‹ Traité pratique des agrandissements photographiquesChapitre 40 sur 81 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

que, malgré le désavantage résultant de l’emploi d’objectifs à long foyer par suite de leur manque de profondeur, on aime, dans le cas des portraits, à se servir d’objectifs à foyer aussi long que possible, car plus cette longueur sera considérable, moins ces contrastes seront marqués.

D’un autre côté, lorsqu’on exagère la grandeur de la tête, en rapprochant outre mesure l’objectif du modèle, la différence qui existe entre le point copÿugué pour l’avant-plan et l’arrière-plan donne sur la plaque une perspective fort exagérée. Les photographes emploient quelquefois cet artifice pour flatter leurs modèles, aussi voit-on souvent des portraits où des visages maigres ont été arrondis passablement par le simple fait d’une diminution de la distance de l’objectif à court foyer au modèle.

Il nous semble donc que, pour le portrait ordinaire, il vaut mieux limiter l’angle inclus autant que possible, en faisant usage d’objectifs dont les foyers ont au moins le double de la longueur de Vimage , et aussi de placer le modèle à une distance telle qu’il n’y ait pas de différence trop marquée entre les points conjugués correspondants de l’avant et de l’arrière-plan. Ajoutons que, théoriquement, un agrandissement d’un petit portrait, fait dans les conditions les plus favorables, doit être plus correct dans le dessin qu’une grande tête faite directement. Ceci résulte du fait qu’en faisant un petit portrait, pourvu que tous les rayons soient pratiquement parallèles, ils tomberont tous sur un seul et même plan .focal,

A PPA R El LS.

Objectifs pour paysages.

Toute la question de la fausse impression donnée par les vues en dehors de la mauvaise correction des objectifs, se trouve résumée en ce point de savoir quelle est la grandeur de l’angle qu’il est permis d’introduire dans une vue avec une plaque de dimensions données.

Il s’agit donc, en définitive, d’établir la grandeur de l’angle à comprendre dans les photographies. En ce qui concerne les vues et les portraits, on a établi des règles empiriques, basées sur le désir d’empêcher que les objectifs ne prennent des angles que l’œil par lui-même ne peut jamais embrasser. Je crois que Ton admettra qu’aucune vue ne doit comprendre un angle dépassant 60°, et il serait même plus correct de ne jamais employer un objectif de longueur focale plus courte que la plus grande dimension de la plaque ou un peu au delà; d’ailleurs, il est évident que plus le foyer de l’objectif sera long, relativement à la plus grande dimension de la plaque, plus la perspective plaira, pourvu, toutefois, que le sujet ne manque pas d’intérêt.

En prenant les cas nombreux de résultats faux que Ton voit de monuments et d’intérieurs d’un côté, et de l’autre, de paysages à grands angles, où par l’éloignement exagéré l’arrière-plan perd sa valeur réelle comparativement à T avant-plan, on doit se rappeler que si ces vues pouvaient être examinées, sans effort, à une distance égale à la longueur focale de l’objectif, on les

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