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CHAPITRE II

par M. Boissonas. Cet opérateur habile a remarqué qu;il obtenait de meilleurs résultats dans le modelé des chairs, que les taches jaunes de la peau se marquaient moins sur le négatif, enfin que les’cheveux blonds étaient beaucoup mieux rendus par les plaques orthochromatiques que par les plaques ordinaires. Pour toutes les poses courantes et pour la plus grande généralité des poses de costumes, il n’interpose aucun médium jaune dans l’objectif. Le temps de pose semble alors être légèrement diminué. Dans des cas très rares, pour des costumes, par exemple, une pellicule jaune très claire est placée dans l’objectif.

Pour les instantanéités, les plaques orthochromatiques conviennent aussi bien que les plaques extra-rapides du commerce. Pour les photographies de paysages, les essais deM. Boissonas ont porté sur différents points.

Il a constaté, en premier lieu, que, lorsqu’on a à reproduire un paysage sans lointain ni nuages, une plaque orthochromatique rendra mieux les différents tons du feuillage qu’une plaque ordinaire, même si l’on ne fait pas usage d’une pellicule jaune. En général, il est cependant préférable d’employer une pellicule de teinte moyenne.

Si le paysage comporte un premier plan de verdure, des seconds plans et des plans très éloignés (montagnes ou nuages), il est de beaucoup préférable d’interposer une pellicule foncée. Dans la grande généralité des cas, l’effet rendu sera le meilleur possible, les premiers plans restant à leur valeur et les lointains n’étant pas perdus dans l’atmosphère.

PROCÉDÉS NÉGATIFS

Si l’on se propose d’obtenir le relevé d’un point très éloigné (vue panoramique de montagne), sans attacher trop d’importance aux premiers plans, on pourra faire usage d’une pellicule encore plus foncée. Mais alors un inconvénient surgit, c’est que les verdures des premiers plans deviennent trop claires et paraissent neigeuses.

Si l’on essaie de photographier une surface bleue et blanche, on obtiendra avec une plaque ordinaire un négatif dans lequel les deux couleurs ne pourront se distinguer, car le bleu aune action presque aussi forte que le blanc.

Si l’on interpose une pellicule jaune, on obtient le résultat suivant :

Le bleu pâle du dessin coloré paraît vert si on le regarde à travers la pellicule jaune, le fond blanc paraît jaune. Or, la plaque orthochromatique est deux fois plus sensible au jaune qu’au vert; elle reproduira ces deux couleurs d’une manière bien distincte.

Etendons ce cas à la Photographie de paysage et supposons que la teinte bleu pâle de notre planche soit remplacée par le bleu du ciel, et la couleur blanche par une montagne neigeuse se détachant sur le ciel bleu. Évidemment la plaque ordinaire reproduira ce paysage comme elle l’aurait fait de notre planche bleue et blanche, c’est-à-dire d’une manière confuse; on ne distinguera donc pas la montagne neigeuse sur le négatif. Tandis qu’au moyen de la plaque orthochromatique et d’une pellicule jaune placée dans l’objectif les deux teintes seront reproduites d’une manière bien distincte, et par conséquent la montagne sera visible

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