‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 103 sur 113 · CANCER DES VOIES URINAIRES · texte numérisé non relu

CANCER DES VOIES URINAIRES

Nous n aurons a parler ici que du cancer des reins et de la vessie. Quant a celui des autres parties des voies urinaires, il n’est que 1 irradiation du cancer de l’un de ces deux organes. Peut-être s’attendra-t-on à ce que nous parlions ici du cancer de la prostate, n’en ayant point fait mention à l’occasion du cancer des organes génitaux. Nous ne pouvons pas en parler davantage ici , vu que nous n avons jamais observé d’exemple d’un cancer primitif de cette glande, et que les observations rapportées par les auteurs sous ce titre ne sont généralement autre chose que des engorgements hypertrophiques dont la fréquence et la variété d’aspect, pendant la vieillesse , sont aujourd’hui mises hors de contestation

En parlant du cancer des reins et de la vessie, nous avons soin de séparer les cancers primitifs et idiopathiijues de ces dépôts secondaires qui, en fait, ont une valeur pathologique complètement différente. Ce n’est que la confusion qui règne encore aujourd’hui partout

CANCEll DES VOIES URINAIKES.

rélativanient à lu distinction entre les cancers primitifs et secondaires qui a pu laire croire, même à des esprits distingués, que le cancer des reins n’était pas rare ; et si W alshe dit avoir réuni 40 observations de cancer des rems, c’est grâce encore à celte inextricable confusion qu il a pu trouver un si grand nombre de faits sur une maladie rare en elle-même. M. Rayer (1) rapporte 13 observations dont le plus grand nombre se rapporte également à des aflêctions cancéreuses secondaires du rein, dépendant d’un cancer primitif de l’estomac, du foie, ou de quelque autre organe.

Pour notre compte, nous sommes arrivé à cette conviction, que le cancer des reins, comme aftêction idiopathique et essentielle, est une des rares localisations de cette maladie; et en donnant la description suivante d’après 12 observations seulement, nous avons été obligé d’emprunter encore les deux tiers de ces faits aux travaux deM. Rayer, et Bulletins de la Sociélé anatomique. C’est donc d après les laits de cancer rénal primitif que nous allons esquisser cette description.

Ce ne sera qu’après avoir décrit le cancer des reins que nous traiterons séparément du cancer de la vessie ; car ces deux organes sont bien moins solidaires l’un de l’autre, par rapport au

canoer, que leur connexion anatomique et physiologique ne le ferait supposer.

A. CANGEB DES BEINS.

A.natomie . Le cancer primitil des reins prend ordinairement son point de départ dans un seul de ces deux organes, plus fréquemment dans le droit que dans le gauche, et l’autre rein ne devient secondairement malade qu’après une certaine durée de la maladie. Quant au siège anatomique du dépôt cancéreux , le plus fréquent sans contredit, c est la substance corticale, et c’est de là qu’en augmentant, les tumeurs s étendent d un côté vers la surface et atteignent souvent les capsules surrénales ; tandis que d un autre côté le produit morbide s inhltre entre la substance tubuleuse et atteint ainsi jusqu’au bassinet. La surface externe devient de cette façon inégale et bosselée.

ün a cru que ces bosselures correspondaient à la disposition lobée des reins. 11 n’en est rien cependant , car ces bosselures olTrent ordinairement de l'irrégularité et n’occupent souvent qu’une portion de la substance rénale. Lorsque la maladie a fait de grands progrès, on

Traité dcx maladies drs reins.

CANCEK DES VOIES UKINAIHES,

rencontre bien quelques petites tumeurs cnncilreuses, plus loin dans e tissu sous.muqueux des calices et du bassinet , mais celles-ci sont toujours d un petit volume ; tandis qu'au contraire la substance cancéreuse déposée dans le tissu propre du rein peut acquérir des dimensions considérables, car ce n'est qu 'exceptionnellement que le cancer rénal primitif avancé offre une tumeur peu volumineuse. Le plus ordinairement il double et triple le volume de l'organe, et dans un tiers de nos observations nous trouvons le rein cancéreux occupant tout 1 espace compris entre la crête iliaque et les dernières côtes , depuis la proximité des vertèbres jusqu’à la partie antérieure du flanc. Aussi n est-ce pas un fait exceptionnel de lui voir atteindre le poids d’un kilogramme et au delà.

Quant à la nature du tissu, l’encéphaloïde est la forme à peu près constante. Deux fois seulement nous l’avons rencontré d’une consistance plus ferme, se rapprochant de celle du squirrhe ; 1 fois la teinte mélanique existait dans quelques portions delà tumeur encéphaloïde. Le cancer des reins a une tendance prononcée à un grand développement vasculaire et à des épanchements sanguins abondants. Sans tenir compte des épanchements d une petite dimension, nous avons

constaté 4 fois la forme hémorrhagique du cancer de la glande rénale. Aussi les grandes dimensions et le poids considérable du rein cancéreux tiennent-ils tout autant à ce sang épanché qu’au développement exubérant du tissu encéphaloïde lui-même.

L’irradiation du cancer a lieu vers les parties qui l’entourent. C’est ainsi que la matière cancéreuse s’est propagée, dans plusieurs de nos observations, aux veines rénales ; dans une, entre autres, elle avait envahi dans une grande étendue la veine cave ascendante. Dans d autres circonstances le rein conserve des adhérences avec la partie concave du foie, qui de proche en proche s’infiltre de matière cancéreuse. D autres fois la tumeur cancéreuse adhère aux intestins et finit par perforer le duodénum ou le cæcum. M. Rayer cite des exemples de cette lésion , et M. Hérard nous en a montré dernièrement une préparation à la Société anatomique.

La généralisation du cancer a eu lieu, pour les 12 observations que nous analysons, 7 fois sur 12. Dans les 5 autres, le cancer rénal était unique. L’infection a surtout lieu dans les organes abdominaux et thoraciques. Voici en quelques mots les organes atteints dans ces 7 cas : 1° foie, rate, mésentère, ganglions prévertébraux; 2« cœur, plèvres, foie, ganglions mésentériques et abdominaux; 3“ poumons et foie; 4® poumons, cœur, mésentère, ganglions

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