OPHTHALMIES
d asseoir le diagnostic. On a signalé, pai-mi les signes diagnostiques de cette iritis, les aspects les plus divers, ce qui démontre suflisammenl que, pour la distinguer de l'iritis rluinialismale, il faut s'appuyer sur autre chose que sur les difl'érences que Ton peut observer dans les symptômes communs de la maladie. J'en excepterai peut-être la coloration jaunâtre ou rouillée de l'iris près de son bord pupillaire, qui s'observe certainement dans beaucoup de cas syphilitiques, et dans ceux-là presque exclusivement.
Béera décrit deux particularités caractéristiques de l'iritis syphilitique: le déplacement de la pupille, et des condylomes prenant naissance sur l'iris.
Le premier de ces symptômes consiste dans lui mouvement graduel de la pupille qui se porte en haut et en dedans ; de sorte qu'au lieu d'être située au centre de l'iris comme à l'état normal, elle se trouve placée beaucoup plus près du bord supérieur et interne de cette membrane. J'ai observé ce déplacement dans l'iritis chronique rhumatismale, et encore plus fréquemment dans la sclérotite scrofuleuse non accompagnée d'iritis. Je ne peux donc pas le considérer comme un signe diagnostique de la forme d'iritis qui nous occupe. Qu'on l'observe quelquefois dans cette affection, c'est ce que je ne mets point en doute; mais je pense que c'est non un symptôme d'iritis, mais bien plutôt celui d'une affection des nerfs ciliaires ou iriens.
Quant aux condylomes décrits par Beer comme caractéristiques de cette maladie, ce sont réellement de petits tubercules, des pustules ou de petits abcès, qu'on ne rencontre que très rarement dans les cas qui ne sont pas syphilitiques, et qui sont généralement accompagnés ou précédés d'une éruption syphilitique sur le reste du corps. Lorsqu'ils commencent à se montrer, ils sont d'une couleur bruue-rougeàtre; leur surface, qui est un peu irrégulière, parait recouverte d'une quantité innombrable de petits vaisseaux rouges lorsqu'on l'examine à travers une forte lentille. Plus tard, ils prennent une teinte jaunâtre, font saillie à la surface de l'iris, et s'accroissent quelquefois au point de toucher presque la cornée. Le docteur Monleath supposait qu'ils se formaient quelquefois derrière l'iris, le refoulaient en avant et se frayaient un passage à travers ses fibres. A la lin, ils se rompent et laissent échap|)er dans la chambre antérieure le pus qu'ils conlienuenl; puis le kyste se contracte. Mais comme la portion correspondante du bord de la pupille adhère presque toujours à la capsule, à mesure que la rétraction du kysie s'opère, le bord ciliaire de l'iris est sujet à se séparer de la choroïde, ou bien ses libres sont déchirées ou absorbées ; de sorte que l'uvée apparaît à la vue avec sa couleur noire, ou qu'il se forme dans l'iris une ouverture qui ne se ferme plus jamais complètement.
Les tubercules peuvent se former sur tous, les points de l'iris, contre
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la pu})illc, près du bord ciliaire , ou daus Icspace inlcrniodiaire à ces deux poiuls. Lorsqu'ils soul situés près du bord ciliaire, ils disparaissent quelquefois de la cluunbre antérieure, soulèvent la choroïde et la sclérotique derrière la cornée, et se rompent à Icxtérieur. Je n'ai jamais observé cette terminaison ; mais j'ai vu plus d'une fois cette maladie combinée avec une tuméfaction d'un rouge sondjre, ressemblant un peu à un phlegmon, derrière la circonférence de la cornée, et se terminant par l'amincissement de la sclérotique et la saillie de la choroïde.
Quant à la question de savoir si ces tubercules ne se développent que daus les cas syphilitiques, je dois dire que j'ai vu un petit kyste jaune se former sur la surface de l'iris dans un cas d'irilis rhumatismale; mais c'est là un fait rare (1). L'existence de tubercules doit donc faire naître de suite la pensée qu'il s'agit d une iritis syphilitique.
Si l'on néglige cette maladie , non-seulement la pupille se ferme promptement et se soude à la capsule par l'intermédiaire de la lymphe épanchée , mais l'aspect de l'iris éprouve encore des changements remarquables et beaucoup plus prononcés que dans toute autre espèce d'iritis. La cornée elle-même se trouble et présente de petits points bruns. La chambre antérieure diminue d'étendue parce que l'iris est poussé en avant et que la cornée elle-même voit son diamètre diminuer. La sclérotique, la choroïde, la rétine, participent à l'inflammation, la réline devenant insensible à la lumière, et la choroïde faisant çà et là une saillie d'un bleu foncé à travers la sclérotique amincie. Un malade du Glasgow Eye Infirmary , convalescent, fut plusieurs semaines sans se faire voir ; lorsqu'il revint, son œil droit oflVait autour du côté temporal de la cornée un slaphylôme de la choroïde étendu et proéminent; la circonférence de la pupille était attirée en arrière, et la surface de l'iris jaunâtre. L'œil, en cet état, jouissait encore d'une vision passable.
L'irilis syphilili(iue existe à des degrés très divers, et ses suites présentent aussi beaucoup de variétés. Quehjuefois le diamètre de la pupille est doublé, le centre restant noir, tandis que sa, circonférence est entourée de tubercules. Le malade ne voit que peu ou pas du tout, en pareil cas, à raison de l'état de la rétine ; néanmoins, l'œil peut alors se rétablir complètement par suite d'un traitement approprié. I.orstiu'elle n'est point combattue de bonne heure par le mercure, la maladie se (ei'mine par l'occlusion de la pupille, l'oblitération des eliambres antérieure et postérieure, et l'alrophie du globe de l'œil.
Contrairement à ce qui se voit dans l'iritis rhumatismale négligée,
(I) I/iipparilioiid lin pareil kyslc dans Tirilis rliiiinalismale doil ôlrc considci i-c comme tout il liiil anormale. J indiqtierai ici iineparticularilé (jni ii qiii'liitu- analogie avec eeile-ei ol (|nc j'ai rcnconircc une fois dans lirilis rliuinalismale. ,le veux parler de lapparilion de vaisseaux rouges sur loule a surlacc de 1 iris. I.u maladie avail Irois scinaiiios de durée, et cenendaiil aucun cpancliemeiil de lymphe n'avail, encore eu lieu.
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rinflammiUioii, dans Tirilis sypliililiquc, ne s'use point d'elle-même, el ne se termine point simplement par la perle de la vision, duc à l'occlusion de la pupille; mais elle s'étend d'un tissu de l'œil à un autre, jusqu'à ce que la totalité de l'organe soit englobée dans un processus désorganisaleur qui laisse à peine des traces de la structure normale des parties.
Dans les cas extrêmes , le cristallin et le corps vitré désorganisés se convertissent en une masse pultacée qu'on peut voir, à la fin, saillir sous forme de points blanchâtres, à travers la choroïde et la sclérotique. Quand la maladie eu est arrivée à ce point, il est impossible que l'œil se rétablisse et qu'il conserve sa forme normale. La ponction de l'œil, en pareil cas, n'apporte qu'un faible soulagement aux souffrances qu'endure le malade; ce n'est point une collection de pus qui donne à l'organe l'aspect que nous venons de décrire, et il ne s'écoule rien lorsqu'on plonge la lancette à travers la coque oculaire. Si l'on administre alors le mercure de manière à agir sur tout le système, l'œil s'affaisse et se réduit à un petit volume; mais si l'on n'a point recours à ce médicament , qu'on l'administre à trop faible dose, ou ([ue l'on en cesse ti op tôt l'usage, la sclérotique peut se rompre et livrer passage à une excroissance fongueuse. A la lîn, la violence des douleurs, dans l'œil et la tête, l'inefficacité des opiacés , la fièvre el la débilité qu'elle entraine, et la difformité qu'occasionne l'œil désorganisé, obligent à en pratiquer l'extirpation.
Dans beaucoup de cas d'iritis syphilitique, le traitement a pour effet de faire complètement disparaître les symptômes objectifs de la maladie; mais la rétine tombe dans un état d'insensibilité plus ou moins complète.
L'intensité de la douleur varie beaucoup dans celte maladie. En général, elle est considérable dans l'œil et autour de l'orbite, s'accompagne de larmoiement et de photophobie, et, comme les douleurs syphilitiques des os, s'aggrave beaucoup pendant la nuit.
Symplàmcs généraux. — Cette affcclion est le plus souvent accompagnée de manifestations évidentes de cachexie syphilitique. Le pouls est vite, les forces diminuées , l'appétit perdu , le teint paie el maladif, et la peau recouverte, surtout la nuit, d'une transpiration visqueuse. Si l'irilis syphilitique a été négligée pendant longtemps, et si elle a été accompagnée de douleurs nocturnes inlenscs, le malade cstémacié et fort affaibli. Les symptômes locaux de syphilis secondaire avec lesquels j'ai vu le plus souvent l'iritis syphilitique associée, sont des éruptions pustuleuses , papuleuses ou squameuses, sur la lace ou le reste du corps, et ensuite les ulcères de la gorge. Les pustules de la lace que j'ai observées en pareil cas étaient souvent d'un rouge livide, sombre, volumineuses, dures, et situées si profondément dans la peau qu'elles mérilaicnt j)resque le nom de tubercules. Les érup-
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lions squameuses de la face se soiil parCois rapprochées de la forme aréolaire de la lèpre. Sur le resle du corps, réruplion a revêtu, eu général , une forme plus aiguë ; l'aspect a été celui de points circulaires nombreux élevés au-dessus du niveau de la peau, d'une teinte rouge-brune, de la dimension de la moitié d'un pois, et se terminant par la desquamation de minces pellicules épidermiques successives, laissant des taches d'un rouge cuivré, au-dessous desquelles manque le corps muqueux (rete miicosum); de sorte que, en y passant le doigt, ou sent une dépression qui persiste pendant toute la vie.
Chez les enfants. — L'iritis est assez souvent la conséquence de la syphilis congénitale et constitue quelquefois le premier symptôme qu'on en observe. Outre la rougeur zonulaire et le changement de coloration de l'iris, on voit assez souvent, en pareil cas, la capsule du cristalhn devenir complètement rouge. Au bout d'un certain temps, la pupille se ferme, la chambre antérieure se remplit de pus, et la cornée devient opaque. L'éruption cuivrée habituelle se montre sur tout le corps. L'enfant peut avoir reçu la maladie du père sans que la mère ail éprouvé aucun symptôme syphilitique.
[Un cas bien prononcé d'iritis syphilitique sur un enfant de 4- mois, s'est présenté au Lonclon Ophtlialmic Hospital. Indépendamment de ce cas, M. Dixon en a observé un autre sur un enfant de trois mois, chez lequel il ne manquait que l'aveu de la mère pour établir d'une manière positive la nature spécifique de l'affection. Voici ces deux observations (1).
Obs. 388. — W.F.J., âgé de 4 mois, fui apporté n l'Iiôpilal le 19 février 1852. C'esl un enfanl i)ien venant, vif, prenant bien le sein, et ayant, au rapport de sa mère, toujours été tel depuis sa naissance. Il y a huit jours, elle a remarqué que la sclérotique de l'œil droit devenait rouçie strié et que l'enfant semblait fuir la lumière. Ces deux symptômes s'étaient dissipés lorsque je le vis, et l'al)sence de rougeur de la sclérotique contrastait avec l'étendue de répancliement librineux qui se montrait dans la cliamiire antérieure. La cornée était transparente; la moitié supérieure de l'iris, de couleur grise, ne présentaitancune altéralion de structure ; la moitié inférieure était complètement cachée par le dépôt d'une masse irrégulière, d'une teinte jaune de Napics pâle, qui arrivait jusqu'au contact de la cornée cl remplissait complètement la cliambreanlèricure jusqu'au niveau du centre de la pupille; celle-ci, plutôt dilatée que contractée, était déformée, insensible à la lumière, et une pellicule d'une substance semi-lluide, qui empiélail sur la capsule, en rendait le contour peu distinct. A celle époque, rien ne nous indiquait l'existence de la syphilis chez la mère ou l'enfant ; l'absence de rougeur sur la sclérolique et la conjonctive me porta à considérer le dépôt de la chambre antérieure comme étant de nature scrofuleuse. L'étal des inteslins paraissait satisfaisant ; on se borna à prescrire, lors de cette pronuère visite, cinq goulles de liqueur de quinquina de Dattley , répétées deux fois par jour, et des fomenlalions sur l'œil en cas d'irritation et de rougeur.
23 février. L'œil est pis aujourd'hui ; la partie supérieure de l'iris qui paraissait saine a pris une tcinle sale; on ne la voit qu'à travers une iiumeur aqueuse trouble et comme contenant de la fibrine récemment épanchée, ce qui rend la forme de la pupille presque impossdileà reconnaître; la pupille gauche est devenue aussi un peu irrégulière, elThumeur aqueuse a pris, quoiqu'il un moindre degré, la teinte trouble si remarquable de
[(I) Annnii-s.l Oculisiique, 1833; t. XXIX, p. 122, el Guide lo Ihe Praclicol Sludy of Diseascs of llic Eyc, by J vmes Dixon, p. Uîi clsiiiv. I.orulon, 1833.]
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celle du côté opposé; néanmoins, il y a à peine de la rougeur sur l'une ou l aulre sclérotique. Celle fois, la mère, qui est une jeune femme jouissant à présent d'une excellenle santé, me raconte que six semaines avant qu'elle devînt enceinte de cet enfant, son mari lui avait communiqué la maladie vénérienne. Elle a eu des ulcères avec gonllemenl des glandes de l'aîne. Elle a suivi, pendant cinq semaines, la consultation externe d'un liôpilal , et vers cette époque, il lui est survenu une éruption de boutons à la face elaux bras. Les ulcères et les boutons ont cédé à un traitement mercuriel modéré. Elle alïlrme n'avoir point eu de mal à la gorge; on n'aperçoit, en cflel, aucune cicatrice sur les amygdales ou le voile du palais. Son enfant, un mois après sa naissance, a eu tout le corps couvert d'une éruption rouge, sombre et humide. Un médecin consulté administra à l'enfant des poudres (probablement le mercure à la cbaux), et cinq semaines après, l'éruption disparut, et une grandedesquamation de l'épiderme se produisit. La tendance à l'augmentation du dépôt dans l'œil droit, l'extension de la maladie à l'œil gauche, jointes aux renseignen)ents que nous avions ohtenusdelamère, prouvaient qu'iln'yavaitpasde temps à perdre pour administrer le mercure. En conséquence, on prescrit un grain de mercure A la cbaux, à prendre matin et soir; continuation de la liqueur au quinquina.— 26. Pas d'augmentation de la maladie dans l'œil gauche; s'il y a quelque chose à noter, c'est plutôt un peu moins de trouble de l'Iiumeur aqueuse : dans l'œil droit, le dépôt jaune ne l'orme plus une masse agglomérée à la partie inférieure delà chambre antérieure ; il paraît s'amolliret se dissoudre dans l'humeur aqueuse, de telle sorte qu'on peut à peine distinguer la position de la pupille à travers ce milieu rendu trouble. La santé de l'enfant est toujours bonne et il telle bien. — 1" mars. Moins de dépôt dans la chambre antérieure droite; la grande circonférence de l'iris s'aperçoit plus aisément, la fibrine s'étant rassemblée en masse plus dense vers la pupille qui esî encore plus obscurcie qu'à la dernière visite; la pupille gauche s'éclaircil rapidement et le contour en devientplus régulier. — 4mars. Les choses se sont améliorées depuis trois jours ; la circonférence externe de l'iris droit devient de plus en plus apparente; la partie la plus dense de la fibrine se voit flotlanle dans la pupille ; l'œil gauche est presque complètement bien. — 11 mars. L'iris a repris sa couleur et sa texture naturelles, excepté en haut, près du bord externe de la pupille, oii l'on aperçoit quelques veines dilatées, et un petit caillot sanguin exlravasé dans les fibres de l'iris; la marge pupillaire est dentelée et adhère dans toute son étendue à la capsule qui est recouverte d'une couche opaque de fibrine d'un jaune pâle; au centre, ce dépôt forme un petit noyau saillant : l'œil gauche est bien, la pupille claire et circulaire, la vue bonne.— 2o mars. L'œil gauche est toujours parfaitement sain, et il est survenu de grands cbangemenls à droite; une grande partie de la fibrine qui obstruait la pupille est absorbée; il n'en reste plus, au-devant de la capsule, qu'une couche Irès-mince et unie; l'ouverture pupillaire a perdu son aspect frangé; le cristallin est projeté en avant, de manière à diminuer l'étendue de la chambre antérieure ; les veines de l'iris sont encore visibles çà et là ; la santé générale est très-bonne, et la peau perd la teinte sombre qu'elle offrait au début du traitement. Continuation du mercure à la chaux, un grain deux fois par jour.
Obs. 389. — Mary Ann W., âgée de trois mois, me fut amenée de Croydon le 13 novembre 1848. A sa naissance, cette enfant paraissait robuste et bien portante; mais sept semaines plus lard, une éruption écailleuse d'un rouge brun apparut sur la plus grande partie du corps ; le médecin que l'on consulta, la considéra comme syphilitique et prescrivit le mercure à la chaux et un dixième de grain d'iodure de potassium deux fois par jour. Quinze jours environ après la manifestation de cette éruption, la mère remarqua que son enfant qui, jus(|iie-là, avait bien vu, paraissait aveugle et que ses deux pupilles oITraienl une couleur gris de pcrle.Voici dans quel état je le trouvai : Les deux yeux sont en mouvement et roulent légèrement d'un côlé à l'autre. Il n'y a pas de rougeur de la sclérotique; tous les cils sont tombés. L'iris gauche (gris) est parsemé, dans toute sa moitié inférieure, de petites niasses d'un blanc grisâtre, semblables à des grains de sable épais; la porlion interne de celle membrane est striée de lignes verticales de même couleur, comme si de la (Ibrine avait coulé sur ce point en laissant des traces après soi. La pupille est conlractée et bordée de franges de la même nature que celle du dépôt de la face antérieure de l'iris: le boi'd pupillair(! paraît adhérent à la capsule, du moins l'atropine qui a dilaté la pupille droite ne prodtn'l |U)int d'effet à gauche. Le cristallin paraît un peu nuageux. L'iris droit semble sain el le cristallin transparent; mais sa capsule présente une tache blanche en forme d'e croissant qui borde l'ouverture pupillaire; il n'y a cependant point là d'adhérence.
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car l'iilropine dilate la pupille, et alors son bord s'éloigne de la lâche. L'enfanl a des aplitlies dans la bouche et une liruplioii écaillcuse à la face. Les membres inférieurs jusiiu'aux genoux et la parlio inférieure du ventre sont couverts de taches cuivrées avec desquamation de Tépiderme. Bien que les parents niassent tous deux avoir eu la maladie vénérienne, l'état de l'enfant ne me laissa aucun doute ; j'ordonnai deux grains de mercure à la chaux, à prendre le matin et le soir.
20 novembre. L'éruption a presque disparu; plus d'aplilhes dans la bouche; les points bkmcs de l'iris gauche et la tache de la capsule droite paraissent diminuer. Deux grains de mercure à la chaux chaque soir et cinq gouttes delà liqueur de quinquina dans du lait. —27 novembre. Plus d'éruption ; reniant prend bien le sein ; l'aspect général s'est amélioré; les points et les lignes grises de l'iris gauche ont entièrement disparu, et la ligne blanche, trace de l'adhérence du bord pupillairc de la capsule, ne s'aperçoit qu'en haut eten dehors; à droite, la tache crayeuse est réduite à deux petits points indiquant les cornes du croissant. — 4 décembre. Santé excellente; la pupille droite, dilatée à l'aide de l'atropine, est légèrement irrégulière, ce qui est dû probablement à une petite adhérence de son bord externe à la capsule. Toute trace de la tache blanche qu'elle offrait a disparu, et la pupille est noire et claire. L'iris gauche paraît maintenant sain : néanmoins, la pupille est irrégulière et immobile, insensible à l'action de l'atropine, et le cristallin conserve une légère teinte laiteuse. L'enfant paraît avoir récupéré la vue à. droite et suit les objets blancs, comme une plume, du papier, qu'on agitedevantelle. — 1" janvier 1849. Deux grains de mercure à la chaux ont été pris chaque soir jusqu'à ce jour. La pupille gauche paraît encore plus petite que la droite, mais il n'y a point de traces de synéchie. L'enfant se porte bien et distingue bien les objets ; mais elle parait se servir plus de l'œil droit que du gauche. Les cils ont repoussé plus abondants que jamais. Continuation à doses décroissantes des médicaments pendant trois semaines — "25 marsl830. L'enfant est bien venante et pleine de santé; point de traces de synéchie dans aucun des yeux ; le seul reste de la maladie est mi léger trouble dans le cristallin gauche. T. W.]
Causes excilantes. — Bien que celle aiïeclion soit indubitablemenl le résultat de Taction syphilitique et qu'elle débute souvent sans aucune cause excitante appréciable, elle est souvent amenée, comme d'autres symptômes secondaires et notamment l'ulcération de la gorge, par l'exposition au froid. Des coups légers sur l'œil, un excès de travail et rinlempérance semblent, dans d'autres circonstances, avoir aidé au développement de cette affection, qu'on peut, en conséquence, considérer, au moins dans beaucoup de cas, comme l'effet de causes externes agissant sur une constitution soumise à l'inloxicalion vénérienne.
Rechules. — Lors même que l'iritis syphilitique se termine de la façon la plus favorable, l'œil reste pendant longtemps très sensible à l'action du froid et de l'humidilé. Pour peu que l'on s'y soit exposé, on peut voir revenir le cercle inllammatoire de la sclérotique, la sensibilité de l'œil à la lumière et un écoulement abondant de larmes. Pour la même raison, lorsque les désordres laissés j)ar l'iritis syphilitique exigent qu'on pratique une pu|)ille artificielle, l'opération est le plus souvent suivie d'une nouvelle inllammation qui peut faire perdre tout espoir de rétablir la vision.
Iraitement. — 1. La saùjnée générale est le plus souvent néces- -saire dans l'iritis .syphilitique. L'opinion du docteur Monlealh (1) sur
Il Glasgow .linlical .journal; vol. Il, p. 39. Glasgow, 1829.
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ce point de pratique, a sa valeur. « L'expérience, dit-il, m'a conduit à différer complètement de l'opinion des médecins qui n'ont confiance que dans le mercure pour combattre cette espèce d'iritis, et qui négligent la saignée , les vésicatoires, etc. Dans ma pratique, j'ai vu la maladie marcher rapidement vers la formation d'hypopions dangereux, malgré l'action complète du mercure, alors qu'une large saignée du bras et l'application d'un vésicaloire à la nuque arrêtaient les progrès ultérieurs de la maladie. »
J'ai été obligé de répéter plusieurs fois la saignée du bras, et d'appliquer à diverses reprises des sangsues, avant de voir les symptômes s'amender suffisamment pour pouvoir espérer quelque avantage de l'emploi du mercure.
2. Régime. — Le malade doit s'abstenir de viande et de liqueurs fermentées. Lorsqu'il est affaibli et que sa constitution paraît délabrée par la cachexie syphilitique ou par d'autres causes, on est tenté de mettre le maUide au régime animal et de lui prescrire en même temps de petites doses de mercure. Ce traitement pourra rétablir la santé générale , mais déterminera très probablement l'occlusion de la pupille.
0. Les frictions opiacées doivent être soigneusement pratiquées autour de l'orbite, une heure environ avant l'époque où l'on attend l'attaque de douleur nocturne; après quoi l'on recouvre l'œil d'une compresse de linge chauffée. Chaque fois que la douleur menace de revenir (et c'est surtout vers minuit), il faut répéter la friction opiacée. On choisira pour ces frictions, suivant les circonstances, le laudanum, une infusion d'extrait de belladone dans le laudanum, un mélange de laudanum avec la teinture de cantharides, l'opium humecté, l'onguent mercuriel opiacé, ou la teinture de tabac.
4. Mercure. — C'est dans ce médicament que nous avons surtout confiance pour arrêter l'inflammation syphilitique de l'iris et pour faire disparaître les changements morbides qu'elle peut avoir produits dans cette membrane et dans la pupille. Ce n'est point comme altérant que l'on doit l'employer. La constitution tout entière doit en être saturée et la bouche manifestement aflêctée. Dans beaucoup de cas, je n'ai vu d'effets se produire que lorsqu'il était survenu une salivation assez abondante. Je me rappelle un cas dans lequel le mercure avait été essayé par le médecin de la famille, qui l'avait abandonné parce qu'il ne produisait aucun eflet. Lorsque l'on en eut recommencé l'usage, il ne produisit d'abord que peu d'amélioration; mais le malade ayant pris pendant plusieurs jours de suite 10 grains de calomel et 5 grains d'opium i)ar jour, la bouche s'affecta tout à coup, et alors l'iritis disparut comme par enchantement. C'était un cas très marqué d'iritis syphilitique ; le corps était recouvert d'une éruption cuivrée.
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Le mélange de calomel et d'opium est la meilleure forme sous hiquelle on puisse administrer le médicament dans celte maladie. On peut faire prendre le matin, à midi et le soir, une pilule contenant deux grains de calomel et d'un quart de grain à un grain d opium, jusqu'à ce que les gencives soient manifestement affectées; ensuite on n'en administre plus que deux pendant quelque temps; et quand la mercurialisalion est plus avancée, une seulement au moment du coucher. Telle est la marche à suivre dans les cas graves, lorsqu'il importe d'arrêter sur-le-champ la maladie, d'empêcher l'eilusion de la lymphe dans la pupille, ou d'en provoquer la résorption lorsque l'épanchement eu a déjà eu lieu. Dans les cas plus légers, une pilule matin et soir suffit dès le commencement.
Le mercure a été employé sous d'autres formes dans cette affection : sous celle d'onctions mercurielles autour de l'œil surtout, et de sublimé corrosif pris à l'intérieur. Mais l'on ne peut compter sur aucune d'elles quand les symptômes sont pressants, et, dans tous les cas, ils ne valent pas le mélange de calomel et d'opium, l'action calmante et dirigeante de l'opium n'ayant pas une importance légère.
Chez les sujets pléthoriques, l'administration du mercure doit être précédée de la saignée, et accompagnée de l'emploi des évacuants et d'un régime ténu; lorsqu'il y a anémie, on peut l'associer aux prépations de fer.
Le mercure, sous quelque forme qu'on l'administre, doit être continué pendant longtemps, afin d'arrêter non-seulement l'iritis et d'en faire disparaître les eflets autant que cela est possible, mais aussi pour que la syphilis constitutionnelle soit complètement guérie. La disparition de l'iritis ne doit point être considérée comme la preuve que la constitution est débarrassée du virus syphilitique ; d'un autre côté, il arrive souvent que l'affection constitutionnelle a disparu, ou parait du moins avoir disparu, quoiqu'il reste beaucoup à faire pour débarrasser l'œil, à l'aide du mercure, de l'iritis et de ses conséquences.
5. locliire de potassium. — On rencontre parfois des cas d'iritis syphilitique dans lesquels , par suite de circonstances diverses, telles qu'une grande faiblesse du malade, une salivation intense, etc., l'administration du mercure est tout à fait impossible. Le naklicamcnt auquel on peut, en pareil cas, accorder le plus de confiance, est l'iodure do |)olassium , qu'on peut prescrire à la dose de 5 à 10 grains, trois fois par jour, en solution dans l'eau.
6. La térébcniliine a été préconisée par M. Hugh Carmichael , de Dublin, dans l'iritis syphilitique cl les autres innainmalions |)rofondes de l'œil. Les observations qu'il a ai)i)ortées démontrent évidemment (|uc ce médicament a quelquefois fait disparaître l'iritis syphilitique, et même rétabli l'état normal des parties, alors qu'il existait déjà de la
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lymphe épanchée dans la pupille, el que des luhercules s elaient formés sur la surface anlérieure de l'iris. C'est par suite de l'influence connue de la térébenthine dans la péritonite, el de l'analogie présumée entre les elléts morbides déterminés par l'innammation du péritoine et celle de l'iris, (car dans les deux cas c'est une séreuse qui est enflammée, et dans les deux cas aussi des adhérences s'établissent entre des surfaces destinées à rester séparées), que M. C. a été amené à employer cette médication. Comme c'est surtout dans l'iritis syphilitique qu'il l'a appliquée, on peut lui objecter, et il ne l'ignore point, que ce médicament n'a jamais passé pour jouir de propriétés anti-syphilitiques. Il aurait pu répondre par un renvoi au traitement de la syphilis sans mercure, ou au témoignage imposantdes faits qu'il a lui-même recueillis. Néanmoins, il semble d'abord disposé à partager le scepticisme de M. Travers, qui ne sait trop si ce que l'on considère généralement comme une iritis syphilitique est bien réellement une inflammation vénérienne, ou simplement un symptôme qui ressemble à la syphilis, ou une maladie entée sur la syphilis, ou enfin un résultat de l'action toxique du mercure. Mais dans une partie plus avancée de son travail, M. C. se déclare en faveur de la doctrine qui veut que l'action favorable exercée par le mercure, d'une manière si universellement reconnue, dans l'iritis syphilitique, soit due non pas tant à quelque vertu antisyphilitique spéciale qu'à la propriété qu'il possède d'exciter les absorbants ; et il revendique en faveur de l'huile de térébenthine une propriété analogue. Cette prétention est parfaitement justifiée par les observations rapportées par M. C. ; il a non-seulement démontré cette propriété, mais il a fait voir que la térébenthine a le pouvoir d'arrêter le processus inflammatoire d'où dépend l'épanchement de lymphe dans l'iritis syphilitique.
Quoique M. Carmichael ail le mérite d'avoir trouvé un nouveau remède d'une incontestable utilité contre l'iritis syphilitique, il ne méconnaît cependant point l'efficacité des autres remèdes. Il reconnaît que le mercure exerce, même à un degré plus efficace que la térébenthine, une action anliphlogislique et résorbante; mais il fait valoir avec raison que la rapidité avec laquelle la térébenthine se répand par tout le corps et agit par conséquent sur la maladie, jointe à ce que son action ne provoque aucune réaction fébrile, rend son emploi d'un intérêt et d'une utilité marqués, bien que l'on puisse obtenir les mêmes efl'ets d'une façon même plus prononcée à l'aide d'autres moyens.
La térébenthine se prescrit à la dose d'un gros trois fois par jour. On peut en corriger le goût désagréable et les efl'ets nauséeux en la donnant sous forme d'émulsion. Si elle détermine de la strangurie, on la combat par une infusion de graines de lin et un julep camphré. La sensation de brûlure qu'elle détermine souvent à l'estomac peut être
iniTIS SYPlIILITlQUli.
prévenue parTaddilion de 10 à 15 grains de carbonate de soude par once de térobenlhine (1).
Lorsque rinllaninuilion locale csl intense el qu'il existe dans l'œil et le côté de la tète une douleur aiguë, il ne faut à aucun prix négliger la saignée, bien que M. C. afllrme qu'alors même que ces symptômes étaient marqués, il s'est fié à la térébenthine seule, et qu'il en a recueilli les avantages les plus marqués. Il importe aussi de veiller à l'étal des intestins , les efl'ets avantageux de la térébenthine paraissant suspendus lorsqu'il y a constipation, pour ne reparaître qu'alors que l'on a triomphé de celle-ci. Le repos absolu, s'il n'est pas complètement indispensable, ajoute au moins beaucoup à l'efficacité de la térébenthine. M. C. dit que chez quelques malades, que leur position particulière obligeait à des occupations actives, on n'obtenait point les mêmes résultats avantageux, et l'influence du remède ne se faisait pleinement sentir que lorsque le repos était gardé.
Dans quelques cas, M. C. employa conjointement avec la térébenthine les sédatifs , tels que l'opium, la jusquiame, et la ciguë. On peut les prescrire à l'intérieur et à l'extérieur; on ne doit surtout pas négliger la belladone.
M. C. établit que la térébenthine n'a presque jamais manqué de procurer la cure parfaite de l'iritis syphilitique etqu'une amélioration sensible s'est presque toujours déclarée dès le lendemain de son administration. La durée du traitement paraît avoir été en moyenne de 11 jours.
D'autres praticiens n'ont point parlé aussi favorablement de ce remède. M. Guthrie (2) dit que, « dans quelques cas, ce moyen lui a réussi admirablement; dans d'autres, il n'a rendu que peu de services, et dans quelques uns, enfin, il s'est montré absolument inefficace. » M. Foote, junior (5), est disposé « à croire que la térébenthine agit en irritant le canal intestinal et l'appareil urinaire. » Il dit que les cas dans lesquels ce médicament a le mieux réussi entre ses mains, sont ceux dans lesquels il est survenu une strangurie intense , et qu'il ne s'est manifesté aucune amélioration dans les cas où l'on n'a pu déterminer celte sorte d'irritation.
[(1) Voici ce que (lil à col égard M. CAnMiciiAKL : « J'emploie dans celte alTeelion la lérébenlliine à la dose d'un gros, trois fois i)ar jonr. .l'ai Ironvc que l'énuilsion d'amandes csl le nicillcur moyen d'en masquer la saveur désngrcabic cl d cn prévenir les elTels nauséeux. Il est indispensable de parer à ces inconvénients, car ce médicament est si désagréable que, si l'on ne parvient pas à en déguiser la saveur, il n'y a pas ù compter que les malades le prennent avec la régularité désirable.
La forninle que j'emploie est la suivante : R. Olei terebentli. reetifieat. Uue.j ; vitellium unius ovi. Tcre siniul et adde gradalim emulsiones aiuygdalarum Une.iv ; syrupi eortieis auraiilii Une.ij ; spiritus lavandulo; eompositi Une iv ; olei cinnamomi gutlas très vel quatuor. Misée; sumal cochlearia larga duo 1er île die. (I) T. W. ]
(2) London Médical fjazellc ; vol. IV, p. ÎW!). London, 1820.
(3) London Médical and Surgical .lournal for Seplembcr 1831, p. 229.
(I) llcfiii CABMir.nAfi,. Obscrvnllons on Hie Efflcacy of Turpcnlinc In llic Vcncrenl nnd ollior dccp-.scalcd Inflammation of llic lîye, cic. Dublin, 18S».
OPIITHALMIES.
7. Sulfate de qiiinine. — Le doclcur Colles dil (1) que si l'irilis survient au moment où se déelare une salivation marquée, si Ton a déjà fait usage du mercure pour guérir l'iritis et qu'on a déterminé le ptyalisme sans obtenir d'amélioration dans l'état de l'oeil , ou bien encore si le mercure n'a point agi favorablement sur le système, il faut renoncer à ce médicament et en employer d'autres. C'est au sulfate de quinine à doses élevées qu'il a eu le plus fréquemment recours en pareil cas, et le plus souvent avec le plus grand avantage.
8. La belladone doit être appliquée à larges doses sur le sourcil et les paupières, matin et soir; et quand les symptômes aigus ont disparu, on fait tomber plusieurs fois par jour sur la conjonctive quelques gouttes d'une solution filtrée de cet extrait ou de sulfate d'atropine. On doit continuer régulièrement l'usage de ce remède pendant des mois, à jnoins que la pupille n'ait récupéré sa liberté et sa mobilité naturelles.
9. Les nauséeux, les sudorifiqiies, les diurétiques, les purgatifs, et la révulsion à l'aide de vésicatoires, trouvent tous leur emploi dans l'iritis syphilitique. Les vésicatoires se montrent très utiles après la saignée, et lorsque le mercure a agi sur les gencives.
[10. Lasyphilisalion. — Nous empruntons à l'ouvrage de M Sperino, l'observation suivante d'iritis syphilitique guérie par cetleméthode (2).
Obs. 390. — Chanars.— Tubercules mnqueux et excroissances ano-vitlvaires.— Syphilide. — Ulcères du tissu cellulaire soiis-cutaué profond. - - Osléocopie. —Iritis aiguë et grave. — Cachexie syphilitique. — Intolérance des préparations iodiques cl mercurieli.es. — Sijphilisation. — Petite dose d'iodure de potassium. — Récision des excroissances. — Guérison. — Placide V., femme C, âgée de 22 ans, lempérameni sanguin-lymplialiquc, consliliilion médiocre, araénorrlioïque depuis trois mois, entrée au Sypliilicôme le 16 ocloijre 1851.
Elle a plusieurs chancres : un à la face interne de la nymphe gauche, de la largeur d'environ 3 cenlimèlres, un autre de 13 millimètres près du méal urinaire, et quelques autres plus pelils à la vulve el à l'anus: tous sont assez avancés dans la période de Iransl'ormalion; en outre, on voit quelques tubercules niuqueux naissants et des excroissances aux mêmes régions.
C'est sa première infection ; elle date d'environ trois mois, et la malade n'a fait jusqu'ici aucun traitement anti-syphilitique.
Elle a été transportée ici de la province dans un étal maladif; elle est grosse, el pendant le voyage elle a souffert de douleurs utérines qui furent calmées momentanément par l'usage de quelques lavements laudanisés ; mais le 25, elles se réveillèrent avec plus d'intensité, et dix jours après son entrée à l'hôpital, elle avorta d'un fœtus de deux mois, mort-né et présentant même déjà des symptômes de pulréfaclion commençante. L'avor-
(I) PraolicalObscrv.on llie Vencrcal Diseascand on IlioUsr of Mpitui-v, p. IG.'i. I.oiulon, 1837 [(2) Nousnesomnu'spoinl, en siluallon de nous prononcer sur la valenr de l.i syphilisallon. D'autres praliciens, des plus rccomniandablos, onl porliS sur elle un jugemeul sévère, peut- cire prémaluré. Rn Tabsence de loule donnée fondée sur une expérience personnelle, nous devons nous bornera faire observer que lorsqu'une doctrine niédieale, quelqu'élrange qu elle semble (l al)ord, cst|ialronée par .les hoinnies eomnie Sperino de Turin el Boeck de Christiania, ,lonl riionorabililé du caraelère el la probilé scienliliqtie sont àl'abri de loule nlleinle, il n'esl point permisde la repousser avec .lédain cl sans cNainen sérieux. Nous nous croyons, en conséquence plus qn'aniorisés i\ publier dans tous ses détails el sous toutes réserves, d'ailleurs, l'observation ô!)() einpruuléeà Touvrage : De la nypliilisatlon cludicc comme mélliode curalivc cl rommc moyen pniphylndique des maladies vénériennes, par C. Sim;uino, IradHil de l'italien par ïresal. Turin, 1855, p. W5 el suiv. T. W.]
lUlTlS SYPIIILITIQDF..
lenicnl fui suivi d'une longue el grave mélro-périlonile qui empèclia (l'entreprendre un Iniitenient anli-sypliililique.
On avait à peine triomphé de cette maladie au moyen des antiplilogistiques, et celle femme comn)ençait à reprendredes forces, lorsque, vers le commencement de janvier 18S'i, il se déclara une'lièvrc intense, et au bout de quelques jours, le 9, on vit se manifester une éruption cutanée-papuleuse à papules larges de 3 à 6 millimètres, d'une couleur rouge cuivrée, peu chargée. Sur le front elle alîectail la forme confluente, cl sur le reste du corps elle était dispersée; mais ces papules étaient plus nombreuses sur les extrémités supérieures, iilles furent le siège d'un peu de chaleur el de douleur pendant toul le temps que dura la fièvre qui en accompagna le développement; on diagnostiqua l'éryllième populeux. Tous les chancres ano-vulvaires étaient cicatrisés, mais les tubercules muqueux et les excroissances persistaient encore. Sur la fin du mois de janvier, on commença un traitement mercuriel externe, en lui faisant des frictions d'onguent napolitain; mais après la quatrième friction, il se manifesta une stomatite gangreneuse très-grave, qui empêcha pendant un mois l'usage de tout espèce de traitement mercuriel. Au commencement de février, il se forma, dans la partie profonde du tissu cellulaire sous-cutané, deux abcès, un sur chaque jambe, vers le tiers moyen de la région externe; ils furent bientôt suivis de deux autres dans les mêmes régions : leur cours fut très-lent. On ne vil d'abord qu'une plaque cuivrée, large d'environ 3 cent., n'occasionnant qu'un peu de douleur el de chaleur: bientôl après, on reconnut la présence d'une matière fluctuante dans l'intérieur de l'abcès dont les parois allèrent peu à peu en s'amincissant, prirent une teinte livide et finirent par s'ulcérer. Vers la moitié du mois de mars, la malade accusa des douleurs osléocopes aux deux acromions, à la moitié supérieure de l'humérus droit, à la rotule elà l'exlrémilé de l'articulation du genou droit. On reconnut aussi l'existence de périostoses sur tous les points douloureux ; mais la principale siégeait sur la rotule droite.
Le 1" mars, après avoir triomphé de la stomatite par quelques purgatifs salins et un grand nombre de cautérisations de la muqueuse de la bouche et des gencives avec le nitrate d'argent, on recommence les frictions en en faisant une à un jour d'intervalle. On administre en même temps l'iodure de potassium à la dose de 5 décig. par jour. Ce traitement fut continué jusqu'au 20 mars, où l'on dut le suspendre à cause de l'apparition de la stomatite et d'une gastro-entérite compliquée de diarrhée. La sy'pbilide exanlhématiquc avait presque complètement disparu ; les tubercules muqueux ano-vulvaires n'existaient plus, et l'on avait coupé les excroissances ; mais il n'y avait point d'amélioration dans les douleurs ostéocopes qui empêchaient cette femme de dormir pendant la nuit, ni dans les abcès profonds des jambes, dont deux sont près de s'ulcérer, et un s'est ouvert spontanément le 17. Maintenant il offre une cavité ulcérée, noirâtre, environnée d'une large auréole d'une couleur cuivrée livide, à bords minces et décollés qui cachent la grandeur de l'ulcère, sécrétant en abondance un pus sanieux, noirâtre, âcre, dont le contact irrite et enflamme le tissu cutané sain qui l'environne. En outre, l'état général de cette femme est misérable ; elle est maigre, faible et atteinte de cachexie syphilitique.
Le 20 mars, la malade commença à ressentir dans la région sourcilière droite une douleur qui alla en augmentant pendant la nuit. Le 21, l'humeur aqueuse de l'œil droit était déjà troublée, la pupille un peu irrégulière; il y avait une injection des vaisseaux de la sclérotique; le cercle cornéal était plus rouge; en outre, elle était affectée d'épiphora el de pholophobie intense accompagnées de douleurs continuelles aiguës et lancinantes dans les régions endo-oculairc et sourcilière. En un mot, il y avail une iritis syphilitique aiguë difi-use a toute la membrane de l'humeur aqueuse. On prescrivit des purgatifs salins que l'on répéta le 22 et le 24.
25 mars.
plastique dans
inférieure et le . ,„u^„,uis gm.u»;» u miu suiuuon a exiraii ae neiladone pré-
pare selon la méthode d'OElilcr. Ce topique, la diète absolue el l'obscurité, diminuèrent de temps en temps les douleurs pendant quelques heures.
mi.l'i'Ti,?!'''!''^ nue l'exsudation de la lymphe plastique avait aug-
ïiin L H nf ' '•"^«'■'■«"■•e Je l'iris el dans le champ pupillaire, surloul vers l'angle paipcnral mlcrne; en même temps, lous les autres symptômes phlogisliques persistaient: Hrni „ \ >n' application de sangsues sur l'apophvse mastoïdo
aroite. Aujourdhui la pholophobie est plus intense, les douleurs plus aiguës, lepipliora
'-j, eue 'A't.
■ La plilogose oculaire augmente ; il s'est fait un peu d'exsudation de lymphe la chambre antérieure. On instille plusieurs [ois par jour, entre la paupière i globe de l'œil, plusieurs gouttes d'une solution d'extrait de belladone pré-
OPHTIIALMIES.
ir
plus aboiulnnl, l'exsudalion fibrineusc est augmenléc iiu poinUle ne plus laisser apercevoi la face aiilérieure de l'iris, ni la pupille. On fait une nouvelle application de sangsues à la région zygomalo-temporale droite et on continue l'usage externe de l'extrait de belladone.
Mais tous ces moyens ne servent malheureusement qu'à diminuer momentanément la phlogose oculaire. La tension du globe de l'œil fait des progrès continuels, et on craint qu'il n'en résulte des lésions incurables. Quel parti prendre ? La stomatite mercurielle, qui n'est pas encore entièrement vaincue, contre-indique un traitement mercuriel interne ou externe. La gastro-entérite empêche qu'on emploie l'iodure de potassium, qui est de peu d'utilité dans le traitement de l'irilis.
Il me parut donc que c'était le cas de recourir immédiatement à la syphilisation ; ce que je fis d'autant plus volontiers, que je n'avais jamais eu l'occasion de juger de l'effet que pouvaient produire les inoculations sur l'iritis syphilitique.
Elle a pris en tout 10 gr. d'iodure de potassium, et on lui a fait 14 frictions mercurielles : elle est aménorrhoïque.
On lui fait trente piqûres, moitié sur la région Ihoracique latérale droite et moitié sur la même région du côté gauche, avec du pus dont la virulence est certaine.
28. — Il n'y a point d'amélioration sensible : au contraire, la lymphe plastique qui se trouve sur la face antérieure de l'iris a augmenté; il y a fièvre, et la phlogose oculaire se fait sentir davantage pendant la nuit : on prescrit deux petites saignées de 140 grammes chacune, car l'état de cachexie dans lequel se trouve cette femme ne permet pas de lui en extraire une plus grande quantité. On voit naître vingt-quatre pustules sur les points d'inoculation du 27.
29. — Les douleurs de la région sourcilière ont un peu diminué; on prescrit 5 centigr. de tartre stibié dissous dans une émulsion de semences froides.
3-1 , Les pustules sont ulcérées et un peu douloureuses. L'iritis continue à s'améliorer ; peu de fièvre : — pilules d'extrait alcoolique de jusquiame noire avec des feuilles de belladone pulvérisées.
jer avril. — Depuis deux jours, les douleurs nocturnes des acromions et des rotules sont presque nulles. Deux abcès du tissu cellulaire profond, un sur chaque jambe, passeiit à l'ulcération; ils offrent le même aspect que celui qui s'est ulcéré il y a quelques jours. On les panse tous avec de l'onguent blanc et des cataplasmes énioliients.
Vingt piqûres sur la région Ihoracique droite, suivies de neuf pustules.
5. — Les douleurs des régions sourcilière et endo-oculaire ont cessé complètement; il y a déjà eu absorption d'une partie de la lymphe plastique déposée dans la chambre antérieure et dans le champ pupillaire ; la malade commence à distinguer les objets; la photophobie a disparu et l^épiphora a beaucoup diminué. Depuis trois nuits elle n'a plus ressenti de douleurs ostéocopes dans l'humérus droit; celles qu'occasionnaient les ulcères du tissu cellulaire de la jambe ont aussi beaucoup diminué. On ne voit plus de trace de l'éryllième papuleux; mais on aperçoit cà et là sur le corps, et surtout sur le dos, les cuisses et le cou, quelques pustules eclhymateuses, couvertes de croûtes, qui ont paru, il
y a huit à dix jours. , i t-i
Les chancres artificiels de la première inoculation ont de 4 à 6 milhm.; ils sont piuio
douloureux et sécrètent une grande quantité de pus virulent ; on les panse avec du cerai
et des cataplasmes. On fait le même pansement aux ulcères secondaires des jambes. 'Vingt-cinq piqûres du côté droit du thorax avec du pus de ses chancres; on n obtient que
six pustules, parce que le pus dont on s'était servi se trouvait mêlé à du céral. 11. — Il y a diarrhée depuis deux jours; on suspend l'usage des pilules d'extrait de
jusquiame et des feuilles de belladone. L'amélioration de l'irilis continue, la pupille est en