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III. Contention. — Le succès de l'opération du redressement

forcé dépend en grande partie de l'application méthodique de l'appareil de contention.

L'appareil plâtré qui se solidifie rapidement sur le sujet en position redressée, qui, en raison de ses points de contact multiples, est un ageut de soutien incomparable, maintient exactement le redressement des courbures, la correction de la déformation thoracique et les modifications obtenues dans l'attitude du tronc et des épaules.

Nous appliquons les bandes plâtrées suivant la technique que nous avons décrite, directement sur un maillot en tissu des Pyrénées, une très petite quantité de coton étant placée au niveau des seins, de l'estomac, de l'abdomen, des épines iliaques et de la partie antéro-latérale de la poitrine, du côté de la concavité de la courbure.

L'interposition d'une grande quantité de ouate entre le tronc et l'appareil, empêche le maintien précis de la correction obtenue par l'intervention opératoire.

Après confection de la partie thoracique de l'appareil plâtré et solidification sous la pression des diverses parties de notre arc métallique, nous faisons la partie céphalique de l'appareil, suivant la technique indiquée pour le redressement du mal de Pott, le sujet étant placé en suspension verticale.

On peut remplacer cette partie céphalique plâtrée par un jurymast.

Lorsque les courbures scoliotiques ne sont pas à un niveau très élevé et n'empiètent pas sur la région cervicale, nous nous contentons souvent d'un appareil plâtré descendant très bas jusqu'au niveau des articulations de la hanche, remontant assez haut vers la région cervicale, et relié à des épaulettes en tarlatane plâtrée.

Ces épaulettes sont appliquées, pendant que le sujet est en station verticale, les membres supérieurs légèrement écartés du tronc, les pieds reposant à plat sur le sol, et non pendant la suspension verticale complète.

Des fenêtres peuvent être pratiquées au niveau des seins et de la partie antérieure et inférieure de la poitrine.

Au bout de quelques jours, dès que le plâtre est sec, nous permettons la marche qui, en raison des nouvelles conditions

staliques obtenues par l'attitude corrigée du tronc, a une action continue très favorable sur le redressement de la scoliose.

En résumé, nous nous conformons, dans notre méthode, aux

Fig. 223. — Avant le redressement.

Fig. 224. — Après le redressement et le traitement.

principes généraux du traitement des scolioses. Nous adressan aux éléments osseux et articulaire sous la dépendance desquels est le plus souvent la déformation, nous immobilisons le tronc dans une position rectifiée, après mobilisation vertébrale et correction, aussi parfaite que possible, de la difformité.

Avant l'application de l'appareil de contention, nous ne cherchons pas seulement à redresser les courbures et à corriger la forme de la gibbosité par des tractions ou des pressions, mais nous inclinons encore le tronc du sujet dans le sens opposé à

Fig. 225. — Avant le redressement. F'ig. 22G. — Après le redressement

et le traitement.

l'inclinaison vicieuse, de façon à modifier les conditions statiques qui ont présidé au développement de la difformité.

La durée du traitement par notre méthode de redressement forcé varie suivant la forme de scoliose et, surtout, suivant la gravité et l'ancienneté du cas.

Plusieurs séances de redressement forcé, à des intervalles de

deux à quatre mois, qui corrigent graduellement la difformité, sont, en général, nécessaires. La guérison est très rapide dans quelques cas.

Les sujets supportent bien les longues séances de redresse-

Fi#. 227. — Avant le redressement.

ment forcé, même sous le chloroforme. Nous n'avons jamais eu d'accident primitif ou consécutif. La respiration se i continue régulière sous le chloroforme, s'arrêtant quelquefois cependant au moment des fortes pressions. Une surveillance attentive doit^être exercée à ce moment.

Nous n'avons jamais noté aucun retentissement fâcheux

consécutif sur la plèvre, le poumon ou le cœur. La légère atrophie des muscles du tronc, qui s'observe au sortir des appareils plâtrés, cède rapidement sous l'influence du massage, de l'électricité et des exercices orthopédiques.

Fig. 228. — Après le redressement et le traitement.

D'après notre expérience, notre méthode convient surtout aux scolioses rachitiques et aux scolioses graves de l'adolescence rebelles aux traitements orthopédiques habituels. Elle convient aussi aux scolioses à évolution rapide, qui présentent plusieurs courbures et des déformations costales importantes, aux scolioses réductibles et moyennement rigides, aux sco-

lioses caractérisées par des attitudes vicieuses du tronc.

L'examen des résultats obtenus dans 45 cas démontre

que l'on peutobtenir, dansles scolioses moyennes, dites du second

Fig. 229. — Avant le redressement.

degré, le redressement définitit des courbures scoliotiques et des modifications favorables de la forme des gibbosités.

Le perfectionnement actuel de notre technique nous permet d'obtenir des cures plus parfaites et plus rapides qu'au début de nos tentatives de redressement forcé des scolioses.

Notre traitement agit surtout sur l'élément attitude. Dans plusieurs de nos observations, l'inclinaison et la flexion vicieuses

Fig. 230. — Après le redressement et le traitement.

du tronc, la position défectueuse des épaules ont été promptement corrigées ; l'évolution de la difformité a été arrêtée.

L'action sur la torsion vertébrale nous a paru peu importante.

Dans plusieurs cas, nous avons constaté d'une façon précise la correction de la déformation de la poitrine, la diminution de volume de la gibbosité.

Dans les scolioses invétérées avec déformation notable, notre méthode donne d'excellents résultats. Elle ne fait pas disparaître complètement la difformité, mais elle procure de très notables améliorations. Elle permet d'obtenir dans ces cas :

Le redressement partiel, notable, des courbures scoliotiques;

La diminution du volume de la gibbosité ;

La correction de la flexion et des attitudes vicieuses du tronc, des épaules et du bassin ;

Le développement de la poitrine et l'augmentation de la capacité respiratoire ; .L'augmentation de la taille ;

La disparition des névralgies intercostales et lombaires.

Dans plusieurs de nos observations, chez des sujets cependant âgés de dix-huit à vingt-quatre ans, nous avons modifié l'attitude du tronc, des épaules et du bassin à un tel point que la difformité auparavant très disgracieuse, pouvait être absolument dissimulée.

Les figures 223 à 230, d'après nos photographies, indiquent quelques résultats obtenus par notre méthode de redressement forcé.

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