CHAPITRE II
d’eau distillée et on l’agite jusqu’à ce que toutes les veines huileuses aient disparu; on passe dans deux autres cuvettes, et l’on étend sur la couche de collodion le préservateur suivant :
Eau 100cc
Albumine 10sr
Acide acétique 2er
Fortement agité et laissé en repos pendant douze heures, ce mélange est filtré et appliqué à deux reprises différentes sur les plaques.
Celles-ci sont mises à sécher contre le mur en les faisant porter sur plusieurs doubles de papier buvard; elles se conservent fort bien, et se développent au moyen des solutions alcalines que nous avons déjà mentionnées. Le temps de pose est plus court que pour les glaces à l’albumine, à peu près égal à celui des plaques au tannin.
Emploi des plaques isochromatiques et des plaques orthochromatiques.
Il v a déjà longtemps que l’on a remarqué que la Photographie était impuissante à rendre dans leurs valeurs réelles certaines couleurs, telles que le rouge, le jaune, le vert, que celles-ci exerçaient une action peu marquée sur les plaques sensibles ordinaires, tandis qu’au contraire le bleu et le violet impressionnaient presque autant que les blancs ces mêmes surfaces photographiques.
PROCÉDÉS NÉGATIFS
Des recherches approfondies, et dans le détail desquelles il n’y a pas lieu de s’arrêter ici, ont appris qu’il était possible d’atténuer ces défauts en ajoutant aux surfaces sensibles certaines matières colorantes ; les composés ainsi obtenus ont été appelés isochromatiques, ou bien encore orthochromatiques.
Dans la reproduction des tableaux, l’emploi de ces plaques s’explique tout seul, et aujourd’hui il n’est plus permis de tenter une reproduction de ce genre sans faire usage des procédés orthochromatiques : tous les résultats que l’on obtient avec eux sont supérieurs aux autres.
Dans le paysage, on arrive aussi, mieux qu’on ne l’avait fait jusqu’à présent, à rendre aux grandes masses de verdure leur véritable valeur, leurs diverses teintes. Enfin les lointains, qui disparaissaient trop souvent, les nuages, que l’on n’obtenait que par accidents, peuvent être rendus avec la plus grande facilité.
Il est donc important pour le photographe de connaître ces procédés; ils sont devenus faciles aujourd’hui, et Ton trouve déjà dans le commerce d’excellentes préparations orthochromatiques.
Ces plaques s’emploient tantôt comme les plaques ordinaires, tantôt en interposant sur le trajet des rayons lumineux un verre coloré en jaune; celui-ci a pour effet d’atténuer la trop grande intensité des teintes bleues et violettes, point important dans les paysages dans lesquels les arrière-fonds sont éloignés, et lorsque l’on tient à obtenir les ciels avec nuages.
Des expériences concluantes à ce sujet ont été faites