circulaire M placé au centre de l'objectif rectilinéaire entre les deux lentilles. Le point automatique pour des productions à partir de 10" de distance de l'objectif, est indiqué par un trait où Ton amène, à l'aide de la crémaillère B, la petite planchette mobile dont le déplacement permet de faire varier les distances focales.
Un des châssis doubles étant toujours en place dans l'appareil, il n'y a plus, dès qu'on a centré l'objet à reproduire à l'aide de la mire mm', qu'à faire fonctionner le déclenchement en pressant la petite poire P.
Une petite poignée, munie d'une vis à son extrémité, sert à tenir la chambre noire d'une main, tandis que l'autre main presse la poire au moment voulu.
Après l'opération, le fourreau du châssis qui s'ouvre de haut en bas, ayant été fermé, on ouvre la porte placée en arrière de la chambre noire, et l'on place du côté de l'objectif l'autre côté du châssis, de façon à pouvoir exposer une nouvelle couche sensible.
Si, au lieu de faire des vues instantanées, or doit poser un certain temps, il est nécessaire d'user du pied P, que l'on sort alors de la canne P', qui lui sert d'étui.
Ce pied est formé de tubes en cuivre, dont une partie, rentrant dans l'autre à frottement, sert en le retournant à donner à ce support une hauteur convenable. Trois douilles reliées par trois morceaux de chaîne L à un anneau central, permettent, une fois l'appareil posé comme on le désire, de donner aux trois branches une rigidité suffisante, rigidité que l'on accroît encore s'il est nécessaire, si, par exemple, il fait du vent, en suspendant un poids quelconque à l'anneau central. Le pied enfermé dans son étui, on a en somme
une canne ordinaire, un peu forte, mais ne rappelant en aucune façon un appareil photographique.
Si Ton a des reproductions à faire à une distance plus ou moins rapprochée de l'objectif et moindre de 10", une mise au point devient nécessaire; en ce cas, on met la plaque dépolie attenante à la chambre noire à la place occupée par le xhâssis négatif, et Ton met au point en s'abritant sous une manche noire. La crémaillère B permet de faire avancer l'objectif d'une quantité suffisante pour ces mises au point accidentelles.
Si la vue n'est pas instantanée, on se sert, pour ouvrir et fermer l'objectif, d'un petit bouchon à charnière très douce et dont la mise en mouvement s'obtient à l'aide d'un simple fil. De cette façon, aucune secousse ne peut faire vibrer l'appareil.
11 va sans dire que pour des instantanées avec l'obturateur rapide il n'y a, tout étant prêt et en plein repos, qu'à agir sur la poire de déclenchement.
L'objectif rectilinéaire construit par M. Français peut recevoir une série de diaphragmes reliés entre eux par un point fixe; on met celui de ces diaphragmes que Ton juge convenable, suivant l'intensité de la lumière et la nature du sujet à reproduire.
Le châssis double C de cet appareil de poche est con* struit de façon à servir soit pour des plaques de verre, soit pour des papiers ou pellicules sensibles.
On en voit la disposition dans notre dessin : le fourreau ou étui du châssis est représenté seul, et entièrement adossée contre lui se trouve la planchette intérieure N por* tant de chaque côté, en haut et en bas, deux rainures dans lesquelles s'engagent deux plaques de verre 6 x 7 de 1""» d'épaisseur.
Les plaques V servent à maintenir des pellicules de papier sensible engagées entre leur surface postérieure et la planchette. Si l'on préfère user de plaques rigides, on n'a qu*à se procurer des plaques de verre couvei'tes d'émulsion.
Les six châssis doubles ne forment ensemble qu'une épaisseur maxima de 35"" sur une longueur et une largeur naturellement un peu moindre que celles de la chambre noire; ils sont enfermés dans un étui souple comme celui de la chambre noire. Une petite plaquette blanche posée sur chaque côté des châssis sert à y inscrire des indications sommaires.
La disposition de ces châssis est telle qu'aucun rayon de lumière ne peut s y glisser furtivement, la totalité de la planchette est en effet engagée dans un étui sans ouverture autre que celle nécessaire au fonctionnement, et là se trouve une surface de recouvrement assez large et communiquant avec l'extérieur par un retour d'angle, de telle sorte que la lumière ne peut pénétrer dans l'intérieur.
La disposition adoptée pour ouvrir le châssis par en bas, une fois qu'il est dans la chambre noire, est encore une garantie contre toute pénétration des rayons lumineux jusqu'à la plaque sensible, pourvu, bien entendu, que la porte ait une fermîeture bien étanche, ce qui est obtenu à l'aide d'un recouvrement de 16""" à 6""" environ, formé par le cadre intérieur contre lequel butte la porte.
Si l'on veut, ainsi que cela est nécessaire dans certains cas, faire des reproductions sans attirer l'attention, on peut recourir à un petit sac noir enveloppant l'appareil tout entier, sauf une ouverture pour l'objectif et une autre pour la vis du pied, ou du support à main.
Ce sac en étoffe légère, soie ou laine caoutchoutée, ou bien en peau mince, pourrait être toujours placé sur l'appareil en fonctionnement, ce qui donnerait une garantie complète contre toute introduction accidentelle de rayons lumineux.
L'En-cas de M. Vidal est construit par M. Français, opticien de talent, dont nous aurons à parler de nouveau à propos des objectifs.
KtjififirraphcdeM.Français. — Cet appareil (/ig. 23) est formé par une chambre rigide, dans laquelle sont logés les châssis; l'objectif peut égalemeot se placer daDS l'intérieur de la chambre noire, et le tout forme un volume de 14 x 12 x lîi (poids : 1*b,350), pour le
Flg- 53.
format 8x9; de 19 x IB x 15 (poids: 2^i], pour les plaques 9 x 12.
L'objectif se monte à baïonnette sur la chambre, ce qui rend très rapide sa mise eu place, et des graduations, faites sur la monture, permettent de régler l'objectif suivant les distances correspondantes. Pour cela, on place un diaphragme dans l'objectif, et c'est le biseau du diaphragme qui sert d'index à faire correspondre avec la graduation. Une vis de pression empêche tout déplacement accidentel de l'objectif.
Avec le troisième diaphragme et le réglage àly, tout est au point à partir de 8" environ. La profondeur de foyer augmenterait encore avec le quatrième dia-
phragme, mais il est bon de n'employer celui-ci que pour les vues éclairées par un soleil ardent.
L'obturateur contenu dans la boîte peut fonctionner avec des vitesses différentes ; un indicateur, sur lequel court une inanivetle, indique le degré de tension à don-
ner au ressort pour les vitesses plus ou moins considérables que l'on désire employer ; l'obturateur s'arme en tirant au dehors la tige qui se trouve sur le côté.
Une petite chambre- viseur est placée au-dessus de l'appareil et permet la mise en bonne place du sujet à photographier.
Les châssis doubles sont du même système que ceux de Ten-cas de M. Vidal.
Pour se servir de Tappareil, on arme l'obturateur en tirant la tige qui le commande, et l'on fait descendre rétui du châssis; on place ensuite l'instrument devant soi, comme le montre la fig. 24, en le tenant fortement appuyé contre la poitrine, et cela pour éviter tout mouvement; puis on dirige l'objectif sur le sujet à photographier. Quand on aperçoit ce dernier convenablement placé sur la petite glace dépolie du viseur, on presse avec le pouce sur la détente de l'obturateur et Ton remonte l'étui du châssis.
Kinégraphe à grand angle. — Il existe un second modèle d'appareil de ce genre appelé Kinégraphe à grand angle, moins volumineux que le précédent, mais il ne contient pas les châssis. La plaque qu'il donne mesure 9 X 12, son volume est de 12 x 13 x 15, et son poids de iôOOs', soit une différence en moins de 5006^
L'objectif embrasse un angle de 70° et donne une image nette de tous les plans à partir de 5»" ; la monture est à diaphragme tournant, et, de plus, il porte deux viseurs placés sur deux des faces de l'appareil.
Traveller de M. Français. — Cet instrument diffère des précédents en ce que la partie antérieure de la chambre est formée par un soufflet maintenu en place par deux planchettes articulées à charnières sur la chambre; le viseur est mobile afin de pouvoir prendre des vues dans les deux sens (fig, 25 ).
Cosmopolite. — Daas cette autre modiflcation du Kinégraphe, la mise au point peut se faire au moment même du déclenchement de l'appareil. Avec les systèmes précédents, l'opération se borne à régler d'avance l'objectif suivant la distance approximative à
Fig. ÎJ.
laquelle il veut photographier son sujet. De là, pour certaines personnes, une difficulté qui, à leurs yeux, ne peut être .surmontée que par une mise au point directe. Pour répondre ù ce desiderata, M. Français a construit un appareil {fig. 26), dans lequel l'objectif du viseur est identique à celui de la chambre noirei de plus, cet objectif est mobile par un pignon qui commande en même temps les deux; la mise au point
se fait alors sur le verre dépoli du viseur, ot eoltii-ci est de même grandeur que la glace sensible.
Cette opération se fait en actionnant une manivelle placée sur le côté droit de l'appareil et tournant sur un limbe gradué en distances.
Cette disposition permet donc d'employer l'instru-
Kie. 2B.
ment soit en réglant le foyer à l'avance, soit en faisant la mise au point sur l'objet lui-même. Le premier système s'emploie lorsque la distance des premiers plans est supérieure à lO"", le second, au contraire, pour les objets rapprochés.
Les deux objectifs sont complètement dissimulés à l'intérieur de l'appareil, sur lequel ils restent toujours fixés et dont l'extérieur est recouvert en maroquin.
Avec le Cosmopolite, on opère comme avec le Kinê' graphe ordinaire, aveo cette différence que la main droite, tout en maintenant l'appareil par le coin inférieur, fait manœuvrer avec le pouce la manette sur le limbe, de fagoa à mettre l'image au point sur la glace dépolie du viseur, tandis que la main gauche soutient l'appareil, et que le pouce de celle-ci, pasaé dans la poigDëe, se trouve placé sur la gâchette do l'obturateur prêt à presser.
Appareil de M. MoUetii. — On doit également à ce constructeur un petit appareil à foyer variable permet-
tant d'obtenir des épreuves du format 8 x 9. La mise au point a été calculée par avance, et un Tableau inscrit à l'intérieur du couvercle de l'appareil permet de mettre en bonne place l'objectif suivant la distance du sujet à reproduire. Une échelle graduée permet de faire
cette opération très facilement. L'obturateur instantané est actionné par une cachette qui est placée audessous de l'appareil.
La mise en place s'obtient au moyen d'un viseur fort ingénieux, formé par les planchettes qui servent & fermer les deux extrémités de l'appareil : l'une, celle de l'arrière, porte à son centre un trou formant œilleton; l'autre, celle de l'avant, forme un cadre qui limite le champ embrassé par l'objectif. En mettant l'appareil ti hauteur de l'œil, comme le représente la flg. 27, on arrive facilement à suivre «n objet en mouvement,
Appareil de M, Guyard. — Il peut, à volonté, recevoir des châssis à plaques de verre, ou un porte-rouleau
à papier sensible ou & pellicule sensible. L'objectif, muni d'un obturateur instantané, donne des épreuves absolument nettes, surtout si on l'arme d'un diaphragme
i« CBAPITEIE I.
convenable. L'instrument, parfaitement construit, est d'un maniement très facile et il répond h toutes les exigences; ajoutons que les épreuves qu'il donne ont gtm sur l?'"- (/Î3.28I.
Fi(t. 29.
Alpiniste de M. Enjalberl. — C'est, en résumé, une chambre noire à soufflet et à base pliante ifig. 29, 30,
31). Quand on veut opérer, il suffit de presser les deux équerres en acier qui se trouvent sur les cùtés de l'iippareil pour faire basculer la planchette-aupport , qu'on fixe très solidement au moyen de deux arêtes que portent les équerres et qui entrent par pressioo dans
deux encoches ménagées dans la planchette. On accroche la planchette porte -objectif et on la fixe ati moyen de deux boutons de serrage; celle-ci peut occuper deux places différentes : l'une, la plus reculée, pour les objectifs placés au delà de 10™, l'autre pour les distances moindres. Dans le premier cas, on place les rondelles de la vis de serrage en avant; dans le second cas, elles doivent se mettre en arrière. L'ob-
Jectif eat muni d'ua obturateur à gulllotme, se mouvant entre les deux lentillee.
L'arrière de l'appareil eat constitua par une aorte de
boîte-magasin contenant 12 plaques. Chaque glace est
enfermée dans un cadre en fer-blanc; elles sont placées
toutes les unes devant les autres, de telle sorte que la
Fig. 31.
première se trouve exactement au point de l'objectif. Pour substituer une glace à. celle qui a subi l'impression lumineuse, on soulève le couvercle métallique placé au-dessus des châssis, on relève le sac de cuir qui se trouve au-dessous et l'on tourne la manette placée à la partie inférieure de Tappareil. Le premier châssis se trouve soulevé et vient faire saillie dans l'intérieur du sac de cuir; on rabat alors la manette, et, soulevant
à la main le châssis déjà poussé en haut, on le retire et on le fait passer à l'arrière de la boîte-magasin. Un ressort pousse toujours l'ensemble des plaques en avant et assure la mise en bonne place.
Pour dissimuler cet appareil, M. Enjalbert le renferme dans une boîte ficelée comme un colis ordinaire. Au moment d'opérer, on déplace la ficelle qui est en avant; une partie de la boîte se rabat et découvre l'objectif, et Ton fait la pose.
Appareil à prisme de M. Londe. — L'appareil de M. Londe (fîg. 32) est surtout destiné aux vues instantanées; il permet de suivre le sujet en mouvement sur le verre dépoli de l'appareil, en grandeur exacte, ce qui est un avantage de premier ordre.
Description et maniement de la chambre à prisme.
L'avant de la chambre comporte :
lo L'objectif que Ton peut faire avancer ou reculer au moyen de la crémaillère latérale ;
2° Une manette avec des encoches numérotées, qui permet d'obtenir des vitesses différentes ;
3° Une manette qui sert à armer l'obturateur ;
4« Un bouton qui sert à déclencher Tobturateur.
L'arrière de la chambre reçoit un magasin à plaques.
La partie supérieure de la chambre se lève et permet d'examiner avec les yeux l'image donnée par l'appareil.
Chargement du magasin.
Le magasin contient onze plaques qui sont placées dans des petits cadres métalliques.
11 est basé sur le principe indiqué par M , Foll, dans son fusil photographique.
Une simple rotation de l'appareil permet de substi-
tuer les plaques les unes aux autres. Les perfectiounemeuts introduits consistent :
1» Dans lemode de fabrication des châssis, quidoiveiit être calibrés avec un soin méticuleux pour assurer un fonctionnemeot régulier, et daas le système des ressorts qui assurent le placement mathématique de la plaque à l'endroit voulu.
2° Dans le compteur placé en arrière du magasin qui
empêche de changer les plaques sans le faire fonctionner.
30 Dans le mécanisme spécial qui ouvre automatiquement la porte du magasin lorsque celui-ci est en place et le referme également automatiquement lorsqu'on Teulève (*).
Manœuvre de l'obturateur.
Comme on opère avec cet appareil devant un magasin à plaques toujours ouvert, il est nécessaire d'avoir un dispositif spécial qui empêche la lumière de passer lorsque l'on ouvre l'obturateur.
De cette façon on n'a aucune précaution à prendre, et l'on peut armer l'obturateur en toute sécurité.
Emploi du prisme.
L'obturateur porte un prisme qui est destiné à renvoyer l'image de l'objectif sur un verre dépoli sur lequel on contrôlera la netteté de l'image.
Le verre dépoli et le plan focal dans lequel se fait l'image sont réglés de telle manière que, lorsque l'image est nette sur le verre dépoli, elle l'est également sur la plaque sensible.
( * ) Les plaques étant mises dans les cadres, on les introduit dans le magasin, on ferme celui-ci^ on le place dans la chambre, et la porte s'ouvre toute seule. On place la plaque métallique qui est destinée à maintenir le magasin en place.
Pour sortir le magasin, on le tire alors de son logement jusqu'à ce qu^on le sente arrêté. On appuie alors latéralement sur une pièce qui se trouve sur le culô de la chambre et à ce moment on peut achever de le sortir.
Lorsque l'obturateur part, le prisme disparaît avec lui, et l'image ne se fait plus sur le verre dépoli, mais bien sur la surface sensible. Ce dispositif a de plus un autre avantage, c'est de prévenir l'opérateur lorsque l'obturateur n'est pas armé. Kn effet, dans ce cas, l'image n'est pas visible sur le verre dépoli.
De ce côté, toute erreur provenant d'un oubli est signalée.
Emploi de la chambre.
1° Armer l'obturateur lorsque l'on voit un sujet intéressant;
2» Lâcher le ressort qui maintient le cône dans lequel on regarde l'image ;
30 Suivre l'objet et le mettre au point au moyen de la crémaillère;
40 Lorsque l'objet est au point, lâcher la détente.
L'épreuve est faite.
Pour être prêt pour la suivante :
5<» Tourner de gauche à droite la pièce qui est au milieu de l'armure du magasin.
Ce mouvement doit faire avancer le compteur d'un cran;
60 Paire tourner la chambre tout entière d'arrière en avant et faire un tour complet. (La plaque se charge ) ;
70 Remettre la pièce du magasin dans sa position première.
(Les plaques ne peuvent plus alors être chargées).
80 Armer l'obturateur et l'on est prêt à nouveaui
Avantages de la chambre .
lo Permettre de contrôler la mise au point d'un objet en mouvement et facilité entière de n'agir que lorsque l'objet est absolument net;
2o Donner une image légèrement agrandie des objets observés, ce qui facilite la mise au point;
3» Dispositif du contrôleur de mise au point qui force de voir l'image en pleine lumière avec facilité;
4» Dispositif de l'obturateur qui prévient l'opérateur lorsqu'il a oublié d'armer son obturateur;
50 Impossibilité de visiter les plaques en armant l'obturateur, etc., etc.
Express-détective de M. Nadar. — En examinant cet appareil de luxe (fig. 33), pour ainsi dire, on s'aperçoit vite que l'auteur connaît tous les besoins de son art, car il a prévu toutes les difficultés qui pourraient se présenter dans la pratique, et toutes ont trouvé la solution qui leur était nécessaire.
La mise au point est à la fois automatique et variable, permettant de photographier également bien les objets éloignés ou ceux plus rapprochés.
Il suffit, pour obtenir une mise au point exacte, de mesurer (approximativement) la distance qui sépare Tappareil des objets à réproduire, et de pousser l'aiguille E sur le chiffre de mètres correspondant, indiqué sur le cadran. Cette aiguille porte à l'intérieur de la boîte un excentrique qui entraîne d'avant en arrière la planchette qui porte l'objectif.
poiat, grâce au châssis dépoli que porte l'appareil.
L'obturateur s'arme extérieurement en tournant la petite clef B, et déclenche sous la simple pression d'un bouton; il peut passer graduellement d'une vitesse minime à une très grande vitesse au moyen de l'aiguille D, et faire en même temps la pose. Dans ce dernier cas, on n'a qu'à pousser l'aiguille D contre la petite plaque gravée. Une petite trappe A sert à boucher l'objectif avant d'armer l'obturateur.
A l'appareil est adjoint un chariot C qui s'y adapte par un simple bouton à ressort K, et qui renferme un
châssis dépoli N, maintenu toujours en place pour la mise au point par la pression de deux ressorts.
Le chariot peut également recevoir, pour l'emploi de glaces ordinaires, des châssis doubles, en métal et bois, réduits à la plus simple expression comme poids et comme épaisseur.
Un double ressort assure la fermeture des volets qui ne peuvent pas être soulevés par mégarde, et qui sont enlevés complètement lors de l'exposition, car deux autres ressorts doubles empêchent la lumière de pénétrer.
Ces volets sont en même temps préparés de façon à pouvoir y inscrire des notes comme sur une ardoise.
Le châssis à rouleaux Eastman G, pour vingtquatre ou quarante-huit poses, est adapté aussi à cet appareil et le même bouton K sert à le fixer. A ce châssis a été ajouté un compteur automatique qui indique exactement lorsque le négatif est en place, et qui marque en même temps par un chiffre le nombre
de clichés déjà exposés, et naturellement ceux dont on peut encore disposer.
Deux viseurs F^ composés d'un petit objectif reflétant l'image sur une glace qui la renvoie sur le verre dépoli, permettent de juger avec précision et de la rectitude des lignes, et de la position occupée par le sujet principal.
La chambre est alors maintenue par la main droite sans qu'il soit nécessaire de la porter à hauteur de l'œil pour viser, la main gauche restant libre pour obtenir le déclenchement de l'obturateur au moment voulu.
Cette combinaison de viseurs permet de photographier en tournant complètement le dos au modèle, lorsqu'il s'agit de faire des instantanées, sans crainte d'éveiller Tattention.
Un petit sac de cuir avec courroie pour le porter en bandoulière, cache l'appareil complet en le préservant des accidents tout en permettant d'opérer sans le retirer de son étui.
Un pied portatif et léger peut être adapté à la Détective, lorsqu'on désire s'en servir comme chambre ordinaire pour des vues posées, des intérieurs, des reproductions quelconques à courte distance, etc.
Le châssis à rouleaux de la Compagnie Eastman, qui s'adapte à l'appareil Nadar, est un instrument de premier ordre, d'une grande simplicité et d'une manœuvre facile. Aussi c'est Tappareil par excellence pour le photographe voyageur, pour l'amateur (fig. 34, 35, 39 et 37).
La fig. 34 représente le châssis fermé; il se compose
d'une boîte de la grandeur du format photographique
J, I, etc. et d'une épaisseur de quelques centimètres.
Un couvercle à double épaulement B ferme la face
postérieure d'une sorte de châssis C qui contient les
Fie. 34.
rouleaux. Deux fermetures & ressort maintiennent ce couvercle en place.
Le châssis C porte deux rouleaux sur lesquels s'enroulent les bandes de papier ou de pellicule sensible ; celie-ci porte sur une planchette qui assure la planiraétrie parfaite de la partie de la pellicule exposée. Un système de frein assure une tension uniforme, et un encliquetage empêche tout retour en arrière. Une clef à rabattement permet de faire tourner le rouleau d'appel,
En avant du châssis C vient se placer le porte-
rideau, et les fermetures à ressort que porte le couvercle B assurent un contact parfait entre les trois parties du châssis ; des rainures et des languettes empêchent toute introduction de jour dans l'intérieur de l'appareil.
Le volet est formé par une planchette d'ébonite; celui-ci s'enlève complètement pendant la pose, et une baguette garnie de velours vient boucher complètement la rainure qui sert de passage au volet : de cette façon, on n'est plus embarrassé par un volet à rabattre sur le côté de l'appareil.
A l'intérieur du cadre, ou plutôt de la boîte C, sont deux rouleaux que l'on voit encore mieux dans la coupe {fig. 35); l'un, celui de gauche, porte la pellicule
Fig. 35.
ou le papier sensible; celui-ci a été roulé au moyen d'une machine spéciale qui lui donne une tension uniforme.
Le rouleau, ainsi garni, se place entre deux pivots; l'un, fixe, porte un frein à ressort; l'autre, mobile, au
moyen d'un bouton molleté placé à l'extérieur, porte 1111 pas de vis qui permet d& l'amener en place et de (iser le rouleau.
Le papier passe de là par une fenteàla face extérieure fig. as.
de la boîte; il est maintenu en place par uiie planchette légère sur laquelle il passe, avant de revenir en arrière, par une seconde fente semblable à la première,
et de là va se fixer sur le second rouleau au moyen d'un étrieren cuivre.
La fig. 36 montre la pellicule passant par la première fente, la flg. 37 prend la pellicule après s
dans la seconde fente et vient s'engager sous l'étrier de cuivre.
En outre du frein que nous avons vu sur le côté du premier rouleau, deux ressorts font appuyer contre chacun des rouleaux deux tringles en bois qui assurent la tension parfaite de la pellicule.
Lorsque la pose est faite, la pellicule est enroulée sur le rouleau n» 2, qui se manœuvre au moyen d'une clef à rabattement qui est placée sur le côté de la boîte. Ce même mouvement amène sur la planchette une nouvelle portion de pellicule prête à être impressionnée : un indicateur extérieur montre la position occupée par la surface sensible, et un perforateur automatique sert à tracei^une série de trous qui délimitent la situa^ tion exacte entre les clichés consécutifs.
Châssis à rouleaux de Af. Poulenc. — Un châssis plus simple, sans roues dentées, et moins susceptible de se déranger, est celui, de M. Poulenc. Un volet à rideau remplace la plaque d'ébonite, et un système de double pointe vient perforer le papier à chaque longueur d'épreuve; cette opéfation, au lieu d'être automatique, se fait à la main après chaque pose.
Dans cet instrument, la bande de papier ou de pellicule sensible doit être enroulée à la main sur le rouleau porteur, et cette opération demande beaucoup d'attention pour obtenir une tension égale. Il serait à désirer que les fabricants vendissent leurs bandes sensibles toutes enroulées et prêtes à être placées dans les châssis, ils éviteraient ainsi à l'amateur une besogne ennuyeuse.
Châssis à rouleaux de M. Morgan. — Le premier châssis de ce genre a été mis dans le commerce 'par M. Morgan; il diffère de ceux que nous venons de décrire par le mode d'enroulement du papier; celui-ci se fait sur un cylindre en carton, qui se fixe en place par une broche. Le marqueur est attaché au volet et marche automatiquement. C'est là une excellente disposition car l'opérateur ne peut ainsi oublier de faire cette marque essentielle.
Tous les appareils ingénieux que nous venons do décrire peuvent, à la rigueur, être remplacés par une chambre noire ordinaire de voyage; et l'on trouvera chez tous les constructeurs en renom, des chambres
Fig. 38.
1 de plaques construites avec tout le soin nécessaire. Tel est l'excellent appareil de Nadar que représente la fig. 38.
Un point important à noter, cependant, est celui-ci : l'avant de l'appareil devra toujours être relié à la
base par des équerres en cuivre afin d'assurer sa position bien perpendiculaire.
Il sera bon également de faire incruster sur l'un des côtés de l'appareil une échelle graduée en millimètres, qui permettra de mettre exactement au point sans avoir besoin de recourir au verre dépoli et à la loupe.
La mise au point ayant été réglée avec tous les soins désirables, une fois pour toutes, on note très exactement la position occupée par le chariot, et l'on n'aura plus, par la suite, qu'à mettre immédiatement à l'endroit voulu le verre dépoli sans avoir à tâtonner.
Châssis-sac Blin. — - On peut remplacer le châssis à rouleaux par d'autres systèmes qui permettent d'employer des pellicules coupées et non plus en bande continue : tel est le châssis-sac Blin.
Ce châssis (fig. 39) se compose de deux pièces ; la poche A et le porte-pellicule B; celui-ci glisse dans la poche, en sort et y rentre à volonté, mais ne peut en être séparé complètement.
La poche A est entièrement fermée sur trois de ses côtés et, sur 5™™ à 6"™ de longueur, aux deux extrémités de son ouverture. Cette ouverture est elle-même hermétiquement close, lorsque le porte-pellicule est glissé jusqu'au fond de la poche, par le rabat a du porte-pellicule, ce rabat restant en dehors.
Chargement du sac Blin.
Au bas du porte-pellicule et dans toute sa largeur est collée une bande de carton mince h qui forme rai-
miro. Kti lirantleporte-pellicule autant qu'il peut l'être, cette raiQure se présente à l'ouverture de la poche; c'est sous elle qu'on cugage le bas de ia pellicule en l'y
enfonçant de 4"" à ô™""; l'autre eïtrémité de la pellicule reste libre, mais on la loge sous le rabat a du portepellicule. Dès lops, il ne reste plus qu'à pousser celui-ci jusqu'au fond de la poche et le chargement du sac est opéré.
Il va sans dire que ceci est fait dans le laboratoire et a la lumière rouge.
La porte du châssis ouverte laisse voir, en bas, une ouverture étroite dans laquelle on engage le sac Blin, le rabat a en dessous et en avant. Au haut du châssis est ■ une traverse A[fig.W), que l'on fait pivoter en arrière sur deux charnières. Le sac est poussé jusqu'au fond du châssis, de façon que la bande en saillie c (fig. 39 1
du porte-pellicule opposée au raijat a s'applique verticalemeot sur la paroi du fond, sous la traverse A ; eu baissant alors cette traverse pour la remettre dans sa position horizontale, la bande c du porte-pellicule est fortemcDt serrée par elle contre cette paroi. Si l'on appuie le pouce gauche sur la traverse A
pour maintenir cette pression pendant que, de la maiu droite, on tire la poche par la tirette d, le porte-pellicule restera dans le châssis, pendant que la poche en sortira; on tirera celle-ci jusqu'à ce que les estrémilés fermées e et /'de son ouverture rencontrent les sailjies 3 et h du bas du porte-pellicule, qui l'arrêtent. A ce moment, la pellicule est en place et repose, dans tout son pourtour, sur un cadre où elle est au point.
La toile opaque qui garnit rintôrieur du châssis la garantit de tout reflet de lumière pendant cette manœuvre,
En rabattant maintenant la porte du chdssis sur là
APPAREILS. 7d
tout, la pellicule est fortement serrée par ses bords sur le cadre et tendue dans toute sa surface par le bloc qui est sous cette porte.
La partie de la poche qui est sortie reste au dehors (lu châssis et s'étale horizontalement sur le chariot de la chambre noire, lorsque le châssis est en place pour la pose,
I/exposition se fait comme d'habitude; la pose terminée et le rideau baissé, le châssis est retiré de la chambre ; on ouvre la porte et l'on repousse la poche dans l'intérieur jusqu'au fond; elle recouvre alors le porte-pellicule et, son ouverture s'engageant sous le rabat a, la pellicule se retrouve de nouveau enfermée et h l'abri de toute atteinte de la lumière.
Il ne reste plus qu'à sortir le tout du châssis, ce qui s'obtient en tirant le sac, d'abord par la tirette d; dès qu'il est sorti de quelques centimètres, on avance sur lui les doigts qui tenaient la tirette et l'on tire hardiment. Le sac sort alors, aussi hermétiquement fermé qu'il y était entré.
Ces dispositions permettent, quel que soit le nombre des clichés à faire en excursion, de n'emporter qu'un seul châssis ni plus épais ni plus lourd qu'un châssis double ordinaire.
Chaque pellicule est enfermée dans un sac, en mince carton noir, du poids de 25e' en 9 x 12 et 50s' en 13 X 18, qui se loge facilement dans les poches.
Châssis Martin. — Cet habile constructeur fabrique également un châssis portefeuille du même genre.
plus simple et excellent ; nous nous en servons journellement.