VI. — Moyens antistatiques
Le principe du traitement dit antistatique, qui consiste à corriger les attitudes habituelles et à placer le rachis dévié dans de nouvelles conditions statiques, inverses de celles qui caractérisent l'attitude vicieuse, se trouve dans presque toutes les méthodes thérapeutiques. Nous signalons plus particulièrement les agents du traitement antistatique dans notre étude des scolioses dites statiques.
Dans les scolioses lombaires, flexibles, sans raccourcissement apparent ou réel des membres inférieurs, on corrige la déviation en élevant obliquement le bassin, du côté de la convexité de la courbure, au moyen de chaussures, de sièges surélevés d'un côté (Volkmann, Barvell) (Voy. fig. 82, p. 154), d'un coussin placé sous la fesse du côté de la convexité lombaire.
J.-B. Reynier dispose des tubes de caoutchouc, transversalement tendus en avant, entre les bras d'un fauteuil.
Le malade, en s'asseyant, applique le tube en caoutchouc contreson bassin et place un livre entre le caoutchouc et la fesse qui doit être relevée. Il fait des efforts volontaires et instinctifs de
pression qui font perdre au bassin son inclinaison vicieuse ou même l'inclinent en sens inverse.
Le traitement antistatique donne de bons résultats dans les scolioses lombaires primitives, flexibles, sans aucune rigidité. 11 doit être attentivement surveillé. Il ne convient nullement dans les scolioses dorsales primitives. Il ne réussit que lorsque le sujet évite les positions hanchées défectueuses et maintient, pendant la marche, les membres inférieurs dans la rectitude, sans aucune flexion des genoux.
VII. — Mécanothérapie. — Machines utilisées pour obtenir la mobilisation, le redressement, la détorsion du rachis et la correction des déformations thoraciques.
Les divers appareils mécanothérapiques, proposés pour le traitement des scolioses, sont basés sur les principes, le plus souvent combinés, des procédés d'extension, de détorsion, de correction temporaire des difformités vertébrales et thoraciques et des attitudes vicieuses.
Agissant avec une force puissante, mesurée et soutenue, ils doivent intervenir lorsque les manipulations et les exercices passifs de gymnastique sont impuissants à donner la mobilisation, le redressement et la correction désirés.
Quelques machines sont surtout destinées à mobiliser le rachis scoliotique. Le plus grand nombre ont la prétention, non seulement d'assouplir la colonne vertébrale, mais encore de redresser, de détordre les courbures scoliotiqueset de réduire les difformités thoraciques.
Nous décrirons les principaux appareils qui sont appliqués sur le sujet placé dans la position horizontale, oblique ou verticale.
L'application des agents mécaniques de mobilisation, de pression, d'extension et de dé torsion, pendant la position horizontale du sujet, est surtout réalisée dans les différents modèles de lits orthopédiques que nous étudions plus loin.
L'extension dans la position horizontale, avec pressions correctives, d'après le dispositif que nous avons adopté dans notre méthode de traitement des scolioses (p. 410 et fig. 221, 222), permet d'obtenir, mieux que la suspension verticale, une extension
puissante du rachis et une correction exacte des difformités.
Dans les appareils à plans inclinés de Beely et de Zander
(fig.163) et dans notre appareil (fi g. 164, 163), les pressions laté-
rales et la détorsion sont obtenues pendant que le sujet est en suspension oblique.
Dans X appareil de Beely, le sujet est placé sur une planche à
laquelle on peut donner une obliquité plus ou moins grande. Une mentonnière de Sayre, reliée à un arc métallique qui est fixé sur le bord supérieur du plan incliné, exerce une traction sur la tête du scoliotique. La contre-extension est réalisée par des poids de 15 ou 20 kilos attachés au niveau des membres inférieurs. Des ceintures, fixées par des crochets, aux parties latérales de la planche, pressent sur la gibbosité.
Dans Y appareil de Zander (fig. 163), les pressions, exercées par des plaques obliques et mues par une grue et des poids, sont dirigées de façon à obtenir la détorsion du rachis et la correction des difformités thoraciques.
Nous utilisons souvent, dans notre pratique, l'appareil représenté dans les figures 164 et 165.
La planche, qui peut être placée en position plus ou moins oblique, présente dans sa partie centrale une assez large ouverture.
Le sujet est suspendu obliquement, la tête prise dans une mentonnière de Sayre, de telle sorte que la région des gibbosités thoraciques corresponde à la partie perforée de la planche-
Trois plaques, mobiles sur des arcs métalliques, viennent exercer des pressions :
La plaque postérieure, mobile sur l'arc postérieur que l'on peut fixer à diverses hauteurs en arrière de la planche, sur lesommet de la gibbosité postérieure ; la plaque antérieure, au niveau de la gibbosité antérieure, à l'extrémité antérieure du diamètre diagonal allongé du thorax ; la plaque latérale, au niveau de la partie latérale du thorax, du côté correspondant à la gibbosité postérieure.
Les plaques antérieure et latérale sont mobiles sur l'arc métallique antérieur.
La plaque antérieure et la plaque postérieure ont seules un rôle actif de pression, suivant le diamètre allongé du thorax.
La plaque latérale donne simplement un point d'appui au tronc, afin d'éviter son déplacement pendant les pressions. Elledoit être disposée avec grand soin, de façon à ne pas gêner l'expansion de la poitrine, suivant son diamètre diagonal rétréci.
MÉGÀNOTHÉRAPIE.
La disposition des plaques est modifiée, suivant la forme de la déformation du thorax et de la gibbosité.
Si le thorax est transversalement rétréci, une plaque exerce une pression à la partie postérieure de la poitrine, une autre
b'ig. 164. — Appareil de P. Redard.
Fig. 165. — Le même, pendant son application.
plaque à la partie antérieure, dans un point diamétralement opposé.
Notre appareil a surtout une action de réduction puissante sur les gibbosités et sur les autres déformations thoraciques. Il mobilise, et redresse aussi, assez notablement les courbures scoliotiques. Son mécanisme est basé sur les mêmes principes que notre corset de réduction décrit page 382 (fig. 196).
E.-H. Bradford et G. Brackett ont recommandé un appareil de pression au niveau des gibbosités, postérieure et antérieure, le sujet étant placé, dans la position horizontale, sur une toile fixée
sur un cadre. Deux arcs métalliques mobiles, l'un supérieur, l'autre inférieur, donnent appui à des tiges à vis, terminées par des pelotes, qui viennent exactement presser, dans la direction convenable, sur les parties saillantes.
Dans la méthode (rachilysis), préconisée par R. Barwell, des tractions sont exercées dans une direction convenable, au moyen de ceintures rembourrées, au niveau du sommet des courbures, dans le but d'assouplir le rachis et de redresser les déviations.
Le sujet étant placé dans le décubitus latéral et sur un matelas dur, le tronc est suspendu au moyen d'une ceinture rembourrée, une courbure dorsale se produit dans une direction opposée à celle de la déviation pathologique (Barwell).
Dans le cas de courbure unique, le redressement est exécuté, le malade étant debout, la ceinture venant presser au niveau de la convexité de la courbure, le sujet inclinant le tronc du côté de la convexité.
Dans les courbures multiples, le sujet est assis, les courroies de traction disposées suivant les indications delà figure 166.
Nous recommandons souvent, dans le cas de scoliose dorsale droite, l'exercice suivant :
Le sujet est en auto-suspension, la main du côté de la concavité plus haute que celle du coté de la convexité ; une forte courroie est placée autour de la gibbosité, dans le point le plus saillant, tenue par le chirurgien ou fixée à un anneau du mur, un peu en avant, d'après la direction du diamètre allongé du thorax. Une planchette écarte, dans leur partie libre, les deux chefs de la courroie et évite la compression de la poitrine dans le sens antéro-postérieur. Par cette disposition, on obtient des pressions, suivant le diamètre allongé du thorax, qui redressent la courbure scoliotique et corrigent en même temps la déformation thoracique.
On peut aussi se servir utilement de l'appareil (fîg. 167) de Hoffa, construit d'après les principes de la méthode de rachilysis.
La traction est exercée par des poulies qui développent une force de 15 à 40 kilogrammes.
Dolega a perfectionné cet appareil en ajoutant deux pelotes qui pressent, l'une sur la gibbosité antérieure, l'autre surla gibbosité postérieure, dans le sens diagonal. Ces pelotes sont reliées à des courroies qui se fixent sur deux barres latérales coudées.
Ainsi modifié, cet appareil mobilise et redresse le rachis, corrige les déformations costales, tout en produisant un mouvement énergique de détorsion.
Nous préférons placer le sujet dans notre cadre à suspension, dans la position assise, le bassin très exactement fixé, suivant les indications de la figure 189. La fixation précise du bassin nous a permis d'obtenir d'excellents résultats de ce procédé de redressement.
Quelques-uns des appareils portatifs décrits plus loin, particulièrement les appareils de décubitus et de détorsion, peuvent servir à exécuter des exercices de mobilisation et de détorsion.
Les redressements, dans la position horizontale ou oblique et par la méthode rachilytique de Barwell, sont souvent très utiles. Ils procurent des réductions temporaires importantes des déformations scoliotiques et l'assouplissement du rachis. Ils conviennent surtout dans les scolioses avec ankylose vertébrale.
La suspension latérale, recommandée par A. Lorenz en 1886, a pour but d'obtenir un relâchement des articulations verte-
braies, une mobilisation et un redressement de la partie de la colonne vertébrale déviée et rigide.
A. Lorenz se sert, pour pratiquer la suspension latérale, de
Fig. 167. — Appareil de Hoffa.
l'appareil de Wolm, modifié suivant les indications de la figure 168.
Nous avons proposé depuis longtemps l'appareil représenté dans les figures 169, 170 et 171, que nous utilisons journellement dans notre pratique.
Les figures 169 à 171, indiquent la disposition et le mode d'application de l'appareil dans un cas de scoliose dorsale à convexité gauche.
MÉCANOTHERAPIE.
Le sujet étant d'abord dans la position indiquée dans la figure 170, est placé ensuite dans la position de la figure 171, la planche sur laquelle il repose étant plus ou moins abaissée.
Dans le cas de scoliose lombaire, le sujet s'incline plus en
Fisr. 168.
avant, le coussin devant être en rapport avec la région lombaire du côté convexe.
On choisit avec soin le coussin qui convient au cas particulier que l'on traite ; trois ou quatre modèles suffisent pour les cas habituels de la pratique.
L'examen des figures indiquent le mode d'action de la suspension latérale. Le corps du sujet suspendu représente assez
exactement un levier à deux branches, la longue branche est constituée par la partie inférieure du thorax, la colonne lombaire, le bassin et les membres inférieurs ; la courte branche, par la partie supérieure du thorax, la tête et l'extrémité supérieure gauche. Le point d'appui du tronc suspendu et une partie de la gibbosité, forment la résistance.
Le tronc scoliotique, ainsi que le fait remarquer Lorenz, est,
Fig. 169. — Appareil de P. Redard pour la suspension latérale.
pour ainsi dire, pendu sur la gibbosité costale. Le redressement se produit avec une force, qui correspond au poids total du corps. On augmente cette force, en fixant par des boucles, aux chevilles des sujets, de petits sacs en cuir, remplis de plomb, pesant 5 à 10 kilogrammes.
Le chirurgien peut aussi, en appliquant à plat sa main droite sur le côté du thorax opposé à la déviation, exercer une forte pression verticale, qui se transmet à la gibbosité, et aider ainsi au redressement et à la mobilisation des parties déformées.
Quelles sont les modifications produites par la suspension
MÉCANOTHÉRAPIE. 3b3
latérale, combinée avec la pression sur la colonne vertébrale et le thorax des scoliotiques?
Supposonsle cas représenté par la figure 170, une scoliose dorsale primitive gauche, avec une légère courbure lombaire de compensation à droite. Si la scoliose n'est pas ancienne, on voit très nettement, pendant la suspension, la partie du thorax sail-
Fig. 170. — Le même, pendant son application.
lante, gibbeuse, changer de forme ; la voussure exagérée des angles costaux du côté convexe est aplatie, les angles costaux du côté droit ont une voussure plus prononcée, le thorax s'élargit dans son diamètre diagonal gauche, toute la cage thoracique prend une meilleure forme. La colonne vertébrale subit aussi un redressement très marqué, les apophyses épineuses sont ramenées dans une situation normale, et on obtient même, dans quelques cas, une déviation du côté opposé, la colonne vertébrale se modelant exactement sur la courbe du cylindre qui donne un point d'appui au thorax.
La déviation lombaire secondaire se redresse sous l'influence de la suspension verticale, produite par le poids de la partie inférieure du corps. C'est là évidemment un des avantages de la suspension latérale, qui 'permet d'agir simultanément sur les deux points déviés de la colonne vertébrale.
Comme dans tous les exercices de redressement mécanique, il
Fig. 171. — Le même, pendant son application.
faut veiller attentivement à ce que la correction se produise simultanément sur toutes les courbures, primitives et de compensation. Il faut éviter qu'en redressant une courbure, l'autre courbure ne s'accentue.
Les pressions doivent uniquement porter sur la partie la plus saillante de la gibbosité, dans le sens de son aplatissement. Il faut, par conséquent, veiller bien attentivement à ce que le sujet ne se déplace ni en avant ni trop en arrière.
La suspension latérale a en outre une action incontestable sur la forme du thorax; elle est, par conséquent, préférable, dans les
MÉGANOTHËRAPIE.
scolioses dorsales, à la suspension verticale, qui ne peut modifier en aucune façon la forme de la cage thoracique.
En résumé, la suspension latérale agit d'une façon énergique en mobilisant et en distendant les articulations vertébrales ankylosées et rigides ; elle modifie d'une façon heureuse la forme du thorax, redresse les côtes déformées qui se placent dans une meilleure position. Elle nous paraît surtout efficace contre les dépressions thoraciques et les flexions latérales ou antéro-postérieures, au-dessus ou au-dessous des courbures rachidiennes. Notre expérience ne nous permet cependant pas d'affirmer que cette méthode ait une action sur la rotation des vertèbres et la torsion des côtes. Le thorax et la colonne vertébrale prennent, à la suite du traitement, lorsque la torsion et la déviation ne sont pas trop avancées, une meilleure forme, mais c'est surtout par les compensations qui se produisent dans les parties voisines de la colonne vertébrale et aux extrémités de longues courbures.
La suspension latérale pratiquée avec l'appareil de la figure 168, a l'inconvénient d'être très douloureuse et de ne pouvoir être supportée pendant longtemps.
Les appareils à suspension latérale et à pression latérale de Zander ont une action à peu près analogue à celle de notre appareil.
D'après nos observations, la suspension convient surtout aux scolioses du premier degré, moyennement rigides.
Nous avons obtenu d'excellents résultats de cette méthode
Fig. 172. — Chaise de redressement par pression latérale de Zander.
chez les enfants atteints de scolioses rigides. Dans ces cas, la mobilisation et le redressement du rachis sont assez vite obtenus.
Nous recommandons souvent la chaise de redressement par pression latérale de Zander (fig. 172), pour la mobilisation et le redressement des scolioses lombaires et des scolioses totales flexibles.
Dans le cas de scoliose lombaire ou totale droite, le sujet appuiera la partie latérale droite du tronc contre le coussin, immédiatement sous le creux axillaire, le bras droit placé dans la position indiquée dans la figure, la main gauche saisissant un des barreaux placés à différentes hauteurs sur le dossier. Le chirurgien, par des pressions exercées sur le côté gauche, corrigera la difformité et essaiera de produire une contre-courbure dans le sens opposé. Le siège sera plus ou moins éloigné. La correction étant produite, le sujet restera dans la position redressée, pendant cinq à dix minutes.
La position à donner au sujet, atteint de scoliose dorsale droite avec courbure de compensation lombaire gauche, diffère peu de la précédente.
Le siège sera plus rapproché du dos de la chaise; de cette façon le coussin pressera plus fortement contre la courbure dorsale. Cette pression sera augmentée, si le patient saisit de la main gauche une des traverses supérieures du dossier et applique fortement le côté convexe contre le coussin latéral.
Les figures 173 et 174, représentent l'appareil de Beely, destiné à produire le redressement et la mobilisation du rachis, et aussi la correction de la difformité des côtes, par des pressions énergiques des parties déformées pendant l'extension.
On peut, d'une façon plus simple, placer le sujet dans la position indiquée dans la figure 175.
La position du chirurgien et du sujet sont, dans ce cas, pénibles. Les pressions sont moins efficaces.
Hoffa, W. Schulthess, Dolega, se servent d'appareils analogues à celui de Beely.
Dans l'appareil de Hoffa, deux montants verticaux viennent se fixer au milieu des longs côtés d'un trapèze en bois très allongé. Une échelle de corde, à quatre montants parallèles, est attachée à la partie supérieure du trapèze. Deux traverses rembourrées
MÉCANOTHÉRAPIE.
peuvent se déplacer sur les longs côtés du trapèze et s'immobiliser à la hauteur voulue.
Fig. 173. —Appareil de Beely.
Le sujet doit saisir, avec ses deux mains, un des montants de l'échelle de corde, de telle sorte que la gibbosité costale appuie
par son sommet sur le manchon rembourré. La partie supérieure du trapèze est alors lentement rabattue, de telle manière que la gibbosité corresponde à la partie moyenne d'un arc de cercle représenté par l'ensemble du corps.
Fig. 174. — Le même, pendant son application.
Ainsi donc, dans ces derniers appareils, les pressions de redressement sont exercées par une barre rembourrée au niveau de la gibbosité costale, pendant que le sujet est en suspension postérieure, les deux bras enroulés autour du rouleau, ou placés
MECANOTHERAPIE.
verticalement, les mains saisissant un montant d'un trapèze mobile ou fixe. Nous préférons les pressions exercées pendant que le sujet est en suspension latérale. Avec notre appareil correctement appliqué, les pressions peuvent être exécutées avec une grande énergie, exactement appliquées sur le
Fig. 175.
sommet de la gibbosité dans le sens de son aplatissement, et sans gêner l'expansion du côté concave du thorax.
Fischer, afin d'obtenir la détorsion et la mobilisation durachis, a proposé d'agir sur le tronc au moyen de tractions puissantes, dans des directions déterminées, par des courroies ou des bandes élastiques reliées à des poids de 20 à 100 kilogrammes.
La disposition des points d'appui, la direction des tractions changent pour chaque variété de scoliose.
Cet appareil a une action énergique par la pression et la dé-
Fig. 176. — Appareil de Reely.
torsion qu'il produit, mais il ne peut être appliqué que quelques heures pendant la journée et fatigue trop les muscles. Son appli-
cation mal surveillée, est dangereuse, des courbures en sens contraire et des courbures de compensation exagérées se produisant très rapidement.
On ne doit jamais, à notre avis, employer des tractions avec des poids pesant plus de 50 kilogrammes.
.jMjdjMgj^Bi ,rgMji
Fig. 177. — Appareil de Beely.
Les figures 176 et 177 représentent les derniers modèles d'appareils de Beely, qui remédient aux principaux inconvénients de la méthode de Fischer.
Nous avons décrit plus haut quelques appareils de détorsion qui agissent pendant la position horizontale ou oblique du sujet.
K.-E. Schwarz (de Prague) recommande la suspension avec
détorsion et déplacement latéral du tronc, le bassin étant fixé. Le sujet est suspendu au moyen d'une mentonnière de Glisson et de courroies axillaires, le bassin soigneusement immobilisé. Un grand anneau de fer de forme ovale est placé au-dessous des aisselles. Une courroie est fixée sur la partie antérieure de cet anneau. Deux autres courroies relient le thorax à l'anneau et permettent une action compressive sur le diamètre diagonal allongé du thorax ; l'une passe sur la gibbosité costale postérieure et vient s'attacher en avant sur l'anneau, la seconde s'attache à la partie antérieure de l'anneau, passe sur la gibbosité antérieure et va se fixer sur la partie postérieure de l'anneau.
Les tractions exercées sur la première courroie, déplaçant l'anneau latéralement, le font tourner autour de son axe vertical, en produisant un mouvement de détorsion en sens opposé à la
rotation du rachis.
La difformité étant ainsi corrigée, on peut appliquer un corset plâtré amovible.
Un grand nombre d'appareils mécanothérapiques exercent leur action, pendant que le sujet est placé en suspension verticale. Cette position permet, en effet, de mobiliser, d'étendre, de redresser et de décharger le rachis. Des tractions sont exercées au niveau de la tête au moyen d'une mentonnière avec arc métallique relié à une poulie, le poids du corps produit la contreextension.
Glisson (1 650), G.-H. Niick (1696), Huermann (1754-1757), Hirsch, Del pech et, plus récemment, B. Lee,
Fig. 178. - Appareil pour suspen- L A gayre /fi„ 17g et 479) Delore, sion verticale. j . \ o j
ont recommandé cette méthode, qui
est la base de la thérapeutique des déviations vertébrales. La suspension verticale n'est pas seulement utile pour l'application des appareils contentifs, après redressement du rachis
et du tronc, elle rend encore d'inestimables services en permettant de faire des exercices de mobilisation et de redressement, préparation indispensable à l'application des corsets rigides.
Cette suspension doit être exécutée avec l'appareil repré-
Fig. 179, — Appareil de L.-A. Sayre, pour la suspension verticale.
sente figure 179, et suivant la technique aujourd'hui bien connue. Le sujet doit être complètement suspendu dans l'espace, ou n'appuyant sur le sol que par l'extrémité des orteils, le plus souvent sans l'aide des courroies sous-axillaires, inutiles et presque toujours nuisibles.
Afin d'augmenter la force de traction exercée sur le rachis par le poids du corps en suspension, nous plaçons souvent des poids
de 2 à 5 kilos soutenus par des guêtres fixées sur les membres inférieurs (Voy. p. 86, fig. 43).
Le sujet peut lui-même tirer avec ses mains sur la corde de la poulie, la main du côté de la concavité de la courbure placéetaudessus de la main du côté de la convexité {auto-suspension).
La suspension avec les bras, l'auto-suspension donne, d'après nos mensurations, une extension moins grande du rachis que la suspension avec traction principale exercée au niveau de la tête.
La disposition de l'appareil de Wagner, construit par Knoke et Dressler(de Dresde), et représenté (fig. 180 à 182) est surtout utile pour exécuter des exercices de suspension, les membres supérieurs étant fléchis, élevés ou abaissés.
Fig. 180.
On peut encore se servir de l'appareil de Kunde-Loffler dans lequel les appareils de suspension de la tête, reliés à des ressorts spirales, sont suspendus à des tiges horizontales qui tournent autour d'un poteau vertical. Pendant la suspension, le malade appuyant la pointe des pieds sur le sol, se déplace, exécutant des tours de manège.
MÉCANOTHÉRAPIE.
Pendant les exercices de suspension, le sujet doit être mis dans la meilleure position rectifiée, en soulevant un des membres
Fig. 183. — Appareil de Hoffa.
inférieurs au moyen de cales en liège, en élevant ou en abaissant un des membres supérieurs, en plaçant des poids dans une des
mains, en immobilisant le bassin suivant la forme de la déviation.
Fig. 184. — Appareil de Hoffa.
R Dans divers modèles d'appareils verticaux et à cadre, le sujet étant en suspension verticale, on exerce des pressions de réduc-
MÉCANOTHÉRAPIE.
Fig. 185. —Appareil de M. Schede.
tion ou de détorsion au moyen de plaques ou de bandes. Divers dispositifs permettent de corriger les attitudes vicieuses du sujet. Nous citerons les appareils deHoffa, de M. Schede, de Dolega, de Mùller, de Schulthess, de Bradfort, de Kirmisson et notre appareil.
Etoffa fixe sur son cadre à détorsion (fig. 183 et 184), à une hauteur convenable, l'appareil représenté dans les figures. Cet appareil est surtout destiné à corriger les déformations de la poitrine, en exerçant des pressions en divers points du thorax. Pendant les pressions, la détorsion du rachis est obtenue par le dispositif et la position du sujet représentés dans les figures 183 et 184.
La figure 185 représente l'appareil de M. Schede dans lequel les pressions et la détorsion sont obtenues à l'aide de tractions obliques par des poids.
L'appareil de Dolega est constitué par un cadre fixe, en bois, sur lequel sont placés à diverses hauteurs des appuis -main et un cercle en fer, qui donne point d'appui à diverses plaques de pression et à des béquillons. Dans ce cadre, est encastré un autre cadre en fer, formé par quatre montants, fixé en haut, en bas et en son milieu, sur un disque mobile. Sur les montants, glisse l'appareil à fixation du bassin. Un crochet, placé à la partie supérieure, soutient l'appareil à suspension. Grâce à la mobilité du second cadre, on peut imprimer des mouvements de détorsion au tronc du sujet préalablement immobilisé en bonne position, le thorax pressé dans les directions voulues (fig. 186).
L'appareil de W. Schulthess, représenté dans la figure 187, agit de même que les appareils précédents, en produisant la détorsion du rachis scoliotique.
Des séances de réduction et de détorsion peuvent être utilement faites, en adoptant la disposition recommandée par Lorenz (p. 394, fig. 213), les pressions correctives étant exercées au moyen d'une bande en caoutchouc disposée en spirale.
La figure 188 représente l'appareil de détorsion à plaques recommandé par H. Ghipault.
Nous nous servons depuis longtemps de l'appareil représenté dans la figure 189. On fixe sur le cadre de cet appareil diverses pièces pour suspension, pour immobilisation du bassin, pour appuis-main (anneaux, barre transversale pouvant être placés à
MÉCAN0TI1ÉRAPIE. .509
diverses hauteurs), pour pression au moyen de plaqués latérales
Fig. 186. — Appareil de P. Dolega. •
ou obliques, pour rachilysis ou pour détorsion par une bande de caoutchouc, etc.
Citons enfin les appareils mécanothérapiques récemment proposés par Delcroix et par W. Schulthess.
Fi g. 187. — Appareil de détorsiou de W. Schulthess.
La pote?ice de Delcroix est destinée à mobiliser le rachis et à produire des contractions musculaires énergiques favorables au
MÉCAN0THÉRAP1E.
redressement des courbures scoliotigues. Delcroix donne la description suivante de son appareil :
Une potence se meut autour d'un axe horizontal, et, dans cet axe, est immobilisé le bassin. Au centre de la barre transversale, décrivantun arc de cercle, se trouve un pivot mobile se terminant par un appareil de Sayre. Soit un cas de scoliose dorsale à convexité droite : l'enfant est placé dans le décubitus latéral
Fig. 188. — Appareil de détorsion à plaques, de A. Chipault.
gauche, le haut du cou dépassant le bord de la table. On fixe le bassin, puis à l'aide d'une mentonnière, on produit l'extension de la colonne vertébrale. L'enfant exécute lui-même un second et troisième temps, par la contraction des muscles du côté droit du rachis, du cou, du thorax, de l'abdomen, il porte le haut du corps en haut et en arrière. La région dorsale de la colonne vertébrale, de convexe devient concave. Ce mouvement de redressement est facilité par deux poids qui glissent le long des tubes latéraux de la potence, sous l'axe fixe et qui, placés plus ou moins loin de ce dernier, exigent des contractions plus ou moins énergiques.
Les appareils de W. Schulthess sont destinés à produire la flexion latérale et la rotation du rachis des scoliotiques.