I. — Les exercices g ymnastiques spéciaux
IL — Les exercices g ymnastiques généraux.
Ces deux catégories d'exercices comprennent des exercices avec mouvements actifs et avec mouvements passifs.
Nous insistons surtout sur les exercices spéciaux qui agissent sur les courbures, sur l'inclinaison vicieuse du tronc.
Nous estimons qu'il est nuisible de prescrire aux jeunes scoliotiques des exercices nombreux et compliqués. Quelques exercices simples, sans appareils spéciaux, qui n'exigent pas d'efforts soutenus, appropriés à l'âge des sujets et au cas particulier, suffisent généralement.
Suivant les principes de l'école suédoise, les mouvements doivent se faire lentement, avec ampleur, sans raideur et sans force exagérée.
Les exercices, appris graduellement, avec patience et sans rebuter les malades, sont exécutés plusieurs fois par jour, sous la direction du chirurgien. Les séances doivent être courtes, immédiatement interrompues dès que la fatigue se manifeste.
En dehors des séances de gymnastique, on doit rappeler aux malades la position symétrique du corps qu'ils doivent conserver, provoquer des efforts de redressement, leur indiquer les moyens de conserver une attitude correcte.
Avant tout traitement des scolioses, il faut indiquer au patient la position qui lui permet de corriger son attitude vicieuse et d'obtenir le redressement des courbures.
Nous attachons la plus grande importance aux exercices ou aux positions qui ont pour but de corriger les attitudes vicieuses et de fortifier les muscles régulateurs des attitudes.
Kjôlstads, A. Tidemand, B. Roth, J.-B. Reynier, Dollinger,
A. Wide ont insisté sur le rôle de la volonté et de l'idée dans le redressement actif des déviations du rachis.
Suivant la méthode de Kjôlstads, A. Tidemand apprend aux malades à se figurer devant eux, aussi clairement que possible, une croix dont la ligne transversale doit être à la hauteur des épaules, pendant qu'ils se tiennent debout sur le plancher, les talons joints et les pieds ouverts à angle droit. L'axe vertical du corps doit être exactement dans le sens de la ligne verticale de la croix imagée, le malade s'appliquant alors à faire lentement, avec les bras, différents mouvements qui doivent correspondre à la ligne horizontale. Cet auteur attribue une grande importance à ce que le sujet arrive à avoir conscience de son nombril et parvienne même à se figurer un poids, un fil à plomb, par exemple, suspendu au nombril, avec la volonté de le porter.
Dans quelques exercices, le corps étant dans la rectitude parfaite, le sujet, faisant un effort volontaire de redressement, se tient sur la pointe des pieds et marche dans cette position, fléchissant alternativement les genoux et appuyant alternativement les pieds à plat sur le sol. Lorsque l'un des pieds touche le sol, le genou du côté opposé doit être ployé.
Afin de faciliter l'effort volontaire et d'obtenir une forte extension du tronc, les sujets saisissent des poignées placées sur une ceinture entourant le bassin, suivant les dispositions de la
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Fie. 130.
figure 136.
Le sujet, pendant les intervalles des exercices, est placé, debout ou étendu obliquement, sur une planche sur laquelle sont fixées une mentonnière de Glisson et une ceinture pelvienne mue par des crics ; la tête et le bassin étant immobilisés dans la men-
tonnière et dans la ceinture, les tractions au niveau de la ceinture pelvienne produisent l'extension et le redressement du rachis.
Cette méthode que nous avons étudiée à Christiania, dans le service orthopédique de Mlle Tidemand, est utile dans les scolioses au début et dans les flexions. Nous la recommandons, lorsqu'il faut apprendre aux malades à conserver une position redressée ou améliorée.
J.-B. Reynier recommande le redressement des courbures du rachis par des mouvements volontaires, en tirant parti des sentiments de fierté, d'orgueil. Il conseille à ses malades de se figu-
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Fig. 137. — Sujet atteint de scoliose dorsale à convexité gauche.
Fig. 138. — Le même sujet dans la position dite « Key-note ».
rer un tube de caoutchouc qui, par sa partie moyenne, embrasserait la région postérieure du cou et irait par ses deux extrémités,
légèrement tendu, se fixer de chaque côté au niveau du pli de l'aine.
Pendant la marche, le sujet doit conserver une attitude rectifiée. Suivant le conseil de J.-B. Reynier, il doit marcher le buste abandonné en flexion complète et les bras pendants.
Nitzsche, B. Roth, A. Wide ont indiqué les moyens d'obtenir des positions rectifiées chez les scoliotiques {position d'entrée de Nitzsche, position droite ou améliorée). Ces positions qui doivent être maintenues un certain temps [attitude prolongée des gymnastes suédois), ont une très réelle valeur pour le traitement des attitudes vicieuses et des scolioses au début.
B. Roth insiste sur l'importance de la rééducation du sens musculaire et sur la nécessité d'enseigner au sujet la meilleure position qu'il doit prendre sous l'influence de la volonté.
Cette position améliorée doit toujours être conservée par le malade, qu'il soit debout ou assis.
Nous recommandons souvent la position, dite « key-note » par B. Roth et les auteurs anglais, représentée dans la figure 138.
Les attitudes représentées dans les figures 139, 140, recommandées par A. Wide (de Stockholm), sont très utiles pour la correction des scolioses totales en C et des scolioses lombaires ou dorso-lombaires.
Fig. 139.
Dans le cas de courbure unique, le sujet est placé dans la position de la figure 139 [scoliose totale à convexité droite).
Dans le cas de scoliose dorso-lombaire, l'attitude est légèrement modifiée, le bras gauche est étendu en avant, le membre inférieur droit, étendu en arrière [scoliose dorsale à convexité droite, lombaire à convexité gauche). L'extension se fait suivant
une ligne diagonale.
Fig. 140.
La figure 140 indique le mode d'action de cette attitude et la correction notable que Ton obtient.
Le sujet doit étendre les membres supérieurs et inférieurs avec un effort soutenu, pendant quelques secondes.
Afin d'apprendre aux sujets atteints de déviations à corriger leurs attitudes vicieuses par un redressement actif [auto-correction)^ nous leur conseillons de se placer devant une glace, en contrôlant à l'aide des yeux les efforts qu'ils doivent faire pour se redresser. On peut tracer sur la glace, avec de la craie ou avec des fils noirs fixés en plusieurs points du cadre (J. Dollinger), divers axes fondamentaux, qui servent de points de repère pour corriger la déviation de la tête, des épaules, du tronc et du bassin, pour modifier la forme de la poitrine.
Nous signalons plus haut les exercices d'équilibre, de marche
sur la pointe des pieds, qui sont utiles pour obtenir la coordination des mouvements et la régularisation des attitudes.
Le redressement du rachis par un effort volontaire, suivi de l'augmentation de la taille, surtout recommandé par Ling, est la base de nombreux exercices.
Parmi ces exercices de redressement actif, nous ne ferons que signaler les divers exercices d'extension, forcée et active, du tronc, avec ou sans résistance, décrits dans tous les Traites. La plupart des exercices gymnastiques, que nous décrivons plus loin, sont exécutés, pendant que les sujets placent le rachis en extension, par la contraction active des muscles.
Nous signalerons plus particulièrement les exercices suivants :
1. — Le sujet étant placé devant l'opérateur, on l'engage à redresser directement le corps comme s'il voulait toucher le plafond avec la tête, sans s'élever sur la pointe des pieds. On modifie la manœuvre, en commandant au malade de faire un léger effort comme s'il voulait toucher le plafond, non plus avec le sommet de la tête, mais avec les bosses pariétales, la droite, si la convexité de la courbure est à gauche, la gauche, si la convexité est à droite (P. Boulland) (scoliose dorsale à convexité droite ou gauche).
2. — Le sujet se tient debout, les talons resserrés, le dos et les épaules appuyés à une porte ou à un mur. Il étend, autant que possible, le tronc par un effort musculaire, en laissant la partie postérieure de la tête appuyée contre la porte. Les bras qui étaient pendants le long du corps, et les épaules sont élevés, puis complètement étendus, jusqu'à ce que les mains arrivent à se rejoindre au-dessus de la tête. Par un mouvement inverse, ils sont lentement ramenés à la position de départ, puis étendus à nouveau (exercice de la porte de Golding-Bird).
3. — Le sujet placé sous une toise, dont le curseur, en rapport avec le sommet de la tête, est plus ou moins chargé de poids, fait des efforts d'extension de la colonne vertébrale qui se traduisent par une augmentation de la taille.
Les exercices exécutés avec la ceinture de Tidemand doivent être rapprochés des précédents.
Le redressement actif du segment lombaire s'opère par l'abais-
sèment du bassin d'un côté, avec contraction simultanée des muscles lombaires de la convexité.
Le redressement actif du segment dorsal peut être obtenu en plaçant le sujet dans la position indiquée dans la figure 147, page 318.
Le redressement actif simultané des deux segments du rachis s'obtient plus difficilement.
Après avoir assoupli, par les exercices de gymnastique, le rachis et les parties molles du côté de la concavité, après avoir indiqué au sujet le moyen d'obtenir l'auto-redressement du segment lombaire, puis celui du seguient dorsal, on recommande l'exercice suivant [scoliose dorsale à convexité droite, lombaire à convexité gauche) :
Le sujet est placé dans la position de la figure 141, le membre inférieur droit faisant un pas en avant, le pied tourné en dehors, bien appuyé sur le membre v inférieur gauche, la main gauche derrière la nuque, le coude gauche fortement porté en arrière, la ma in droie ouverte, les quatre doigts en avant, le pouce en arrière, pressant fortement au niveau de la gibbosité costale droite.
Au commandement, le sujet doit fléchir énergiquement son membre inférieur droit, en même temps qu'il . déplace à gauche, le haut du tronc, et qu'il porte en arrière son coude gauche.
Par ce mouvement, on obtient un abaissement du bassin du côté droit et
une
détorsion à droite du segment
Fier. 141.
lombaire ; une flexion à gauche avec détorsion du segment dorsal.
Le chirurgien, placé derrière le sujet, repousse avec sa main le bassin vers le côté droit et incline, avec sa main gauche, le tronc vers le côté droit.
Les exercices d'auto-correction et de redressement actif sont surtout utiles comme préparation à l'immobilisation, en position
rectifiée, dans des corsets rigides, comme traitement préventif des scolioses, comme moyen de correction des attitudes vicieuses et de redressement des courbures flexibles.
Ces exercices ne doivent être exécutés que pendant quelques instants et très soigneusement surveillés chez les sujets débiles qui ont des muscles peu développés.
Exercices spéciaux.
Nous recommandons à nos scoliotiques les principaux exercices suivants :
Mouvements actifs.
1° Scoliose dorsale (scoliose dorsale à convexité gauche).
I. Exercices dans la position horizontale. — 1. Le sujet est étendu à plat ventre sur une table, les membres inférieurs solidement maintenus par un aide ou par une courroie, les deux mains placées derrière la tête (fig. 142).
Fig. 142.
11 contracte alors les muscles du tronc, sans efforts brusques, sans secousses et se relève, autant qu'il le peut, en décrivant un arc de cercle, et en s'inclinant légèrement du côté de la convexité. Après être resté quelques secondes dans cette, position (fig. 143), il se recouche doucement.
Pendant le mouvement de relèvement du tronc, il fait une large inspiration ; pendant le mouvement d'abaissement, une large expiration.