‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 2)Chapitre 17 sur 143 · II · texte numérisé non relu

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l^^ oPirniAiMiES.

1 . Espèces de blessures. — Les blessures d'un œil, qui sont le plus sujclles à provoquer rinllanimiilion sympathique de l'autre, sont les plaies pénétrantes et par déchirure, laites par des inslrumenls Iranchants, ou par des éclats de 1er ou de pierre lancés dans l'œil avec force, ou des IVagnicnts de capsule à percussion.

On a vu un simple coup, un coup de hàton par exemple sur un seul œil, all'aihlir l'autre synipalhiquement. M. Wharlon Jones m'a communiqué l'histoire d'un gentleman par qui il avait été consulté; tirant un coup de fusil, la capsule était venue frapper l'un de ses yeux, avait perforé la paupière inférieure et s'était enfoncée dans la sclérotique, ce qui avait déterminé une iidlanmiation interne de l'œil frappé d'abord, puis de l'autre. Lorsque M. Jones vit le malade, l'œil blessé était mou et atrophié, l'autre en voie de le devenir. Le 16 septembre 1835, on jeta méchamment de l'acide sulfurique dans l'œil gauche de Mary Macshalïery, âgée de 26 ans. Il en résulta une destruclioi totale de la cornée et l'adhérence de la totalité de la paupière supé rieure avec les restes du globe de l'œil. Vers la fin de décembre, elle reprit son travail habituel dans un moulin à coton. Il en résulta une attaque intense d'ophthalmitis sympathique de l'œil droit, qui se termina par l'opacité de la cornée, le changement de coloration de l'iris, l'immobilité de la pupille et une altération telle de la vision , que lors de son admission au Glasgow Eye Infirmary, elle ne pouvait reconnaître les lettres de sa carte d'admission. Les faits que nous venons de citer indiquent les diverses espèces de lésions qui peuvent donner naissance à l'ophthalmitis sympathique. Néanmoins , ce sont les plaies pénétrantes qui la produisent le plus généralement. Quelquefois la plaie est faite par un instrument tel qu'un ciseau ou un tournevis, qui ne permettent pas de penser qu'il soit resté quelque chose dans l'œil; d'autres fois, au contraire, il y a lieu de soupçonner fortement, ou même il y a certitude qu'un corps étranger a traverse les membranes oculaires et qu'il n'a pas été extrait. Que le corps étranger ait été extrait sur-le-champ, ou après quelques semaines, ou enfin qu'il n'ait pas été extrait du tout, l'ophthalmitis sympathique peut également se déclarer.

Les lésions dont nous venons de parler sont soudaines et graves elles s'accompagnent souvent de la perte d'une certaine portion de humeurs de l'œil et d'une extravasation de sang à son inteneur. Les parties de cet organe qui ont été divisées sont en général la cornée et l'iris avec une petite portion de la sclérotique et de la choroïde Dans la plupart des cas que j'ai vus, la plaie siégeait au niveau de union de la cornée avec la sclérotique et intéressait par conséquent 1 anm<lus albidus de la choroïde ou muscle ciliaire. Je pense quil y a plus de chances de voir survenir l'ophthalmitis sympathique lorsqu il y a eu hernie de l'iris, et que la cornée et la sclérotique se sont cicatri-

OPIITHALMITIS RÉFI.KXE OU SYMl'ATIIIQUK. 1 i )

sées (le (àcon à ce que la porlion d'iris restée dans Toeil se Irouve coiiliiiuellcmenl leiidue cl liraillée. Lorsque la blessure s'est étendue jusqu'à la réline, rophlhalmitis sympaliiique est plus à craindre. La lésion que subit en pareil cas le cristallin, cl la cataracte Irauuialique qui en est la conséciuence, n'exercent aucune iniluence sur le développement de la maladie. Une blessure qui n'intéresse que la cornée et le cristallin, ou même une plaie de la cornée avec simple prolapsus (le l'iris, n'est pour dire jamais suivie de l'oplilbalmilis sympaliiique. La simple piqûre de la sclérotique et du muscle ciliairc, même lors- (|u'elle détermine l'amaurose, produit rarement l'altération de l'aulre (vil. Je n'ai jamais vu aucune des opérations pratiquées sur l'œil amener ( e résultat, pas même lorsqu'après rextraclion l'iris lait hernie et que la eicatricc qui se l'orme liraillecette membrane. Les cas à la suite desquels je redoute le plus le développement d'une iMllammalion réllexe sonl ceux dans lesquels, outre la plaie de la cornée, de la sclérotique et du bord antérieur de la clioroïd(î, il y a eu perte de l'iiumcur vitrée, déchii iire el hernie de l'iris, surtout si, à l'époque de la cicatrisation, le mahide s'est servi trop tôt de son bon œil, a commis quelque irrégularité (le régime, et s'est livré à un excès de fatigue, ou a éprouvé quelque émotion violente.

2. Époque de l'apparition de Vinflammalion sympathique. — Si nous devions juger, d'après les six cas que nous venons de rapporter, idu temps qui s'écoule d'ordinaire entre la lésion d'un œil et l'apparition ide l'inflammation sympathique dans l'autre, nous dirions que cinq semaines en sont la distance la plus commune. Chez Paterson, l'afl^ection sympathique se déclara trois mois après la blessure; chezMoore, un mois ; chez Dovvuie, cinq semaines; chez Finlay, également cinq semaines; chez Gartshore, quatre ou cinq semaines; chez Mill, six semaines après l'accident. Dans trois des six cas rapportés par M. Lawrence (1), l'époque n'est point indiquée; dans les trois autres, l'inlervalle fut respectivement de quelques semaines, de cinq ans, et de six semaines. Dans deux cas rapportés par M. Wardrop (2), il fut de trois semaines et d'un an.

o. Sujets prédisposés. — Les individus sujets à l'ophlbalmilis sympalhi(jue sonl le plus souvent, d'après ce que j'ai vu, des hommes travaillant le fer. A l'époque où leur œil a été blessé, leur santé n'était point affaiblie ; mais par suite de leur genre de vie, et surtout de l'usage abusif des spiritueux et du tabac, leur constitution se prêtait peu à la guérison d'une affection inflammatoire. Il m'a paru que c'est à cause de cela que l'inflammation sympathique dégénère quelquefois en la forme arthritique et se montre toujours si rebelle au traitement. Dans quelques-uns des cas que j'ai vus, l'affection a revêtu la forme

(1) TrcalisconUie Diseases of llie Eye, p. 147. Loii.lon. 1853.

(2) Morhid Anatomy oftlie Iluiiiaii Rye, vol. 1, p. 117; vol. il, p. 110. Lomloii, 1818, 1819.

OPIITIIALMIES.

scl'ofulcuse, forme qui n'est guère moins lâcheuse que rarlhriliciuc Dans l'un d(;s cas traités au Eya In/irmary, le docteur Kennedy j remarqua que les piqûres faites au pli du Iti'as pour les saignées sup- ' purèrenl presque toutes chez un malade (1), ce ipii l'engagea à reclici-clier s'il n'y avait pas là quelque infection syphilitique. Le malade avoua qu'avant d'ètie blessé, il en avait eu quelques symptômes primi- j tifs, mais sans mal de gorge ni éruption; du reste, l'œil enllammé j" n'olfrait aucun symptôme propre à la syphilis.

4. Causes excitantes. — Il arrive parfois que le malade ne peut indiquer aucune cause excitante de l'attaque d'ophthalmilis dont il soufl're; mais d'autres fois ces causes sont nettement indiquées. Chez Finlay, par exemple, la cause excitante fut manifestement la lecture pendant trois à quatre heures dans un livre imprime en petit caractère , et dans l'un des cas de M. Lawrence, l'exercice imprudent de la vision. Les plaies de l'œil qui sont sujettes k provoquer l'ophtluilmitis sympathique, mettent ordinairement un mois à six semaines à se cicatriser. Dès qu'elles sont guéries, les malades reprennent leurs occupations et leur genre dévie ordinaires, et c'est alors que vientagir la cause excitante. La même cause excitante qui a produit la première attaque d'inOammation sympathique, détermine la rechute lorsque le malade est convalescent, et c'est ordinairement une série de rechutes qui amènent l'abolition de la vue.

5. Symptômes. — Les symptômes locaux de cette affection sympathique sont ceux de la rétinite et de l'iritis, se terminant par l'amaurose et l'atrophie de l'œil. Le premier symptôme est d'ordinaire l'obscurcissement de la vue. Il est rapidement suivi d'une rougeur zonulairc entourant la cornée, d'une teinte vert-salc de l'iris, delà flexibilité de la cornée, du ramollissement de la sclérotique , de l'opacité de 1 capsule, de la teinte verdâtre du cristallin, de l'état variqueux de vaisseaux qui, provenant des muscles droits, se ramiOent à la surlac de l'œil, de la contraction et de l'adhérence de la pupille, du plisse ment et de la saillie en avant de l'iris et de l'insensibilité complète d la rétine. La douleur est très variable : quelquefois elle est très légère comme chezGartshore, qui disait n'en ressentir aucune ; chez d'autres comme chez Finlay, elle est intense. Le malade éprouve derrière le yeux une sensation de battement ou de pesanteur isochrone aux pulsations du pouls. La photopsie est un symptôme qui se manifeste d'ordinaire au début de l'attaque. Chez quelques malades, la photophobie est intense ; chez d'autres, elle est peu prononcée. Vers la fin, l'aiïaissement du globe de l'œil, et surtout de la cornée, est très remarquable.

r(l) Cette remarque nous parait très importanle ; elle explique Pf"'-«''-^,5" Pf''îî«. '^i;''^';^^^ mi is svmpiUl.iquc qui pourrait bien n'être qu'une vanéle d opl.thalm.l>s ph eb.l.que Les plaies ïï.liquécs cl'iulbmmalion de l'iris et de la choroïde, o,-ganes 1res vascula.res se pre- S très bi'enîl ectte supposition, qui rend eomple de plusieurs des parl.culan.es de celte alléelion et surtout de sa rareté relative. T. W.]

OPIITIIALMITIS «Él-l.liXK OU SYMPATHIQUE.

Dans l'un des cas de M. Lawrence, la cornée ressemblait, pour la forme cl lu dimension, à un forain d'orge placé liorizonlalemenl.

On ne saurait douter (jue rinllammalion de la rétine ne constitue un des traits principaux de l'oplithalmilis sympatlii(iue. Elle se montre .lès le début, puis Tirilis vient s'y ajouter. La perle de la vue, qui sur- NÏont tout d'abord, indique que la rétine est prise dès le commencement. La llexibilité de la cornée et le ramollissement de la sclérotique montrent que la quantité de l'Iuimeur vitrée a diminué. Les changements (ju'on voit survenir dans la capside et dans l'iris démontrent clairement à quel point ces tissus sont allectés,

L'oplithalmilis sympathique appartient d'ordinaire au genre d'inflammation que l'on appelle de mauvaise nature (unheallhy). Elle ressemble quelquefois à l'ophthalmie scrol'uleuse interne, plus fré- (luemmenl à l'ophlbalmie arthritique. Les symptômes sont souvent tels, qu'un médecin au courant de l'ophtlialmologie allemande diagnosli- (|uerait à l'instant l'iritis arthritique. Ainsi que nous l'avons déjà dit, >i l'on emploie le mot arlhrilique comme un terme de convention l)our indiquer une variété d'alfection oculaire caractérisée par un certain cortège de symptômes, on peut très bien l'admettre; mais s'il est pris rigoureusement dans le sens de goutteux, appliqué à l'atteclion qui nous occupe, il est absolument incorrect. Il peut y avoir dans la constitution des individus sujets à Tophlbalmitis sympathique quelque chose de spécial résullanl de leur genre de vie et de la nature de leur alimentation ; mais on n'en peut inférer qu'ils sont sous l'influence (le la dialhèse goutteuse. Il est bien plus probable que les symptômes ->i caractéristiques qui se produisent, et que les Allemands appellent arthritiques, sont dus à la nature du tissu attaqué et à la manière spéciale dont il est affecté.

On peut menlionner parmi les symptômes généraux la précipitation (lu pouls, la soif, la couenne marquée qui se produit sur le sang tiré (le la veine, la pâleur du teint et une conslipation opiniâtre. En effet, la santé a éprouvé une certaine altération, résultant de la séquestralion, du manque d'exercice et du traitement nécessité par l'accidenl primitif, et c'est d'ordinaire lorsque le sujet est ainsi débilité que I affection sympathique se déclare.

6. Ratio symptomafimi.—Ce fait que, lorsque qu'un œil est malade autre est sujet à s'affecter de la même façon, a depuis longtemps attiré rattention. L'inflammation, l'amaurose, la cataracte surtout se comportent ainsi : c'est ce que l'on a appelé consensus oculorum.

Une petite fille qui venait à la consultation externe du Glasgow Eye ïnfirmary présentait un curieux exemple de la tendance à l'affection sympathique des yeux. Elle était affectée de Irichiasis, de xérome de ia conjonctive palpébrale et d'épaississement avec opacité de la cornée. Lorsqu'elle se présenta, ces symptômes étaient depuis plusieurs années

1':26 OPUTHALMIES.

bornés au côlé gauche; mais plus lard la même série de symplùme rominença à se montrer à l'œil droil, seulemeul à un moindre degré. Les mêmes cils se renversèrent en dedans, la même portion de la conjonctive devint sèche, et la même portion de la cornée opaque.

Deux malades qui venaient à rinlii-mcrie à peu près à la même époque que cette enl'ant, présentèrent lexeinple d'amaurose sympathique et d'oscillation du glohe de l'œil. Chez l'un d'eux, l'œil gauche avait été détruit par un coup, et huit jours après, le droit avait été pris d'oscillation et d'un grand obscurcissement de la vision, mais sans inflammation. L'histoire du second malade est moins claire, parce que l'accident qui détruisit la vue de l'œil gauche et qui provoqua l'absorption presque complète de l'iris, arriva dans son enfance; mais il nous offrit un nouvel exemple d'amaurose et d'oscillation sympathiques.

Le docteur Albers (1) rapporte le cas d'un campagnard qui, dans une lutte avec un de ses frères, fut frappéà l'œil droit par la dent d'une fourche, qui lésa gravement la cornée et l'iris. La plaie guérit sans qu% la vision fût complètement perdue. Trois jours après la blessure, lé malade s'aperçut d'une diminution de la vue de l'œil gauche, qui présenta une opacité distincte dans la pupille. Cette opacité s'accrut si ra^ pidement, qu'en huit jours on vit se déclarer tous les signes d'une cataracte confirmée. Six mois après, il fut opéré par le professeur Jung, de Marbourg, mais sans succès et resta complètement aveugle. Albert demande si ce fait ne prouve point la décussalion des nerfs optiques^, question à laquelle Ilimly répond par la négative. Lors même que l'o supposerait, dit-il, que la cataracte, dont la brusque formation est très, remarquable, ait été réellement la conséquence de la blessure seule,; sans l'intervention d'aucune altération prédisposante, on observe fré^ quemment des exemples d'un pareil consensus entre les dents correst pondantes des deux côtés 'de la face, sans que personne songe à l'ex* pliquer par une décussalion ou une communicatiou nerveuse.

Malgré cette objection de Himly, il est également reconnu que le organes les plus aptes à provoquer dans les autres parties du corps des accidents sympathiques, ou à s'affecter eux-mêmes sympathique, ment, sont ceux dans lesquels le système nerveux est le plus développé; qu'il n'y a pas d'organes dont les maladies exercent l'un sur l'autre une influence plus marquée que les deux yeux; qu'il n'y en a pas dans lesquels le système nerveux soit plus développé et les nerls des deux côtés opposés dans un rapport aussi intime.

Il n'est pas invraisemblable que, dans les cas que nous examinons, les vaisseaux sanguins de l'œil malade se trouvant dans l'étal de cono-estion propre à Tinflammalion, transmettent à ceux du cote oppose avec lesquels ils communiquent dans le crâne, une disposition sembla-

(1) nimly und SclimhU'.s Cphllu.lmologisclic'liibliolhck, vol. II, n- 5. p. 169. Icna,

OPIITIIALMITIS UKl-LEXK OU SYMrATlIlQDE. \Àt

l)lc à celle dans laquelle ils se Irouveiil eux-mêmes. Les nerfs ciliaires (le l'œil blessé peuvent aussi servir à iransmellre aux nerls de la troisième el de la cinquième paires une irritation que le cerveau, par voie rénexe, i)cul ti'ansmettre aux mêmes nerfs du côté opposé. Je crois néanmoins que la principale voie par laquelle se produit rophlhalmitis sympathique, est l'union des nerfs optiques. Les recherches des anatomisles modernes ne tendent qu'à confirmer la conjecture de Newton (I), que le nerf opti(|ue d'un œil se portant en arrière cl rencontrant celui de l'autre œil, tous deux mêlent leurs libres et éprouvent une décussation partielle. Il est extrêmement probable que la rétine de l'œil blessé est dans un état d'inllammation qui se propage le long du nerf optique corres])ondant jusqu'au chiasma, et que de là l'irritation innaminaloire est rélléchie à la rétine de l'œil opposé, le long de son nerf optiijue.

7. Diagnostic. — Le commémoratif suffira en général pour prévenir toute diUiculté dans le diagnostic. L'ophlhalmilis sympathique peut être compliquée par la scrofule, et revêtir en grande partie l'aspect scrofuleux ; elle peut être compliquée de syphilis, ce que l'examen (le la gorge et de la peau du malade, ainsi que l'histoire de sa santé antérieure, pourra faire reconnaître. Ces complications rendent sans aucun doute les symptômes plus graves, mais influent très peu sur le traitement à employer.

8. Pronostic. — Le pronostic est si défavorable, que c'est un devoir pour le médecin appelé à donner des soins à une personne qui a reçu une blessure grave de l'un des yeux, de se tenir dès le début en garde contre toutes les causes qui peuvent provoquer l'ophthalmitis sympathique. Lorsque la maladie est déclarée, le traitement le plus actif se montre en général inefficace. Je n'ai que très rarement vu se rétablir un œil atteint d'ophthalmitis sympathique. De fréquentes récidives finissent généralement par amener la destruction de la vision.

9. Traitement. — Le repos, les moyens antiphlogistiques, l'usage interne du mercure, l'application externe de la belladone, constituent les principaux points du traitement. Ces moyens, ainsi que nous en avons surabondamment acquis la preuve, ne sont pas suivis de beaucoup de succès. Néanmoins, on aurait tort de les négliger. Chez un petit garçon, au Glasgow Eye Infirmary, on se trouva très bien de l'iodure de potassium, après que le mercure eut rendu la bouche malade.

Le seul cas d'ophthalmitis sympathique que j'ai vu guérir complètement s'était déclaré dans Vm\ droit, à la suite d'une plaie de l'œil gauche, dans laquelle une aiguille à emballage avait percé la cornée près de sa circonférence; la pupille était attirée d'une manière permanente vers la plaie. Je mis le malade à l'usage combiné du calomel cl

(1) Opticks, qucry Ib.

OPIITIIALMIKS.

du sulfalc (Je quinine, cl j'eus la salisfaclion de voir les symptômes céder complélcmenl, à ce mode de Irailemcnl. J'ai trouvé que l'inhalation delà vapeur d'éllier suiruri<]ue allège d'une façon mar(iuée les symptômes de l'ophtlialmitis sympathique.

M. Wardrop (1) nous apprend qu'il existe chez le cheval une affection oculaire Ircquenle qui ressemble à une inllammation spécifique, attaque d'abord ordinairement un œil, puis l'autre, et finit tôt ou tard par détruire la vision. Les vétérinaires savent que si l'œil an'ecté le premier suppure et s'atrophie, la maladie n'attaque point l'autre, et qu'elle s'y arrête, même si elle y avait déjà commencé. Ils ont donc l'habitude de détruire l'œil malade pour sauver l'autre. Les moyens qu'ils emploient pour cela sont grossiers; ils consistent à mettre de la chaux entre les paupières ou à enfoncer un clou dans l'œil, afin d'y provoquer une inflammation violente et la suppuration. M. Wardrop a fréquemment employé ce traitement avec succès chez le cheval; mais il détruisait l'œil en incisant la cornée et en faisant échapper à travers l'incision, le cristallin et l'humeur vitrée. «On pourrait, dit-il, obtenir aussi quelque avantage en appliquant avec discernement à l'homme, dans certaines affections oculaires où le mal, attaquant d'abord l'un des yeux, passe ensuite à l'autre pour y déterminer la cécité complète, l'opération qui réussit si bien chez les animaux. »

Là pratique indiquée par M. Wardrop a été adoptée de nos jours, quoique par suite d'idées un peu différentes, par M. Barton, de Manchester, dans les cas de plaie de l'œil par des fragments de capsule à percussion. Le lecteur peut voir (t. I, p. 621) la méthode qu'à employée en pareil cas M. Barton.

M. Crompton (2) rapporte que, dans l'un des cas qu'il a vu traiter par M. Barton, la vision de l'œil non blessé avait été presque détruite par l'inflammation sympathique, et que, suivant toute probabilité, les autres cas se seraient terminés de la même façon sans le traitement adopté. M. Barton, il est vrai, ouvre l'œil blessé, dans le but d'extraire le fragment de capsule dont la présence est, suivant lui, la causede Tinflammation sympathique. Il ne se borne pas à ouvrir la cornée, il en retranche un lambeau étendu, applique alors un cataplasme, et attend que le corps étranger soit expulsé. Dans les caspubliés par M. Crompton, cette pratique paraît avoir non-seulement débarrassé les malades des souffrances que leur faisait éprouver l'œil blessé, mais arrêté de plus l'affection réflexe qui menaçait l'autre. Ces faits doivent donc encourager à imiter cette conduite, non-seulement dans les cas où l'on soupçonne que quelque corps étranger est logé dans l'orbite, mais encore dans tous ceux où, l'un des yeux se trouvant désorganise et privé de la vue, l'autre semble menacé de destruction par l'inflammation

(1) Op. cil., vol. Il, p. 159.

(2) Loiidoii Médical Gazelle, vol. XXI, p. 175.

0PHTIIA1.MITIS UÉILEXE OU SYMI'ATIIIQL'E.

svinpalhiquo. On ne saurait nicllrc en doule que la conduite de M. Harlon doive cHre iniilée dans les cas où Ton soupçonne la présence (l'un corps étranger; mais pounjuoi hésiterait-on à l'essayer dans les autres? Pourquoi ne pas ouvrir un œil dont la vision est détruite, alors (|uecelte opération donne l'espoir fondé de sauver l'autre (I).

[Le docteur A. Prichard, chirurgien au lirislol Royal In/irmary, fonscille l'ablation totale du glohe de l'œil, siège de la blessure qui a provoqué l'opluhahnie sympathique (T). Il cite à l'appui de son opinion deux observations dont l'une a été publiée par lui il y a quatre ans, dans le Provincial and Stirgical Journal, 5 février, 1851 , p. 66, oi dont voici la seconde :

Obs. 410.— J. I)... s'inlrodiiisil accidciilcllemciil clans l'œil gauclic un couteau do bouclier qui divisa la cornco, l'iris cl le crislallin. Quand je le vis deu.v jours après, le cristallin clail opaque, cl l'on voyait quelques lambeaux de la capsule flotlanl dans la cbanibre antérieure. L'œil se guérit graduellement; mais pendant le travail de guérison, il lut conslaniiiieiil douloureux eleomnienea à s'atrophier. L'œil droit devint alors sensible et ne supporta la lumière qu'avec peine; la sclérotique s'injecta et les larmes coulèrent en abondance. 11 lit! s'ouvrait qu'avec douleur, et pendant deux mois le malade ne put se livrer à ses occu- [lalions, et la vision commença à s'obscurcir. Dix semaines après l'accident, je pratiquai, ai)rès avoir cliloroformé le malade, l'ablation de ce qui restait de l'œd blessé. Au bout de SIX jours, l'œildroitsupportaitplusfacilenientia luniièreetle gauche était guéri. Le malade prit alors un fioid et il survint de la douleur dans les deux orbites ; mais quatre semaines après l'opération, la guérison était parfaite. Je l'ai revu fréquemment depuis; l'œil restant est fort et jouit d'une bonne vue. Cet homme peut continuer son métier de boucher»

M. Prichard donne, à la suite de cette observation, un tableau de vingt cas de cécité complète, survenue chez des personnes qui toutes avaient commencé par perdre un œil d'ophthalmie traumalique et chez lesquelles l'autre s'était détruit plus ou moins longtemps après par une inflammation qu'il considère comme sympathique; opinion admissible pour quelques-uns, mais très contestable pour plusieurs autres où l'affection présumée sympathique ne s'est développée que cinq et même six ans après l'accident primitif.

D'autre part, M. R. Taylor, chirurgien an Royal London Ophthalmic Hospilal, rapporte huit cas d'ophthalmie sympathique dans lesquels il a suffi d'enlever, d'après le procédé de M. Barton, la cornée de l'œil blessé pour obtenir une prompte guérison de l'œil alfecté sympathiquement. Dans quatre de ces cas, l'œil primitivement malade avait été détruit par une inflammation spontanée; dans les quatre autres, par une inflammation traumatique. Dans tous, on a extrait ou il est sorti spontanément un cristallin ou une capsule ou un caillot sanguin, devenus le siège de dépôts calcaires; de sorte que ces faits rentrent absolument dans ceux de M. Barton, c'est-à-dire qu'il s'y agissait de

(i) Voyez des cas d'opliliiaimilis syinpatliique Iraitcs par l'incision rie l'œil blessé. Traduellon française de la 3e édiiion de cel ouvrage, p. XXl. Paris, IHU. Association Médical Journal, Mui 13, I8;)3, p. 4.11.

[(2) Association Médical Jonrnal, Oetober 6, iSU. Annales d'Oculisliquc, t. XXXII, p. 172.]

OPHTIIALMIKS.

vciilables corps étrangers auxquels ral)lalion de la coi-née a fourni une issue (1).

Il résulte de ces faits que, dans certains cas, lablation partielle ou totale d'un œil perdu j)eut sauver la destruction de son congénère syni|)atliiqucnient cndainnié. Il n est pas nécessaire de faire observer combien il importe néannjoins d'être prudent au moment de prendre une semblable détermination. L'ablation partielle nous semble de tout point préférable à l'extirpation totale. Outre qu'elle oUre moins de danger, elle laisse subsister un moignon précieux pour l'adaptation d'un œil artificiel. T. W.]

SECTIOrS XLIII.

OPUTUALMIES INTERMITTENTES.

Bien qu'à l'époque à laquelle parurent les premières éditions de cet ouvrage, on eût déjà publié plusieurs observations intéressantes d'ophthalmies revenant cbez le même individu à des intervalles de temps plus ou moins longs, ces faits ne m'avaient point paru suffisants pour me faire admettre l'existence d'une affection à retours périodiques assez réguliers pour mériter le nom d'ophthalmie intermittente (2). Depuis lors j'ai vu des cas qui m'ont porté à cbanger d'opinion ; cependant les remarques suivantes me paraissent pouvoir être encore conservées :

La douleur qui accompagne certaines opbthalmies est incontestablement sujette à des exacerbations nocturnes régulières; mais cela ne suffit pas pour faire donner à ces opbtbalmies le nom d'intermittentes. Pour qu'une ophthalmie soit intermittente ou périodique, il faut, suivant moi, qu'elle reparaisse très régulièrement après un certain intervalle de jours, de semaines ou de mois; que le retour n'en soit dû à aucune cause accidentelle apparente, mais soit en rapport avec les révolutions du temps. Si l'on étudie la plupart des cas rapportés sous ce titre, on voit qu'ils ne sont que des exemples de quelque espèce particulière d'ophthalmie revenant plus ou moins fréquemment chez le même individu, par suite de l'exposition à la même cause excitante ou à quelque autre analogue. L'ophthalmie phlycténulaire étant très susceptible de se reproduire sous l'influence d'une cause légère, semblera périodique ; les ophlbalmies rhumatismale, catarrho-rhumatismale et catarrhale, peuvent aussi paraître intermittentes à cause de

[(1) Annales d'Oculisliquc, t. XXXIV, p 2:i6.]

(2) On a cru autrefois que rindammation de l'œil du cheval, qui revient si souvent, et se lorniinepar la cécité, était périodique. On a donné ix cette cécilé le nom de lunaire {moon-bliiidiicss). parce que l'on croyait qu elle était influencée par le cours de la lune.

OPIITirALMIES INTERMITTENTES.

leur icndance à se reproduire chez ceux qui en ont une fois élé allcinls. J'ai fréquemment traité des malados ((ui, à des intervalles de trois a quatre mois, ou une fois Tan, et pondant plusieurs années de suite, presque dans la même saison, ont été atteints d'iritis rhumatismale ; mais chaque lois il m'a été facile de trouver la cause du mal dans quelque imprudence commise par le malade. Dans rinllamination arthritique, il paraît y avoir aussi une certaine tendance à la périodicité, car chaque attaque laisse les yeux pis qu'ils n'étaient et très disposés à une nouvelle attaque sous rinlluonce de causes nouvelles.

Ou trouvera la conlirmalion de ces remarques dans la lecture attentive des observations du docteur Curry et du docteur Bostock, qui tous deux ont été affligés d'attaques répétées d'oplithalmies graves (1). Quelques autres cas publiés comme des exemples d'ophthalmie intcrmitlente paraissent avoir plutôt élé des cas de névralgie, s'accompagnant, comme cela se voit souvent, d'inflammation de quelqu'une des membranes de l'œil (2). L'observation qui suit est le premier fait qui m'ait porté à renoncer à mon opinion sur la non-existence de l'ophthalmie intermittente.

Obs. Ml. — Un genlleman, âgé de 24 ans, vint me consulter en juillet 1835. 11 me dit que jusqu'à 10 ans il avait souffert d'oplitliulmie scrofuleuse. Passé cet âge, il était resté exempt de toute affection oculaire jusqu'environ dix mois avant l'époque oîi il vint me consulter. Depuis ces dix mois, les conjonctives étaient le siège d'une rougeur vive présentant des exacerbations évidemment périodiques. La rougeur offrait la teinte du carmin et différait de celle de l'ophthalmie ordinaire. Les yeux n'étaient jamais complètement exempts de cette rougeur; mais tous les six ou sept jours, il survenait une exacerbation à un œil d'abord, puis à l'autre. Une place rouge se montrait à l'une des conjonctives; la rougeur s'étendait rapidement à tout le reste de la membrane, puis le même travail survenait à l'autre œil. Ces attaques s'accompagnaient d'un certain gonfleraent des conjonctives, d'un peu de chaleur et de douleur aux yeux. Il n'y avait ni frisson, ni céphalalgie. La pholophobie n'était point marquée. Les vaisseaux de la conjonctive montraient de la tendance à empiéter sur la circonférence de la cornée. Il n'y avait ni phlycténules, ni accroissement de la sécrétion de la conjonctive. Les sclérotiques n'étaient ni épaissies, ni amincies. Il n'y avait rien aux cornées, si ce n'est quelques petites taches opaques sur le bord de celle de droite, ni à l'iris et la vision était parfaite. Au bout de 36 heures environ, les attaques aboutissaient à une crise; la rougeur diminuait graduellement jusqu'à ce que la couleur qui leur était propre reparût. Tout ce travail durait environ six ou sept jours. Suivant la remarque du malade lui-même, il paraissait y avoir dans l'œil quelque cause d'inllammation agissant en dehors de tout excitant externe, et qu'aucune précaution ne pouvait empêcher d'agir; car, dès que les yeux étaient revenus à leur état le plus pâle, il éprouvait une légère sensation de picotement, avant-coureur certain d'une autre attaque. Les choses marchaient ainsi depuis dix mois.

On avait essayé les sangsues autour des yeux; à l'intérieur, le mercure, le sulfate de quinine et l'arsenic; à l'extérieur, la solution de nitrate d'argent, celle de sulfate de zinc et le vin d'opium; le tout sans succès. On eut alors recours à la saignée du bras qui parut bien faire, mais cette amélioration ne fut que temporaire. Ce malade me consulta encore

(1) llistory of a case of Rcniilling Opiillialmia, and ils succcsfui Trcalmeiil by Opium, hy Jajiks CoiiiiY, M. D. Mcdico ChirurgIcal Traiisaclions, vol. 111, p. 548. Loiuloii, 1812. Cascof a Periodical Affcclion of the Eyes and Chcst, by John Bostock, M. D. Ibid., vol. X, p. ICI. London, I8in.

(2) Voyez lIuETEn, Cii-afc und Walllicr's Journal dcr Chirurgie und Augenheilkundo, vol. Xll, p. 271, vol. XIII, p. 93. Berlin, 1828,1829.

OPinilALMlES.

en mars 1838. Sa maladie avail persiste sans grand cliangemcnl. L'intervalle entre les attaques était peut-être un pou plus long ; il était i)lul()t de sept que de dix jours. L'opaeité observée sur le hord de la cornée avait siiiil un aceroissemerit très-notable. Il existe actuellement à chaque cornée une sorte d'arc manquant en liaut, mais occupant diins une large étendue le reste de la circonlerence. Ces anneaux avaient une couleur d'un blane i jaunâtre particulier, de sorte qu'ils rcss(!mblaienl à du pus ou à de la substance osseuse, ils avaient été en s'accroissant pendaiil di\-liuit mois. Le malade s'était adressé aux chirurgiens et aux oculistes les plus éminents de notre pays, mais sans tirer aucun avantage de leurs prescriptions. Il avait eu recours aux ventouses d'après l'avis de l'un, au fer d'après l'avis d'un autre. Mon ami, le docteur Staberoh, de Berlin, qui le vil avec moi, conseilla l'iode à l'intérieur et les frictions stibiées à la nuque. Le malade m'écrivit quelque temps après que ces remèdes avaient été aussi peu ellicaces que les autres, l^e 10 juillet 1839, son médecin ordinaire m'informa que la maladie continuait à faire des progrès.

Tel est le premier cas évident d'ophllialmie inlermillcnlc que j'eus occasion d'observer. Il ressemble à ceux décrits par Benedicl, n'affectant aussi que les parties externes de l'œil, et oiïrant les symptômes du taraxis (1). Le type en était sextane ou septane. Il a de l'analogie avec la maladie décrite par Staub (2) comme une congestion plutôt que comme une ophthalmie. Cet auteur l'appellerait une fièvre intermittente locale.

Obs. 412. — Un gentleman d'environ KO ans me consulta en décembre 1838. Les deux conjonctives offraient une rougeur très-considérable, d'une teinte assez livide, et n'étant, à vrai dire, ni réticulée, ni zonulaire. Les conjonctives paraissaient plutôt teintes en rouge qu'enflammées. La rougeur, moindre sur la moitié supérieure des globes oculaires que sur l'inférieure, était surtout marquée au côté temporal. Il n'y avait ni épaississement considérable des conjonctives, ni chémosis, ni sécrétion morbide; les paupières n'étaient aucunement collées le matin; il n'y avait point dans les yeux de douleur ni de sensation de gravier. On voyait entre la sclérotique et la cornée un cercle blanchâtre étroit. La cornée, l'iris et la pupille de chaque œil étaient naturels et la vision parfaitement bonne. Le malade se plaignait d'une sensation de froid dans les yeux, qu'il faisait passer en les chauffant au feu, habitude dont ses médecins avaient coutume de rire, lise trouvait mieux cliaque fois qu'il allait en plein air, et la rougeur diminuait. Mais s'il rentrait et lisait pendant une demi-heure, la rougeur augmentait. La lumière du gaz, loin de l'incommoder, lui était agréable. Il y avait des alternatives de mieux et de pis, mais les exacerbations n'étaient point régulières. L'intermittence, si elle exislait, était journalière, l'amélioration survenant lorsque le malade sortait de chez lui l'après-dînée. Le vent, même celui d'est, ne nuisait point à ses yeux.

Cette ophthalmie durait depuis deux mois. Le malade avait été longtemps sujet à des douleurs névralgiques dans la poitrine, le dos et les cotés. Pouls à 66, point de frissons ; peau d'une chaleur agréable, mais sèche, et ne transpirant qu'avec difflculté, excepté après un exercice actif.

J'ai appris que, cinq mois après m'avoir consulté, le malade était encore dans le même état. D'après l'aspect de ses yeux, je considérai la maladie comme étant essentiellement la même que celle qui existait dans le cas précédent, bien que le caractère intermittent fùtassez obscur.

Obs.A{3.—'Une dame de haut rang, qui, chaque été depuis deux ans, avaitpris deforles doses de sulfate de quinine pour combattre la hay-fever, fut prise brusquement d'obscur-

(1) Benedicl's Handbuch der praklischen Augcnlieilkunde, vol. Il, p. G. Leipzig, 1825.

(2) Zeitschrifl fur die OpliiUalrnologie, vol . IV, p. 371. lleidelberg, 1835.

OPIITllALMIES INTERMITTENTES.

.isscmont (le la vision dans l'œil droit H dos symi)lônies externes do I innamnialion. i Ssmi'cllo vint nie coiisultrr en niai 18W, l'inllaninialion occupait |.rincl|ial..'nienl la relinc, pL ot la capsule cristalline antérieure. La pupille élait conlraclée et irréguliere, Tiris Wi M-é de couleur, sa circonférence paraissant amincie et i)arseniée de petits points rouges, ressvniptôines ainsi que l'obscnrcissenienl delà vision cédèrent aux sani;sues,au caloinel avec i'oi'iuni et à la belladone. l.ors(pie j'eus donné mes soins à la malade peiidaiil (luelque temps je nrapercus cpie son mal subissait une exacerhalion évideiile Ions les sept jours. Cliaaue paroxysine débnliiit par une douleur pins ou moins vive dans l'œil, se nianirestanl surtout la nuit, et par une au!;uienlatioii de roliscurcissement de la vue. Ces symptômes allaient en s'accroissanl iieiulanl deux jours et s'apaisaient jusciu'à la (in d'un nouveau septénaire, époque à hniuelle ils revenaient acconipagnés souvent d uii léger Irissoii. On empêcha en grande partie ces recliules à l'aide de petites doses de sullate de quinine.

Kn décembre, la même série de symptômes se manifesta dans l'œil gauche; il y eut des adhérences du bord pupillaire à la capsule, dont on iriompba à l'aide des iiiêiiies remèdes que l'on avait employés pour l'œil droit. Le dixième jour du Iraileiiieiil, les adhérences se déchirèrent, l'œil se trouva exempt do rougeur et paraissait parlaitemeiil bien. Le lendemain, la malade ont un frisson suivi de douleur dans l'œil, avec rougeur et léger œdème, et la 'pupille se montra de nouveau irrégulière et contractée. Sous riiillueiice du ealomel avec l'opium et do la belladone, l'œil se rétablit de nouveau et la malade lut mise à l'usage du sulfate de quinine avant de quitter Glascow.

Deux ans après, j'eus le déplaisir d'apprendre que la maladie était revenue et s'était terminée par une amaurose.

Ce cas élait évidemment une iritis chronique inlermillente à type seplane (1).

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