‹ Traité pratique des maladies cancéreusesChapitre 51 sur 77 · CANCER DES GLANDES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

CANCER DES GLANDES LYMPHATIQUES

•ependant, pour ne pas conserver de doutes sur la possibilité de eur affection cancéreuse primitive. Sur 12cas de ce genre que nous ivons observés, il n’y a eu qu’un seul cas de maladie primitive des i dandes abdominales , un autre de cancer primitif des glandes ironchiques et mésentériques , tandis que les dix autres se rap- >ortaient aux glandes lymphatiques superficielles , dont 5 à la figure ;t au cou, 4 à la région inguinale et 1 dans le creux de l’aisselle. ,a plupart de ces malades ont subi des opérations , et nous n’avons nas pu les suivre jusqu’à leur fin naturelle. Nous n’avons, dans :ette dernière catégorie que quatre malades , et sur ce nombre , rois offraient un cancer multiple , et un seulement un cancer inique.

Le cancer du cou ou de la région parotidienne se montre tantôt ous forme de tumeurs multiples , tantôt sous l’apparence d’une umeur unique , mais qui, la plupart du temps , est composée d’une imas de ces glandes malades. C’est dans la région de la parotide |ue ces tumeurs sont quelquefois prises pour un véritable cancer de ette glande , et la méprise est d’autant plus facile que , lorsque la umeur ganglionnaire a acquis un certain volume et duré depuis quelque temps , la parotide est ordinairement secondairement ateinte,

Les caractères anatomiques du cancer des glandes lymphatiques ont partout à peu près les mêmes. Une surface inégale, comme loiulée , une enveloppe fibro-celluleuse et vasculaire , une consistance ilutôt molle et élastique, et sur une coupe fraîche un tissu jaunâtre ulpeux dont on fait sourdre par la pression un suc cancéreux abondant, une vascularité inégale, quelquefois de petits épanchements anguins, voilà les caractères physiques et ordinaires de ces tumeurs. Jne seule fois nous avons vu des tumeurs des glandes lymphatipies du cou entièrement mélaniques. Dans plusieurs cas oùles tuteurs avaient acquis un volume considérable , on voyait au milieu lu tissu encép.haloïde des portions d’apparence tuberculeuse phymaoïde, qui n’étaient autre chose que des infiltrations graisseuses et ;ranuleuses du tissu , et qui à la compression fournissaient un suc pais et grumeleux. Dans un cas de cancer de l’aisselle que nous .vons observé , le tissu encéphaloïde était tellement mou , qu’il était ,'ien inférieur en consistance à la pulpe cérébrale. Quant à la. nature .es vaisseaux qui pénètrent ces tumeurs , nous avons une observaion provenant du service de M. Cruveilhier, où l’injection a été praiquée j de beaux réseaux artériels étaient partout visibles , mais les

veines dans l’intérieur de la tumeur n'avaient point été injectées, par la raison toute simple qu elles étaient remplies jusque dans les capillaires par du sang coagulé.

La structure microscopique montre ordinairement comme base un stroma fibreux composé de fibres pâles et fines , de fibres élastiques et de cellules cancéreuses fort bien caractérisées. Dans 6 cas de ce genre, où nous avons pris des notes très détaillées sur ces cellules, elles ont varié entre 0mm,015 et 0“m,03, offrant en moyenne 0aira,02; les parois étaient ordinairement simples, quelquefois concentriques, d’autres fois il y avait des cellules mères avec les formations cellulaires internes les plus bizarres. Les noyaux avaient en moyenne 0n,m,0f à 0mm,012 et les nucléoles 0mm,0025, et 1 fois jusqu’à 0mm005. Dans 2 de nos observations, les cellules complètes étaient beaucoup plus rares que les noyaux à grand nucléole. C'est surtout dans les cancers les plus mous que nous avons rencontré le plus de cellules infiltrées de granules et de graisse.

Que ce soit au cou, à l’aine ou à l’aisselle , la tumeur cancéreuse ganglionnaire est d’abord petite, indolente et assez mobile, et bien qu’on observe des cas à marche assez rapide , comme nous le verrons plus loin , pour l’ordinaire cependant cette première période ne montre qu’un accroissement lent , et nous l’avons vu durer pendant 1, 2 et 3 ans. Mais, sans qu’on puisse bien en déterminer la cause, il arrive un moment où l’accroissement est plus rapide, où les dou- I leurs, d’abord rares, deviennent plus fréquentes et plus intenses. Nous les avons cependant vues manquer pendant toute la durée de la maladie. Les bosselures que l’on aperçoit alors dans les tumeurs tiennent ordinairement à l’agglomération de tumeurs multiples. La mobilité cesse , des adhérences s’établissent avec la peau , qui d’abord se congestionne , rougit et s’ulcère par la suite. La période ultime est l’infection de l’économie tout entière qui , du reste , peut avoir lieu sans que l’ulcération se soit établie. Des souffrances vives, des lésions viscérales diverses, un dépérissement général et progressif précèdent la terminaison fatale. La compression des organes voisins par des ganglions cancéreux peut surtout produire des accidents graves au cou où la trachée et l’œsophage peuvent être comprimés au point que les malades meurent d’asphyxie et d’inanition. Ce genre d’accidents cependant appartient plus en propre au cancer de |j la glande thyroïde. Nous avons observé aussi une mort par asphyxie i. dans un cancer des glandes bronchiques qui comprimait les grosses j-. bronches à l’endroit de la bifurcation , et nous avons vu survenir des j.

Page 1