CHAPITRE II
sur la photographie absolument comme elle était visible en nature.
Plus la pellicule jaune sera foncée, plus le ciel deviendra vert foncé par rapport à la montagne neigeuse qui restera jaune clair, plus par conséquent la plaque orthochromatique sera capable de la reproduire : c’est pour cette raison qu’il est convenable d’employer une pellicule jaune foncé pour l’obtention des vues très éloignées.
Il est bon d’ajouter encore que, dans le cas de photographie de montagnes éloignées couvertes de neige, l’emploi du médium jaune est excellent, même avec les plaques bromurées ordinaires ; la rapidité de la pose est très peu diminuée, le bromure d’argent étant assez sensible aux rayons jaunes.
En effet, le maximum de sensibilité des plaques orthochromatiques se trouve dans le bleu et le violet; conditions qu’exagère la difficulté d’obtenir les horizons, surtout ceux de montagnes dans lesquels le bleu et le violet dominent. Il faut donc ralentir l’action des bleus et des violets et aider en même temps la venue des couleurs, le vert (le feuillage, les herbages), le jaune et le rouge (les roches). On arrive à ce résultat en interposant un verre coloré sur le parcours des rayons lumineux formant l’image photographique.
La couleur jaune est celle qu’il faut employer : une glace jaune plane et polie, à surface aussi parallèle que possible, se fixe en avant de l’objectif à la place de l’obturateur; les opticiens exécuteront facilement ce petit accessoire;
PROCÉDÉS NÉGATIFS
On peut également employer pour le même usage des pellicules de gélatine colorée par l’aurantia. Voici la formule donnée à ce sujet par M. Boissonas.
Pour obtenir ces pellicules jaunes, que j’emploie en quatre teintes, je prépare d’abord les deux solutions suivantes :
A. Eau 950cc
Gélatine 75sr
Glycérine 10"
Solution (l’aurantia à 5 pour 1000 50cc
B. Eau 1000"
Glycérine 10cc
Gélatine 75sp
Celles-ci, filtrées, seront coulées dans les proportions données plus loin sur des glaces préparées comme suit :
Les glaces (le verre ne convient pas à cause de son manque de planimétrie) ayant séjourné deux heures dans l'acide nitrique, sont soigneusement lavées à l’eau courante, puis essuyées avec un linge propre. On les frotte alors vigoureusement avec un tampon de laine imbibé d’une solution de cire dans la benzine (5 pour 100) de manière à les pn couvrir uniformément.
On chauffe les glaces sur un fourneau à gaz et on les polit avec un tampon de laine, les réchauffant deux ou trois fois. Cette opération répétée permet à la cire de pénétrer dans les pores de la glace. On polit alors soigneusement les glaces avec un tampon de laine propre, jusqu’à ce que l'on n’apercoive plus de traînée de cire.
Quoique, en apparence, on ait enlevé toute la cire de la surface de la glace, il en restera suffisamment pour permettre le détachement de la pellicule. Les glaces polies, on, enlève le long des bords, sur tout leur pourtour, environ 5cm de la couche de cire, au moyen d’une touffe de coton imbibée de benzine ou d’éther, et l’on passe sur cette bordure de verre laissée à nu un pinceau trempé dans l’albu-