Traité pratique des convulsions dans l'enfance
Lorsqu'en 1823 le Cercle médical de Paris mit au concours, pour 1824, la question importante sur les causes et le traitement de& convulsions chez les enfants, il avait senti que cette partie de la médecine enfantile avait besoin d'un nouvel examen , pour se mettre en harmonie avec les progrès récents de la médecine organique. Jusque-là en effet, les observations sur les convulsions étaient recueillies et entassées, le plus souvent sans avoir égard à la cause qui les avait produites, et ce phénomène secondaire était la maladie principale. C'était aussi lui qu^on attaquait; contre lui seul étaient dirigés presque tous les moyens thérapeutiques. Déjà la réforme s'était glissée dans plusieurs maladies de l'enfance. Les convulsions ne pouvaient pas rester plus long-temps étrangères à ce mouvement d'amélioration. L'appel de la Société fut entendu et
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elle reçut plusieurs Mémoires. La direction presque spéciale de mes études sur le système nerveux, des recherches nombreuses sur les maladies des enfants à l'occasion de la publication antérieure de mon Essai sur l'hydrocéphalite^ des faits multipliés de convulsions recueillis dans ma pratique, me firent un devoir de me mettre sur les rangs.
Mon travail obtint le prix. Il fut jugé si important par la compagnie, qu'elle en ordonna la publication à ses frais. Pour justifier un succès aussi flatteur, je vais me permettre de citer quelques passages du Rapport de la commission des prix. Son jugement ne pouvait qu'être impartial, puisqu'elle prononçait sans connaître l'auteur, et que celui-ci était alors fort peu connu dans le monde savant.
Le Mémoire n^ 5 se distingue par des vues nouvelles et des observations nombreuses et bien faites.
En déterminant ainsi les caractères de la maladie des enfants dont il doit s'occuper, l'auteur a évité une confusion dont on est frappé dans toute l'étendue des autres Mémoires ; confusion qui résulte de ce qu'on n'a pas fixé positivement les signes distinclifs de la maladie.
Un écueii que n'ont pas aperçu certains concurrents a été évité par l'auteur; il n'a pas con-
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fondu avec les convulsions qui devaient faire l'objet de son travail ces accidents nerveux qu'on voit survenir, surtout chez les enfants, comme épiphénomènes , ou même comme des symptômes habituels dans la violence de plusieurs maladies.
ce Parce qu'une maladie s'est accompagnée ou « terminée par des convulsions , on ne doit pas a en conclure, dit-il, que l'enfant est mort de « convulsions, mais seulement qu'une maladie a grave a existé , et que les convulsions ont été « la suite de la violente irritation des nerfs. » Cette réflexion avait déjà été faite par Armstrong. Elle est tellement simple et évidente , que l'on peut s'étonner de voir encore confondre les convulsions qui surviennent dans la violence des maladies inflammatoires du cerveau, avec celles qui se manifestent de prime abord et comme seuls symptômes , dans des circonstances très-différentes.
Au lieu de s'engager dans des rapprochements forcés, l'auteur s'est attaché à bien séparer les convulsions des autres névroses, et surtout de l'épilepsie , de l'hystérie , du tétanos , de la chorée , etc. Cette première partie du Mémoire a le mérite de présenter une description fidèle et concise de la maladie qu'on a appelée éclampsie , convulsions des enfants. Ce mérite est très-grand aujourd'hui , qu'on néglige beaucoup trop la considération des symptômes , qui seuls peuvent servir de guides dans le traitement des maladies , bien plus
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que des lésions anatomiques quelquefois inaperçues pendant la vie , et trop souvent démontrées fausses par l'examen des cadavres.
S'occupant ensuite des causes des convulsions, l'auteur met en première ligne comme cause prédisposante l'extrême susceptibilité du sysième nerveux chez les enfants; il cherche à démontrer que c'est à nos mœurs , à l'éducation trop molle que nous leur donnons, que nos enfants doivent une grande partie des maladies qui les affectent, et en particulier les convulsions. Tout ce chapitre est rempli de très-bonnes choses.
L'auteur s'est ensuite occupé des convulsions symptomatiques et sympathiques. Il démontre qu'elles sont secondaires aux inflammations , aux simples irritations cérébrales et aux maladies organiques dont l'encéphale devient accidentellement le siège; il fait voir que les maladies convulsives peuvent être sympathiquement déterminées par la dentition difficile, des vers dans le tube intestinal, des calculs des reins et de la vessie, etc. Cette partie du Mémoire contient quarante observations presque toutes très-remarquables par la lumière qu'elles jettent sur l'étiologie des convulsions. Dans des réflexions jointes à chaque histoire de malade, sont rappelés les faits qui se trouvent dans les auteurs, et les opinions des écrivains modernes.
Le traitement des convulsions des enfants est l'objet de la dernière partie du Mémoire. Il y est d'abord établi en principe que c'est particulière-
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ment sur la considération des causes qu'il faut s'appuyer pour déterminer les moyens curatifs de cette maladie. Quatre articles sont ensuite consacrés à l'exposition des quatre parties dans lesquelles se trouve divisé ce qui concerne la thérapeu!ique des convulsions.
A la manière dont l'action et le mode d'emploi de chacun des médicaments sont déterminés , on reconnaît un praticien éclairé.
Le Mémoire n° 5 est l'ouvrage d'un véritable praticien et d'un bon observateur. Les faits nombreux qu'il contient, qui sont propres à l'auteur, indiquent qu'il est souvent appelé pour traiter les maladies des enfants , et qu'il les traite en homme prudent et habile.
Comparé à tous les autres Mémoires , celui dont nous venons de parler est beaucoup plus complet; il envisage seul la question dans toute son étendue et par toutes ses faces; on peut dire qu'il ajoute à nos connaissances sur le sujet du concours. C'est pour ces motifs que nous le croyons digne du prix proposé.
Des faits nombreux , recueillis avec soin , m'avaient conduit a faire des convulsions une analyse qui ne me permettait plus de les regarder autrement que comme un phénomène dépendant d'une irritation ou d'une modification quelconque de quelqu'un des points du système nerveux cérébral, que ce fussent
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le cerveau , la moelle épinière ou les nerfs qui présentassent cette irritation. Je pensai dèslors qu'elles ne devaient plus figurer sur le cadre des maladies essentielles. Que cela ait été le résultat de l'influence de mon travail ou de l'élan donné à l'étudede ce phénomène , les convulsions ont , depuis ce moment , cessé de faire partie des maladies. Ma proposition a été prise au pied de la lettre. Ou bien^ à l'exemple de MM. Denys, Billard, etc., les auteurs qui ont écrit sur les maladies des enfants ne s'en sont pas même occupés ; ou bien ils ne leur ont consacré qu'un bien mince article de souvenir pour dire qu'elles ne sont qu'un phénomène, un symptôme. Comme j'avais, le premier, proclamé cette assertion, j'ai été flatté de cet assentiment général à une opinion qui est ainsi devenue une vérité constatée pour moi. J'avouerai cependant que je n'ai pas pu me défendre d'un sentiment pénible en ne trouvant indiquée nulle part la source où on l'avait puisée. Si quelques auteurs ont péché par ignorance, il n'a pas pu en être de même de tous, puisque un des savants auteurs d'un ouvrage élémentaire avait reçu riiommage d'un exemplaire de mon livre, bien long -temps avant la publication du sien. Ainsi les convulsions, qui autrefois se partageaient avec les vers et les dents toute la