C.VNCKR DES ÜKDANES DE LA DÉNElUllON
prochable, que l’on est en droit d’appliquer l’épithète experienlia fallax, que lui a donnée le père de la médecine des impressions, Hippocrate. Pour que ces opinions pussent réellement passer à l’état de doctrine , il aurait fallu démontrer, avant tout, que sur un nombre donné de tumeurs du sein traitées par l’opération, la durée moyenne de l’existence a été plus longue et les souffrances moins vives que dans un nombre égal de cas où l’opération n’a point été pratiquée ; car tout le monde sait que des chirurgiens fort expérimentés , et à juste titre célèbres dans la science, sont arrivés à la fin de leur carrière à rejeter presque complètement l’opération du i cancer de la mamelle. M. Blandin aurait dû prouver, de plus, par une bonne statistique , que les cancers opérés de bonne heure mettaient les malades réellement à l’abri des récidives. M. Broca , qui est un des meilleurs élèves de M. Blandin, m’a dit plusieurs fois que pas un des malades opérés d’un cancer à l’Hôtel-Dieu par son illustre maître , qu’il a pu suivre pendant plusieurs années , n’a été exempt de récidive , et qu’en outre , plus d’un tiers des tumeurs ex- ' tirpées comme cancéreuses ne l’étaient en réalité point. Pour pouvoir affirmer, enfin, que le diagnostic, tant anatomique que clinique de ces tumeurs du sein , soit réellement entouré de si grandes difficultés , il aurait fallu comparer et analyser avec une minutieuse exactitude un grand nombre de faits de ce genre. Or c’est justement ce qu’aucun des académiciens qui ont pris part à cette discussion n’a fait , et nous voyons , une fois de plus , par ce court exposé , combien l’absence d’une méthode rigoureuse est regrettable lorsqu’il s’agit de déterminer les points les plus fondamentaux de la science. Cette absence de méthode est bien plus fâcheuse encore , lorsque des corps savants de premier renom en donnent ainsi l’exemple dans des discussions qui ont un grand retentissement.
RÉSU.MÉ. ^
1° 11 n’y a qu’un seul cancer du sein , et ses diverses formes ne sont que le résultat de la prédominance accidentelle de ses divers éléments. Celle du tissu fibreux donne lieu au squirrhe , celle des globules à l’encéphaloïde , et entre les deux il y a tous les degrés intermédiaires. L’infiltration granuleuse discrète ou confluente forme le cancer réticulaire ou les masses phymatoïdes. Le cancer colloïde est rare dans la mamelle. La matière mélanique ne s’est rencontrée que 3 .fois dans nos observations. La coloration xanthique a existé
'«.'JM-,,
UVrEKTRUl'UlK PARTIELLE DE LA GLANDE MAMiVlAlRE.
1 4 fois. A l’exception d’un cas de colloïde, nous constatons les 3/5” de squirrhe, 1/5® d’encéphaloide et 1/5® de formes intermédiaires.
2° Dans le squirrhe , une charpente fibreuse renferme dans ses . mailles un tissu mou, d’un gris jaunâtre, infiltré de suc cancéreux ;
, sa vascularité est fort inégale, on y rencontre souvent les granula- ( lions réticulées et le tissu phymatoïde. Lorsque, plus tard, il tend à ; adhérer aux tissus voisins et à ulcérer la surface, ce fait est surtout du a son extension et ne trouve sa principale cause ni dans l’inflami mation du squirrhe ni dans son rainollissement. Le cancer croît, il se I détériore par l’infiltration granuleuse et graisseuse et par des hé- I morrhagies internes , mais le ramollissement n’est en aucune façon 1 une des phases de son développement.
I 3° Nous avons rencontré le cancer ulcéré du sein dans la moitié de nos observations. G fois nous avons vu les conduits galactophores oblitérés et bien conservés au milieu du squirrhe, et 1 fois de nom- I breuses artères oblitérées étaient transformées en cordons durs et jaunâtres.
! 4^ Lorsque le squirrhe était infiltré de beaucoup de graisse, le suc
cancéreux était plus épais et plus grumeleux ; 1 fois nous l’avons vu comme coagulé. Dans les 4 cas où nous avons signalé la xanthose , elle accompagnait également une infiltration graisseuse abondante , sans qu’il existât tout autour des épanchements sanguins.
5° Le squirrhe n’atteint guère des dimensions considérables, quelquefois cependant son volume est celui des deux poings; d’autres fois il forme des plaques larges de 10 à 15 centimètres d’étendue.
6° L’encéphaloïde forme des tumeurs plus molles, d’un jaune rosé, plus vasculaires, renfermant quelquefois des épanchements sanguins; l’infiltration granuleuse y est plus rare. Nous avons observé dans le sein une forme de cancer médullaire dont le tissu avait la consistance et l’aspect de la substance du cerveau ; nous y avons vu , de plus, des kystes remplis d’un liquide transparent ou mêlé de sang épanché. Plusieurs lois nous y avons rencontré des ])oints suppurés , et 2 fois des concrétions ostéoïdes. Nous n’avons vu que 3 fois des lobules glandulaires primitifs comprimés et atrophiés au milieu de ce cancer. Ces tumeurs peuvent acquérir jusqu’au volume d’une tête d adulte. 11 n est pas rare de rencontrer dans la même tumeur du tissu s(juirrheux, encephaloïde et intermédiaire.
<0 L examen microscopique montre les cellules caractéristiijues lu cancer. On y voit , outre les cellules complètes , d’autres plus letites, et surtout des noyaux inconqdétement développés. Oïdinai-
CANCER DES ORGANES DE LA GENERATION
rement volumineuses et bien caractérisées, ces cellules le sont moins dans les cas d’infection rapide avec altération profonde de l'éconômie. Les cellules varient entre 0“™,02 et O'"”», 03 ; les cellules mères entre 0"’“, 04 et 0"“",06. Dans un colloïde, nous en avons trouvé qui avaient jusqu’à 0“'",2. Les noyaux ronds ou ovoïdes varient entre O""», 01 et 0""n,02; les noyaux incomplètement formés ont de Ouin.^004 à 0™“,006, et ressemblent par leur couleur terne à de grands nucléoles ; ceux-ci varient entre 0"">*,0025 et 0““‘,0Ü6 , et renferment quelquefois des nucléoles secondaires. Dans le tissu d’un jaune terne, les cellules et leurs noyaux sont infiltrés de granules ou de graisse confluente. Les fibres sont simples , ondulées ou fasciculaires, et mêlées de beaucoup de fibres élastiques ; les tissus musculaire et osseux sont altérés par une infiltration cancéreuse, qui use et comprime leurs éléments primitifs. L’ulcère cancéreux montre tous ces éléments , ainsi que des éléments altérés de sang et de pus, et beaucoup de vibrions.
8“ Le cancer très dur empêche le développement quantitatif, tandis que le cancer très mou gêne le développement qualitatif du suc cancéreux et de ses cellules.
9“ L’infection cancéreuse de toute l’économie a existé dans les 5/7" des cas, lorsque les malades avaient succombé au terme naturel de la maladie, et non aux suites immédiates de l’opération.
10” Abstraction faite de l’extension locale, les dépôts secondaires se sont surtout effectués dans le système osseux, le foie, les glandes lymphatiques , les voies respiratoires , les muscles et la peau du voisinage du cancer. Les cancers multiples des deux seins appartiennent à l’infection tardive. Ces cancers secondaires des os sont souvent multiples. Les os le plus fréquemment atteints sont le sternum, le fémur et les côtes ; les fractures cancéreuses s’observent dans ces circonstances. Les os peuvent devenir plus fragiles ou se ramollir sans dépôts cancéreux.
11“ L’infection des glandes lymphatiques de la région mammaire et axillaire appartient à l’infection précoce , celle des autres glandes à l’infection tardive. Il en est de même du foie et de la peau; dans les nerfs et les artères, le cancer n’atteint guère que le névrilème de la membrane externe. Nous n’avons vu qu’une fois dans ces cas un véritable cancer de la veine cave.
12" Parmi les lésions non cancéreuses , nous signalerons avant tout la pleurésie par continuité, et quelquefois la péritonite chez les malcules (jui succombent après l’opération. L’oedème d un des