TRAITEMENT MÉDICAL DE LA CATARACTE
On a proposé trois inélliodos (lillei-oiiles pour guérir la caUiracle sans opéralion, savoir : la mélhode aiiliplilof/islique, la siimvlaiite cl la réruhive. Ou peut douiautlcr si récllenicul ces iiioyeus oui jiiuiais réussi, dans un cas de calaracte vraie, à rétablir la Irauspareuce des parlies. Beaucoup des cas de guérison qu'on a mis en avant nelaienl qaedes cas où de la lymphe plastique s'était épanchée au-devant de la capsule (1), ou bien des cas de rupture de cette nienibranc et d'absorption du cristallin opaque produite par l'action dissolvante de l'buineur aqueuse. Il est certain que, dans quelques autres, il n'y avait aucune trace d'affection du cristallin ni de sa capsule; il s'agissait de cas de glaucome avec aniaurose commençante pris à tort pour des cataractes , et soumis à divers modes de traitement, qui réussissent assez souvent à rendre à la rétine un certain degré de sensibilité.
1. La saignée et le mercure doivent vraisemblablement produire de bons effets, si l'inflammation est la cause de l'opacité du cristallin et de sa capsule. L'efficacité de ces remèdes au début des fausses cataractes, surtout des fibrineuscs, est parfaitement démontrée, mais dans les vraies cataractes on ne les a jamais ou que rarement essayés. Il y a cependant des cas où l'on en retirerait peut-être des avantages, par exemple, tout à fait au début delà cataracte de Morgagni, affection qui, suivant Beer, doit surtout son origine à une irritation extérieure.
2. M. Ware,dans une des notes qu'il a ajoutées au traité de Wenzel sur la cataracte, déclare : « qu'il espère qu'on finira par découvrir quelque remède à l'aide duquel on pourra rendre au cristallin opaque sa transparence sans recourir à une opération ; » il ajoute que «les remèdes qui, en pareil cas, lui ont paru produire plus d'ellet que les autres, consistent dans l'application sur l'œil d'une ou deux gouttes d'élher, une ou deux fois par jour , et dans des frictions pratiquées sur l'œil par-dessus la paupière, avec le bout du doigt li-empé dans un Uniment légèrement volatil ou mercuriel. »
M. Gondret, que j'aurai occasion de citer à propos du traitement révulsif de la calaracte, applique aussi des stimulants sur l'œil, et particulièrement l'électricité et le galvanisme, et les collyres ammoniacaux. Magendie (2), qui a publié un mémoire de M. Gondret sur ce sujet, considère les observations de ce praticien comme venant à l'ap-
(1) Bcnvenulo Cellini raconte à Clémenl VU que deux ealaraclcs lui étaient tombées sur les yeux, n semblerait qu'il s'agissait de deux irilis sypbililiqups, dont Bcnvenulo se gucril lui- I même par l'usage du ligmimvitœ. — Mcnioirs of Rcnvenulo Cellini; vol. I, cliiii). II.
(2) Journal de l'bysiologic, l. V, p./<.l ; Paris, 1825.
CATAIIACTE.
[)ui de ses idées sur l'influence que le nerf de la cinquième paire exerce sur la nulrilion de l'œil. y\|)rès la seclion de ce nerf, la nulriiion dà l'œil s'arrèle, la cornée devient opaque, (!t les humeurs sont Iransfoi-Î niées en une subslance (pii ressendile à du lail caillé. Comme il supj \ient des changemenis send)lal)les lors(|u'une maladie rend le nerf imî propre à remplir ses fonelions, l'hypollièse (|ui fail dépendre U calaraclc d'un délaul de l'aclion du nerf qui préside à la nulritiori d| l'œil, esl loin d'élre invraisend)lal)ie, d'autant qu'on admet générale ment (|u'elle est due à quelque maladie aiïeclant les points où le cris lallin puise sa nourriture. Si ces vues sont exactes, il esl prohabli qu'en stimulant ou en modifiant de quelque autre façon l'action dl nerf de la cinquième paire, on pourra agir sur la nulrilion ducrislalJ lin; ainsi, si le manque dinflux nerveux produit l'opacité, une exci-:} talion pourra éloigner la tendance à la formation d'une calaracte, oii même, dans quelques cas, l'établir la transparence naturelle.
5. Le mémoire de M. Gondret que nous venons de ciler, sur le traitement de la cataracte, contient un nombre suffisant d'observations pourJ mériter de fixer ratlenlion; aucune d'elles cependant ne démontrer d'une manière irréfragable qu'on puisse guérir une cataracte vraie pan les moyens qu'il préconise. Le remède auquel il ajoute le plus de con-ij fiance est la cautérisation syncipilale, pratiquée soit avec le cautère* actuel, soit avec un onguent préparé avec de l'ammoniaque liquidel fortement concentré. Je ne saurais nier, d'une façon absolue, l'efficacilél des révulsifs énergiques à détourner raction morbide qui produit lai cataracte vraie; mais, dans la plupart des cas de M. Gondret, surlouti dans ceux où l'opacité qu'on apercevait derrière la pupille avait élé; précédée d'inflammalion, il y a de fortes raisons de penser qu'il s'a-» gissait de cataractes fausses (1).
[(1) Voyez pour les cas de calaracte guérie sans opération : G, M. Lopez. Traiicmcnt médical i de la cataracte par Piodure de potassium et l'ammoniaque liquide, El Porvenir medico, r 10 nov. ISaô. Van Berciiem. Calaracte i,Miéric par un Irailement niéilical, Aiin. de la Soc. de méil. il (rAnvers, 1853, p. 268. Peuuzzi, Calai'acte guérie par le traitement mercuriel ; Gaz. méd. de 1 l'aris, KSriG.
Nous pensons que la queslion de la cnrahilité de la cataracte, sans rintervenlion d'une opération chirurgicale, doit être, en général, résolue d'une manière négative. Si, dans dis circonslances exeeplionnellcs, la vue a été remluepar le seul secours des soins médicaux à des personnes qui étaient aveugles depuis longtemps , c'est que vraisemblablement ces personnes n'étaient point atteintes de cataractes vraies. Nous ne dénierons pas ccpendani, i| et c'est la plus large concession que nous puissions faire à l'opinion contraire, que, dans » certains cas de cataracte accidentelle au début, surtout de calai acle traumatique, un irailement »| médical peut faire disparaître ro[)acité , bien que nous n'en possédions personnellement »| aucun exemple. Celle part laite aux partisans de la eurabilité médicale de la cataracte, •! liàtons-nous d'ajouter que, dans noire pensée, les tenlati\ es que l'on fait chaque jour pour j arriver à ce but sont, en général, le fait de l'ignorance ou du charlatanisme. Le chirurgien qui annonce qu'il guérit la cataracle sans opéralion, exploite honleusement la erédiiliit publique et ne fait guère que des du|>es. Heureux encore les malades qui sortent de Icui mains sans avoir eu à subir d'anires atteintes que celles portées £i leur bourse. On cite iiii vieux chirurgien qui, après avoir couru le monde pour opérer les cataractes, atteint aujourd li"' lui-même de la calaracte et incapable d'opérer encore, annonce qu'il guérit cette alTection san.< opéralion. Quand il voit qu'il n'y réussit pas, et l'on sait si les occasions doivent en èlrc rares, il prétexte le besoin d'enlever un cil dévié, jjlonge une aiguille à travers la cornée, dilaccrc la
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