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CHAPITRE II

On trouve dans le commerce plusieurs espèces de plaques de ce genre : en France, M. Attout-Tailfer fabrique des plaques orthochromatiques excellentes et d’une très grande régularité; elles peuvent suffire à tous les besoins du photographe. En Angleterre et en Allemagne, on trouve également des préparations de ce genre, mais elles ne sont en rien supérieures à celles de M. Attout-Tailfer. Tout récemment, M. Van Monckhoven vient également de fabriquer des plaques orthochromatiques excellentes.

11 est quelquefois fort commode de préparer ces plaques isochromatiques, et la méthode des bains colorants est devenue aujourd’hui très simple, grâce aux préparations à l’éosinate d’argent qui se trouvent dans le commerce et que l’on doit à M. Mathet. Ce sel, que l’inventeur obtient très pur par des cristallisations successives, se vend en solution, dans des flacons rouges.

Suivant la nature du sujet à reproduire, on prépare des bains de sensibilisation plus ou moins concentrés, en se basant sur ce principe, que plus l’objet est vivement coloré, plus le bain doit être riche en matière colorante.

La dose moyenne de 20sr de solution (soit la pleine mesure qui accompagne chaque flacon) pour 150sr d’eau distillée suffît dans la plupart des cas, pour le paysage notamment.

On pourra diminuer la dose de moitié pour les portraits, les vues de monuments.

Après avoir préparé un volume de bain suffisant pour

PROCÉDÉS NÉGATIFS

bien recouvrir les glaces, on procède à la sensibilisation.

Dans le laboratoire, très faiblement éclairé à la lumière rouge, on plonge une première glace dans la cuvette, en ayant soin que la solution recouvre uniformément et sans temps d’arrêt toute la surface de la glace; celle-ci séjourne deux minutes dans le bain, qu'on agite en balançant légèrement la cuvette ; après quoi, Ja plaque est retirée, égouttée et plongée dans une seconde cuvette à moitié pleine d'eau distillée, durant vingt à trente secondes, et enfin lavée encore à l’eau distillée dans une troisième cuvette.

On place ensuite les glaces sur un égouttoir à rainures de verre ou de porcelaine, rigoureusement propre , et on les laisse sécher dans une obscurité complète; il est prudent de faire adhérer à l’angle inférieur un morceau de papier buvard blanc qui absorbe le liquide en excès.

Les seuls insuccès que l’on pourrait constater tiennent à ce que la solution n’aurait pas recouvert uniformément et d’un coup toute la surface de la glace; c’est là un point qui demande quelque attention de la part de l’opérateur. Il sera facile d’éviter tout accident de ce genre en faisant usage des cuvettes à recouvrement. De même on constaterait des zones et des irrégularités si, le volume du bain étant insuffisant, quelques parties restaient sans être recouvertes.

Si l’on sensibilisait plus de huit ou dix glaces dans le même bain, les dernières présenteraient des piqûres, et leurs propriétés orthochromatiques seraient moins marquées,

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