OPÉRATION
Avant d'exposer les méthodes d'opérer la cataracte, il y a quelques questions générales qui demandent à cire examinées.
1. Quand un seul œil est malade, doit-on opérer de suite, ou attendre que l'autre le soit devenu aussi? Quelques chirurgiens discntqu'il faut s'abstenir à cause de la dillérencc du pouvoir visuel qui existera entre les deux yeux si l'opération réussit ; diiïéreiice qu'on peut certainement i'aire en partie disparaître par l'usage de verres convexes, mais qui sans ce moyen rend la vue si confuse que, pour être capable de bien voir, l'opéré est obligé de fermer l'un ou l'autre de ses yeux. La pratique la plus générale en semblable circonstance consiste donc à attendre. Mais d'autres praticiens recommandent l'opération immédiate; ils aflirment qu'en éloignant la cataracte d'un œil, on peut l'empêcher de se former à l'autre , et que, si elle a déjà commencé à se montrer, on peut espérer la guérir à l'aide de remèdes externes et internes, lorsqu'on a, par une opération, rétabli la vision de l'œil complètement cataracté. La sympathie qui existe entre les deux yeux est incontestablement très forte, et l'on peut aisément concevoir qu'elle agisse en provoquant des affections analogues dans les cristallins, de même qu'elle détermine fréquemment des altérations semblables des rétines, et d'une façon encore moins équivoque des ophthalmies identiques. S'il était bien établi que la cataracte pùt ainsi se développer sympathiquement, il n'y a pas le moindre doute qu'il faudrait enlever la cataracte déjà formée, quand mémeil n'existerait pas encore de trace d'altération sur le cristallin du côté opposé; mais le fait n'est pas déràfontré. Chez les sujets âgés, la cataracte attaque ordinairement les deux yeux dans l'espace de quelques mois ; mais dans l'âge moyen on la rencontre souvent sur un seul œil, l'autre restant sain pendant des années.
2. Quand les deux yeux sont également affectés, doit-on les opérer tous deux en même temps? Mon expérience personnelle me porte à répondre à cette question de la manière suivante : Si l'on a recours à l'opération par division, il faut opérer des deux côtés à la fois; mais s'il s'agit de l'extraction, il vaut mieux n'opérer qu'un seul œil et attendre le résultat avant de toucher à l'autre. L'extraction pratiquée des deux côtés à la fois expose davantage à l'inflammation. Si l'on n'opère que
capsule ou renverse le erislalliii, cl promet la guérisoii sans opération ! On conçoit, combien de semblables manœuvres, pratiquées sans discernement et sur des malades abandonnés ensuilc à eux-mêmes, doivenl amener de désordres. T.W.]
^•^^ CATAUACTE.
(1 mi seul ("Ole, pcul-èlre remarquera-l-on dans le cours de la guôrison i do la première opéralioii (pielcpies pariJeularilés qui seront grandemeiii . utiles pour la eonduiU! à tenir lors de la seconde, [et qui conduiront •! même à recourir pour le second œil à une autre méthode opératoire x mieux appropriée au cas présent. Il faut dire cependant que le ma- 1 ladequi a déjà subi une opération, qu'elle ait réussi complètement ou à -i moitié, ou pas du tout, refuse souvent de se soumettre à une seconde.
La séquestration, l'abstinence et les dé|)lélions auxquelles on a eu ii i-ecours lors de la première opération, sont quelquefois cause que l'œil il qu'on n'a pas touché s'enfonce tellement dans l'orbite, qu'il devient >i diflicile d'y pratiquer l'extraction.
ô. Doit-on faire subir quelque préparation au malade avant de le isoumettre à l'opération de la cataracte? On croyait autrefois qu'il fallait recourir à un traitement préparatoire long et sévère, consistant i dans la saignée , les ventouses scarifiées , les purgatifs et un régime t-, léger. De nos jours, nous sommes peut-être tombés dans un excès contraire, en ne tenant aucun compte des précautions à prendre pour pré- s venir l'inflammation. Comme il est de la plus haute importance que la guérison puisse s'effectuer sans qu'il se développe d'inflammation, il . peut y avoir avantage à saigner le malade avant l'opération, pour mo- -! dérer la force de la circulation et afin de pouvoir découvrir par l'as- -! pect du sang s'il n'existe pas actuellement dans l'économie quelque tra- vail inflammatoire. Si le sang est couenneux, il y aura de l'imprudence ■ à procéder de suite à l'opération. Il vaut mieux ne pas opérer les • femmes enceintes, l'agitation occasionnée par la crainte pouvant dé- -j terminer l'avortement.
Si les fonctions des intestins sont troublées, que la langue est sale et i qu'il y a de l'inappétence et de la céphalalgie, il faut prescrire tous les * deux ou trois jours une dose de calomel à prendre le soir, suivie le lendemain matin d'un purgatif salin additionné de séné, jusqu'à ce que tous ces symptômes aient disparu. On doit, même lorsque le malade semble en parfaite santé, lui administrer à intervalles convenables quelques légers purgatifs salins, et lui prescrire un régime antiphlogistique pendant huit ou dix jours avant l'opération. Les alTeclions catarrhales et la toux contre-indiqueut l'opération, surtout l'extraction.
Le malade doit manger peu immédiatement avant l'opérationnel éviter soigneusement tout aliment de digestion difficile.
•Quand on a fixé le moment d'une opération, il ne faut point le changer sans de bonnes raisons ; car l'anxiété du malade s'accroît d'heure en heure et il s'exagère considérablement les dangers qu'il redoute.
Y a-t-il une saison de l'année plus convenable qu'une autre pour pratiquer l'opération (1)? On choisissait autrefois le printemps ; néan-
(1) ConsuUez IIamilton, Lonclon and Eilinburgh MoiUhly Journal of Médical Science, Mardi. 18/i.5, p. 201.