‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 104 sur 113 · CANCER DES VOIES URINAIRES · texte numérisé non relu

CANCER DES VOIES URINAIRES

qui entourent lu veine cave et l’aorte , première vertèbre lombaire; 5® foie et poumons ; 6° poumons, veine cave et mésentère ; 7® foie , poumons et huitième côte. Ainsi le foie, le mésentère, les ganglions abdominaux et les poumons, sont le plus fréquemment atteints, et le système osseux l’a été en tout 2 fois sur sept.

Les altérations secondaires non cancéreuses que l’on constate quelquefois sont l’état inflammatoire de la substance rénale autour des dépôts cancéreux , l’inflammation de la muqueuse du bassinet, la péritonite avec des épanchements séreux ou purulents, l’entérite.

Nous notons enfin dans 2 autopsies la coexistence accidentelle de la cirrhose du foie dans l’un des cas , et d’une hypertrophie du cœur dans un autre.

2® Pathologie. Avant d’aborder les symptômes qui caractérisent le cancer rénal idiopathique, il nous faut insister sur le fait que plusieurs ou même la plupart des symptômes caractéristiques peuvent manquer. Nous admettons, en un mot, avec MM. Rayer et Walshe, la forme véritablement latente du cancer rénal. Ceci posé, nous allons analyser les symptômes que l’on observe dans les cas non latents.

Au début, des douteurs abdominales vagues attirent d’abord l’attention sur cette cavité. Bientôt cette douleur se fixe davantage et occupe plus particulièrement la région rénale proprement dite, et plus souvent celle du côté droit que l’autre. Ces douleurs s’étendent souvent vers l’hypochondre droit et peuvent atteindre l’épigastre. Elles sont tantôt sourdes, tantôt plus vives et lancinantes. Lorsqu’on explore avec soin l’abdomen , les flancs et la région vertébrale qui correspond aux reins, on découvre, après quelque temps de durée des douleurs , une tumeur occupant la région du rein. Mais le plus ordinairement on ne trouve cette tumeur que lorsqu’elle a déjà pris un assez grand accroissement, et c’est dans le flanc surtout, dans l’espace qui sépare les fausses côtes de la fosse iliaque , qu’il faut chercher avec le plus de soin, et qu’on découvre le plus aisément le rein cancéreux. Ordinairement la tumeur ne présente qu’une masse molle, fluctuante, bosselée, qui, une fois qu’elle est volumineuse, va se perdre en haut près du foie, si le siège du cancer est à droite. Cependant on parvient presque toujours à distinguer la tumeur rénale d’une tumeur hépatique, vu qu’en explorant avec soin, on trouve un espace libre entre la limite supérieure du rein malade, l’hypochondre et les fausses côtes, espace non occupé par une masse solide, à moins que ce mal ne soit propagé au foie. En outre, la percussion fait toujours découvrir la sonorité dans un espace assez notable entre l’hypochondre.

CANCER DES VOIES niUNAlHES.

1 oniliilic et le Hanc, ce qui ti est pas le cas lorsque le foie a subi un engorgement notable. Lorsque les ileux reins sont devenus succelsi unentmalades, on peutconslaterrexistence d’une tumeur de chaque

da ,s VHtT" la fin et seulement

dans I dfa franchement latent. Ordinairement elles sont de bonne

heure troubles , séd, menteuses , mais elles ne deviennent caracMris-

tiques qu a une période avancée de la maladie.

Il y a un symptôme qui a alors une grande valeur lorsqu'il co’incide avec 1 existence d'une tumeur rénale, c'est l’hématurie, qui dans quelques cas ne survient que de loin en loin, tandis que dans d'autres ele est fréquente , quelquefois très abondante. Et comme une partie du sang se coagule dans la vessie, elle donne lieu à une émission diffi- 1 e des urines et quelquefois à une véritable rétention. Une fois que la maladie est arrivée à ce point, les urines deviennent habituellement ferides, offrent volontiers un dépôt purulent , et leur émission est difficile. L hémorrhagie rénale peut devenir si abondante, que dans un cas nous avons noté l’émission de sang pur. Ces symptômes du coté des urines sont les plus fâcheux de tous, parce que d’un côté ils émontrent un état avancé de la maladie, et d’un autre côté ils nécessitent un cathétérisme fréquent qui peut irriter la vessie sans pouvoir souvent triompher des amas de sang que renferme cet organe.

^ Dans la seconde période de la maladie, lorsque les douleurs et l’altération des urines dénotent la maladie confirmée, les fonctions digestives se troublent, l’appétit diminue, la digestion devient laborieuse, et chez plusieurs malades on voit survenir la diarrhée. Bientôt les membres inférieurs s infiltrent , et l’on ne tarde pas à constater la fluctuation de l’ascite , sans compter les symptômes de péritonite qui se manifestent. La fièvre, lorsqu’elle existe, tient plutôt à des inflammations secondaires. On observe parfois des frissons intermittents. L état général s’altère constamment, les malades maigrissent, ils perdent les forces et l’embonpoint, leur teint prend 1 aspect jaunâtre qui caractérise les affections cancéreuses avancées , et la mort ne tarde pas à survenir après un degré avancé de marasme.

La marche de ce cancer est assez rapide. Nous ne trouvons malheureusement dans nos observations que des données fort peu complètes sur la durée totale de la maladie. Walshe (1) l’a déterminée d après 6 observations dans lesquelles il l’a trouvée de 8 mois seu-

cancbh des Voies uiunaiebs.

lement en niuyeime , cc qui concorde paidîiiteineiit avec nos observations , tout incomplètes qu’elles sont. C est donc un des cancers H marche rapide.

Le cancer des reins paraît plus Iréquent chez 1 homme que chez la femme. Sur 11 cas, nous en trouvons 7 chez 1 homme et 4 chez la femme. Par rapport à l’âge, cette maladie nous paraît plus spécialement appartenir à la seconde partie de la vie , à part un seul cas cité par M. Rayer, dans lequel le cancer du rein a été observé chez un enfant de 1 an et 5 mois ; 8 autres cas , dans lesquels nous avons noté l’âge, se trouvaient après 40 ans. L’âge moyen a été de 59 ans. Voici le tableau de l’âge :

De 1 an 5 mois. . . .

De 40 à 45 ans. . . .

De 45 à 50 ans. . . . ,

De 55 à 60 ans

De 60 à 65 ans

De 70 à 75 ans. . . .

De 75 à 80 ans

Total.

Nous ne savons rien sur les véritables causes de la maladie. Nous avons pu seulement constater la nullité de l'influence des violences externes et la nullité de la dégénération; c’est-à-dire , nous avons pu nous convaincre qu’aucune autre maladie des voies urinaires ne devenait par elle-même le point de départ de l’affection carcinomateuse. Nous avons parcouru plusieurs observations dans lesquelles on avait indiqué des calculs rénaux comme cause du cancer. L’existence du calcul , dans ces cas , était incontestable , mais le cancer n’existait point, et l’on avait pris les produits d’une phlegmasie chronique avec infiltration purulente pour le produit d’une dégénération.

3° Traiiemevi. Le traitement de cette maladie est si bien indiqué dans l’ouvrage de M. Rayer (1), que nous n’aurions rien à y ajouter ; nous allons transcrire ici le passage qui s’y rapjmrte :

» Le cancer des reins, qu’il soit sinqde ou compliqué de lésions cancéreuse.s d’autres organes , est un mal incurable. Toutefois on prolongera l’existence des malades en les plaçant dans des conditions hygiéniques favorables , par une nourriture succulente et par

(1) hf/itr f/r^ mnldflirs drs /rinf. Paroi, 184.S, I. III , p. 6S2 a 6R4, ,

j)Ks \uii;s uunaihe.s.

I■>'«ige d uM vin généreux. I.cminnhin et les préparutions ferruaineiises ( inmil e tie fer, lactate et sous-carbonate de fer), employés =.ous diverses formes , ralentiront quelque temps les progrès de la cachexie cancéreuse, et de l'hydropisie qu’amènent inévitablement les longues souffrances et les hématuries habituelles , inséparables de cette dégénérescence parvenue à son dernier terme.

" On s abstiendra d’émissions sanguines locales ou générales , meme aux premiers indices de la maladie, hors les cas d’hématurie avec evre , e péritonite partielle et douloureuse autour de la tumeur formée par le rein dégénéré. On n’y aura même recours qu’a-

pres avoir inutilement essayé des bains et des topiques émollients et narcotiques.

” Quant aux douleurs occasionnées par le passage de caillots fibrineux soit de l’uretère dans la vessie , soit de la vessie à travers le canal de 1 urètre, elles ne cessent qu’après l’expulsion des caillots ou apres le rétablissement du cours de l’urine, qui peut être favorisé par une ingestion abondante de boissons rafraîchissantes, telle que l’eau de Im, l’eau minérale de Contrexeville, etc. Il est inutile d’ajouter que 1 application de la glace aux lombes peut être utile si le rein cancéreux fournit beaucoup de sang. L’accumulation des caillots dans la vessie, ou l’occlusion de son col, peut rendre le cathétérisme et des injections nécessaires.

” Les cautères, les moxas, que plusieurs praticiens font appliquer à la peau des lombes dans les cas de dégénérescence cancéreuse des rems , sont des remèdes impuissants contre le mal local et contre la diathèse qui le produit. Pour mon compte, j’ai depuis longtemps renoncé à ces remèdes , plus nuisibles qu’utiles , qui fatiguent les malades en nuisant quelquefois à leur sommeil , ou qui, en s’opposant à ceitaines attitudes , rendent le coucher ou les mouvements du tronc plus pénibles et plus douloureux.

” Les préparations de ciguë , trop vantées contre les affections cancéreuses, ont aussi de graves inconvénients ; elles nuisent , en pure perte, aux fonctions de l’estomac. Le principal remède, le seul vraiment utile , c’est l’opium. La longueur de la durée de la maladie oblige souvent a employer successivement la plupart des préparations opiacées les plus usitées , soit en lavement, soit à l’aide de la méthode endermique.

" Enfin, il faut éloigner du malade la pensée d’un mal incurable, en lui faisant prendre des remèdes insignifiants, dont l’action sera annoncée comme devant être très lente. ->

CANCEK DES VOIES ÜUINAIRES.

B. CANCKn DE I-A VESSIE.

Nous avons vu , en parlant du cancer de l’utérus , que l’affection cancéreuse secondaire de la vessie était très fréquente dans cette maladie ; et le dépôt cancéreux , dans celte circonstance , n’arrive au réservoir des urines que par propagation et par irradiation. Mais quelle énorme différence entre ces cancers secondaires et l’affection carcinomateuse primitive de la vessie ! Qu’on relise ce que nous avons dit (page 239) sur le mode d’altération et les symptômes auxquels donne lieu ce cancer propagé à la vessie , et l’on sera une fois de plus frappé de la nécessité de distinguer avec un soin extrême le cancer primitif du cancer secondaire dans un même organe.

Le cancer de la vessie est, du reste, une affection rare. Nous ne pouvons fonder son histoire que sur l’analyse de sept observations , dont plusieurs même ne nous appartiennent pas en propre , et ont été choisies dans diverses publications (1).

1° Anatomie. Le cancer primitif de la vessie est ordinairement un encéphaloïde. Cependant son aspect peut se rapprocher exceptionnellement du tissu squirrheux ou du cancer gélatiniforme. Le point de départ ordinaire est le tissu sous-muqueux. De là le mal peut s étendre à tous les tissus de l’organe , qui peut acquérir alors une épaisseur considérable, que nous avons vu aller jusqu’à 3 centimètres et au delà. Le cancer de la vessie a , en outre , une tendance prononcée à former de véritables champignons encéphaloïdes qui , partant le plus souvent du fond de l’organe , occupent une étendue de plus en plus grande , mais ne franchissent point 1 ouverture de 1 urètre. Toutefois il n’est pas rare que pendant 1 émission des urines , des fongosités s’engagent momentanément dans cette ouverture , et rendent la miction très difficile. Il faut distinguer deux variétés de ces champignons encéphaloïdes : l’une , plus compacte , plus largement lobulée , quelquefois multiple ; l’autre , plus mince , plus délicate , et offrant surtout . lorsqu’on 1 examine sous l’eau , 1 aspect d’arborisations polypiformes dont tout 1 intérieur est formé de tissu encéphaloïde. Les éléments cancéreux appréciables au microscope ont été très nets et très tranchés dans les cas que j’ai eu occasion d’examiner. La surface externe et péritonéale de la vessie devient secondairement le siège de dépôts cancéreux qui remplissent quelquefois en partie ou en tota-

(l) Voyez Civiale , 'Irai te des nuiladics des organes génito-urinaires Fans, 1851 , t. IJI , p. iJü8.

(/ANCtK DliS VOIES UlllNAlURS.

té le petit bassin. Il est curieux que dans les observations que nous avons sous les yeux il n'y ait pas un cas où l'infection cancéreuse soit devenue générale ; l'irradiation dans le bassin et les glandes lymphatiques de cette région a été constatée dans un tiers des cas Dans la seule observation où l'on pourrait croire , au premier abord ' qu il y avait multiplicité des dépôts cancéreux , il reste des doutes trop légitimes sur l'origine du cancer pour en tirer des conclusions par rapport à l’infection. Ce cas fort remarquable a été communiqué a la Société anatomique (1) par M. Lenepveu. Le titre de l’observation est : Cancer encéphalcfide et gélatiniforme de ta vessie et de l S iliaque. Une vaste communication existait entre la cavité de l’intestin et de la vessie ; et quoique ce fait soit fort bien exposé , on ne peut pas savoir si la vessie a été primitivement , ou secondairement, ou simultanément atteinte avec l’S iliaque, quoique le point de départ primitif du côté de la vessie soit plus probable à cause de l’étendue du fongus cancéreux qui existait dans cet organe. Parmi les tumeurs irradiantes dans le bassin , nous devons en mentionner

une qui avait comprimé l’origine du nerf sciatique , de façon à faire croire pendant la vie à une affection rhumatismale. Lorsque le cancer affecte , dans l’intérieur de la vessie , la forme d’un fongus volumineux , il arrive que la circulation ne peut plus avoir lieu dans toute l’étendue de cette masse, et que des parcelles se détachent par une espèce de nécrose superficielle , et sont entraînées par les urines. Il n’est pas rare que le cancer obstrue l’entrée de l’un des uretères, qui se dilate, dans ce cas , au point d’acquérir le volume de 1 intestin grêle ; cette dilatation se propage jusqu’au bassinet. Les reins, dans le cancer de la vessie, sont souvent congestionnés, ou même enflammés, et deviennent le siège de petits épanchements sanguins; mais nous n’y avons pas rencontré de dépôts cancéreux secondaires.

Lorsqu’on réfléchit à la rareté de l’infection générale de l’économie par le cancer vésical, lorsqu’on a assisté aux ravages profonds que cette maladie produit dans l’ensemble de la santé , lorsqu’on tient compte de cette circonstance que le cancer des organes du bassin est , en général , dans les conditions les plus favorables à la propagation par irradiation , on arrive tout naturellement à la conclusion qu’il n’y a pas là un privilège particulier, mais qu’il existe, d’un côté, des dispositions anatomiques spéciales à la région que ce cancer occupe.

Bulletins rie la Société anatn/nique , I, XIV, p, 164 à 170.

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et que, d’un autre côté, il devient mortel avant d’avoir pu arriver à l’infection générale.

2* Pathologie. Nous avons vu que le cancer des reins pouvait être latent. 11 n’en est pas de même de celui de la vessie. Il se caractérise de bonne heure par des douleurs dans la région hypogastrique bornées à la vessie, douleurs sourdes ou plus ou moins lancinantes , auxquelles bientôt vient se joindre un trouble dans l’émission des urines, ou des difficultés pour uriner allant jusqu’à la rétention , ou des besoins trop fréquents, ou une miction involontaire. Les douleurs vésicales , ayant surtout leur siège dans le fond de l’organe, ont ici une grande valeur comme symptôme initial • car on sait que dans les altérations de la miction par d’autres causes , le siège le plus fréquent de la douleur est au col vésical , et que dans la rétention des urines, le fond de l’organe ne devient douloureux que par l’accumulation des urines et par sa distension. A ces symptômes, qui cependant n’ont encore rien de pathognomonique, viennent bientôt s’en ajouter d’autres d’une valeur incontestable, Au premier rang, il faut placer ici la tumeur que l’on sent à l’hypogastre ; car à mesure que la vessie perd sa souplesse et son élasticité, à mesure que le tissu morbide est déposé entre ses tuniques, le palper fait constater ces altérations. On sent la vessie tout entière, mais indurée surtout dans sa partie supérieure, Cette tumeur hypogastrique, arrondie, douloureuse à la pression, assez rénitente sans être bosselée, peut remonter successivement jusqu à l’ombilic, et ne disparaître en aucune façon après l’émission des urines. Les douleurs à la période où la tumeur est prononcée deviennent plus fréquentes et plus vives, et s’étendent dans les lombes , dans les reins , et quelquefois dans le bout de la verge. Lorsqu on explore la vessie avec la sonde , il arrive qu’on n’en retire presque point d’urine , et que l’instrument s’engage dans les fongosités molles du cancer qui bouche ses ouvertures ; et si l’on soumet les parcelles qu’on en retire à l’examen microscopique, le diagnostic ne saurait plus être douteux. L’examen des urines , leur quantité , leur qualité et leur mode d’émission , méritent la plus sérieuse attention. Les symptômes que nous avons signalés comme pouvant exister dès le début deviennent de plus en plus prononcés ; le besoin d uriner devient de plus en plus fréquent , et les urines finissent par s écouler continuellement goutte à goutte sans que le malade puisse les retenir, D autres fois, au contraire, la miction devient de plus en plus difficile , mais elle est fort inégale; elle peut être plus aisée dans une position que dans une autre, selon que les fongosités

CANCER DES VOIES UliINAiriES.

qui existent à l’entrde de l’urldre bouchent cette ouverture ou la laissent libre. Le cathétérisme , dans ce cas, n'apporte que peu de soulagement. Les urines deviennent de bonne heure troubles et ourbeuses , et laissent déposer une matière muqueuse ou purulente.

11 n est pas rare d y trouver des fragments de tissu cancéreux. Nous avons vu rendre à un malade un morceau de substance fongueuse du volume d’une cerise. Il survient enfin de l’hématurie; mais elle n a pas heu d’une manière habituelle; elle ne se produit qua une période avancée, et par intervalle d’une ou de plusieurs semaines ou ineme de quelques mois. A mesure que la maladie fait des progrès

1 appétit diminue, et chez quelques uns il s’établit de la diarrhée. La fièvre n existe que quand il y a quelque complication inflammatoire.

état général de la santé s altère , et ces malades arrivent au dépérissement cancéreux le plus complet et le plus prononcé. L'infiltration œdémateuse des membres inférieurs n’est pas rare pendant les derniers temps.

Nous avons noté la duree dans 4 cas. Elle a été 1 fois de 8 mois,

2 fois de 1 an et 1 fois de 18 mois. La durée moyenne a été de

12 mois 1/2. Le cancer de la vessie paraît beaucoup plus fréquent chez 1 homme que chez la femme. Sur 7 cas , nous en trouvons 6 chez 1 homme et 1 seul chez la femme, ce qui prouve encore l’énorme différence qui existe entre le cancer primitif et le cancer secondaire ; car la femme est bien plus disposée à ce dernier, pour les organes du bassin. Nous n avons pas observé la maladie avant l’âge de 40 ans; elle nous paraît plus propre à la vieillesse. L’àge moyen, dans 6 cas, a été de 55 ans et 1/3. Voici le tableau de l’âge :

De 40 à 45 ans 2

De 45 à 50 ans \

De 55 à 60 ans 1

De 65 à 70 ans i

Total 6

Le pronostic est d’autant plus mauvais , que non seulement la maladie conduit fatalement à la mort, mais qu’elle n’y conduit qu’après de vives souffrances qui sont encore augmentées par les manœuvres chirurgicales que l’on est obligé de mettre en usage.

3° Traitement. Nous n'avons que fort peu de chose à dire ici , vu qu’aucune opération ne peut être pratiquée avec quelque chance de

CANCEU DES VolKS l'IUNAlUES.

succès , et que tout secours doit se borner à mettre ces pauvres malades à un régime substantiel , à leur faire prendre fréquemment des bains tièdes, à soulager les douleurs par des cataplasmes arrosés de laudanum , par des frictions calmantes sur l’hypogastre, des quarts de lavements laudanisés , l’usage interne de la morphine. Quant au cathétérisme, il faut s’en abstenir autant que possible , et si l’on est obligé de le pratiquer, il faut le faire avec beaucoup de douceur et se servir de sondes élastiques ; et lorsque la longueur de la pénétration de la sonde indique qu’on doit être dans la vessie , il faut , s’il ne vient pas d’urine , la retirer un peu et déboucher le bec de la sonde par des injections d'eau froide. On parvient alors quelquefois à vider complètement la vessie , après avoir chassé les fragments de tissu cancéreux qui bouchaient les yeux de la sonde. Mais qu’on ne se fasse pas illusio>n dans ces cas , on n’y a point affaire à une véritable rétention ; la vessie , dont la capacité est notablement diminuée, ne contient que peu d’urine, et s’il y a rétention, elle a plutôt lieu au-dessus de l’insertion des uretères dans la vessie. Que 1 on prenne donc garde de ne pas augmenter les souffrances de ces malades par des tentatives infructueuses et trop souvent répétées de cathétérisme. Les ressources de l’art contre cette triste maladie sont, comme on le voit, bien restreintes et toujours bien précaires; mais au moins faut-il se garder de ne pas aggraver la position des malades par un traitement trop actif et surtout par un excès de secours chirurgicaux.

RÉSUMÉ

1® Il faut distinguer avec le plus grand soin le cancer primitif du rein et de la vessie^ des dépôts cancéreux secondaires dans ces organes. Dans les reins , le cancer commence ordinairement par un seul de ces organes , un peu plus souvent par le droit que par le gauche et ordinairement par la substance corticale. La tumeur, bien plus souvent encéphaloïde que squirrheuse , devient par la suite le siège d’abondants épanchements sanguins , ce qui en augmente notablement le volume.

2° Le cancer se propage dans quelques cas aux veines rénales et quelquefois à la veine cave ; d’autres fois aux capsules surrénales,

1 d autres fois encore au foie ; il existe enfin des exemples de

[propagation aux intestins avec perforation. L’infection générale de 1 économie a eu lieu dans les 7/1 2** des cas, se manifestant dans les organes abdominaux et thoraciques, et 2 fois dans les os. Le

CiNCKK DES VOIES UHlNAiaEs.

second rein ne devient ordinairement malade que par infection. Le» deux lésions secondaires non cancéreuses les plus fréquentes sont la néphrite et la péritonite.

3“ Le cancer des reins est latent dans un certain nombre de cas ; ses principaux symptômes , douleurs rénales s’étendant à l’hypochondre, tumeur rénale de plus en plus volumineuse, perceptible surtout dans le liane , hématuries Iréquentes , urines troubles et sédimenteuses rendues avec difficulté , augmentent à mesure que le mal fait des progrès 5 des troubles des organes digestifs surviennent, les signes de 1 ascite et de l’anasarque se manifestent, le malade dépérit et il meurt.

4® La durée moyenne de la maladie est de 8 mois. Sur 11 cas il y a eu 7 hommes et 4 femmes. La maladie ne s’observe guère que passé 40 ans. L âge moyen dans nos observations a été de 59 ans. Le seul traitement possible est un traitement palliatif.

5® Le cancer de la vessie est ordinairement encéphaloïde , rarement squirrheux ou gélatiniforme. Le point de départ le plus fréquent est le tissu cellulaire sous- muqueux , surtout de la région postérieure de la vessie. Le cancer infiltré donne une grande épaisseur aux parois de la vessie , tandis que le champignon encéphaloïde qui se développe dans la cavité finit par emplir celle-ci dans une bonne partie de son étendue. Une variété rare de ce fongus est celui qui affecte 1 aspect de ramifications fines et polypiformes. Les éléments microscopiques sont très caractéristiques. L’irradiation dans le bassin , aux glandes lymphatiques , aux parties voisines de la vessie, a eu lieu dans un tiers des cas. L'infection générale de l’économie n’a point été observée par nous. L’obstruction des uretères à leur insertion produit une dilatation notable de ces conduits.

6° Les symptômes de cette maladie sont des douleurs vésicales plus ou moins vives , une tumeur hypogastrique dure et arrondie constituée par la vessie elle-même, devenue plus volumineuse et rigide. Les douleurs s’irradient un peu plus tard aux reins et aux lombes. Le cathétérisme fait souvent reconnaître une masse molle et fongueuse dans la vessie et des parcelles de cette substance restent dans les yeux de la sonde, tandis que d’autres sont entraînées avec les urines. Celles-ci sont ordinairement troubles et fétides, quelquefois sanguinolentes ; leur émission est ou trop fréquente et involontaire, ou rare et difficile. Le dépérissement général fait des progrès rapides et la mort survient fatalement,

CANCEK ÜK6 OKGAMES DK LA ClHCUI-Al'lON KT DE LA HESPIHATION. 879

7“ La durée moyenne dans nos observations a été de 12 mois 1/2, le minimum de 8 mois , le maximum de 18. Sur 7 cas, il y a eu 6 hommes et 1 femme. L’âge moyen a été de 55 ans et 1/3. Le traitement doit consister dans une bonne hygiène, l’usage des bains et des narcotiques II est bon de s’abstenir, autant que possible, de toute manœuvre chirurgicale et même de ne sonder ces malades que le moins possible.

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