CHAPITRE I
trouverait correctes; mais, même à cette distance, on ne saurait voir des angles de 30° à 100° sans mouvoir la tête.
Il y a encore d’autres questions relatives au côté artistique du sujet à traiter, où il faut faire intervenir la forme et la construction des instruments employés.
Les unes sont évidentes, telles que la distorsion et l’imperfection de correction pour les rayons marginaux, qui par elles-mêmes faussent la structure de l’image. La mise hors du point d’un objectif doit nécessairement aussi détruire la structure, mais l’introduction de l’aberration sphérique peut, dans bien des cas, conserver la structure de l’image, tout en lui donnant plus de douceur. Je crois que c’est là la seule forme d’aberration qu’on puisse légitimement admettre pour adoucir les images, bien que je maintienne en même temps qu’une image parfaitement définie ou nette dans toute son étendue n’exclut point la douceur due aux conditions atmosphériques et d’éclairage, cette dernière remarque s’appliquant surtout, je pense, aux études de paysages purs et simples.
Dans le paysage combiné avec des figures, l’emploi d’un objectif à long foyer a, selon l’opinion de quelquesuns de nos meilleurs artistes, une grande importance. Il permet, lorsqu’on met au point pour l’objet principal, de l’avoir mieux défini que l’avant et l’arrière-plan ; ceux-ci ayant une moindre importance, conduiront le regard au point capital de la vue ; ceci dépend naturellement de la position des foyers conjugués. Pour obtenir des valeurs plus réelles aussi, lorsqu’on se sert d’un objectif à long foyer pour Je paysage, le sujet
APPAREILS
choisi comme avant-plan doit se trouver suffisamment éloigné pour que la définition nécessaire à celui-ci soit en rapport avec celle des lointains extrêmes ou des rayons parallèles, ce que souvent l’on peut faire facilement avec de larges ouvertures ; toutefois, si les limites sont considérables, l’on n’y parviendra qu'au moyen de diaphragmes.
Un autre point important dans l’emploi d’objectifs à long foyer, c’est qu’il est toujours plus facile d’en obtenir un éclairage égal sur toute la plaque et de donner à chacune de ses parties la quantité nécessaire de lumière qui conduit à la production d’une image où les ombres et les lumières se trouvent dans leurs valeurs réelles.
J’ai constamment employé les mots long foyer par rapport aux objectifs pour vues; mais, par ces mots, je veux tout simplement faire comprendre un long foyer par comparaison à la base de la plaque avec laquelle on fait usage de l'objectif.
Avec une plaque donnée, tous les objectifs de foyer identique, quelles que soient, du reste, leurs formes, donneront le même genre de perspective. Les opticiens donnent aux objectifs les noms de grands angulaires à petit angle, etc., uniquement parce que dans certaines circonstances on peut les employer dans le but pour lequel ils ont été construits.
Les photographies de monuments, d'intérieurs et de vues à grand angle sont sans doute intéressantes, comme souvenir, et c’est pour cela que des objectifs ont été construits, permettant aux photographes d’ob-