‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 93 sur 113 · ET LES LÉSIONS · texte numérisé non relu

ET LES LÉSIONS

Nous regardons cette partie de notre travail comme de beaucoup la plus essentielle, car, en réalité, la statistique la mieux faite ne serait qu’un vain étalage de chiffres, si l’on n’avait pas toujours en vue le désir d’arriver, à l’aide des méthodes rigoureuses, à des généralités importantes, à la compréhension des phénomènes, à des doctrines en un mot. Pour le sujet qui nous occupe ici, ce n’est que d’une manière fort incomplète que les auteurs qui ont écrit sur cette matière ont traité ou plutôt effleuré cette question importante du groupement des symptômes et de leur corrélation avec les lésions. Le seul auteur qui ait tenté une classification dans ce sens est Abercrombie (1). Voici les divers groupes de symptômes qu’il indique : 1® Céphalalgie longtemps prolongée se terminant enfin par le coma ou par un épuisement graduel ; 2° céphalalgie , lésion des sens , de la parole ou des facultés intellectuelles ; 3“ céphalalgie avec affection des sens et convulsions ; 4° convulsions sans dérangement des sens, intelligence quelquefois affaiblie; S” symptômes cérébraux avec paralysie ; 6“ symptômes dominants ayant leur siège dans les organes digestifs ; T® vertiges et symptômes apoplectiques , attaques d’apoplexie faibles et passagères.

(l) Des maladies de l'cncèphalc et de la moelle épinière. Paris, t83o.

CANCtR ET TÜMEUUS NON CANCÉUEl’SES DU CERVEAU. 793

Tout en rendant pleinement hommage à l’idée philosophique qui a présidé à ce besoin de grouper les symptômes, nous verrons cependant bientôt combien cette classification est incomplète , et nous sommes de nouveau obligé de substituer ici le résultat de 1 observation et de nos propres analyses aux matériaux fort incomplets qui existent sur ce sujet dans la science.

Nous passerons d’abord en revue les cas dans lesquels il y a eu absence de symptômes, puis les tumeurs crâniennes dont le signe dominant est l’apparition d’une tumeur externe. Nous arriverons ensuite aux tumeurs intra-crâniennes , et ici nous aurons successivement deux directions à suivre. Dans la première , nous étudierons la corrélation qui existe entre le siège des tumeurs et les symptômes, passant ainsi en revue les tumeurs de la convexité du cerveau , celles des parties profondes des hémisphères , celles de la faux cérébrale , du cervelet, et la grande classe des tumeurs de la base. Nous parlerons ensuite des tumeurs qui , bien qu’uniques , ont été cependant compliquées d’une apoplexie ailleurs qu’autour de la tumeur, et où, par conséquent, la corrélation devient plus compliquée , ce qui est encore bien plus le cas dans une dernière catégorie dans laquelle nous parlerons des symptômes des tumeurs multiples du cerveau. Après avoir rattaché ainsi les altérations fonctionnelles au siège différentiel de la maladie , nous pouvons aborder le véritable groupement des symptômes, et pour montrer , dès à présent , combien ce groupement est plus compliqué que celui donné par Abercrombie , nous ferons observer que nous arrivons à 20 catégories différentes dégroupements symptomatologiques. Mais que le lecteur ne s’effraie pas , il verra bientôt que cette classification est faite de façon à être retenue facilement par la mémoire dans ses traits principaux. Nons terminerons , en dernier lieu, cette partie du travail , par la détermination de la fréquence relative de chacune des grandes altérations fonctionnelles dans les tumeurs cérébrales.

A. Absence de symptômes . — En faisant abstraction ici de celles de nos observations dans lesquelles une tumeur seule constituait la manifestation d’un produit accidentel, crânien ou intra-crânien, nous avons 4 de nos observations, à peine 1/20®, dans lesquelles il y a eu absence totale de symptômes, et voici quel était le siège des tumeurs dans ces cas : Impartie postérieure du ventricule latéral droit, tumeur du volume d’un œuf de poule en connexion avec le plexus choroïde 5 2® tumeur volumineuse à la partie antérieure de la faux cérébrale; 3* tumeur de la base du cerveau dans le voisinage de la

79-1 CANCBB ET TUMEUItS NON CANCÉBEdSES DES CENTBES NEBVEUX. troisième et Je la quatrième paire de nerfs ; 4" tumeurs multiples une du volume d’un po,s dans le corps strié gauche , une autre dù volume d une noisette dans le corps strié droit, et une autre petite également, dans le lobe postérieur droit, touchant le corps frangé Nous pourrions ajouter un cinquième cas que nous avons observé ces derniers temps, après que l'analyse de nos 90 observations avait été terminée, et qui, par conséquent , n’a pu entrer dans nos relevés. C est le cas d une femme morte d’une infection cancéreuse générale, et qui, scàns avoir présenté les moindres symptômes du côté du cerveau, nous fit constater à l’autopsie 7 tumeurs d’un petit volume dans les parties profondes des circonvolutions , l’une au cervelet et les autres au cerveau, ayant pris leur point de départ dans la piemere. L’absence de symptômes est d’autant plus remarquable dans

ce cas , que de petits foyers hémorrhagiques existaient autour de plusieurs de ces tumeurs.

B. Symptômes des tumeurs crâniennes et intra-crâniennes,

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