ARTICLE QUATRIEME
Traitement prophylactique.
Les vices et les abus qui se sont glissés dans la manière d'élever les enfants sont généralement regardés comme la première cause des maladies nerveuses en général , et des convulsions en particulier. Ils n'en sont pas ia cause directe, mais ils les multiplient en donnant au corps cette mobilité et cette susceptibilité si voisines des convulsions, que la plus légère cause suffit pour les provoquer. Pour traiter cette question dans son entier, il faudrait parcourir tous les abus de l'éducation des enfants et de leur régime; il faudrait donner, un traité complet d'hygiène. Le plan de ce travail ne comportant point des détails aussi étendus, je renvoie aux traités ex professa que nous possédons sur ce sujet. Cependant je crois indispensable d'insister sur quelques points essentiels, en indiquant les moyens les plus propres à donner au corps cette constitution saine et robuste qui fait les hommes sains et robustes. Les préceptes généraux que nous allons donner sont sujets à bien des exceptions; ce qui convient à un enfant serait nuisible à un autre; le tempérament, le sexe , la condition , le climat , nécessitent une
foule de nuances qu'il est impossible d'indiquer dans un tableau aussi concis.
C'est une erreur bien grande et bien accréditée de croire que les premières années de la vie ne doivent être consacrées qu'au développement du phj'sique. L'éducation morale commence avec la vie aussi bien que l'éducation physique, attendu que nous ne la faisons point consister, selon l'acception vulgaire , dans l'étude de quelques mots grecs ou latins ou de quelques grimaces de société; mais bien dans tout ce qui peut contribuer à former le caractère, en favorisant les heureuses qualités, et en réprimant les dispositions vicieuses. Celui qui sait calmer les petites colères d'un enfant sans obéir à ses caprices, qui sait à propos refuser ou accorder, sans l'irriter par une sévérité déplacée, ni le gâter par une indulgence et une tendresse mal entendues, fait Téducation morale de l'enfant au berceau. Il est une morale pour chaque âge, il suffit d'en faire une juste application. C'est surtout dans les maladies, a dit M. Ratier, qu'on peut apprécier les funestes effets de l'aveugle complaisance des parents : l'enfant, accoutumé à commander , rejette avec colère et obstination le breuvage salutaire qui pourrait le rappeler à la vie : aussi les trois quarts et demi de ceux qui meurent alors ne périssent que parce qu'ils ont été indociles qu opiniâtres. Heureux les parents qui sentiront l'inappréciable avantage de travailler eux-mêmes à l'éducation de leurs enfants, et qui suivront avec zèle et fermeté le plan qu'ils se se-
ront trace ! Plus heureux encore les enfants qui auront de tels parents! Les premiers jouiront du plaisir d'avoir donné à la société des membres qui en feront l'ornement et la gloire , et trouveront leur récompense dans les succès qu'ils y obtiendront et dans l'estime dont ils s'entoureront. Les seconds y apporteront un corps robuste et un esprit sain, mens sana in corpore sano , qui préparent tous les succès et rendent tout facile ; ils seront supérieurs aux revers et aux caprices de la fortune comme aux injustices des hommes. Ce n'est donc pas sur quelques faits rares et exceptionnels qu'il faut s'appuyer pour proscrire l'éducation intellectuelle et morale de l'enfance. Que peuvent, en effet, les vieillesses anticipées de Philippe Béroalde , d'Hermogène , de Tarse , et de quelques autres , contre la presque unanimité des autres faits? En conseillant l'éducation des fonctions intellectuelles, nous rejetons ces études outrées qui usent et ruinent l'organe avant le temps. Le choix de l'air que doit respirer un enfant mérite la plus grande attention sous le rapport de toutes ses qualités physiques et chimiques ; mais on n'est pas toujours libre de faire ce choix. Lorsque la chose sera possible, on préférera l'air de la campagne, et surtout celui des lieux secs et élevés. Il faut bien endurcir le corps afin de le prémunir contre les vicissitudes atmosphériques; mais ceci ne peut se faire que graduellement. L'enfant qui vient de naitre est très-impressionable, et comme il sort d'un milieu chaud, la sensation d'un froid
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subit lui serait funeste. Ce n'est que peu à peu qu'il faut l'accoutumera toutes les alternatives de l'atmosphère, afin qu'il puisse un jour braver impunément le chaud elle froid, l'humidité et la sécheresse. Sans entrer dans aucun détail à ce sujet, qu'il nous suffise, pour en faire sentir l'importance , de faire remarquer la différence qui existe entre un enfant élevé dans la mollesse et celui qu'on a accoutumé à supporter toutes les varialions de la température. Celui-ci souffrira sans inconvénient le froid le plus rigoureux, tandis que celui-là contractera les maladies les plus graves par la plus légère impression d'un vent froid.
Quelle que soit la forme des vêtements, ils atteindront le but toutes les fois qu'ils seront larges, doux , et assez chauds pour garantir le corps dé- Hcat de l'enfant, sans exercer sur lui une compression trop forte. C'est un abus de n'avoir qu'un seul vêtement pour l'été comme pour l'hiver : il doit varier selon la saison et la température. Il serait nuisible de surcharger la tête de bonnets pendant les chaleurs : la transpiration locale qu'ils entretiennent est la source de la plupart des maux dont la tête est le siège à l'intérieur comme à l'extérieur ;ils ne doivent être continués qu'aussi long-temps que la tête est dégarnie de cheveux; aussitôt qu'elle en est couverte , il faut l'accoulU' mer à l'air hbre. Lorsque l'enfant commence à marcher, le bourrelet devient au moins inutile. Qu'on laisse croître les cheveux , ou qu'on les coupe à la Titus , il est indispensable de les tenir
dans la plus grande propreté en les peignant souvent. La plume éloquente de J.-J. Rousseau a rendu un grand service à l'humanité, en frappant d'anatlîème le maillot * ; mais J.-J. tlousseau n'était point médecin ; il n'a pu apprécier les effets relatifs des divers vêtements , et trop souvent ses préceptes mal raisonnes ont causé assez de maux pour les faire rejeter sans profiter de leurs avantages. Ainsi les accidents qui sont la conséquence du refroidissement des mains tenues, pendant l'hiver, libres et à l'air, ont fait rejeter par beaucoup de personnes l'usage des corsets à manches. Celte proscription serait aussi peu sensée que l'a été celle du maillot. Je pense qu'en hiver le maillot mérite la préférence, parce qu'il tient les mains de l'enfant à l'abri de l'air, et appliquées chaudement contre son ventre , et qu'en été on doit se servir de corsets. En adoptant le maillot pour l'hiver, je n'entends point cet antique maillot qui serrait l'enfant et le comprimait d'une manière si pénible et si dangereuse. Lorsque la saison ou la chaleur de l'appartement le permettra , il sera avantageux délaisser souvent l'enfant, libre et dégagé de tout vêtement , s'agiter dans son berceau. On entretiendra la plus grande propreté des linges , en les changeant aussitôt qu'ils seront mouillés ou salis par la moindre évacuation. Lorsque l'enfant commence à marcher, on
ï Déjà Plalon, dans sa République, s'était élevé contre la méthode d'enchainer les membres par des bandelettes ou par des machines qui ne servent qu'à contrarier la nature.
change de vêtement. L'espèce de robe qui est généralement adoptée convient assez, pourvu que le corsage ne soit point trop étroit et ne gêne pas les mouvements et le développement de la poitrine. Bientôt chaque sexe prend Thabillement qu'il conservera à peu près tout le reste de la vie. Celui des garçons est conforme aux principes de l'hygiène , depuis surtout que les culottes courtes ne sont plus de mode. Il est triste de ne pouvoir en dire autant de celui des filles , et de voir tous les jours des victimes de la mode perfide des corsets et des buses. Il est peu de familles qui n'aient à déplorer la perte de quelques filles dont les belles qualités faisaient les délices des parents : l'aveuglement est si grand qu'on soumet à l'usage pernicieux qui a creusé la tombe de sa victime , une jeune sœur dont la poitrine ne tardera pas à l'acheminer vers le même terme, après les longues souffrances de la phthisie pulmonaire.
L'usage des bains est d'une utilité bien reconnue. Il faut employer d'abord les bains tièdes , et ne venir que progressivement aux bains froids. Cette règle ne souffre plus aujourd'hui de contradiction. On fera en outre des lotions fréquentes et des frictions légères : ces opérations donnent plus de ton à la peau , favorisent ses fonctions et /■ la disposent à mieux supporter les influences extérieures. Lorsque l'enfant sera plus grand, les bains de rivière lui seront d'autant plus avantageux qu'il pourra s'y livrer à l'exercice de la natation.
Trop de plumes habiles ont célébré les avan-
tages de l'allailement maternel pour que j'aie rien rien à ajouter à ce qu'elles ont écrit en sa faveur. Mais cet usage ne peut pas être aussi général dans les grandes villes qu'à la campagne. Dans l'intérêt même de l'enfant , et pour lui former cette constitution vigoureuse d'où dépend le bonheur de son existence, il est bien souvent nécessaire de lui donner une nourrice mercenaire. L'air impur des grandes villes, le régime échauffant , les vices de la société , et plus que cela , la trop grande susceptibilité des dames , sont des circonstances qui militent quelquefois assez en faveur de l'allaitement mercenaire pour le faire préférer. Il est impossible, en effet, qu'un enfant acquière une bonne constitution lorsque, vingt fois le jour, il tette un lait auquel les émotions multipliées de la mère ont imprimé de nouvelles qualités. Si les soins ne sont pas les mêmes, l'air pur de la campagne et la tranquillité impassible de la nourrice en balanceront peut-être les désavantages. Ce que j'ai dit en faveur de l'allaitement mercenaire n'est point pour le faire préférer; l'on saisirait bien mal ma pensée si l'on me supposait cette intention ; j'en connais trop, bien les abus effrayants. Je veux seulement rassurer les mères à qui leur position ne permet pas de nourrir. Lorsque la nécessité aura forcé une mère à confier son enfant; par les visites fréquentes et inattendues, elle forcera la nourrice à des soins plus assidus , et elle ne balancera pas à le retirer au moment du sevrage ; les aliments grossiers de la cam-
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pagne ne sont plus en rapport avec l'estomac délicat de l'enfant; les indigestions se renouvellent tous les jours et entretiennent une espèce d'irritation perpétuelle qui ne tarde pas à amener l'engorgement des glandes du mésentère et le carreau. J'ai vu bien des enfants contracter ainsi cette maladie et en être victimes.
Je ne tracerai point les préceptes généraux relatifs au régime des enfants, au choix et à la qualité des aliments, et aux heures auxquelles il faut les faire prendre : ce sont des choses trop connues. Je m'élèverai seulement contre l'usage de beaucoup de mères de donner trop tôt des aliments à leur nourrisson; elles ne doivent pas commencer avant six mois; si elles y sont obligées, il ne faut point gorger leur estomac d'une bouillie indigeste, mais lui donner à digérer le seul aliment qui soit en rapport avec ses facultés , le lait des animaux. Si on juge ce fluide trop consistant , c'est avec de l'eau tiède , et non avec de l'eau d'orge qu'il faut le couper; il ne faut point non plus le faire bouillir : l'ébullition le prive sans utilité de son arôme bienfaisant. Si des circonstances particulières avaient nécessité l'allaitement artificiel, méthode bien vicieuse de nourrir l'enfant , on observerait les mêmes précautions, et, de plus, on aurait soin de faire prendre le lait récemment trait dans une téterolle , afin de forcer l'enfant à la succion , qui n'est pas aussi indiffé= rente pour la digestion qu'on pourrait le croire.
Je ne dirai qu'un mot des boissons, et ce sera
pour proscrire Tusage du vin, des liqueurs, du café et du thé. Ces boissons sont reconnues , en Angleterre et en Hollande, les causes principales de la plus grande fréquence des maladies nerveuses de ces contrées, de sorte que, pour les extirper, il faudrait en proscrire Fusage. On doit défendre toutes les boissons échauffantes : l'eau pure est la boisson la plus salutaire.
Les avantages de l'exercice sont tellement appréciés de tout le monde, qu'il n'est plus permis de les révoquer en doute, on ne peut que faire quelques observations sur sa direction. Il ne faut point chercher à faire marcher trop tôt l'enfant ; les membres inférieurs , trop peu développés pour supporter le poids du corps , fléchissent et se courbent ; les lisières qu'on plaçait autour de la poitrine pour soutenir l'enfant, la comprimant , peuvent nuire à son développement; le tien-toi-bien offre des inconvénients peut-être plus grands , en laissant trop le poids du corps peser sur les jambes, et surtout en relevant les bras et favorisant les déformations vicieuses des épaules et quelquefois de la colonne vertébrale. 11 faut laisser l'enfant apprendre à marcher tout seul; il en viendra toujours à bout et mieux qu'avec tous les moyens artificiels , parce qu'il le fera lorsque ses forces le permettront, et que ces moyens ne peuvent pas les lui donner.
Lorsque l'enfant marche , il faut le laisser se livrer à tous les exercices capables de développer et de fortifier son corps et ses membres. L'on doit
beaucoup à M. Amoros d'avoir essayé de naturaliser chez nous la gymnastique. Son établissement, dont les heureux effets se font connaiire de jour en jour, servira de modèle à d'autres, et la génération future bénira le philanthrope éclairé, au zèle infatigable de qui elle sera redevable de sa vigueur et de sa santé. La course , le saut , l'action de grimper, de tirer et de porter, diversement combinés , sont les exercices qu'il a mis en usage , en y joignant la natation : il a su les mettre à profit pour corriger différentes difformités naturelles ou acquises , et pour guérir certaines maladies chroniques. Il aurait pu encore tirer un grand parti de l'exercice des armes. Les jeux feront partie des exercices de l'enfance. Mais il faut des jeux actifs et non sédentaires. Blâmons à cet égard nos vicieuses institutions, qui asservissent les demoiselles à une vie trop sédentaire; quelques jeux actifs leur seraient aussi utiles qu'aux garçons, et préviendraient les pâles couleurs, les fleurs blanches , les migraines , les spasmes , etc. Ce besoin se fait comprendre chaque jour davantage, et déjà, dans beaucoup de pensions , on en a adopté plusieurs de ce genre.
A côté des exercices du corps , nous placerons ceux de l'esprit , et nous répéterons ce que tout le monde sait , qu'il ne faut point trop appliquer les enfants à l'étude ; ce développement précoce des facultés intellectuelles peut, en donnant trop d'activité au cerveau, y déterminer un état fluxionnaire qui deviendra cause de maladie : cependant
il ne faut point réduire l'organe intellectuel à une inaction complète , ce serait le moyen d'éteindre ses dispositions innées. Il fautTexercer; mais non le fatiguer, le surexciter ou l'épuiser. Cette tâche est bien difficile à remplir; un pédagogue fera toujours trop ou trop peu. Il est essentiel d'entremêler l'étude de récréations et de jeux actifs qui fassent diversion et laissent le cerveau se reposer ; il n'est pas moins important de ne jamais pousser les études bien avant dans la nuit.
Le sommeil est d'autant plus nécessaire à l'enfant qu'il est plus près de la naissance; téter et dormir, voilà ses occupations; bientôt il prend uo peu de connaissance , il reste un peu plus éveillé. Lorsqu'il dort^ il ne faut jamais l'éveiller, et surtout d'une manière brusque; douze heures de sommeil lui sont nécessaires pendant les premières années; on peut les réduire insensiblement de façon qu'à dix ans il ne dorme plus que sept heures. Pour endormir l'enfant, il ne faut jamais le bercer trop fort, et encore bien moins lui donner des préparations narcotiques. Un des soins les plus pernicieux pour un enfant, c'est de l'accoutumer à coucher sur l'édredon ou sur la plume; son corps enfoncé s'enveloppe presque partout de cette matière échauffante; bientôt il sue, la transpiration l'affaiblit, irrite les nerfs, et il acquiert une susceptibilité nerveuse excessive. Le meilleur lit sera fait avec de la paille, du crin , ou tout au plus de la laine : là, son corps se développe et prend de la force.
Les enfants apportent-ils en naissant le gerrne des passions ? Abandonnons cette question aux métaphysiciens, et reconnaissons que peu de passions existent à leur âge, parce que peu de connaissances n'ont pu favoriser leur développement ou les mettre en jeu. Les premières dont ils sont susceptibles sont la crainte, la colère et la jalousie. Les effets funestes dont elles sont déjà la source, exigent la plus grande attention pour les prévenir ou les arrêter à leur début; c'est par la justice la plus stricte, et par la plus sévère attention à ne pas contrarier sans raison les enfants , qu'on peut espérer le succès.
Les châtiments seront toujours basés sur le caractère de Tenfant et sur la nature de sa faute; quelques privations, des motifs d'émulation seront bien suffisants. Mais cet étourdi achevé qui ne tient compte de rien , aura peut-être besoin de quelques châtiments qui portent sur la sensibilité physique : ils ne seront employés qu'avec la plus grande réserve, et toutefois les inconvénients du fouet le feront proscrire.
On sent combien ce plan d'éducation, en fortifiant toute l'économie animale, et en particulier le système nerveux , aura d'influence sur la production des convulsions; elles seront, sinon impossibles, du moins très-rares. La mobilité nerveuse est la première cause prédisposante des convulsions; lorsqu'elle n'existera pas on aura moins à craindre cette maladie.
Cette éducation mâle sera bien souvent le meil-
leur remède à employer contre les convulsions chroniques de naissance, qui deviendront moins fréquentes, moins fortes et moins longues, à mesure que le corps reprendra de la force et de l'énergie. N'y trouvât-on que ces avantages, ils seraient bien assez grands pour décider en sa faveur; mais tant d'autres y sont attachés qu'on doit espérer que la tendresse paternelle mieux éclairée abandonnera les pratiques routinières et vicieuses qu^un long usage a consacrées, pour adopter exclusivement les préceptes dictés par l'expérience et l'observation. Le seul préservatif véritable des convulsions, c'est le plan d'une éducation mâle et bien raisonnée. On peut encore regarder comme tels tous les moyens qui combattent les maux divers qui sont les causes les plus fréquentes des convulsions. Car il vaut mieux prévenir les maladies, que de montrer la justesse de son diagnostic en les prédisant. C'est ainsi que plusieurs antispasmodiques ont joui de cette réputation , et même quelques purgatifs, tels que la poudre de Carignan, la magnésie, le calomélas, etc. Ces moyens , bons en eux-mêmes, n'ont qu'une action déterminée qui en limite l'emploi, et ne leur permet pas d'être un anticoni>ulsif ^énévdX.