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FEMMES

Scolioses dorsales ou

Scolioses lombaires. . . .

Scolioses à plusieurs courbures

Il ressort principalement de cette statistique, que les scolioses à plusieurs courbures sont les plus fréquentes. Viennent ensuite, par ordre de fréquence, les scolioses dorsales, puis les scolioses totales, et enfin les scolioses lombaires.

Nous devons faire remarquer que nous avons soigneusement éliminé de notre statistique, les déviations latérales lombaires d'origine statique qui sont très souvent observées.

D'après nos observations, Y hérédité est très fréquente, 27 p. 100 des cas observés à notre Dispensaire ou dans notre clientèle, particulièrement pour les scolioses des jeunes tilles.

Nous avons souvent noté l'hérédité chez deux ou même chez plusieurs membres de la famille. Le père ou la mère du scoliotique, principalement la mère, sont souvent atteints de la môme difformité.

Anatomie pathologique. — Nous décrirons surtout dans ce chapitre, les lésions anatomiques dont la connaissance peut servir de base à la thérapeutique des scolioses. Nous résumerons les notions qui permettent d'établir la théorie anatomique qui donne les meilleures indications, au point de vue de la prophylaxie, de l'étiologie et du traitement de cette difformité.

Notre étude s'appuie sur les descriptions, déjà anciennes, des auteurs français sur ce sujet, mais auxquelles il y a peu à ajouter (Delpech, Bouvier et Bouland, etc.), sur l'examen des pièces des Musées Dupuytren, du Val-de-Grâce, de Clamart, du Muséum d'Histoire naturelle et de quelques préparations de notre collection particulière. Nous mettrons à profit les travaux récents des auteurs allemands (K.Nicoladoni, E.Albert, A. Lorenz, A. Hoffa, J. Wolff), sur l'asymétrie des corps vertébraux, sur la torsion et surtout sur l'architecture des vertèbres scoliotiques. Nous citerons le résultat de nos recherches par la radiographie qui éclairent d'un jour nouveau l'étude anatomique des scolioses.

Ainsi que nous l'avons signalé dans notre définition, la scoliose est essentiellement caractérisée par une inflexion latérale [courbure) d'un ou de plusieurs segments du rachis et par une torsion de la colonne vertébrale sur son axe.

I. Inflexiox latérale. Courbure. — L'examen d'une courbure scoliotique (fig. 99) indique une diminution de l'espace du côté concave, une augmentation du côté convexe, plus ou moins marquée, suivant le degré de l'inflexion. Toutes les parties du rachis sont tassées et serrées les unes contre les autres, du côté concave ; elles sont au contraire écartées, du côté convexe.

Du côté concave, les apophyses articulaires et transverses, surtout au niveau du sommet de la courbure, sont très rapprochées et étroitement unies ; les ligaments intervertébraux, les vertèbres, dans toutes leurs parties constituantes, ont diminué de hauteur et ont subi une déformation en coin. Par rapport au plan horizontal, les apophyses transverses, du côté convexe, s'inclinent en haut dans le segment situé au-dessus du sommet de la courbure, en bas dans le segment situé au-dessous. Nous étudions plus loin, en détail, ces changements de forme et de direction du corps et de l'arc vertébral.

Dans quelques types de scolioses, les déformations vertébrales sont peu marquées, l'inflexion domine.

Le rachis scoliotique peut présenter une ou plusieurs courbures. Dans ce dernier cas, la courbure la plus accentuée porte le nom de courbure primitive ou principale, les courbures formées consécutivement, au-dessus et au-dessous delà courbure principale, et qui paraissent destinées à ramener l'axe général du rachis dans la direction verticale, en rétablissant son équilibre, s'appellent courbures secondaires ou de compensation.

Dans quelques cas, les courbures de compensation ne parviennent pas à ramener la tête et le sacrum sur le prolongement de l'axe vertical [scoliose verticale), la scoliose est dite oblique (Bouvier, Dubreuil).

Le degré des courbures, mesuré par leur corde et leur flèche, est extrêmement variable. Dans quelques formes, les cordes sont plus ou moins inclinées par rapport à la verticale et peuvent devenir horizontales [scoliose en vilebrequin de Bouvier).

Les courbures du rachis peuvent se combiner de diverses façons, constituant de très nombreuses formes de scolioses qu'il est difficile de classer. Nous indiquons dans notre étiologie, la fréquence de certaines formes. Nous décrirons dans notre symptomatologie, les principaux types.

Citons, avec Bouvier et Bouland, les formes anatomiques le plus souvent observées.

a. Scoliose à une seule courbure. — Rare, occupant la région dorsale ou lombaire, observée surtout dans la scoliose rachitique ou pleurétique.

Dans quelques cas, la scoliose est totale, occupant tous les segments du rachis.

b. Scoliose à deux courbures. — 1° Les deux courbures occupent la région dorsale. La scoliose est bi-dorsale. Les courbures sont à peu près égales. La tête est dans la rectitude.

2° Une courbure est située dans la région dorsale, l'autre dans la région lombaire.

3° Une courbure est cervico-dorsale, l'autre est dorso-lombaire.

Le premier type est fréquent, les deux autres sont assez rares .

Fig. 99. — Vue d'ensemble d'une scoliose à trois courbures, dorsale principale à convexité droite, d'après une pièce de notre collection.

c. Scoliose à trois ou quatre courbures. — Ces formes de scolioses, assez fréquentes, comprennent quatre types principaux, avec quelques variétés : type cervico- dorsal, dorsal

Fig. 100. — Scoliose dorso-lombaire très prononcée. — La déviation dorsale dominante esL à convexité gauche. — Ankylose de plusieurs articulations vertébrales (Pièce numéro 530 A du Musée Dupuytren).

primitif, lombaire ou lombo-dorsal, sigmoïde ou en S. (fig. 99 et fig. 100).

Dans le type dorsal primitif, lorsque la courbure dorsale et les courbures secondaires sont très prononcées, le rachis, fortement courbé dans son milieu et redressé à ses extrémités, prend

la forme d'un vilebrequin [scoliose en vilebrequin de Bouvier). Dans les déviations très accentuées, la courbure n'est plus figurée par un arc de cercle, mais par une moitié d'ellipse, ou même par un arc de cercle prolongé par deux droites dont les extrémités sont très rapprochées.

Le type sigmoïde ou en S, caractérisé par l'existence de deux courbures égales, soit à la région dorsale seule, soit à la fois à la région dorsale et à la région lombaire, est très fréquent et comprend de nombreuses variétés. La dénomination de sigmoïde, appliquée à cette forme de scoliose (scoliose serpentine de Shaw), est impropre; le (7) (sigma) des grecs n'étant pas notre S. Lorsque la déviation cervico-dorsale est assez prononcée, ce qui rend la scoliose triple, la courbe décrite représente, assez exactement, le zéta(Ç)grec, ou quelquefois un Z,dont les angles sont arrondis et les branches très ouvertes.

II. Torsion. — Si Ton suit sur la figure 101 , qui représente un rachis scoliotique, le point noir tracé sur le milieu antérieur apparent des corps vertébraux [colonne antérieure), on a l'impression très nette qu'au niveau de chaque courbure, un certain nombre de corps vertébraux ont subi un mouvement qui les fait regarder plus ou moins vers la convexité de la courbure. L'axe vertical des vertèbres s'incline latéralement, et dans certaines courbures, celles en vilebrequin par exemple, on le voit faire un angle droit avec le plan vertical du corps ; ces vertèbres sont alors placées de champ. Quand la scoliose se complique de cyphose, cette inclinaison a lieu dans le sens antéro-postérieur.

Dans les points où les courbures latérales sont le plus développées, les vertèbres paraissent avoir subi une torsion, les corps vertébraux étant tournés du côté convexe, les arcs vertébraux et les apophyses épineuses, du côté concave.

La spirale décrite par la ligne pointillée (fig.lOJ) change de

Fig. 101.

direction au niveau de chaque courbure, d'autant plus que

Fig. 102. — Scoliose ancienne et très prononcée. Courbure principale dorsale à convexité droite, lombaire et cervicale à convexité gauche. Radiographie de notre collection.

la déviation est plus prononcée, se rapprochant de la ligne mé-

diane et l'atteignant, lorsque le rachis reprend sa rectitude.

Les épreuves radie-graphiques (fig. 102 et fig. 103) représentent bien le mouvement d'inflexion et de torsion observé dans les scolioses, ainsi que les déformations vertébrales au niveau des courbures.

En résumé, le rachis scoliotique, en même temps qu'il s'infléchit, paraît se tordre sur son axe, s'enroulant, suivant la comparaison de Lorenz, autour d'un axe fictif, comme la vigne tourne en spirale autour de son tuteur.

Ce mouvement de torsion, fort complexe, a été expliqué de diverses façons. Pour quelques auteurs, il s'agirait seulement d'une apparence de torsion. Nous signalons plus loin les théories proposées pour l'explication de ce problème mécanique (Voy. p. 234).

Si l'on compare la déviation des corps vertébraux [colonne antérieure) (fig. 107, vue antérieure d'un rachis scoliotique) à la déviation des arcs et des apophyses épineuses [colonne postérieure) (fig. 108, vue postérieure du même rachis scoliotique), on note que les courbures et la torsion ne sont pas proportionnelles.

Les différences notées dans les courbures et la torsion des colonnes antérieures et postérieures du rachis, sont dues à des causes multiples: rotation totale ou partielle, déformations localisées à certaines parties des vertèbres, etc.

Par rapport au plan antéro-postérieur, les corps vertébraux sont plus déviés que les arcs. La colonne antérieure est, en général, moins longue que la postérieure.

Les flèches des courbes décrites par les corps et les apophyses sont inégales, la flèche de la courbure postérieure n'égale que les deux tiers, la moitié, le tiers, quelquefois le quart ou même le cinquième, de la flèche de la courbure antérieure.

Le nombre des courbes est souvent m'oindre en arrière qu'en avant. La ligne des apophyses épineuses, dans les courbes multiples, croise la ligne des corps vertébraux, une ou plusieurs fois, suivant le nombre des courbures.

Dans les scolioses très légères, les apophyses épineuses sont souvent en ligne droite, quoique les corps vertébraux décrivent une courbe ayant quelquefois plus de 5 millimètres de flèche.

Dans une de nos pièces analomiques représentant une scoliose

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Fig. 103. — Scoliose dorsale primitive à convexité droite,4 lombaire secondaire à convexité gauche. Radiographie de notre collection.

dorsale assez prononcée, les corps vertébraux, vus par leur partie

antérieure, décrivent une courbure dont la flèche est de un centimètre et demi, alors que les apophyses épineuses sont en ligne droite.

Cette inégalité de courbure et de torsion entre la colonne antérieure et postérieure du rachis, très nette sur la plupart des pièces anatomiques, démontre que la mensuration et l'examen des courbes décrites par les apophyses épineuses ne peuvent pas nous renseigner, en clinique, sur l'état réel de la déformation vertébrale scoliotique, sur le degré et le nombre des courbures.

La radiographie seule, dans ces cas, peut nous donner des notions exactes sur la déformation et la torsion des vertèbres.

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