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CHAPITRE PREMIER

J'entends par dyspepsie ramoindrissement de la faculté de digérer, c'est-à-dire de faire subir aux matières alimentaires l'élaboration qui les rend propres à être absorbées sous la forme appropriée à leur but final, l'assimilation, ou des transformations chimiques déterminées. Cet amoin* drissement, auquel soit l'état général de l'économie, soit chacun des termes qui concourent à l'acte complexe de la digestion prend une part relative, ne se rattache à aucune altération organique de l'appareil digestif luimême.

La dyspepsie joue en pathologie un rôle considérable, soit qu'elle se montre comme phénomène primitif, isolé ou prédominant, ou qu'elle soit secondaire, et accompagne tel ou tel état pathologique.

Les circonstances nombreuses et variées qui s'y rattachent directement avaient été englobées par Broussais sous la dénomination générale de gastrite^ et présentées par lui comme dominant toute la pathologie.

Depuis Barras, dont l'ouvrage {Traité des gastralgies et des erUéralgies), devenu populaire à son tour, offrait comme la contre-partie des doctrines dites physiologiques de Broussais, on a compris sous le nom de gastralgie

OtlAND-FABDIL. H. — i

tous les troubles fonctionnels des organes digestifs qiii ne paraissaient se rattacher à aucune lésion organique. Bien qu'un progrès considérable eût été réalisé par ce dernier auteur, au point de vue de la pathologie comme de la thérapeutique, cette dénomination de gastralgie n'en est pas moins incorrecte, eu égard aux divers ordres de faits auxquels elle s'apptiquait^ et auxquels l'appliquent encore aujourd'hui un grand nombre de médecins, pour qui les mots de dyspepsie et de gastralgie paraissent offrir une acception identique.

Avant de procéder à la description méthodique de la dyspepsie, il sera utile de présenter quelques considérations générales sur le point de vue auquel il'côiîVient dé Se placer pour Comprendre la grande classe de phénomènes morbides que nous étudierons sous cette dénomination.

Pathogénie.

Si Ton veut se faire une idée nette de la dyspepsie et de ses variétés, ainsi que de sa pathogénie, comme de son étiologie, il est nécessaire, avant tout, de se représenter les conditions qui président à l'accomplissement régulier de la digestion.

La digestion représente une opération chimico-vitale très-complexe, dont les termes les plus immédiats sont : 1° la présence d'aliments convenablement préparés par l'insalivation et la mastication; 2'» la sécrétion de liquides spéciaux destinés à agir sur eux chimiquement ; 3° un ensemble de contractions musculaires, pour activer leur mélange ; 4° des gaz provenant, soit de l'estomac, soit de l'opération digestive elle-mfeme, et devant avoir pour effet de faciliter les différents temps de la digestion. Il est encore des conditions plus éloignées, mais qui ne paraissent pas moins essentielles à l'accomplissement de la digestion : elles appartiennent à la * circulation sanguine et à l'innervation. 11 ne se fait pas de digestion sans une hypérémie actuelle de l'estomac ; insignifiante s'il ne «'agit que de quelques matières à digérer, importante s'il s'agit d'une proportion notable d'aliments, d'un repas. Cette hypérémie est en rapport avec l'activité toute particulière, mais toute temporaire, des sécrétions gastro-intestinales à l'instant de la digestion, et avec l'activité non moins particulière 'de la contractilité de l'estomac et de l'intestin. Tout porte à croire en outre qu'une sorte d'éréthisme nerveux, ou de congestion nerveuse, ne joue pas un moindre rôle dans ce concours de phénomènes.

Mais il ne faut pas considérer, seulement le fait môme de la double coU" gestion sanguine et nerveuse, inhérente à la digestion. Il faut considérer encore l'aptitude du liquide sanguin et de l'innervation à fournir les élé* ments nécessaires, soit chimiques, soit dynamiques.

Je résume ce qui précède. Il faut, pour que la digestion s'opère normalement, que les conditions suivantes se réalisent sous les formes et dans les proportions voulues : 1« préparation du bol alimentaire par les phénomènes buccaux; 2® agitation du bol alimentaire; 3* sécrétion de sucs particuliers; û* présence d'une atmosphère gazeuse. — D'une autre part :

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