‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 41 sur 113 · CANCER DES OVAIRES · texte numérisé non relu

CANCER DES OVAIRES

Nous passerons beaucoup plus rapidement sur la description du 1 cancer des ovaires que sur celle du carcinome utérin , vu sa rareté ** beaucoup plus grande et son importance pratique bien inférieure. Ce cancer est facile a confondre avec les transformations kysteuses de cet organe, et la thérapeutique serait même impuissante ou à

CANCKU I)KS 0|U;ANKS DK I.A CKNIiKATlON.

peu pit\s, si l’on pfuvemiit à un diagnostic aussi sûr pour cotte aliection (|ue pour le cancer de la matrice.

1“ Analoinie pailiologique.

Nous avons ici principalement en vue le cancer primitif de l’ovaire car les di^pôts secondaires dans cet organe sont le plus souvent peu considérables , et ne révèlent leur existence qu’à l’autopsie, où on les rencontre, d’ailleurs, dans des circonstances bien diverses. C'est surtout dans le cancer du péritoine que le mal se propage aux ovaires, tandis que c’est rarement le cas dans le carcinome utérin.

ün a bien souvent confondu avec le cancer des ovaires les diverses transformations des affections cystoïdes uniques ou multiloculaires des ovaires. C est ainsi que nous avons vu prendre pour cancéreuse l’hypertrophie molle, végétante et de nature fibro-plastique des parois de ces kystes , tandis que nous avons vu d’un autre côté confondre avec le cancer colloïde les cas pas très rares d'une affection kysteuse commençante où toutes les loges de l’ovaire sont élargies et montrent , tant dans les kystes que dans le tissu cancéreux de l’organe, un liquide épais et gélatinifonne. L’embarras, en pareil '■ cas, peut être grand, même pour l’anatomo-pathologiste con- ' sommé ; car la coïncidence du véritable cancer et des kystes multiloculaires n’est nullement rare , et l’on peut dire , en thèse générale; que si les kystes se rencontrent fréquemment sans le cancer, le can-^ cer primitif de l’ovaire, au contraire, est souvent compliqué d’un développement kysteux plus ou moins étendu. ;

Le volume des tumeurs cancéreuses de l’ovaire varie depuis celui d’un ceuf de poule ou du poing jusqu’à celui d’une tête d’adulte. Nous l’avons vu dépasser cette étendue tout en constituant une masse solide, quoique généralement l’énorme accroissement de volume soitdûj , à 1 accumulation des liquides dans un des kystes. On observe cette ' maladie tantôt dans l’un , tantôt dans les deux ovaires , et , dans ce' dernier cas, le mal est ordinairement très inégal des deux côtés. Le tissu cancéreux se trouve sous formé d’infiltration générale molle, d’un blanc jaunâtre, ou d’un jaune rosé, dans toute l’étendue de l’organe, : ou il infiltre les parois d’un kyste volumineux, ou enfin il occupe des petits kystes dans leur totalité. L’abondance du suc cancéreux, d'un blanc jaunâtre trouble et lactescent, est un des meilleurs caractères pour établir le diagnostic, et le microscope fait disparaître jusqu’au dernier doute, en montrant la présence de la cellule cancéreuse. Les dépôts peuvent être discrets ou confluents. Nous avons rencontré 2 fois

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lies t’t)rines bien bizarres de tumeurs de ce genre, dans 2 cas ol)servés en cüinnmn avec M. Ch. Robin, cas danslesquels nous avons injecb; les artères et les veines de ces organes et des tissus accidentels. Nous dirons , en passant , que nous avons aussi bien constaté la présence des artères que des veines et des nombreux réseaux capillaires dans les deux pièces. La première occupait, presque en totalité, la cavité abdominale, et avait 0“,32de longueur sur 0“, 175 delargeur, et0"‘,16 d épaisseur : elle pesait 10 livres ; sa surface était arrondie et bosselée. Outre l’enveloppe fibreuse très épaissie, on distinguait sur une grande partie de 1 étendue, dans la partie périphérique, un tissu comme caverneux formé de vaisseaux et de cloisons fibreuses, et en partie rempli d épanchements sanguins ou de matières d’injection. Dans d autres points de la surface, il y avait des tumeurs molles, arrondies, bosselées, entièrement encéphaloïdes ; toute la portion centrale, enfin, occupant environ ses 2/3, ne renfermait point de vaisseaux, et offrait une teinte jaune pâle , une consistance élastique , et était dépourvue de vaisseaux sanguins, et composée d’un feutrage dense, de cloisons fibreuses remplies d’une substance demi-transparente, homogène, d un jaune d’ocre par places, qui se laissait rompre facilement sans se réduire en pulpe. Il nous a été impossible de décider s il s agissait d’un caillot transformé ou d’une substance fibroïde dépourvue de tout élément cellulaire. Le lecteur pencherait peut-être plus que nous pour la nature fibrineuse de ce tissu ; si cependant un jour nous avons occasion de publier en détail la description de ce tissu que nous avons faite d’une manière très complète, nous montrerons combien nos doutes à cet égard sont légitimes. Du reste cette tumeur, comme la suivante, a été très bien figurée par M. Lac-

erbauer et se trouvera, par la suite, dans l’atlas de mon iconographie pathologique. °

La seconde tumeur que nous mentionnerons ici n était pas moins curieuse : les deux ligaments larges étaient cancéreux , ainsi que le vagin et le cancer de l’ovaire gauche n'occupait que la surface iiderne e cet organe; il avait principalement son siège dons la trompe La

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de la rf m “évrisme; le tissu même de la tumeur

ijpe offiait un aspect chevelu, de couleur rouge de chair et étal composé d écheveaux de vaisseaux artériels et veineux entourés de matière cancéreuse ; les autres tumeurs avaient un aspect plus franchement encéphaloïde, [I„ des caractères capables d'établir

CANCKIl DKS OHOANIÎS DE LA LÉNKUATIO.N.

sans répliqua la nature carcinoinateuso do ces tumeurs ovariques , est la coexistence de tumeurs semblables que nous avons rencontrées, soit clans les ligaments larges, soit dans le vagin et le pourtour de l’utérus en général, soit dans le foie ou d'autres organes plus éloignés. Dans une de nos autopsies, une tumeur cancéreuse considérable entourait le pancréas.

Le nombre des cas observés par nous est malheureusement trop restreint pour permettre de déterminer les altérations secondaires non cancéreuses. La plus constante est l’inültration séreuse des membres inférieurs, consécutive à la compression exercée sur leurs vaisseaux. A cette infiltration correspondait ordinairement une certaine abondance de sérosité dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. Nous avons observé une fois une affection tuberculeuse récente des poumons, des granulations grises et jaunes, des tubercules crus et ramollis, et des cavernes. Chez la même malade , il y avait des ulcérations dans l’intestin grêle; chez une autre, la membrane muqueuse de l’intestin grêle et du côlon était ramollie; une fois, enfin, nous avons trouvé un kyste hydatifère ancien dans le foie.

2" Pathologie.

Le cancer de l’ovaire survient ordinairement chez les femmes qui ont passé l’âge de cinquante ans ; cependant il a été observé avant quarante ans. Le début a ordinairement lieu au milieu d’un état de santé satisfaisant, lorsque le cancer débute d’emblée comme tel. Lorsque, au contraire, le cancer survient dans le courant d’une affection kysteuse de l’ovaire, les symptômes de celle-ci précèdent ceux du cancer, mais le plus souvent les deux affections se développent à la fois dans ces cas. Le premier sjunptôme qui attire l’attention du malade et du médecin est le développement d’une tumeur dans la région hypogastrique. On a prétendu que le cancer des ovaires débutait toujours sur un des côtés, et non dans le milieu du ventre. C est possible; mais au moment où l’on s’en aperçoit, la tumeur occupe aussi bien le milieu de la région abdominale inférieure que l’un des côtés , d’où elle s’étend alors plus ou moins loin , en grandissant assez rapidement. Lorsqu’on palpe l’abdomen, on lui reconnaît une surface inégale , molle , lobulée , rénitente , offrant à la percussion un son mat. On ne sent de la fluctuation, dans le voisinage des masses plus compactes , que lorsque la complication avec l’hydropisie enkystée a atteint un certain degré. Contrairement a ce qu’on observe dans les kystes simples , les malades commencent

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