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HYPERTROPHIE DU FOIE

On doit entendre par hypertrophie du foie, suivant MM. Monneret et Fleury: une augmentation du volume des granulations hépatiques, et par conséquent du volume total de l'organe, sans aucune altération appréciable dans la texture du tissu hépatique, à moins de complications (i).

Celte définition, à laquelle il n'y aurait à changer qu'un terme, en disant : augmentation de volume ou de quantité des éléments normaux du foie, est certainement celle qui convient à l'hypertrophie de cet organe. Mais il n'est possible de s'assurer de l'intégrité absolue des éléments du foie que par l'examen microscopique. Or celui-ci manque dans toutes les observations publiées jusqu'à ces dernières années, et par suite il n'est guère possible d'en tenir compte. Il faut encore ajouter que les occasions de reconnaître l'hypertrophie proprement dite, ce que nous pouvons appeler l'hypertrophie légitime du foie, ne doivent se rencontrer que rarement. >

Ed effet, il est difficile d'admettre que cet organe puisse demeurer indéfiniment le siège d'un travail moléculaire propre à accroître ou le nombre ou le volume de ses éléments normaux, sans que ces derniers viennent à subir quelqu'une des transformations variées que le microscope met sous nos yeux. Une hypertrophie simple du foie doit toujours tendre,

(1) Compendium de médecine pratique, 1841, t. ÏV, p. 118.

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soit BOUS l'influence du travail morbide môme dont cet organe est le siège, soit sous l'influence des conditions générales de l'organisme, i subir quelqu'une de ces transformations.

D'un autre côté, il est permis de croire que si le travail morbide, sont l'influence duquel s'est produite cette hypertrophie, vient à s'épuiser luimôme, et qu'en môme temps l'économie ne se trouve pas le siège de quelqu'une de ces modalités générales, constitutions, diathôses, cachexies, qui tendent toujours à modifier la structure des organes en proie k une activité morbide quelconque, il est permis, dis-Je, de croire qu'une altération telle que nous la concevons ici, l'hypertrophie simple, est susceptible d'éprouver un travail régressif qui ramène l'organe k ses conditions normales, c'est-4i-dire à la guérison.

Je considère donc comme tout à fait admissible que, si Ton rencontre très-rarement l'hypertrophie simple du foie, anatomiquement constatée, c'est que l'hypertrophie simple doit subir à la longue un travail de transformation quelconque, ou guérir.

Ce qui vient d'être exposé me dispense de m'étendre sur les caractères attribués par les auteurs à l'hypertrophie du foie. Ces caractères sont fort simples du reste, et se réduisent à deux : l'un négatif, absence de toute altération appréciable dans la texture du foie ; l'autre effectif, consistant dans l'augmentation du volume du foie, avec ou sans augmentation apparente du volume des granulations elles-mêmes.

M. Cruveilhièr ne parait pas. attacher une plus grande importance à l'hypertrophie du foie, qu'il ne décrit point, et qu'il rapporte surtout aux engorgements consécutifs aux fièvres intermittentes (1). M. Andral semble avoir surtout en vue, dans ce qu'il signale sous cette dénomination, les engorgements simples du foie que j'ai décrits plus haut (2). M. Grisolle présente une description de l'hypertrophie du foie basée principalement sur l'hypertrophie spéciale des granulations rouges ou des granulations jaunes, qui me paraît difficilement admissible aujourd'hui. Cet auteur ajoute un détail dans lequel on ne saurait guère reconnaître une hypertrophie simple : « Lorsque l'hypertrophie porte spécialement sur la substance jaune, nous avons vu le foie, plus dense que de coutume, présenter une surface inégale, mamelonnée ; chaque saillie était séparée par un sillon blanchâtre ayant l'aspect d'une cicatrice formée par le ratatinement de la capsule fibreuse, qui souvent nous a paru épaissie et beaucoup plus résistante (3).

En résumé, on ne doit désigner sous le nom d'hypertrophie du foie, comme le fait Frerichs, que : le gonflement de cet organe occasionné par une simple augmentation dans le volume et le nombre des cellules glandulaires (^), altération qui n'a été dûment constatée encore que dans un

(1) Cruveilhièr, Traité cTanaiomie pathologique générale, t. III, p. 66.

(2) Andral, Cours de pathologie interne, t II, p. 358.

(3) Grisolle, Traité de pathologie interne, t. II, p. \ 27.

(4) Frerichs, /oc. ciY., p. A91.

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nombre de cas assez limité, et qui joue peut être, dans l'engorgement simple du foie que J'ai décrit, un rôle plus important que je n'ai pu l'exprimer, en l'absence de toute observation anatomique. L'hypertrophie du foie proprement dite a été histologiqueraent constatée, d'après Frerichs : V avec la destruction d'une partie de la glande, consécutivement à un travail d'exsu-* dation dont la nature peut varier (hypertrophies partielles voisines de cicatrices) ; 2"" dans quelques cas de diabète sucré ; 3** dans la leucémie; 4** à la suite du séjour dans les climats chauds et les pays marécageux.

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