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CHAPITRE IV

Nous n’avons que peu de chose à dire sur cette maladie, qui est lus fréquente à l’état de dépôt cancéreux secondaire qu’à l’état de ancer primitif, surtout si l’on a soin d’en séparer les tumeurs fibroilastiques des membres , les affections cancéreuses des glandes \ymphatiques , et celles du système osseux qui, par suite de leur développement, deviennent tout à fait sous-cutanées.

Nous n’avons observé, pour notre compte, que 4 cas de tuteurs cancéreuses sous-cutanées : 2 fois chez des hommes et 2 fois hez des femmes. Leur siège était 1 fois sur les parois de la poitrine, 2 fois à la cuisse, et 1 fois à l’avant-bras. C’est dans ces deux égions surtout, que nous avons vu commettre l’erreur de prendre es tumeurs fibro-plastiques pour des cancers , et nous avons été ■ onfirmé dans notre manière de voir, en constatant, non seulement a structure histologique non cancéreuse de ces tumeurs, mais en irouvant en même temps les parties ambiantes non altérées, et le este de l’économie exempt de toute production cancéreuse.

Arrivé à ce résultat, nous regrettons de ne pouvoir nous servir -es matériaux qui existent dans la science sur le cancer sousutané; l’incertitude du diagnostic nous a surtout frappé dans l’ana- 'yse d’un certain nombre d’observations qui se trouvent sur ce sujet lans l’ouvrage de Walshe.

Le cancer sous-cutané peut prendre son origine dans le tissu celulaire sous-dermatique, ou dans celui qui se trouve entre les musîles ou les parties plus profondes. Dans les cas observés par nous,

1 a toujours été encéphaloïde , et les éléments microscopiques du îancer y offraient leurs caractères types. C’est dans les cancers sous-cutanés secondaires que nous avons plutôt observé la forme squirrheuse.

La maladie débute par une petite tumeur superficielle ou profonde qui, indolente au début, et occasionnant fort peu de gêne, peut passer inaperçue pendant quelque temps , et ce n’est qu’au moment où ; elle a pris un certain accroissement, où elle fait saillie sous la peau, et où elle s’accompagne d’élancements ou de douleurs plus ou moins vives, que l’attention y est attirée. Le diagnostic est bien difficile

pendant tout ce temps , et l’on ne peut soupçonner la nature cancéreuse d’une de ces tumeurs , que lorsqu’elle présente un accroissement rapide, la mollesse particulière à l’encéphaloïde , des douleurs lancinantes qui vont en augmentant , et une altération générale de la santé. Par la suite, 1a. maladie se dessine d’une manière plus nette. Après avoir d’abord soulevé la peau , au-dessous de laquelle elle formait des saillies lobulées ou bosselées , molles , offrant une fluctuation trompeuse , après avoir excité autour d’elle une dilatation veineuse générale : la peau de la surface rougit , elle devient adhérente à la tumeur, une ulcération superficielle s’établit, qui bientôt devient un ulcère plus profond ; celui-ci , après avoir détruit toute l’épaisseur du derme, peut se recouvrir de champignons cancéreux mous et saillants, disposés à des hémorrhagies. Bientôt, d’autres tumeurs apparaissent ailleurs , soit à l’extérieur, soit dans les divers viscères ; les ganglions lymphatiques voisins de la tumeur se prennent, le malade dépérit, et la mort survient après une durée qui peut varier entre 1 et 4 ans.

Le pronostic de cette affection est fâcheux, et la tendance à la généralisation, à l'infection de l’économie tout entière et à une marche locale destructive fait que la terminaison est toujours funeste. A ces mauvaises chances viennent s’ajouter celles d’une opération grave par elle-même, de l’amputation, lorsqu’il a envahi des parties profondes d'un membre , opération d’autant moins favorable dans ses résultats, qu’elle se rapproche davantage du tronc. D’un autre côté, le pronostic est peut-être un peu meilleur que celui du cancer des organes internes, vu qu’aucun des organes importants n’est entravé dans ses fonctions , et ces tumeurs peuvent atteindre un volume considérable et durer pendant un laps de temps assez long , avant que les malades soient réellement arrêtés dans leurs occupations habituelles.

Le traitement peut se formuler en deux mots. Ne pas toucher au mal s’il affecte une marche très lente, ou s’il a acquis de telles dimensions qu’il faille une trop grande mutilation pour arriver à 1 extirper. Si l’on peut l’opérer, il reste à choisir entre l’extirpation ou l’amputation. Le choix de la méthode dépend surtout del étendue et de la profondeur de la tumeur. Tant qu elle est sous-cutanée et circonscrite, qu’elle n’occupe pas l’épaisseur du membre, 1 extirpation largement faite est préférable. L’amputation devient surtout nécessaire lorsque la tumeur se prolonge entre les muscles d un membre, car l’expérience a démontré qu’il y a alors des irradiations

profondes et éloignées, et même, dans ces cas, il faut pratiquer l’ampputation à une certaine distance de la tumeur.

Quant aux règles à suivre pour l’opération, elles sont du domaine général de la chirurgie opératoire. Nous ne dirons rien de spécial ion plus sur le traitement palliatif qui est celui des autres affections cancéreuses.

RÉSUMÉ

1° Le cancer sous-cutané primitif indépendant des systèmes glandulaire et osseux est rare. Nous ne l’avons observé que 4 fois.

Des tumeurs fibro-plast.iques dans la profondeur des membres ont souvent prises pour des cancers sous-cutanés.

2° Ce cancer parcourt ses phases dans un espace de temps qui ieut varier entre 1 et 4 ans. Apparition d’une tumeur petite et mo- ’ile, plus ou moins profonde ; accroissement s’accompagnant de doueurs, puis ulcération de plus en plus étendue, se recouvrant queluefois de champignons cancéreux dépérissement , infection de économie, mort: voilà son évolution.

3° Le pronostic, moins fâcheux que pour le cancer interne, est ependant toujours grave en ce sens que la terminaison est toujours uneste; le traitement est palliatif lorsque la tumeur affecte une larche lente ou lorsqu’elle est très étendue; dans d’autres cas, on •extirpe parla simple excision ou par l’amputation du membre, :elon son siège et son étendue.

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