I. Tumears crâniennes
Nous avons ici deux catégories de groupement symptomatologique dont l’une comprend les cas où la tumeur constituait le principal symptôme de la maladie, les autres troubles fonctionnels n’existant , à peu près point; tandis que dans la seconde catégorie nous trouvons ces troubles représentés, quoique faiblement. Pour éviter toute confusion, nous dirons, dès à présent, que ces derniers cas , au nombre de 4, se retrouveront de nouveau dans d’autres groupes, 2 parmi celui des tumeurs multiples, 1 parmi les tumeurs de la convexité du cerveau, et 1 parmi celles de la partie profonde du cerveau. Il en sera de même des 4 cas d’abse^ice des symptômes cérébraux qui reparaîtront à l’occasion des diverses localisations. Il faut donc que le lecteur soit prévenu que ces 8 cas se retrouveront en double dans nos relevés, et qu’en ne les comptant, comme cela doit être lorsqu’il s’agit de chiffres , qu’une seule fois , le rapport rigoureux de tous nos divers tableaux synoptiques n’en est en aucune façon altéré.
Nous avons indiqué plus haut avec détail les signes physiques des tumeurs crâniennes. Qu’il nous suffise de nous borner ici à cette seule remarque , que si 4 fois sur 8 ils constituaient le seul ordre de symptômes, cela prouve bien évidemment que les tumeurs qui se fraient un passage en dehors du crâne troublent, par cela même, beaucoup moins les diverses fonctions de l’encéphale, et nous constatons
ce fait important, non seulement pour les tumeurs diplodtiques, mais même pour celles des méninges et du cerveau. Nous avons bien observé, il est vrai, dans l’autre moitié de ces 8 cas, de la céphalalgie, de légers troubles de la vue, une fois même l’hémiplégie , mais lors même que ces diverses fonctions étaient altérées , elles 1 étaient a un bien plus faible degré qu’on ne l’observe pour les produits accidentels intra-crâniens.
Nous mettons hors de ligne ici les accidents graves et promptement mortels qui ont succédé à des tentatives chirurgicales , car il ne s’agit plus alors de la marche naturelle. Il ressort de ces faits, une fois de plus, le précepte que la chirurgie en pareille circonstance doit s’abstenir de toute infraction opératoire.
U. Tumeurs Intra-crâniennes.
Nous ne pouvons pas prendre pour principe du groupement le siège histologique, méningien ou cérébral de ces tumeurs, car la symptomatologie n’en est que médiocrement influencée. Nous sommes plutôt obligé , pour ne pas introduire ici des divisions factices , de la confusion et des vues de l’esprit , de nous en tenir à la délimitation locale la plus étendue. L’étude des faits ne nous a démontré comme réellement pratique, que la différenciation suivante : tumeurs de la masse encéphalique supérieure et tumeurs de la base. Dans l’étude des premières, nous arriverons avant tout à celles de la convexité.
1“ Tumeurs de la partie convexe du cerveau. Dans près de 1/7* des cas, 13 fois en tout, les tumeurs avaient leur siège exclusif à la partie convexe de l’un ou de l'autre des deux hémisphères , la partie antérieure en était plus souvent le siège que les régions moyennes, postérieures et latérales. Voici les symptômes qui correspondent à cette localisation : 3 fois la motilité seule était atteinte ; 9 fois la sensibilité et la motilité; 1 fois la motilité et l’intelligence; 1 fois la sensibilité et les sens. Ici nous rencontrons de nouveau un cas où il y avait en même temps tumeur extérieure ; 1 fois c’étaient la sensibilité , les sens et la motilité, 3 fois la sensibilité , la motilité et l’intelligence , et 1 fois la sensibilité , la motilité et la digestion qui étaient troublées. Voilà donc les troubles fonctionnels déjà assez variés qui prouvent que même dans la partie du cerveau où les lésions sont le plus circonscrites et intéressent un bien moins grand nombre d organes qu’à la base , il y a également absence de tout groupement pathognomonique. Nous y chercherions vainement la
CANCER liT IL'MEURS NON CANCÉREUSES DES CENTRES NERVEUX.
physiologistes qui placent dans les ennsphères e sidge de la mémoire et qui leur attribuent une grande influence sur I intelligence ; car dans les 2/3 de nos cas nous trouvons celle-ci parfaitement intacte , malgré le siège des tumeurs sur la convexité des grands lobes , et nous pourrions ajouter encore deux .autres cas du même genre dans lesquels il y avait même absence complète de tout syinptôirie se rapportant au cerveau.
^ Les altérations du mouvement sont les plus fréquentes, nous dirions presque constantes, vu que sur 13 cas, elles n’ont manqué que 2tois. Abstraction faite des accès épileptiformes et convulsifs, c’est surtout 1 hémiplégie, et l’hémiplégie toujours croisée, qui est la règle générale, car elle a existé dans ces 11 cas, ce qui est réellement satisfaisant pour l’esprit. Il résulte, en effet, de l’ensemble des faits physiologiques et pathologiques sur l’action motrice croisée, qu’elle est la règle et que les exceptions apparentes, bien que quelquefois difficiles a expliquer, tiennent le plus souvent a la disposition particulière des fibres cérébrales , et 1 on peut regarder comme un fait ordinaire en
pathologie , que 1 altération de la fibre, à son origine dans les centres nerveux, se transmet sur son trajet jusqu’à sa terminaison périphérique. C est par cette raison que 1 entrecroisement des fibres produit un entrecroisement d’action pathologique , et que la direction rectiligne produit, au contraire, l’action morbide du même côté. Les altérations sensorielles en sont une preuve non douteuse. Une seule fois la paralysie d’abord croisée est survenue plus tard du même côté
que la tumeur; mais comme celle-ci était placée sur le bord interne et supérieur de l’hémisphère, elle a fini, par son accroissement successif, par exercer une pression latérale sur le lobe opposé, explication, du reste, donnée déjà d’une manière judicieuse, pour les cas de ce genre, par M. Cruveilhier. La motilité a été 3 fois la seule et la principale fonction gravement atteinte. Chez 3 autres malades , il y a eu en même temps trouble de la sensibilité, surtout céphalalgie, auquel est venue s’ajouter, dans 3 autres, l’altération de l’intelligence, et une quatrième fois l’intelligence avait souffert en même temps que le mouvement sans trouble sensitif. Nous sommes frappé de la rareté de symptômes du côté des fonctions sensorielles et digestives.
Nous restons donc dans les bornes d’une saine observation , en attribuant aux tumeurs de la convexité du cerveau, comme principal symptôme, l’altération lente et graduelle de la motilité, l’hémiplégie croisée pouvant s’accompagner de crampes, de convulsions partielles et quelquefois générales, signes auxquels se joignent dans la majorité
Cancer et tumeurs non cancéreuses du cerveau. 707
des cas des troubles de la sensibilité, surtout une céphalalgie vive et continue, générale, ou bornée au côté de la tumeur. L’altération de l’intelligence ne vient que sur le second plan (1/3 des cas).
Nous arrivons donc à un diagnostic sinon certain , au moins probable, car la seule maladie avec laquelle on pourrait confondre les tumeurs , en pareille circonstance , est le ramollissement. Or nous savons très bien que les fonctions intellectuelles souffrent de bonne heure, que la contracture y existe fréquemment, qu’en un mot son étude approfondie, dont nous n’avons pas à nous occuper ici, montre des différences importantes avec la symptomatologie que nous venons d’indiquer.
2“ Tumeurs siégeant dans les parties profondes du cerveau. Sur 10 cas de cette division, nous notons 1 fois l’absence de symptômes, 2 fois des troubles de la sensibilité seule ; 2 fois les troubles du mouvement et de l intelligence ; 1 fois ceux des sens et du mouvement; 1 fois ceux de la sensibilité , des sens et du mouvement; 2 fois ceux de la sensibilité, du mouvement et de l’intelligence; et 1 fois de la sensibilité, du mouvement et de la digestion. Quant au siège des tumeurs, dans ces divers cas, nous l’avons noté 2 fois dans le voisinage de la couche optique droite, 1 fois au-dessus de la valvule de Vieussens, 1 fois dans le ventricule latéral droit , et 1 fois dans le centre ovale à droite.
Si, au milieu de cette variété de manifestations pathologiques, nous cherchons les altérations fonctionnelles prédominantes , nous trouvons encore que celles de la motilité sont les plus fréquentes (7 fois sur 10) ; mais elles ne constituent plus le seul trouble, comme c était plusieurs fois le cas dans les tumeurs des portions convexes du^cerveau. Une céphalalgie vive était, chez 2 malades, le symptôme dominant et presque la seule manifestation , et dans 1 de ces cas , il y avait également tumeur externe. Nous retrouvons donc de nouveau l’exiguïté de troubles fonctionnels avec une tumeur externe. Nous constatons une autre différence avec les produits accidentels de la convexité : c’est la sensibilité moins fréquemment atteinte. Elle ne l’a été que dans la moitié des cas; l’intelligence par contre, l’a été dans une proportion un peu plus forte pour la con\exité, dans les 2/5®’. Les sens ne sont encore qu’exceptionnellement malades , 1 seule fois en tout. Il en est de même des fonctions digestives.
Voilà donc déjà quelques différences avec les tumeurs de la portion convexe du cerveau, La motilité constitue encore le symplômp
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dominant, mais elle est plus souvent groupée avec d’autres altérations; la sensibilité l’est dans une proportion un peu moins forte; 1 intelligence l’est davantage , et comme différenciation notable avec les tumeurs de la base, nous constatons de nouveau l’intégrité des sens. Nous ajouterons, par rapport au mode d’altération de la motilité , que nous rencontrons bien encore une prédominance de la paialysie cioisée, mais moins prononcée que pour la convexité. La paralysie croisée n a existé que 4 fois sur 7 pour les tumeurs profondes ; la 5® fois , 1 altération de la motilité consistait en une paralysie non croisée , et 2 fois en simples convulsions épileptiformes, sans paralysie,
3° Tumeurs du bord inferieur de la faux cérébrale. Nous ne possédons ici qu un trop petit nombre de faits pour en tirer des conclusions, Nous signalerons seulement les particularités suivantes : a, L absence de symptômes cérébraux dans un cas de tumeur volumineuse de ce genre, b. Une altération de la motilité seulement, une paraplégie complète précédée d’hémiplégie dans le second cas; et nous constatons ici un bel exemple de compression bilatérale dont la conséquence toute physiologique était la paralysie des deux membres inférieurs, c. Dans le troisième cas, la tumeur siégeait à la partie inférieure de la faux et comprimait surtout l’hémisphère gauche ; elle avait occasionné pendant la vie une céphalalgie vive , la cécité , 1 abolition de 1 intelligence , une paralysie incomplète générale, des accès convulsifs généraux; vers la fin l’incontinence des urines, 1 hébétude et un état comateux pendant les derniers jours.
Si nous tenions compte de ces deux derniers faits, nous verrions donc une tendance plutôt dans les tumeurs de la faux à produire une paralysie plus étendue et plus générale qu’une simple hémiplégie ; ce qui s’explique , du reste , parfaitement par leur position et la compression facilement bilatérale , et ici encore nous ne sortons pas des phénomènes physiologiques de l’entrecroisement.
Si nous jetons maintenant un coup d’œil sur les tumeurs de la masse encéphalique, la base et le cervelet exceptés , nous trouvons quelques signes d’une valeur générale. Avant tout, les troubles de la motilité sont les plus prononcés ; l’hémiplégie graduelle et croisée est la règle, on ne rencontre qu’exceptionnellement la paralysie non croisée, ou la paraplégie, ou la paralysie plus générale, si la tumeur est située plus profondément dans le cerveau ou sur le bord de la faux. Les troubles de la sensibilité viennent en seconde ligne pour la fréquence ; la céphalalgie est de beaucoup le syniptôme
le plus fréquent de ce genre. Les troubles de l’intelligence ne viennent qu’en troisième ligne. L’intelligence est d’autant plus fortement et fréquemment altérée , que les tumeurs sont plus profondément situées et compriment une plus grande masse de la substance médullaire du cerveau , tandis que les tumeurs qui proviennent des méninges, qui ne s’insinuent que lentement entre les circonvolutions ou qui ne compriment que peu à peu par plaques plus étendues une portion de la surface , ne paraissent point exercer une grande influence sur les facultés intellectuelles. L’altération des sens, enfin, constitue la rare exception dans cet ordre de faits et ne se rencontre que dans les cas où la tumeur siège vers l’inflexion antérieure des grands lobes, près de l’origine des premières paires de nerfs cérébraux , ou lorsque , situées profondément , les tumeurs compriment indirectement 1 origine de quelques nerfs à travers la masse encéphalique qui les en sépare. Les vomissements , enfin , ne constituent également qu’une rare exception.
4° Tumeurs du cervelet. Ces tumeurs tiennent le milieu, pour ainsi dire, dans toute leur symptomatologie, entre les tumeurs de la partie convexe du cerveau et celles de la base. Nous n’avons , en tout , observé que 5 cas où le cervelet seul était le siège d’une tumeur. Les symptômes étaient très variés ; la sensibilité seule était atteinte dans 1 cas , dans lequel une céphalalgie occipitale intense et continue constituait le symptôme dominant. Dans un second cas , la céphalalgie avait également son siège en arrière , mais elle revenait par accès violents, et elle était tantôt occipitale , tantôt occipitotemporale. Les forts accès s’accompagnaient de vomissements. Plus tard survint un affaiblissement notable de la vue. Dans un troisième cas, la céphalalgie était surtout frontale; elle devenait très intense par accès, et il y avait, en outre, de fréquentes convulsions. Dans un quatrième cas où la tumeur siégeait dans la tente du cervelet et comprimait ce dernier, la céphalalgie était générale ; il y avait cécité, stupeur et perte de la mémoire. Dans le cinquième^ cas, enfin , où la tumeur se trouvait dans le lobe gauche du cervelet \ nous trouvons comme seul symptôme une céphalalgie générale accompagnée de paraplégie.
La sensibilité était donc la fonction la plus constamment altérée ; a céphalalgie avait 2 fois son siège à la partie postérieure de la tete. Toutefois nous avons vu qu’il ne fallait pas trop généraliser ce lait, puisque nous avons également vu une céphalalgie frontale et 2 fois une céphalalgie générale. Par conséquent, une douleur
céphalique vive de la partie postérieure peut faire soupçonner une tumeur du cervelet; mais l’absence de ce signe ne permet pas de conclure qu’une tumeur, que d’autres symptômes font soupçonner, n’a pas son siège dans le cervelet. Les troubles de la motilité n’ont existé que 2 fois : 1 fois c’étaient des convulsions , et 1 autre fois une paraplégie, quoique le mal fût borné à un seul lobe du cervelet. Nous avons vu dernièrement une hémiplégie du même côté que la tumeur, dans un cas de tubercule volumineux du cervelet d’un seul lobe. Nous insistons sur ces faits pour démontrer qu’il peut y avoir des exceptions à la règle d’entrecroisement dans le cervelet aussi bien qu’ ailleurs, et que , de plus, les troubles de la motilité peuvent souvent manquer dans les maladies de cet organe. Les fonctions sensorielles ont été bien moins troublées dans les tumeurs du cervelet qu’elles ne le sont dans les tumeurs de la base ; 1 seule fois il y avait cécité etl fois amblyopie. L’intelligence et la digestion n’étaient troublées qu’une seule fois. Quanta l’altération des fonctions génitales et surtout à la surexcitation que l’on prétend avoir observée comme résultant d’une affection du cervelet, nous ne les avons point constatées. Du reste, l’action phj'-siologique du cervelet sur ces fonctions nous paraît un pur roman.
Nous arrivons à présent à la classe si nombreuse et si importante des tumeurs de la base du cerveau.
5*^ 2\imeurs de la base du cerveau. Les tumeurs de la base ont beaucoup de caractères communs , et nous aurons d’un côté ceux-ci à considérer, et d’un autre côté à examiner les diverses régions qu’occupent de préférence ces produits accidentels.
Quant aux caractères généraux et communs, c'est ici que nous trouvons la réunion la plus complète des divers groupes de symptômes assignés aux tumeurs encéphaliques en général. Nous trouvons, avant tout, une proportion de fréquence presque égale des lésions fonctionnelles de la sensibilité , de la motilité et des sens. Sur 35 cas que toute cette catégorie renferme , nous avons noté 27 fois les altérations des deux premières fonctions , et 26 fois des troubles sensoriels, ce qui prouve que, dans les trois quarts des cas environ , ces trois ordres de phénomènes morbides se trouvent combinés. Dans les deux cinquièmes des cas environ, 10 fois en tout, l’intelligence avait plus ou moins notablement souffert, et dans un peu plus d’un sixième les vomissements et les troubles digestifs étaient assez marqués (6 fois en tout). Le caractère distinctif fondamental de toute cette classe e t donc l’altération de l’innervation
des sens. Comme nous passerons en revue cet ensemble de faits dans quatre groupes différents, il est inutile d’insister davantage ici sur les particularités des symptômes de ces 35 cas pris en masse. Nous ferons seulement remarquer que le groupement et surtout la multi> plicité de ces troubles offrent plusieurs faits qui ne sont pas dénués d’intérêt. Chez 1 seul malade , les sens avec leurs troubles variés faisaient tous les frais de la symptomatologie, et 4 fois c’était le mouvement seul ; voilà donc 1/7* seulement de troubles fonctionnels uniques, et dans ceux-ci large prédominance de ceux de la motilité. Chez 9 malades nous rencontrons le groupement à deux, dont 8 fois la sensibilité et les sens, 3 fois les sens et le mouvement, et 1 fois la sensibilité et la digestion. Le nombre du groupement triple est un peu supérieur, 10 fois sur 35, dont 6 fois troubles de la sensibilité, des sens et du mouvement; 1 fois de la sensibilité, des sens et de 1 intelligence ; 2 fois de la sensibilité, de la motilité et de l’intelligence ; et 1 fois de la sensibilité, du mouvement et de la digestion. Le nombre va en croissant pour le groupement multiple, et nous trouvons 1 1 cas avec quatre lésions fonctionnelles ;'et ici nous voyons une prédominance de troubles de la sensibilité , des sens , du mouvement et de l’intelligence (7 fois en tout) ; tandis que chez 3 malades les troubles de l'intelligence étaient remplacés par ceux de la digestion ; et 1 dernier cas enfin présentait ceux de la sensibilité, de la motilité, de l’intelligence et de la digestion.
Reprenons en sous - ordre les tumeurs des diverses régions de la base. Nous distinguons avant tout plusieurs régions : 1“ celle tout à fait antérieure , dans les environs des premières paires cérébrales et de 1 apophyse crista-galli ; 2“ celle de la région pituitaire ; 3° le groupe le plus important des tumeurs de la région delà protubérance annulaire ; 4° enfin un quatrième groupe où le produit accidentel, par sa position et par son étendue, n’avait point un siège aussi nettement délimité ; aussi désignerons-nous ce groupe sous le nom de tumevrs de la base en général.
a. Tumeurs de la 'partie antérieure de la base. Nous en avons observé 6 cas, dans lesquels les troubles sensitifs et sensoriels prédominaient, tandis que ceux du mouvement et de l’intelligence étaient tout' à fait sur le second plan. Voici , du reste , une courte esquisse de ces faits : 1“ Un malade porte une tumeur qui est située à cbeval, pour ainsi dire, sur l’apopbyse crista-galli, et qui a détruit complètement les bandelettes olfactives ; les nerfs optiques avaient été fortement comprimés. Pour tout symptôme , le malade avait présenté
802 CANCER ET TUMEURS NON CANCÉREUSES DES CENTRES NERVEUX, pendant la vie une abolition à peu près complète de la vue et de l’olfaction. 2» Céphalalgie intense par accès, sourde dans l’intervalle et assez générale ; affaiblissement graduel de la vue. L'autopsie montra une tumeur à la base de l’hémisphère droit , avec ramollissement circonvoisin et racornissement des deux nerfs optiques au delà du chiasma. 3“ Altération en tout semblable, et ayant pour siège la base de l’hémisphère gauche chez un malade qui présente pendant la vie une céphalalgie frontale et une cécité complète ; la mort a lieu d’une manière subite par une attaque d’apoplexie. 4o Céphalalgie sous-orbitaire , paralysie faciale du côté gauche , troubles de la vue, réponses incohérentes , puis paralysie incomplète du côté gauche, et , pendant les derniers temps , paralysie du rectum et de la vessie. L autopsie révèle une tumeur de la base , comprimant de bas en haut le lobe antérieur droit , et latéralement les deux nerfs optiques ; elle est entourée d’une zone peu étendue de ramollissement. 5° Une tumeur de la base du crâne se fait jour à travers l’os ethmoïdal jusque dans les fosses nasales ; elle avait donné lieu pendant la vie a une céphalalgie générale, à une amaurose progressive, à 1 hébétude et à un engourdissement des membres, qui n’est cependant point allé jusqu’à la paralysie. 6° Dans le dernier cas enfin de ce groupe, le malade éprouve une céphalalgie frontale, des étourdissements fréquents, des bourdonnements d’oreille ;la vue s’abolit peu à peu , l’intelligence et la mémoire s’affaiblissent de jour en jour, des attaques épileptiformes deviennent de plus en plus fréquentes , le malade meurt dans le coma. Une tumeur volumineuse se trouve à la base ; elle repose sur la lame criblée et le plancher de l’orbite ; les lobes correspondants du cerveau offrent un ramollissement superficiel; les nerfs optiques et les bandelettes olfactives sont comprimés et altérés dans leur structure.
Peut-on , avec ces éléments , diagnostiquer, le cas échéant , une tumeur de la partie antérieure de la base du cerveau? Bien que ce diagnostic ne puisse avoir pour lui que la probabilité , nous avons cependant pour l’établir plusieurs éléments. Avant tout, il faut tenir compte de la combinaison des troubles de la sensibilité et des sens ; les premiers sont fréquents également dans les tumeurs des parties centrales ou convexes des hémisphères ; mais dans ceux -ci les sens restent à peu près intègres. Le mouvement , au contraire , est proportionnellement bien plus souvent altéré dans les tumeurs de la convexité ou du centre. Ici, en effet, nous ne rencontrons sur 6 cas qu’une seule fois une hémiplégie croisée, et 1 fois des accès épilepti-
formes. Nous constatons de plus l’absence de la paralysie de la paupière supérieure accompagnée de strabisme, que nous verrons apparaître dès que le siège de la tumeur se rapproche davantage du rocher, et que la troisième paire est comprimée ou dans sa totalité, ou dans sa branche supérieure surtout. Quant aux troubles de l’intelligence notés deux fois, ils n’ont généralement aucune valeur pathognomonique pour les tumeurs de la base.
b. Tumeurs de la région pituitaire, En comprenant dans ce groupe toutes celles qui ont leur siège sur la selle turcique , dans la tige pituitaire, dans la glande pituitaire elle -même ou sur les côtés delà selle, nous arrivons au’nombredeT, c’est-à-dire, 1/5® du nombre total. La sensibilité est le plus souvent altérée, 6 fois sur 7 ; il en est de même des sens. La motilité ne l’est que 3 fois, la digestion dans la même proportion, et l’intelligence enfin n’est notablement troublée qu une seule fois. Quant au groupement, le plus fréquent, de beaucoup , est celui des troubles sensitifs et sensoriels. Voici quelques détails sur ces cas : 1° Cécité , troubles de l’olfaction, céphalalgie frontale , somnolence , méningite terminale. Tumeur constituée par l’épanouissement de la tige pituitaire , compression des nerfs olfactifs et de la commissure des nerfs optiques. 2° Douleurs dans le coté droit du corps, paralysie de la paupière supérieure droite , immobilité de cet œil qui est strabique en dehors et offre une pupille dilatée; la tumeur siégeant sur la selle turcique a comprimé la troisième paire à droite. 3° Deux petites tumeurs anévrismales existent sur les côtés de la selle turcique; la malade avait eu, pendant la vie, une céphalalgie habituelle, des étourdissements fréquents et des troubles assez notables de la vue. 4“ Une autre malade éprouve de la céphalalgie sous-orbitaire ; elle a de fréquents vomissements ; elle meurt dans le coma. On trouve une tumeur sur la selle turcique. 6® Céphalalgie, strabisme droit, cécité, surexcitation de l’ouïe, convulsions ; tumeurs sur la selle turcique comprimant les nerfs optiques et la troisième paire du côté droit. 6“ Céphalalgie , confusion dans les idées sans que 1 intelligence soit cej)endant notablement troublée, nausées, douleurs de tête dans le fond de l’orbite allant en croissant; ophthalmie double, engourdissement de la main gauche, délire suivi de coma pendant les derniers jours. La tumeur occupe la région de la glande pituitaire. 7® Un malade présente une insouciance extrême , et l’intelligence s’altère; il devient aveugle, il a de fréquents vomissements ; il se plaint d’une pesanteur frontale habituelle; il présente d’abord une immobilité et ensuite une roideur
C/VNCER ET T[JMF.l;US NON (’ANCÉHEUSKS