‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 42 sur 113 · CANCER DES OVAIRES · texte numérisé non relu

CANCER DES OVAIRES

(ie honn»^ heure à souffrir; des douleurs sourdes et continues s’étabiissent dans la région occupée par la tumeur, et des accès de douleurs I plus vives et plus aiguës surviennent à des distances plus ou moins

? rapprochées. Les malades sont dans un état de malaise continuel.

Malgré les douleurs spontanées, sourdes ou aiguës, ni la pression ni la percussion ne provoquent de sensations désagréables.

, Peu de temps après que la présence des tumeurs a été aperçue, t au bout de 4 a 6 mois , 1 état général de la santé commence à s’al- •. térer, l’embonpoint diminue, les forces se perdent, le visage pâlit et exprime le malaise ou la souffrance. A mesure que le mal local fait i des progrès, 1 altération générale devient plus profonde ; en même 1 temps le ventre prend des dimensions considérables ; les intestins , :: et peu à peu presque tout le tube digestif, sont refoulés dans le fond

et la partie supérieure de la cavité abdominale. C’est alors que l’ap- 1 pétit diminue, que la digestion est accompagnée d’un sentiment de - plénitude et de gonflement ; les garde-robes sont irrégulières, et vers la fin il survient le plus souvent de la diarrhée, symptôme secondaire si fréquent dans toutes les affections intérieures organiques 1 graves. La tumeur exerce bientôt aussi une pression sur la vessie ;

^ des envies fréquentes d’uriner , une émission difficile et quelquefois I involontaire en sont la conséquence. L’utérus, malgré son proche ; voisinage, ne donne lieu à aucun symptôme, pas même au catarrhe et à l’écoulement blanc.

Les vaisseaux iliaques éprouvent bientôt, à leur tour, l’effet de la compression , ainsi que les grands vaisseaux abdominaux. Aussi voit-on survenir successivement une infiltration séreuse'des membres inférieurs et un épanchement dans la cavité abdominale. Dans celle-ci surviennent en même temps les signes d’une péritonite partielle, passagère le plus souvent, et de peu d’intensité. Les veines se de.ssinent sur les parois abdominales, à mesure que la gêne circulatoire devient plus prononcée ; le mouvement fébrile manque le plus souvent ; le pouls n’est que légèrement accéléré, dépassant rarement 88 pulsations par minute. La langue reste nette jusque vers la fin, époque à laquelle elle se couvre d'un enduit blanchâtre. Les souffrances vont en augmentant jusqu’à la fin , dans les cas surtout où ydropisie ovarique complique l’affection cancéreuse ; car, outre les douleurs, les malades éprouvent toutes les sensations pénibles d’une forte distension de l’abdomen. Aussi est-on obligé quelquefois de pratiquer des ponctions réitérées, malgré le soulagement extrêmement passager qu’amène alors cette opération.

CANCER DES OUCANES DE LA GÉNÉRATION

La marche de la maladie est rapide, surtout si on la compare avec celle de l’hydropisie enkystée Idiopathique. Les malades succombent dans l’espace de 10 à 12 mois après le début de la maladie ; le maximum de durée que nous ayons noté a été de 20 mois. Nous ne possédons pas un nombre suffisant d’observations sur cette maladie , pour rendre compte des symptômes secondaires , tels que la pneumonie terminale , des oblitérations vasculaires, etc.

Le diagnostic de la maladie n’offre des difficultés que par rapport à l’hydropisie enkystée. Le doute n’existera pas lorsque des sym- . ptômes graves , des souffrances vives , une altération prompte et profonde de l’état général accompagnent une tumeur proportionnellement peu étendue et solide. Lorsque la tumeur est volumineuse , les caractères physiques du cancer sont masqués par l’étendue des kystes, mais lorsqu’on a pratiqué une ponction, on peut reconnaître s’il existe ou non des tumeurs bosselées et plus ou moins étendues. Lorsque ces signes physiques manquent tout à fait, la marche rapide, > les douleurs sourdes ou lancinantes , l’atteinte profonde de toute j l’économie, le changement du teint, l’amaigrissement et la perte des | forces , en un mot, les signes rationnels , éclaireront également le . diagnostic. Nous serions évidemment entraîné trop loin , si nous voulions ici discuter le diagnostic entre l’affection qui nous occupe et l’ascite, car on sait aujourd’hui que celui-ci n’est pas une maladie essentielle, mais une des terminaisons des maladies les plus diverses, telles que des affections du cœur, du foie ou des reins , etc. Les tu- ’ meurs fibreuses de l'utérus prennent quelquefois des dimensions considérables et peuvent ainsi simuler une affection organique de l’ovaire; cependant leur surface, ordinairement arrondie, leur con- i sistance solide , leur état indolore , l’absence de toute atteinte généraie de l’économie , écarteront dans ces cas le soupçon du cancer » ovarique. . ^

Le pronostic est naturellement mauvais ; on ne peut espérer une : marche plus lente que lorsque l’affection cancéreuse n’est pas coin- ; j pliquée de kystes , et dans le cas où les souffrances ne sont pas très ' | intenses et où les organes digestifs restent en bon état. La compli- ' ! cation avec une hydropisie enkystée , des souffrances vives , une , altération des fonctions digestives ou respiratoires , les signes de compression et de gêne circulatoire, font prévoir une marche plus promptement funeste.

Nous ne disserterons pas sur les causes de cette maladie, vu que

t:ANCEU DES OVAIKES.

1 nous IIP les connaissons pas , et que tout ce qu’on a dit sur ce sujet i se réduit plutôt à des suppositions qu’à de véritables causes rigouî reusement démontrées.

3° Traitement.

11 ne peut pas être question d’un traitement radical.

Nous savons fort bien que l’extirpation des ovaires (la laparotomie) a été non seulement proposée, mais même exécutée , dans des cas de ce genre. Une mort prompte a été la conséquence de ces tentatives téméraires. Comment pouvait-il en être autrement? L’extirpation d un ovaire cancéreux adhérant aux portions ambiantes du péritoine doit infailliblement entraîner une péritonite traumatique fort grave j de plus , nous savons que le cancer est généralement 1 expression d une maladie générale, et, en outre, le cancer des deux ovaires est aussi fréquent à peu près que celui d’un seul. Nous n’avons pas plus de confiance dans le traitement curatif par les moyens médicaux.

Le traitement palliatif est donc le seul qui doive être pris en considération. On appliquera ici les préceptes hygiéniques exposés à 1 occasion du cancer de l’utérus, une nourriture douce, le repos, des bains tièdes , 1 usage des opiacés , l’entretien de la liberté du ventre et la surveillance de l’émission normale des urines ; en un mot , le traitement des symptômes , voilà les seules indications a remplir. On pratiquera la ponction lorsqu’un kyste volumineux piovoquera des signes de gêne et de compression, et l’on y reviendra chaque fois que ces mêmes signes se seront reproduits avec une certaine intensité. On se gardera défaire une injection iodée dans le yste, moyen qui a quelquefois réussi dans les kystes simples, mais qui nous paraît pour le moins inutile lorsqu’il y a coexistence démontrée avec le cancer.

RÉSUME

lo Le cancer de l’ovaire est ordinairement de nature encéphaoïde ; il occupe tantôt l’un , tantôt les deux ovaires ; il se complique souvent d un développement kysteux assez considérable de l’ovaire.

est essentiel de ne pas confondre avec le cancer les diverses ransformations que l’on observe dans les parois des kystes ovariques anciens. Les tumeur.s encéphaloïdes sont isolées ou confluentes - on observe le cancer quelquefois dans la partie qui avoisine les troinpes et meme dans leur tissu. Des épanchements sanguins s’v rencon-

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