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DÉPLACEMENT DES REIMS

pas compte de la prédilection du déplacement pour le rein droit, que M. Cruveilbier explique directement par la pression du foie refoulé parle corset. Ces deux explications se rapportent très-bien à la grande fréquence de cette altération chez les femmes : mais nous ne savons pas jusqu'à quel point il est permis de les généraliser. Celle de M. Cruveilbier n'est môme qu'une hypotbèse. Celle de M. Becquet, appuyée sur des fails bien observés, n'a encore rencontré que des sujets particuliers d'observation. Il faut tenir compte des cas rares, mais enfin des cas observés cbez les hommes. En laissant de côté, bien entendu, les cas d'hydronéphrose, de tumeur ou de calculs des reins, la congestion rénale fournit une cause pathologique qui parait des plus rationnelles. Mais l'hypérémie aiguë et présente du rein n'a guère encore été constatée, surtout en dehors des phénomènes corrélatifs à la fluxion cataméniale. Il faut donc reconnaître que l'étiologie et la pathogénie du déplacement des reins sont loin d'être encore déterminées, et paraissent supposer en général l'existence de causes lentes et peu saisissables.

Symptômes.

Le rein peut être déplacé d'une manière définitive, ce qui est le cas le plus ordinaire, ou d'une manière accidentelle. Dans le premier cas, bien qu'il conserve habituellement une mobilité notable, on peut admettre que des adhérences consécutives peuvent lui imprimer une fixité inaccoutumée.

On trouve, sur l'un des côtés de l'abdomen, presque toujours à droite, une tumeur lisse, obronde, allongée, dont la forme, ordinairement facile à délimiter, correspond exactement à celle du rein, arrondie en dehors, légèrement excavée en dedans. L'extrémité supérieure de l'organe, généralement plus saisissable, tend à se porter en dehors et par conséquent à lui imprimer une direction qui se rapproche un peu de l'horizontale. Elle est remarquablement superficielle et quelquefois vient s'ofi'rir dans la main, immédiatement au-dessous de la paroi abdominale, et se trouve sur un plan plus ou moins inférieur à la région rénale. La pression n'en est pas très-douloureuse, mais désagréable, quelquefois un peu lipothymique : cependant on ne peut la pousser contre la colonne vertébrale, ou de haut en bas vers la crête iliaque, sans déterminer une vive douleur (1). lïn des caractères les plus frappants de cette tumeur est la mobilité ; on peut la déplacer en haut et en dedans ; on la sent fuir en bas dans les fortes inspirations. La percussion donne, sinon une matité très-nette, du moins un son sourd qui remplace la sonorité naturelle à cette région. On a pu constater quelquefois un aplatissement dans la région lombaire au point correspondant au rein, une sensation de vide et même une sonorité manifeste (Fritz).

Il parait résulter des recherches de M* Walther que beaucoup de per-

(1) Oppoher, De la mobilité des reins (Union médicale^ du 9 féTrier 1868, eitrait cte Wien. Wochenschrift^ 1856, u^ xiii).

soDoes portent un rein déplacé sans en avoir conscience. Mais un certain nombre accusent des sensations vagues de pesanteur, de tiraillement, ou même la sensation distincte de quelque chose qui tombe ou qui glisse dans Tabdomen. Mais point de phénomènes plus prononcés, en particulier point de troubles sympathiques. On a noté deux fois des douleurs névralgiques, crurales (Rayer) ou lombaires.

L'abaissement du rein est plus prononcé après une longue station debout que le matin au lit. Il s'accroît également, ainsi que les sensations qui y répondent, par la marche, le saut, les efforts.

On a remarqué chez un certain nombre d'individus une tendance à l'hypochondrie, ou plutôt une inquiétude hypochondriaque. Mais cela n'a été observé qu'alors que la présence constatée d'une tumeur dans l'abdomen, et d'une tumeur sur la nature de laquelle on est souvent resté indécis, provoquait une anxiété légitime.

Des accidents aigus ont été observés lors du déplacement momentané du rein, ou peut-être sous l'influence de la mobilité acquise par cet organe. Ces accidents ont été attribués à de la péritonite, à des coliques néphrétiques, à des coliques nerveuses, à des accidents hystériques. Ces interprétations sont propres à donner une idée des caractères qu'ils ont revêtus. M. Becquet a vu une douleur soudaine et atroce contraindre une malade à se jeter à l'instant sur un lit et à y demeurer quelques heures dans une immobilité absolue.

Diagnostic.

On voit que, lorsque des sensations vagues et indéterminées sont accusées dans un des côtés de l'abdomen, surtout à droite et surtout chez des femmes, il ne faut jamais négliger de constater la situation des reins. Les observations de M. Becquet montrent que des accidents aigus et douloureux, se reliant aux phénomènes menstruels, sollicitent la même préoccupation. Mais il est impossible d'assigner à ces divers phénomènes des caractères propres à l'altération qui nous occupe.

La constatation des signes objectifs du déplacement rénal lui-même sont lc4 seuls qui permettent d'en reconnaître et d'en déterminer l'existence. Mais bien que rien ne soit plus facile, dans la plupart des cas, que de reconnaître les caractères de la tumeur qui en résulte, l'esprit des praticiens est en général si peu familiarisé avec ce sujet, qu'il a été souvent l'occasion de grossières erreurs.

La découverte d'une tumeur ou d'une tuméfaction insolite dans le flanc est souvent due aux malades eux-mêmes qui, sollicités par des douleurs aiguës ou par des sensations quelconques, portent la main sur cette région et en reconnaissent aisément la présence. Ils se rendent compte de sa mobilité ou même de sa disparition. Certains d'entre eux avaient fait depuis longtemps de pareilles remarques, lorsqu'ils appelaient pour la première fois l'attention des médecins sur ce sujet.

\oici de quelle manière on doit procéder dans cette exploration. Placé

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