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DÉPLACEMENT DES REINS, REINS MOBILES, REINS FLOTTANTS

Le déplacement des reins est une lésion de peu de gravité, mais qui parait plus commune qu'on ne le pense généralement, et peut donner lieu à des erreurs de diagnostic très-préjudiciables; aussi est-il nécessaire de connaître ce qui s'y rapporte.

Le déplacement du rein a été jusqu'ici observé presque exclusivement du côté droit et chez des femmes. Le rein n'adhère à la paroi abdominale postérieure que par un tissu cellulo-graisseux de consistai\ce médiocre et dont il se laisse détacher facilement par énucléation ; il n'esl immédiatement soutenu que par le feuillet péritonéal qui passe au-devanl de lui ; enfin, les vaisseaux auxquels il s'attache par son bile se laissent distendre trop aisément pour lui servir de soutien efficace. Le foie exerce sur le rein droit une pression très-indirecte, mais qui, dans certaines circonstances, peut devenir plus immédiate. Le rein peut devenir, à l'époque menstruelle, le siège d'une hypérémie qui, en augmentant ses dimensions et son poids, tend à lui faire quitter l'espace où il est blotti. Dans des cas plus directement pathologiques, sa dilatation dans l'hydronéphrose, la

(1) Rayer, loe. cit., l. III, p. 508.

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pi-éseiice de calculs urinaircs ou Texislence d'une tumeur quelconque peuvent agir de la même manière, en accroissant son volume et sa pesanteur. Enfin on a supposé encore que de violents efforts pouvaient déterminer une sorte de luxation du rein : mais on n'a que de très-rares exemples à citer à l'appui de cette hypothèse. M. Trousseau rapporte cependant une observation, due à M. Peter, dans laquelle on voit le rein déplacé à la suite d'une constriction prolongée occasionnée par un uniforme trop étroit. Tel est le résumé de l'étiologie pathologique du déplacement du rein.

Il résulterait des recherches d'un médecin allemand, M. Walther, cité par M. Trousseau (1), que cette circonstance est assez commune. En effet, ce médecin, ayant examiné les reins d'un grand nombre d'individus, a constaté une mobilité notable de ces organes chez beaucoup d'entre eux qui n'en souffraient aucunement, et chez qui, par conséquent, il n'y avait aucune raison de la soupçonner.

On peut donc considérer comme vraisemblable au moins que les reins subissent facilement un déplacement, qu'explique le peu de solidité de leurs attaches. Mais il paraît assez difficile de se représenter autrement les causes prédisposantes et déterminantes de ce déplacement.

Deux faits sont acquis : que le déplacement intéresse presque constamment le rein droit : M. Fritz a trouvé, sur 30 cas de reins flottants, 19 fois le rein droit, U fois le rein gauche et 7 fois les deux reins ; qu'il se rencontre très-spécialement chez les femmes, 30 fois sur 35 obser\'ations, d'après M. Fritz (2).

La fréquence de celte altération chez la femme est attribuée par M. Cruveilhier à l'usage du corset : « Ce déplacement du rein, dit-il, qui ,est fort rare et toujours incomplet chez l'homme, est très-commun chez la femme, et résulte de la pression exercée par un corset trop serré. Le rein se trouve alors comprimé entre le foie qui est en avant, les dernières côtes et la colonne vertébrale qui est en arrière, et s'échappe de l'espèce de loge dans laquelle il est contenu sans y adhérer, à la manière d'un noyau de prune entre les doigts (3). » M. Becquet l'attribue au retentissement des fluxions cataméniales sur le rein, ou, si l'on veut, à la participation du rein aux fluxions périodiques de l'utérus et de la région utérine {U).

M. Becquet a établi ce point de pathogénie d'après des observations très-intéressantes, et qui ne laissent point de doutes sur l'influence que l'hypérémie rénale peut exercer sur le déplacement du rein, le rein abandonnant et retrouvant sa situation normale suivant les alternatives de l'hypérémie, non plus que sur la dépendance où celle-ci peut se trouver de la congestion menstruelle. Mais cette dernière circonstance ne rend

(i) Trousseau, CHnique médicale, 2* édit., 1865, t. II, p. 775.

(2) Fritz, Des reins flottants^ in Archives générales de médecine, t. XIV, p. 164.

(3) Gruveitliier, Traité danatinnie pathologique générale, 1849, t I, p. 723.

(4) Beopiet, Essai sur la pathogénie des reins flottants (Archives générales de médecine^ 1865, t. l, p. 5).

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