‹ Traité pratique des maladies cancéreusesChapitre 25 sur 77 · IX. Tube digestif · texte numérisé non relu

IX. Tube digestif

11 est si fréquent de rencontrer l’estomac et les intestins dans un état d’inflammation chronique chez les individus atteints de cancer de l’utérus, qu’on ne saurait assez fixer l’attention des pathologistes sur ce point ; car ces altérations doivent être prises en considération sérieuse dans le traitement.

a. La partie postérieure de la bouche et le pharynx sont quelquefois, à la fin de la maladie, le siège d’une exsudation pultacée qui, on le sait , survient à la fin de beaucoup de maladies chroniques. Nous avons rencontré cette affection 5 fois ; 1 fois les fausses membranes siégeaient sur l’épiglotte et le larynx, en même temps qu’elles existaient dans l’arrière-bouche.

b. L’estomac était malade dans la moitié des cas. Le ramollissement de la membrane muqueuse constituait l’affection la plus fréquente ; il avait lieu dans les 2/50S des cas ; il se bornait ou au grand cul-de-sac ou s’étendait sur un espace plus considérable, quelquefois sur presque tout l’estomac. Nous avons toujours noté dans ces circonstances un amincissement très notable de la muqueuse. Dans un cas, il y avait un développement insolite des glandules du cardia et de l’œsophage. Nous avons, de plus, noté 3 fois un état mamelonné du grand cul-de-sac sans ramollissement et plutôt avec épaississement de la muqueuse.

c. L’intestin grêle a été atteint de phlegmasie chronique chez les 2/50s de nos malades ; il y avait alors un ramollissement marqué de la membrane muqueuse, qui, le plus souvent, occupait la moitié inférieure de l’intestin. La muqueuse était ordinairement rouge avec une injection plus vive par places ; plus rarement elle offrait une

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teinte livide avec des ecchymoses. Deux fois, enfin , nous n’avons constaté qu’une coloration d’un rouge vif, sans altération aucune de la consistance.

cl. Le gros intestin était plus souvent malade encore, en tout chez les 4/5cs des sujets. Sur ce nombre , nous avons rencontré 3 fois sur 4 un ramollissement très marqué et assez uniforme du côlon. Le tissu sous-muqueux était plusieurs lois notablement épaissi. La muqueuse offrait, en général, une coloration d’un rouge pâle ou moins vif ; dans les autres cas, il existait de nombreuses ulcérations qui, chez un malade , descendaient jusqu’à 3 centimètres du rectum. Ces ulcères étaient entourés d’une muqueuse ramollie, et laissaient voir dans leur fond les tissus sous-jacents épaissis.

e. Le rectum participait ordinairement à l’état phlegmasique du côlon, et il offrait surtout une destruction plus complète de tous les éléments autour des cloaques ; la surface externe du rectum était plus souvent, par contre, le siège de tumeurs consécutives ou d’hypertrophie du tissu cellulaire, et, dans deux cas, il y avait des foyers purulents. Nous avons vu plus haut que, de plus, le rectum était quelquefois englobé dans ces masses hypertrophiées, enflammées et cancéreuses qui confondaient presque en un seul paquet tous les organes du petit bassin.

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