‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 16 sur 113 · MARCHE, DURÉE ET TERMINAISON DU CANCER · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE ET TERMINAISON DU CANCER

; quesmois après la disparition d’une tumeur? Évidemment, en pareil ( cas, la gangrène agit comme les caustiques ou comme les procédés ‘ opératoires. Elle peut, dans des cas heureux, détruire le mal local, 1 mais la récidive n’est pas moins constante, la mort pas moins cer- 1 taine. La sixième observation appartient àDupuytren. La gangrène ,) s’était emparée d’une tumeur du sein dans laquelle un fluide gazeux ; s’était même développé. Des incisions furent pratiquées ; la gan- I grène continua à séparer des masses mortifiées, qui furent en partie i enlevées, et le 6 août 1831 il ne restait rien de la tumeur squirrheuse,

I la malade était guérie. Mais la malade n’ayant pas été suivie plus i loin , ce fait est encore nul et non avenu , comme exemple de guéc rison définitive. Nous verrons, dans le chapitre consacré au cancer du sein , que lorsqu’on en sépare les tumeurs non cancéreuses qui ont été confondues avec lui pendant si longtemps, c’est une des

< plus mauvaises localisations du cancer. Tous les malades opérés ; que nous avons pu suivre ont eu des récidives. Si nous avions j indiqué , comme guéris , les malades que nous avons perdus de vue i après la cicatrisation, on nous accuserait, avec juste raison de ré- )< pandre l’erreur par l’extrême légèreté apportée dans l’appréciation des faits, et de cette légèreté à conclure, lorsqu’il s’agit défaits qui frap-

II pent tout le monde, au charlatanisme le plus odieux, il n’y a qu’un . pas. Pour reposer l’esprit de ces observations inexactes, nous cite- .rons le jugement porté sur cette question par un de ces hommes I dont la sincère impartialité et la haute sagacité pratique peuvent ' servir de modèle au praticien consciencieux. C’est le passage sui- 1 vant du Traiié des maladies chirurgicales de Boyer (1) : .. Le cancer

des mamelles, comme celui des autres parties du corps, est du I nombre des maladies dans lesquelles tous les efforts de la nature ) sont destructeurs, et qui, abandonnées à elles-mêmes, tuent néces > sairement les personnes qu’elles attaquent. Cependant,’ comme dans 'quelques cas la gangrène s’empare de la tumeur et la sépare des parties saines, on a regardé cette terminaison comme un bienfait de ï la nature et l’on s’est félicité d’un accident qui devait amener la guérison de la maladie. Mais malheureusement cette espèce de a-uénson spontanée ne s’est presque jamais soutenue, et l’on a vu plusieurs fois après la séparation de la masse cancéreuse, un autre cancer naître et se développer dans le fond de la plaie. Dans les cas

c/.irurgicales, Paris, 1834, t. VH,

HlSTOIllE (;ÉNÉHAI,K DU CANCER.

même où celte plaie s’est profondément cicatrisée, la maladie a reparu au bout d’un temps plus ou moins long, dans le lieu même de l’affection primitive ou dans les environs; et après un court espace de temps, elle a fait périr les malades, qui s’étaient flattés d’une guérison radicale. J’ai vu un cas de cette espèce. Une princesse russe était attaquée d’un cancer au sein gauche, pour lequel elle parcourait depuis un an les principales villes de l’Europe, dans l’espoir d’y trouver des secours contre un mal que les médecins de son pays avaient réputé incurable, et qui l’était effectivement. Un chirurgien français, qu’elle rencontra à Dresde, lui ayant persuadé que les eaux deBaréges pourraient la guérir, et lui ayant offert de l’accompagner, elle entreprit ce voyage , quoique très faible et déjà épuisée par la maladie. Durant l’usagé des eaux quelle prenait en bains et en douches, la gangrène s’empara de la tumeur, qui était très volumineuse, et en détermina la chute. La place très large se cicatrisa complètement; mais bientôt des tubercules cancéreux se développèrent en grand nombre dans les environs de la cicatrice ; les symptômes généraux du cancer acquirent de jour en jour plus d’intensité, et la malade vint mourir à Paris, huit mois après l'événement qui lui avait donné l’espoir d’une guérison radicale. »

§ Xll. Stiologie du cancer.

Nous passerons assez rapidement sur cette partie de la pathologie, vu qu’àpart un très petit nombre de notions statistiques, tout le reste est obscurité dans la question des causes du cancer. Avant tout, nous devons dire que si toute l’anatomie, toute la pathologie des affections cancéreuses nous forcent d’admettre comme dernière cause une prédisposition spéciale, la nature de celle-ci nous est en tout point inconnue. Voir un mal revenir après les opérations les mieux faites, suivre sa marche progressive et infectante, conduire toujours à une terminaison funeste, se jouer surtout de toutes les ressources que l’on possède contre les maladies locales, tout cela indique évidemment une disposition particulière de l’économie tout entière ; et comme l’action et les effets de cette disposition diffèrent de toutes les autres maladies connues, la spécificité de cette disposition est logiquement établie , mais n’oublions pas de le dire , sans être matériellement démontrée.

La prédisposition générale étant admise, la première question qui se présente est de savoir en vertu de quelles circonstances elle se

ÉTIOLOCIE ÜU CANCKK. 129

. développe chez un individu. Malheureusement, nous rencontrons de nouveau ici la même absence de notions positives. Il résulte de l’analyse de nos 447 observations, que l’inlluence du tempérament let delà constitution est à peu près nulle. On observe le cancer tout < aussi souvent avec le tempérament nerveux et sanguin qu’avec le ^lymphatique , tout aussi bien chez des individus doués d’une consti- |tution forte que chez ceux qui paraissent plus faibles , et rien dans j l’habitude extérieure du corps ne fait pressentir l’existence ou l’abisence d’une disposition aux maladies cancéreuses. Il en est de même |de la vie que mènent les malades. L’homme le plus intempérant n’en ^est pas plus frappé que l’homme sobre. La femme la plus lascive Ji’est pas plus exposée au cancer des organes de la génération et des riutres parties du corps que la femme la plus réservée et la plus ver- -.pueuse. Nous ne pouvoi-s pas davantage reconnaître une influence ^ quelconque aux conditions hygiéniques. Nous avons bien rencontré ^ parmi nos cancéreux quelques individus qui avaientété longtemps mal jiogés et dont la nourriture avait été insuffisante; mais, d’un autre i3Ôté, nous trouvons dans le travail remarquable de M. d’Espine (1) iBur l’iiifluence de l’aisance et de la misère sur la mortalité, le passage 4 suivant qui démontre que le cancer, dans le canton de Genève , est incontestablement plus fréquent dans la classe aisée et riche de la Société que dans la classe pauvre : « Les décès par vice squirrheux,

! ’ cancéreux, encéphaloide, fongus médullaire, etc., que pour abréger ’ je réunis sous le titre de décès par vice cancéreux , forment le ■’ 58 millième des décès déterminés en général, le 106 millième ' de ceux de la classe aisée , et le 72 millième de la classe pauvre. i> L âge moyen général de ces décès est cinquante-neuf ans et deux dixièmes ; celui des décès des riches, soixante ans deux dixièmes ; fl* celui des pauvres, soixante ans quatre dixièmes.

• » Si 1 on prend à part seulement les cancers de l’estomac , on

trouve qu ils constituent le 27 millième des décès déterminés en 1 général, le 40 millième des riches et le 26 millième des pauvres. Et pour les âges moyens des décès, les riches sont morts en rnoyenne à soixante-deux ans et cinq dixièmes; les pauvres, a soixante-six ans et quatre dixièmes.

On voit que 1 influence de l’aisance sur la production du cancer en général, ainsi que celle du cancer de l’estomac, est manifeste ,

(1) Injlnence de l’aisance et de la misère sur la mortalité, Unnales 'hygiène. Paris , -1847, t. XXXVIII , p. .S3.)

IIISTOIIIK (iKXKItAI.K I)|! CANCKH,

mais fjuo pppcndanl la pauvreté oxlrtMiie n’est ))as plus pn'servf^e ” que la cnnclitinn sociale moyenne; elle le serait même moins du » cancer en général, et légèrement plus du cancer de l’estomac. Quant •' à l’âge moyen de mortalité , les cancéreux pauvres mourraient un » peu plus tard que les riches. ^ j

11 y a cependant ici une restriction à faire. Si l’on prend ce résultat I en lui-même, on est tout naturellement porté à croire que la pauvreté i préserve plutôt du cancer que la richesse, ou ce qui revient au même, qu’une vie aisée y prédispose. Si, au contraire, on tient compte de , la mortalité générale, comparée avec celle du cancer, on arrive à une î tout autre conclusion. La voici. Le cancer, étant une maladie plus ! propre à la vieillesse, est plus fréquent chez le riche que chez le pauvre, parce qu'un bien moins grand nombre d’individus qui vivent dans la misère et dans de mauvaises conditions hygiéniques arrivent à un âge assez avancé pour devenir cancéreux. Moissonnés par les fièvres éruptives , par 1 affection typhoïde et les tubercules pulmonaires , [ pendant le jeune âge , plus fortement frappés par toutes les épidé- ( mies, les pauvres fournissent tout naturellement un nombre bien j moins grand d’individus qui arrivent à l’âge de prédilection du can- | cer que ne peuvent en fournir les riches. Nous voyons de nouveau I ici combien les questions de statistique sont complexes de leur na- ) ture , et avec quelle réserve il faut en accepter les résultats. Nous ï avons vu plus haut que les difficultés étaient déjà grandes pour dé- 1 terminer dans un grand nombre de cas si un individu avait succombé \ ou non à un cancer, et que, par conséquent , beaucoup d'unités fort ■ j douteuses devaient nécessairement entrer dans les relevés portant j sur des chiffres considérables. Cette première difficulté vaincue , on j

arrive à tout un ordre de nouveaux écueils à éviter lorsqu’il s’agit |

de 1 appréciation des causes, car ici la statistique médicale n’a de la I valeur que lorsqu’elle s’applique à une statistique sociale extrême- } 3 ment bien faite. Pour déterminer par exemple si une maladie est plus 1

fréquente chez les bouchers que chez les tailleurs, il ne suffit pas de ’

comparer les chiffres bruts, il faut savoir quel est, par rapport à toute une population , le chiffre proportionnel des individus qui exercent les deux professions. Ce chiffre, rigoureusement déterminé , il faut '1

savoir encore si ces individus ont toujours exercé cette même profession ; car rien de plus fréquent que de voir un même individu en m

exercer plusieurs dans sa vie. Cette difficulté vaincue, on arrive à ï5

une autre non moins grande, à l’appréciation des motifs qui font choisir à un individu tel état plutôt que tel autre. Un individu dif-

KTIOLOdE DU CANtiF.U.

forme et boiteux, faillie de constitution, se fera plus volontiers tailleur que menuisier. Cette diflorniito et cette claudication peuvent tenir au rachitisme, aux scrofules, à une foule de causes difTérentes qui nécessairement doivent influer sur les maladies ultérieures. L’individu ^ fort et robuste, ayant toujours joui d’une bonne santé, choisira plutôt l’état déboucher ou de menuisier, ou tout autre état qui demande de la force physique. Un individu à tempérament nerveux, d’une con- : stitution plutôt délicate, doué de patience et d’une certaine adresse ■ manuelle, se fera plutôt horloger ou mécanicien que charpentier ou cou- I vreur. En un mot, les difficultés inhérentes à ces questions sont telles que plus on s’en est occupé , plus on devient sobre pour en tirer des ' déductions. Rien de certain donc, ni sur l’influence des professions, ni sur celle des conditions hygiéniques dans la production du cancer.

D’après ces mêmes recherches de M. d’Espine, le cancer est plus (fréquent à la ville qu’à la campagne. Sur 66 cas de mortalité can- I céreuse moyenne par an, il y en a 38 à la ville et 28 à la campagne, i Cette proportion plus grande a été constatée en général pour toutes ^ les grandes villes ; mais il faut dire que beaucoup de campagnards atteints de cancer vont séjourner pendant les derniers temps de leur vie dans les grands centres , espérant y trouver des secours plus efficaces contre leur maladie que dans leur village; une très grande 'partie des cancéreux que nous voyons opérer dans les hôpitaux de Paris viennent de la campagne.

L influence des saisons sur le développement et la mortalité du 'cancer est à peu près nulle. Si l’on faisait ici la statistique d’après une seule année, on tomberait, comme c’est le cas pour 1839, dans les notes de M. d’Espine, sur une plus forte mortalité pour une saison. C était 1 été pour cette année-là. Mais, en moyenne, les diffé- •rences sont insignifiantes. Plusieurs auteurs, et M. Tanchou entre autres, ont prétendu que le cancer devenait chaque année plus fréquent, et ils n ont pas manqué d’attribuer aux progrès de la civilisation cette progression dans la mortalité cancéreuse. Mais les documents sur lesquels on s’appuie pour prouver cette fréquence croissante sont trop défectueux pour décider cette question , et le fût-elle, il faudrait d abord voir si cet accroissement de la mortalité cancéreuse correspondrait à un accroissement équivalent de la mortalité générale. 11 est infiniment probable qu’ici on arriverait à un résultat négatif , et alors la mortalité, augmentée pour le cancer, ne prouverait qu une chose : c’est que le nombre des individus parvenus à 1 âge où rècjne le cancer est plus considérable. Dans l’état

iiisïoihK <;km';iui.e du uanckh.

actuol (le la science , il nous j)ai’aîL de toute iinpossiljilit(j de détertninei , avec les documents recueillis jusijue dans ces derniers temps, le chiffre précis de la mortalité cancéreuse en général, et par conséquent les chiffres comparatifs pour les diverses années.

Quant à l’intluence des climats, nous nous méfions tout naturellement autant des statistiques dressées dans des pays éloignés que de celles faites en Europe. Voici un résumé de l’état actuel de nos connaissances sur ce point , tel que nous le trouvons dans l’ouvrage de Walshe (1) ; C’est en Europe que le cancer paraît le plus fréquent; en Asie, il est beaucoup plus rare D’après la statistique de 1 hôpital de Calcutta, il n y avait, sur 4,080 hommes admis dans 1 espace de trois ans , que 3 individus affectés de cancer, et sur 701 femmes admises dans 1 espace de deux ans. 2 seulement, qui avaient un cancer siégeant à la matrice. Dans le même passage, il est dit que parmi les Indous la maladie était également fort rare! En Chine , au contraire , le cancer paraît beaucoup plus fréquent. Les habitants de l’Afrique en paraissent surtout exempts ; Clot-Bey insiste sur sa rareté en Égypte. D après Bax, la maladie est rare en Algéiie et au Sénégal. Il en est de même des parties tropicales de 1 Amérique du bud. Dans 1 Amérique du Nord, il paraît beaucoup plus rare qu en Europe. Nous ne donnons toutefois ces détails

qu’avec toute réserve.

L influence du moral sur la production du cancer a été admise par tous les auteurs qui ont écrit sur cette matière. Mais lorsqu’on cherche les observations et les faits sur lesquels ils basent cette assertion, on est étonné de n en point trouver, et de n’y trouver autre chose que des impressions. J ai recherché sur un très grand nombre d’individus 1 influence de cette cause, et j ai rencontré proportionnellement si peu de malades chez lesquels des chagrins vifs et profonds avaient précédé le développement du cancer, et j ai vu, d’un autre côté, un si grand nombre de malades chez lesquels il y avait absence totale de toute cause morale, que réellement je ne pense pas qu’on puisse attribuer aux chagrins une causalité bien démontrée ; on ne peut y voir qu’une simple coïncidence. Comment se fait-il, du reste, que le cancer se montre beaucoup plus fréquemment avant l’âge de dix ans qu’entre dix et vingt? Beaucoup plus rare a\ant l’âge de trente-cinq ans qu’après , il frappe surtout 1 âge de la vie où la sensibilité est émoussée, et, les chagrins par conséquent beaucoup moins profonds. Si les cha-

(I) Op. dt., p. 1.^9 à 162.

ETlULUtJlR DU CANCER.

grins étaient pour quelque chose, évidemment la jeune fille pubère et l’adolescent devraient plutôt avoir cette maladie que l’enfant au- . dessous de dix ans. Nous verrons plus loin que le cancer est frequent parmi nos animaux domestiques; et viendrait-il à l’idée de quelqu’un d’en attribuer la cause aux chagrins? S’il est vrai que le , cancer est plus rare parmi les Egyptiens et les Indous que parmi les . Chinois , ceux-ci auraient-ils le triste privilège d’avoir plus de cha- I grins? Que les romanciers, dans leurs œuvres d’imagination, fassent c mourir leurs héros et leurs héroïnes de maladies occasionnées par le ^ chagrin , rien de plus permis , surtout lorsque , comme aujourd’hui , i on s’occupe fort peu de décrire le monde réel. Mais en science, il ne s s’agit pas de faire des contes plus ou moins touchants , il est néces- ’saire, avant tout, de prouver ce que l’on avance. Or rien n’est ; moins prouvé que l’influence du chagrin sur le cancer, i Nous avons démontré que les causes extérieures , ainsi que la \ constitution et le tempérament, n’exerçaient pas une influence mar- ! quée sur la production du cancer. Nous pouvons en dire autant de I l’influence des maladies antérieures. Quant à l’opinion de l’école r physiologique qui envisageait le cancer comme une terminaison spéiciale de la phlegmasie , il n’y a rien de mieux établi aujourd’hui 'dans la science que l’inanité de cette hypothèse. Nous démontre- -rons dans la partie spéciale que jamais la gastrite, comme telle, me se transforme en une affection cancéreuse. Tous les observateurs qui se sont occupés de la pathologie utérine sont d’accord •pour nier la transformation de l’ulcération simple du col en ulcère • cancéreux. Il n est pas plus démontré qu’aucune autre affection morbide que 1 inflammation prédispose au cancer. Quant à la syphilis, fil est certain qu elle peut donner lieu à des erreurs de diagnostic, et jue des produits syphilitiques sont encore journellement confondus ivec le cancer. Il est possible qu’un individu qui a été longtemps atteint de syphilis constitutionnelle soit par cela même plus apte à 3tre par la suite atteint d’une affection cancéreuse. Mais si quelju un défendait la thèse contraire , on pourrait encore dire : C’est possible. Ce qui prouve que ce qui n est que possible doit être comflétement laissé de côté lorsqu’il s’agit de la réalité. Rien dans nos •echerches ne nous a prouvé que la syphilis fût la cause réelle et ncontestable du cancer. Pour ne citer qu’un exemple en faveur de lotre manière de voir , on sait que le cancer de l’utérus est proporionnellement beaucoup plus rare parmi les femmes publiques , qui •chappent rarement aux atteintes de la syphilis , (pie parmi les

mSTOIllK (JÉNEUALE 1;U CANCHH.

femmes plus réservées. Nous avons constaté cette même absence de causalité pour les scrofules. On trouve bien souvent chez les cancéreux d’anciens tubercules et quelquefois des tubercules récents. Mais comme les tubercules anciens se trouvent dans toute espèce d'autopsie, on ne peut rien en conclure. On a vu plus haut que nous n’admettons pas l’exclusion entre les tubercules récents et le cancermais l’observation clinique nous a démontré que le cancer dans ses progrès pouvait se compliquer de la phthisie pulmonaire , tandis que nous n’avons pas observé de phthisique chez lequel le cancer se soit développé. Nous envisageons ainsi cette question de l’exclusion sous un nouveau jour, qui mérite d’attirer l’attention des pathologistes.

Une autre question relative à l’étiologie du cancer, est celle de sa transmissibilité. Avant tout, on tombe ici sur la question de l’hérédité, admise avec raison par tous les auteurs , mais très exagérée par beaucoup d’entre eux. Voici ce que l’observation nous a appris à ce sujet. Nous avons recherché avec beaucoup de soins l’hérédité dans 102 cas , et nous avons pu la constater chez 14 de ces malades. Ulle a existé 2 fois sur 13 cas de cancers de l’utérus , 6 fois sur 40 de cancers du sein , 1 fois sur 7 de cancers du testicule , et 5 fois sur 42 de cancers de l’estomac. Nous arrivons donc à la proportion, aussi bien générale que pour les diverses localisations indiquées , d’un septième environ de transmissions héréditaires par rapport au nombre total des cancéreux. On pourrait ici faire à l’hérédité une objection qui ne manque pas d’être sérieuse. Le cancer est surtout fréquent au retour d’âge; or le moment le plus fréquent où les enfants viennent au monde , est pour les parents de dix à quinze ans antérieur ; de plus , les enfants qui portent en eux le germe d’une affection cancéreuse en venant au monde le gardent ainsi pendant trente à cinquante ans à l’état latent. Voilà donc une maladie qui, une fois développée , devient mortelle dans l’espace de peu d’années, mais qui, chez les parents, reste pendant dix à quinze ans et au delà à 1 état de prédisposition latente , et pendant trente à cinquante ans chez ceux qui proviennent de parents cancéreux. La question même n’est pas encore résolue de cette façon , ce chiffre fût-il plus général. Il ne suffit pas en effet de constater que parmi un nombre donné de cancéreux , un septième offre des antécédents cancéreux dans sa lamille ; il faudrait en même temps savoir si, en suivant le sort des familles, pendant une génération au moins , d un nombre donné de personnes atteintes de cancer, la proportion des descendants qui contractent la maladie est égale-

EnuLUÜlK DU CAiNCEK.

ment d'un septième, ou inférieure, ou supérieure. Cette (]uestion n’est pas aussi oiseuse qu’on pourrait le croire de prime abord. Une grande question de thérapeutique s’y rattache : celle du traiteiinent prophylactique. Supposons, par exemple, qu’il fût démontré que le séjour en Egypte ou dans les Indes préserve tout aussi bien ;iu développement du cancer qu’il est originairement rare dans ces 1 contrées, il serait de la saine thérapeutique d’envoyer dans ces pays (des personnes réellement menacées de cette cruelle maladie. Si au I contraire une personne ayant des antécédents cancéreux dans sa fa- : mille présentait elle-même peu de prédisposition à cette maladie , iun déplacement pareil serait une absurdité, et l’on reprocherait avec : raison au médecin d’avoir voulu prévenir un mal dont le développement n’était en aucune façon probable. On voit par cet exemple , combien les questions de statistique peuvent conduire à des applica- <tions directement pratiques.

i La transmissibilité par hérédité , ou plutôt l’existence du cancer ;dans deux ou plusieurs générations d’une même famille, n’a donc i point été recherchée en ligne descendante, tandis qu’en ligne ascenjldante nous la rencontrons dans un septième des cas environ. Mais ne se borne pas la question delà transmissibilité, et l’on a souvent idébattu celle de la transmissibilité directe par voie d’inoculation ou par l’injection de matière cancéreuse dans les veines des animaux. -Voici le résultat de toutes ces recherches.

D’abord, une preuve pratique de la non-transmissibilité par contact réside dans l’absence de tout exemple avéré d’un cancer coni tracté ainsi par les personnes qui soignaient et approchaient les ; malades atteints de cancer. Il n’est pas rare de voir de malheureuses : femmes, atteintes d’un cancer de la matrice, se livrer aux désirs de leur mari ou de leurs amants jusqu’à une période avancée de la maladie. Jamais un cancer de la verge ne s’en est suivi. On sait que ' Biett et Alibert ont essayé de s’inoculer le cancer, et sans résultat : aucun. J’ai pour ma part manié souvent des pièces cancéreuses pen- I dant des heures entières avec une écorchure au doigt, et certainement si le cancer était inoculable , je devrais en être atteint depuis longtemps. Le contact et l’inoculation ne peuvent donc pas transmettre cette maladie. L’absorption indirecte n’y influe pas davantage , et l’on sait que Dupuytren a nourri pendant longtemps des chiens avec du cancer sans qu’ils en aient été atteints; et pourtant le chien est très sujet au cancer. On a plusieurs fois injecté du suc cancéreux délayé avec de l’eau dans la veine jugulaire d’un chien ,

HlSTülUE (lENEKALE DU CANCER.

et avec des résultats bien divers. Langenbeck a réussi à produire ainsi des tumeurs cancéreuses secondaires. Vngel, Valentin, et déjà longtemps auparavant Dupuytren , sont arrivés à des résultats négatifs. Cependant la question ne me paraît en aucune façon jugée, et à coup sûr on n’a pas assez varié et multiplié les expériences. J’ai pour ma part constaté avec M. Follin un fait qui m’a vivement impressionné. Je ne veux en tirer encore aucune conclusion, mais je vais le rapporter tel que je l’ai consigné dans mes notes. Du cancer du sein, opéré par M. Velpeau à la Charité, a été injecté dans la veine jugulaire d’un chien de taille moyenne. La substance cancéreuse avait été préalablement broyée et délayée dans de l’eau. L’examen microscopique avait mis hors de doute l’existence de cellules cancéreuses dans le liquide. La masse injectée était d’environ 6*0 à 80 grammes. Au bout de quinze jours l’animal a succombé, et à l’autopsie nous avons constaté l’existence d’un certain nombre de tumeurs dans les parois du coeur , variant entre le volume d’un petit pois et celui d’un petit haricot, d’une dureté élastique, d’un blanc mat, infiltrées d’une petite quantité de suc cancéreux. Il y avait en outre des petites tumeurs du volume d’une tête d épingle dans le foie. Toutes montraient des cellules cancéreuses de 0"'"', 02, à l’état complet renfermant un noyau de 0«^, 0075 rond ou elliptique et muni d’un ou de deux nucléoles. Beaucoup de ces noyaux étaient libres ; d’autres étaient entourés d’une naroi lusiiorme.

Un seul fait en pareil cas ne prouve rien ; car, comme le cancer est fréquent chez le chien et qu’on ne sacrifie en général pour les expériences que les animaux sans prix, il se pourrait parfaitement que le chien eût été cancéreux auparavant, et nous soupçonnons quelque chose d analogue dans le résultat de l’expérience de Lan-

g'enbeck. Toutefois ce sujet mérite d’être repris avec la plus sérieuse attention.

Le cancer ne résultant point en général d’une maladie antérieure, ne se transmettant pas par le contact, y a-t-il d’autres causes extérieures et directes qui puissent le provoquer? Ici se présente tout naturellement la question des violences externes. La croyance est si généralement répandue, parmi les médecins et parmi le peuple, qu’un coup devient souvent le point de départ d’une affection cancéreuse, qu on est tout étonné de voir que dans les observations on s’en rapporte généralement sur ce point au simple dire du malade, qui, de son côté, a toujours, on le sait, une disposition à rattacher une maladie

RTIÜLUQIF DU f.AMlER. 137

- quelconque à une cause ext(^rieure. J’ai 'fait dans mes interrogatoires une attention toute spéciale à ce qui se rapporte aux violences extérieures comme cause du cancer, et je suis arrivé à ce résultat, que ce n’est que dans les maladies non cancéreuses confondues avec le cancer, dans celles de la mamelle surtout , que les coups ont eu une

f influence directe. Quant au vrai cancer j’ai bien souvent rencontré ; des malades qui me disaient que leur mal était la suite d un coup ;

■ mais en examinant de plus près, je n’ai point pu déterminer cette : causalité. Le coup ou la chute ont eu lieu bien longtemps avant le

■ premier développement du cancer ou au moment où celui-ci existait : déjà. Rien de plus commun, du reste, que ces violences extérieures,

. Et comme dans l’immense majorité des cas, d’après l’avis des pa- ' thologistes, aucune tumeur cancéreuse ne s’ensuit, on admet qu’une 1 violence externe ne peut provoquer le cancer et ne le localiser, pour i ainsi dire, que lorsque l’individu y est déjà prédisposé. Cela est posi sible et rationnel à admettre, mais pas suffisamment prouvé. Nous j ne nions pas cette cause d’une manière absolue, mais pour l’adr| mettre il faut que la science possède à ce sujet des matériaux bien 1 autrement sérieux que des doctrines basées sur l’assertion pure et i| simple des malades,

1 Si jusqu’à présent nous n’avons rencontré qu’obscurité et inceriititude dans l’étiologie du cancer, nous arrivons en dernier lieu à 'ideux points sur lesquels les documents sont heureusement plus poisitifs, l’influence du sexe et de l’âge. Il est incontestable aujouri. d’hui que le cancer est beaucoup plus fréquent chez la femme que

• chez l’homme, et l’on sait que le cancer de l’utérus et du sein, organes I le plus fréquemment atteints de cancer, sont les principaux éléments

• de cette prépondérance numérique.

- Voici la proportion à laquelle nous sommes arrivé dans 349 cas de véritables cancers dans lesquels le sexe a été noté : 131 hommes et 218 femmes, ce qui établit la proportion un peu au-dessous de

'2/5", à un peu au-dessus de 3/5", ou en proportion plus exacte, de ' 0,38 à 0,62, et l’on peut dire que le cancer est d’un tiers à la moitié plus fréquent chez la femme que chez l’homme. Le résultat auquel est arrivé M. d’Espine se rapproche tout à fait du nôtre. Sur 66 cas de mortalité moyenne à Genève, il y a 23 hommes et 43 femmes, ce qui fait la proportion de 0,35 à 0,65. On se perdrait évidemment dans les hypothèses si l’on voulait expliquer la raison de cette prédominance, et, avec tous les raisonnements possibles, on tournerait dans un cercle vicieux dont radmission d’une prédisposition plus

Hl-SiOlUt (iKNlCHAI,!': I»ll CANCKK.

grcinde serait le point de dc^j)Mrt et le résultat. Pour /nontrer comment quelques pathologistes expliquent facilement les faits d’étiolo^de, nous citerons le passage suivant du livre de M. Bruch (]). En parlant de la fréquence plus grande de la mortalité cancéreuse chez les femmes que chez les hommes , d’apres les tableaux de M. Tanchou M. Bruch s’exprime ainsi : Proportion que l’on peut à la vérité

» expliquer par la prédisposition énorme des organes sexuels, l’état >' social et la vie de famille en France; mais qui reste assez éton- ■> liante pour nous guider dans quelques cas , dans lesquels l’obser- •. vation ne nous éclaire pas sur la succession de tumeurs multiples. » fl est vraiment inconcevable de voir expliquer ainsi par l’état social et la vie de famille cette plus grande prédominance du cancer chez la femme en France. D abord, c est une inconvenance toute gratuite que de s’exprimer ainsi sur le compte d’un pays comme la France, et ensuite on n énonce pas une assertion aussi peu courtoise sans l’appuyer sur des preuves ; sans cela , l’argumentation scientifique devient libelle et pamphlet.

Nos relevés sur l’âge des cancéreux nous fournissent également des résultats a la fois positifs et intéressants , et se trouvent généralement d’accord avec les bons relevés que l’on a fait ailleurs. Seulement l’âge moyen général est un peu plus élevé à Genève que celui auquel nous sommes arrivé, ce qui tient en partie à ce que nous avons recherché avec un soin tout particulier les cas de cancer dans le jeune âge , dont l’étude a été ordinairement négligée ailleurs à cause des nombreuses erreurs de diagnostic commises à cette période de la vie où le praticien ne s’attend guère à rencontrer le cancer. Le cas le plus précoce que j’aie vu est celui d’un enfant de sept mois qui avait succombé à une affection cérébrale , et chez lequel j’ai rencontré à 1 autopsie un cancer des poumons qui en occupait presqu un lobe tout entier. J’ai toujours regretté de n’avoir pu observer de plus près un fœtus de quatre mois qui provenait d’une mère morte d une affection cancéreuse des plus générales. Il y avait dans la cavité péritonéale de ce fœtus une masse molle et grisâtre qui avait certainement de la ressemblance avec l’encéphaloïde. Malheureusement ce fœtus, présenté à la Société anatomique, et qui devait m’être remis pour un examen plus complet, a disparu sans que j’aie pu eu découvrir les traces. Sur 377 cas de cancer, dans lesquels l’âge a été Ici les proportions sont assez analogues à celles du cancer de l’utérus.

(l) Op. cil,, p. .469.

ETIOLOGIE DU CANCER.

. noté, 7 se trouvent jusqu’à l’âge de 5 ans, dont 4 de cancer de , l’eeil, 1 de cancer des (»s, 1 de cancer des reins et 1 de cancer des i poumons. Entre 5 et 10 ans, nous avons 6 cas dont également 4 de ■1 cancers de l’œil. De 10 à 15 ans, le cancer est rare : nous n’en no- •. tons que 2 cas ; de 15 à 20, il y en a 7 ; de 20 à 25, 5 ; de 25 à 30, ^ il commence à être plus fréquent ; de 30 à 40 , cette fréquence va ; en croissant, s’élevant au nombre de 60, et par conséquent de moitié » plus grande que la somme de tous les cas avant 40 ans. C’est de i 40 à 60 que nous rencontrons près de la moitié de la somme totale.

• De 60 à 70 la décroissance commence. Cependant la proportion est à plus forte qu’entre 30 et 40. Entre 70 et 80, la décroissance con- (I tinue , cependant la maladie y est encore plus fréquente que pen- ( dant l’enfance.

1 II y a, du reste, des différences assez notables pour la répartition

< selon l’âge, selon les divers organes, ce qui influe naturellement sur l’âge moyen que nous avons vu varier entre 32 et 64 ans. Le

1 cancer de l’œil est celui qui offre l’âge moyen le moins élevé , celui ( de 32 ans. Aussi, sur 22 cas, en rencontrons-nous 8 avant l’âge de ; 10 ans ; pas un seul ensuite entre 10 et 25, et les autres cas, à une >; exception près, jusqu’à 60 ans. Le cancer du testicule offre l’âge /moyen de 35,12. Mais ici, le mal ne commence que lorsque l’origane a atteint son complet développement; près d’un quart des cas :se trouve déjà entre 15 et 30 ans; le maximum, plus de la moitié, ^ entre 30 et 40, et la décroissance entre 40* et 55. En troisième ligne ( vient le système osseux pour lequel l’âge moyen est de 39,50 ; sur •:32 cas, nous en rencontrons 3 de 1 à 15 ans, et ensuite une distri- « bution presque égale de 5 en 5 ans jusqu’à la vieillesse ; et c’est ^ sans contredit le cancer le plus également réparti sur les divers

< âges de la vie. Le cancer du cerveau a pour âge moyen 44,04 ; aussi , quoique à un moindre degré que pour le précédent, la distribution est plus égale entre l’enfance, l’âge de la force et la vieillesse que pour les autres localisations. Vient ensuite le cancer de l’utérus, dont l’âge moyen est de 44,12. Mais ici la répartition n’est plus égale. Absence de la maladie dans nos observations avant l’âge de 25 ans ; un cinquième seulement entre 25 et 35 ; fréquence prédominante, la bonne moitié des cas, entre 35 et 50, et répartition égale des cas, pas tout a fait un tiers, après l’âge de 50 ans. Nous trouvons pour le cancer de la langue l’âge moyen de 47,14, et nos observations ne sont pas assez nombreuses pour en tirer des conséquences générales. Le cancer du sein nous montre l’âge moyen de 50 ans.

lUSTUIUh: CENÉIULE DU CA,\CEH.

Nous II avons, dans nos notes , qu’un seul cas jusqu’à 30 et 4 entre 30 et 35, mais ensuite une augmentation graduelle entre 35 et 55 les deux tiers du nombre total, et pr^s d’un quart dans la vieillesse proprement dite, passé 55 ans. Lage moyen pour le cancer des glandes lymphatiques est de 50,45 ; celui des voies respiratoires de 52,33; celui du péritoine de 53,28. Mais pour ces trois localisations les chiffres sont trop peu considérables pour en tirer des déductions. Nous avons obtenu l’âge moyen de 54,59 pour le cancer de 1 estomac que nous n’avons commencé à observer qu’entre 30 et 45 ans, mais ensuite assez uniformément réparti avec une plus grande fréquence, cependant, entre 50 et 60, époque qui répond au tiers du nombre total. Vient ensuite le cancer de la vessie avec 55,33. Celui des intestins avec 55,50 est assez uniformément répandu sur la seconde moitié de la vie, avec prédominance de fréquence pendant la vieillesse. Nous avons pour le cancer de la glande thyroïde 57,33; pour celui de la peau le chiffre de 57,44pour celui du foie 57,50; pour les reins 59,00; pour l’œsophage 60,00 ; pour le cancer de l’arrière-bouche 64,00. Voici le tableau de 1 âge moyen selon les diverses localisations :

Cancer du péritoine 53,28

— de l’estomac , .... 54,59

— de la vessie 55,33

— des intestins 55,50

— de la glande thyroïde. 57,33

• — de la peau 57,44

— du foie 57^50

— des reins 59,00

— de l’œsophage 60,00

— de l’arrière-bouche. . 64,00

L âge moyen qui résulte de tous ces chiffres, pour l’ensemble, est de 50,98, ainsi de près de 51 ans.

Voici à présent le tableau général de la répartition des diverses localisations cancéreuses sur tous les âges de la vie :

meer ae 1 œil 32,00

— du testicule 35,12

— du système osseux. . 39,50

— du cerveau 44,04

— de l’utérus 44,12

— de la langue 47,1 4

“ du sein 5o,’oO

— des glandes lymphati-

ques 50,45

— des voies respiratoires. 52,33

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