PRONOSTIC DU CANCER
les plus essentiels pour le diagnostic général du cancer. En décrivant cette maladie dans les divers organes, nous aurons souvent occasion d’insister sur le diagnostic spécial. Nous espérons cependant avoir déjà donné dans ce paragraphe une nouvelle preuve que le cancer est une maladie spéciale , différente de toutes les autres , et qu’on parvient à bien le reconnaître et à l’apprécier dans sa nature intime lorsqu’on tient compte de tous ses caractères anatomiques , microscopiques et cliniques, en suivant, en un mot , la méthode naturelle, et en évitant de donner une valeur trop absolue à un seul de ses caractères.
^ VI. Pronostic du cancer.
Nous n’avons malheureusement que fort peu de choses à dire sur ce pronostic en général. 11 résulte de tout ce que nous avons dit jus-
Îqu’ici que le cancer est de toutes les maladies chroniques la plus constamment et la plus absolument incurable. Aussi ne peut-on ad- Jl mettre que des différences dans le temps que mettront à s’accomplir la I progression et la fin de la maladie. Il y a deux circonstances surtout qui modifient le pronostic ; l’une est le siège et la fonction de l’orjîgane primitivement affecté ; l’autre, la tendance plus ou moins pro- |iBioncée à la généralisation. C’est ainsi que le pronostic, par rapport |à la durée , est plus favorable pour le cancer externe que pour celui Ides organes intérieurs. Dans ce dernier, il faut tenir compte de l’im- .^portance des fonctions que remplissent les organes atteints. Il n’est I pas étonnant que le cancer du pylore et celui du foie tuent plus promp- Itement que celui de l’utérus, dont la marche serait plus lente encore, Isi la terminaison fatale n’était pas hâtée par les hémorrhagies. Le îcancer de la peau n’a pas, comme mal local, une bien haute gravité ; ornais sa marche est rapide, surtout lorsqu’il est mélanique, parce l|u alors il tend à l’infection générale. Il faut tenir compte aussi, dans sle pronostic, de la marche initiale. Il est rare qu’un cancer qui, d’em- Iblée , affecte une marche rapide , ne parcoure pas plus promptement I toutes ses phases qu’un cancer à marche primitivement lente ; la durée |Ie la stricte localisation est certainement l’élément essentiel sur lequel iie fonde le pronostic favorable ou défavorable. Cependant il ne faut f Das perdre de vue le fait qu’après une marche lente de une ou de pluî neurs années, celle-ci peut devenir beaucoup plus prompte et beaucoup î )lus fâcheuse. Sous ce rapport, la période infectante est la plus niau- •w-aise, tandis que les périodes de localisation et d’accroissement peu-
HlSTOlUli liÉNÉliALE DU CANCKR.
vent du moins laisser l’espoir de voir la vie se prolonger pendant quelques années. Pour une appréciation spéciale approximativement exacte, il faut se rappeler ici les chiffres de la durée moyenne que nous avons indiqués plus haut pour les divers organes. L’âge n’a pas une aussi grande influence sur le pronostic qu’on le croit généralement. Nous avons vu très souvent des cancers, dans un âge avancé, parcourir très promptement toutes les phases de leur développement 5 et parmi les cancers à marche très lente, nous en avons observé un certain nombre dont l’origine remontait précisément à l’époque de la cessation des règles , circonstance qui est généralement regardée comme très fâcheuse. Mais cela tient plutôt à la coïncidence de cette époque de la vie avec l’âge de la plus grande fréquence du cancer, et, par conséquent, avec sa plus grande mortalité ; cependant, comme la proportion est la même à peu près pour les hommes que pour les femmes, 1 âge critique de la femme n’a pas cette importance directe qu’on lui assigne généralement. Le cancer n’offre pas une marche plus lente dans l’enfance que chez l’adulte, et ici encore il faut tenir compte plutôt de l’organe atteint que de l’âge. C’est ainsi que le cancer osseux dans le jeune âge a une marche plus rapide que le cancer de l’œil , et que de deux jeunes femmes, l’une et l’autre encore éloignées de l’âge critique, celle qui aura un cancer de l’utérus succombera, en thèse générale , plus promptement que celle chez laquelle le cancer se sera localisé dans la glande mammaire.
Il y a des accidents qui rendent le pronostic plus fâcheux. C’est ainsi que des hémorrhagies abondantes abrègent les jours du malade. La perforation dans la cavité abdominale amène une mort prompte. Les symptômes de l’étranglement interne dans le cancer des intestins ne peuvent laisser qu’un répit de peu de jours, mais entraînent également la terminaison fatale, à moins qu’on ne tente comme dernière chance la colotomie.
En un mot, tout ce que nous avons dit plus haut sur la marche et la terminaison du cancer s’applique intégralement au pronostic , et nous tomberions dans des répétitions inutiles si nous nous étendions plus longuement sur ce pronostic général.
TKAITEMEM DU CANCER.