‹ Traité pratique des maladies chroniquesChapitre 40 sur 86 · KYSTES DES REINS · texte numérisé non relu

KYSTES DES REINS

origine, au moins pour un certain nombre d'entre eux. On trouve dans le cerveau des kystes séreux, tout semblables à ceux-ci, et dont l'origine hématique ne peut être contestée.

On s'est peu attaché jusqu'ici à suivre la transformation des hémorrhagies interstitielles des organes parenchymateux. M. Rayer se contente, pêurle sujet qui nous occupe, de décrire les apoplexies rénales, sans aller au delà de leur transformation en petits Ilots Jaunâtres dont on exprime par la pression une humeur offrant au microscope une foule de globules sanguins (1). Comme les kystes séreux, les foyers sanguins se rencontrent beaucoup plus dans la substance corticale que dans la substance tubuleuse(2).

Il est impossible de ne pas être ft»appé du rapprochement que Ton trouve quelquefois, sur le même rein, entre des kystes séreux, des kystes léro^anguins et des kystes à proprement parler sanguins. J'ai eu soin de choisir, parmi les exemples que j'ai* rapportés, des cas de ce genre. Ils semblent mettre sur la trace du mode de formation de quelques-uns de ces kystes séreux, et peut-être de la généralité d'entre eux, si ce n'est de la totalité. Les éléments de l'urine que l'on y rencontre peuvent n'y avoir été introduits que consécutivement. Le fait suivant, que j'ai recueilli à la Salpêtrière, sur le cadavre d'une vieille femme morte de pneumonie aigui^, nous fait assister à une période de transformation de ces infiltrations sanguines du rein. On peut supposer que, si la vie se fût prolongée, une série de kystes séreux et rapprochés, et tenant la place du tissu rénal lui-môme, eût pu remplacer les altérations que j'ai rencontrées. La moitié inférieure du rein droit était couverte extérieurement de bosselures molles, légèrement violacées, et laissant écouler par l'incision du sang pur et noir, contenu dans une poche isolée ou infiltré dans un tissu lâche et celluleux. Sous une ou deux de ces bosselures, on trouve un peu de matière molle et d'un blanc grisâtre, comme tuberculeuse. La substance du rein, dans toute la moitié inférieure, était convertie en un tissu rougeâtre, formé de brides qui s'entrecroisaient irrégulièrement et laissaient entre elles des vides assez grands, d'apparence celluleuse. Elle présentait çà et là de petites taches jaunes, tout à fait semblables au résidu d'un ancien épanchement de sang, et rappelant l'apparence de certaines 4aches cicatricielles du cerveau. Dans quelques points ce tissu était encore infiltré de sang récemment épanché.

Les kystes des reins ne renferment pas seulement de la sérosité ou du sang. « On trouve dans des kystes, qui offrent la même structure que les précédents, une matière jaunâtre ou brunâtre, tremblotante, gélatiniforme, ou qui a les principales propriétés physiques du mucus. Parfois une matière beaucoup plus dense, solide, semblable au cristallin, quoique moins transparente, remplit complètement la cavité de ces poches accidentelles et leur donne la résistance de productions morbides solides. Une

(1) Rayer, loc.cit,, t. III, p. 330.

(2) Eod, loc„ p. 428.

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