‹ Traité pratique des chemins de ferChapitre 16 sur 101 · K S COI.NS · texte numérisé non relu

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On voit qu'avec des poids inférieurs k 3o quintaux ( i5a3 kil. 46),

la résistance était la même sur les rails en fonte et en fer forgé. Quand la charge a été portée à 4<> quintaux (ao3i k .28), le nombre des oscillations de 7 à 3 pouces détendue, a été de 146 sur les rails en fonte, et de 1 34 et 1 38 sur les rails en fer, ce qui donne une légère différence en faveur des premiers. Lorsque le nombre des oscillations des roues sur la fonte a atteint le chiffre de 1 48 , on a placé des coins sous les rails pour les empêcher de fléchir, et l'on a vu que la rigidité n'influait pas sensiblement sur la résistance. En adoptant cette disposition pour les rails en fer, on a trouvé que la résistance devenait à peu près égale à celle de la fonte. D'où l'on peut conclure que lorsque le fer forgé ne présente aucune flexion, il oppose la même résistance que la fonte au mouvement des roues.

Nous remarquerons de plus que, dans les expériences précédentes, la flexion des rails sous une charge de 3o quintaux (i5a3 k .4^), était de o^.oSa (o".ooo8i3), et de o po .o43 (©".00109a) sous une charge de 4° quintaux (ao3i k .a8). 11 nous semble que dans la pratique on ne doit pas se servir de rails dont la flexion atteigne la limite de o v °.o$2 , surtout s'ils ne présentent pas une force plus grande au moment de la pose; car, à mesure qu'ils s'usent, leur flexion et par suite la résistance opposée au mouvement des roues devient plus considérable.

On peut, lorsque les chariots sont montés sur des ressorts, supposer leur poids total réparti également sur les quatre roues; mais avec des chariots sans ressorts il arrive souvent, comme nous l'avons vu plus haut, que la charge se trouve supportée par deux roues seulement; et l'on doit, dans la pratique, admettre cette dernière hypothèse.

Ainsi, pour que l'emploi des rails en fer ne causeaucune augmentation de résistance, leur rigidité doit être telle, que le quart du poids des chariots, s'ils sont suspendus sur ressorts, et la moitié de leur poids, dans le cas contraire, ne cause pas au milieu du rail une flexion égale à o»*.o3a (o".ooo8i3).

g8 TRAITÉ PRATIQUE

11 serait même prudent dans la pratique , surtout lorsque l'on se sert de chariots non suspendus, d employer des rails dune rigidité suffisante pour résister à toutes les flexions que le poids des chariots serait capable de produire; car indépendamment de toute autre considération, il est à remarquer que dans le cours des expériences les poids ont toujours été soigneusement appliqués sur la surface des rails, tandis que, dans la pratique, ils ont quelquefois à subir des chocs assez forts.

Les expériences précédentes sur la résistance relative de la fonte et du fer forgé, ont été faites avec des rails dont les surfaces étaient parfaitement sèches et libres de poussière. Pour apprécier l'augmentation de résistance causée par la présence de matières étrangères, on a mouillé leur surface et Ton a vu que le nombre des oscillations était respectivement de 54o, et de 570 avec la surface sèche, et de 5y5 avec la surface mouillée. Sur les rails en fer, on a trouvé qu'en donnant une moindre amplitude aux oscillations , leur nombre était de 4o4 et 412, dans le cas ordinaire, et qu'il se réduisait à a3o, lorsque les rails étaient frottés de craie. Sur des rails en fonte lubrifiés, toutes circonstances égales d'ailleurs, le nombre des oscillations était de 290, et de 244 seulement lorsqu'ils étaient huilés abondamment.

Il résulte de ce qui précède, que l'emploi du fer forgé pour la construction des fails ne donne lieu à aucune augmentation de résistance, et que cette résistance est un minimum, lorsque la surface des rails est complètement sèche et libre de toute matière étrangère.

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