La belladone servira à maintenir la pupille dilatée
7. Des vésicatoires seront appliqués derrière l'oreille et à la nuque.
8. Les purgatifs, tels qu'une dose active de calomel et de jalap, au début, et un doux laxatif le matin, pendant la durée de la maladie,
seront avantageux.
9. Les sudori figues, comme l'acétate d'ammoniaque, unis aux boissons délayantes chaudes, les pédiluves chauds, la flanelle sur la peau, sont utiles.
. 10. Les tonigues, sulfate de quinine et acides mmeraux, seront prescrits au déclin du mal.
H. Solution de nitrate d'argent. Dans l'ophthalmie catarrhorhumalismale, comme dans la calarrhale, la solution de 4- à 10 grains de nitrate d'argent par once d'eau distillée, appliquée une ou deux fois par jour sur la conjonclive, apaise la sensation de graviers et fait disparaître promptement les autres symptômes de la conjonctivite. Toutefois elle n'exerce aucune action sur la maladie de la sclérotique. Je suis convaincu qu'il serait très dangereux, dans celle ophthalmie,de se fier presque exclusivement à ce seul agent, comme on le fait souvent dans l'ophlhalmie calarrhale, et de négliger les moyens de combattre l'inflammation concomitante de la sclérotique.
OPlITHALiMlli CATAIUUIO-UIIUM.VTISMALE.
12. Vin iVopium. — Tant (|uc les syniplùmes calari'liaux de la maladie n onl pas été eidevés par la solution de iiitrale d'argent, le vin tropium ne l'ait qu'aggraver le mal. Mais api-ès que les symptômes aigus delà eonjonctivile et de la sclérotite onl eM', il agit aussi l'avorahlemenl que dans la période chronique de roplitliaimie rliuinalismale.
15. Le collyre nu (loulo-chlorure de inercurv, un grain pour huit onces d'eau, servira pour baigner l'œil trois ou quatre lois par jour.
14. On étendra le long du bord libre des paupières, au moment du coucher, un peu d'onguent au pi^écipité rouge. Ces deux remèdes sont dirigés contre les symptômes qui existent du côté de la conjonctive.
15. Paracentèse de la cornée. — Ouverture des abcès de la cornée. — La ponction de la cornée, près de sa circonférence, dans le but d'évacuer l'humeur aqueuse, est très avantageuse. On peut y recourir lorsqu'il y a ulcère, et même dans le cas d'onyx; mais il faut exécuter cette opération dans un point éloigné de l'ulcère et de l'onyx, sur une partie saine de la cornée.
Quant à ce qui est de l'onyx, mon expérience me porte à recommander de ne point intervenir avec la lancette pour évacuer le pus épanché entre les lamelles de la cornée. Le pus infiltré dans le tissu comme spongieux de cette membrane, ne s'écoule pas, malgré l'incision pratiquée. Dans tous les cas où j'ai eu recours à ce moyen, il en est résulté unstaphylôme partiel ou total. Au contraire, lorsque je me suis abstenu de loucher à l'onyx, les choses se sont quelquefois passées beaucoup mieux qu'il n'étaitpermis de s'y attendre. J'attribue cela à la lendance naturelle qu'ont les absorbants à reprendre les dépôts de pus et de lymphe, dès que l'inflammation qui leur a donné naissance a cessé; à la propriété qu'a le calomel de provoquer l'absorption des dépôts lymphatiques de la pupille qui accompagnent presque toujours l'onyx; à l'usage longtemps continué delà belladone, et enfin au travail par lequel la nature prépare graduellement la cornée à laisser échapper le pus et à se cicatriser ensuite, travail que le couteau enfoncé dans l'onyx vient nécessairement entraver. M. Guthrie est d'un autre avis : il conseille d'ouvrir la cornée avec un couteau à cataracte bien affilé, enfoncé au-dessous du bord inférieur de l'abcès interstitiel, et à l'aide duquel on fait une incision verticale qui s'étend à une petite distance au delà de l'abcès. L'ouverture interne faite à la cornée doit être aussi étendue que l'externe, afin que l'humeur aqueuse puisse s'échapper brusquement en même temps que le pus et venir pousser en avant et apj)liquer l'iris contre l'ouverture. L'opération terminée, on maintient l œil fermé et bandé, et on le fomente fréquemment avec de l'eau chaude. M. Guthrie affirme qu'au lieu de voir toute la cornée se détruire, on obtient ainsi une cicatrice peu étendue (1).
(1) Médical Tiincs,Febniary 24, I84i, p. 363 ; Mardi 9, l.SM, p. m.
OPIITIIALMIES.
SECTION XIX
SCLÉROTITR SCROFULEUSE (1).
Sj/n. — Sderolico-clioroïditis. Sflerotilis uUeiiunns. Cirso|iiitliuiiniu,
Fig. Beck, laf. VII, ng. I.Demours, pl. LXIU, llg. I. Von Ammon, Ihl. I, laf. IV, flg. 21. Dalrympli!, pl XX,
llg. I, i el U; pl. XXIV.
Si Ton considère la nature grave de la maladie (|ue nous allons décrire, on sera convaincu qu'il est de la plus haute importance de la distinguer de toute autre. Ses symptômes, ainsi que nous allons le voir, sont très différents de ceux des autres ophthalmies ; et, bien qu a la fin la totalité de lœil soit envahie par une inflammation qui a débuté dans la sclérotique, au début cependant, cette variété delà sclérotile se montre sans aucun signe qui puisse porter à soupçonner qu elle envahira bientôt la choroïde et Tiris, la cornée et la conjonctive, en un mot tous les tissus de l'œil. Je considère cette variété de la sclérolite comme une maladie primitive et tout à fait distincte. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue qu'elle peut venir s'ajouter aux autres ophthalmies, et tout spécialement à la cornéite et à l'irilis scrofuleuse, et à l'iritis syphilitique et arthritique. Je l'ai quelquefois vue précédée par la conjonctivite aphlheuse.
Elle s'observe le plus fréquemment chez les adultes, et plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Si elle ne constitue pas une affection purement scrofuleuse, ceux qui sont d'une constitution scrofuleuse y sont au moins plus disposés que les autres. Je l'ai rarement observée chez les enfants.
Symptômes. — 1. Rougeur. — Une ou plusieurs des artères qui se distribuent aux muscles droits paraissent augmentées de volume, et, se portant vers la circonférence de la cornée, se terminent en ce point en donnant naissance à un lacis de petits vaisseaux. Il n'y a presque jamais de rougeur étendue à tout le globe de l'œil, ni beaucoup d'inflammation de la conjonctive. La portion de la sclérotique sous-jacente aux vaisseaux dilatés présente fréquemment une teinte rougeàtre et çà et là un aspect épaissi et charnu. La conjonctive elle-même parait épaissie. Il est probable que, de ce moment déjà, des adhérences anormales s'établissent entre la sclérotique et la choroïde.
2. Changement de coloration du blanc de l'œil. — Si la maladie s'arrête avant qu'il survienne d'autres symptômes que ceux que nous
(1) J'ai donné autrefois à la maladie qui forme le sujet de celle section, le nom ^1^' ((; a gow Mclical Journal fur February 1830 p. 1 .) J'ai cl.angé ce nom dans a . f «
et oSvrage, et à cause de la part in.porlanle que la seléroUque prend a la m d.e e 1 a . , c sclcrotico-choroïdile.Unplus ample examen m'a détermine à transporter le nom .le choioidile à une autre affection.
SCLÉUOTITE SCUOFULELSE.
venons de mcnlionnci-, la portion de scléroliquc qui était ennaniniee conserve souvent son épaississenienl et prend graduellement une teinte d'un blanc opaque; niaissi la nialadiecontiiuuî deniai-elier, les tuniques externes de TolmI se ranu)llissent et s'amincissent, de telle sorte que la choroïde laisse voir sa teinte sondjre à travers la sclérotique qui, dès lors, parait bleue ou tirant sur le pourpre. C'est là un des symptômes les plus remarciuables, et qui remonte à une période jicu avancée de la maladie. On voit confusément la teinte bleue à travers la sclérotique et la conjonctive enllammécs; souvent on remarque une i)orlion de la sclérotique épaissie et chargée de vaisseaux dilatés, tandis <iu'cllc est amincie en d'autres points, de façon à laisser voir la choroïde à travers son tissu. Le changement de coloration difl'ère beaucoup suivant l'intensité et la durée de l'attaque: au début, ou ne le reconnaît qu'en comparant les deux yeux entre eux ; quand le mal a duré longtemps, la coloration est d'un bleu foncé. Le siège le plus fréquent de cette coloration anormale est un espace situé à un huitième de pouce de la cornée, n'occupant généralement qu'une portion de la circonférence de l'œil, mais arrivant quelquefois aussi à entourer complètement la cornée. Elle est étroite au début, mais elle s'élargit ensuite, en se portant eu avant du côté de la cornée et en s'élendant en arrière sur la sclérotique.
5. Skiphylôme sclérotico<horoïclien. — La partie qui, pendant un certain temps, n'a olTert qu'un changement de coloration, commence à faire saillie. La sclérotique et la choroïde ayant ordinairement contracté une adhérence anormale, ramollies par suite du travail d'inflammation dont elles ont été le siège , perdent leur résistance. Atrophiées et amincies, et ne pouvant plus maintenir les humeurs de l'œil, elles cèdent et font saillie. Comme la rougeur et l'amincissement de la sclérotique, qui en est la conséquence, n'occupent ordinairement qu'un seul côté de l'œil, il en est de même de la saillie dont nous parlons. Celte saillie se montre généralement près de la cornée, comme si le corps ciliaire était le siège de la maladie; elle se voit plus fréquemment en haut et au côté temporal de la cornée qu'en bas ou à son côté nasal. Quelquefois il n'existe qu'une seule tumeur, qui peut acquérir la dimension d'une noisette; d'autres fois on aperçoit autour de la cornée un cercle presque complet (Og. do), ou de nombreuses tumeurs, de dimensions variables, entourant étroitement la cornée ; tandis que, dans une troisième série de cas, la totalité de l'œil est augmentée de volume et la scléroli(jue amincie dans toute son étendue. On a '''S' donné aux tumeurs formées par les saillies de la choroïde les noms
OIMITHALMIES.
de cirsoplilhalmia, varicositas oculi, Iiornia choroïdeœ, slaphyloma corporis ciliaris, cl stapliyloina sderoiicœ. Ou voit généraleincnl de nombi'ciix vaisseaux vari(|ueiix se l'aniilier sur elles.
La partie antérieure tie l'œil n'est eependant, pas le seul point, qu'occupe le slapliylôme de la scléroti(pie et, de la choroïde. Scarjja (1) rapporte qu'il n'a jamais observe sur la partie antérieure de la sclérotique aucune tumeur ou élévation (|ui ressemblât à un sta|)h>l()me, mais qu'il a rencontré deux fois sur le cadavre un stapliylôme de l'hémisphère postérieure de la sclérotique. La |)remière lois, c'était sur l'œil d'une femme de 40 ans, où cet organe ])résentait une forme ovale et était plus volumineux que celui du côté opposé, qui était sain. Sur l'hémisphère postérieure de l'œil malade, et au côté externe ou temporal de l'entrée du nerf optique, la sclérotique s'élevait sous la forme d'une tumeur oblongue, semblable à une petite noix. Comme la cornée était saine et pellucide, et que les humeurs avaient conservé leur transparence, on apercevait au fond de l'œ^l, lorsque l'on regardait par la pupille, un éclat inusité, dû à ce que la lumière traversait la sclérotique mince et transparente dans le lieu occupé par le slaphylôme. Lorsque l'on ouvrit l'œil, l'humeur vitrée fut trouvée comi)létement désorganisée et convertie en un fluide limpide comme de l'eau; le cristallin était un peu jaunâtre, mais pas opaque. Après avoir plongé l'hémisphère postérieure de l'œil dans de l'esprit-de-vin auquel on avait ajouté quelques gouttes d'acide nitrique, atin de donner à la rétine de la consistance et de l'opacité, on reconnut distinctement que la rétine n'envoyait pas d'expansion nerveuse à l'intérieur de la cavité du slaphylôme, que la choroïde était très mince sur ce point et dépouillée de sa coloration normale, ainsi que de son réseau vasculaire ; et que, surtout au sommet du slaphylôme, elle était si amincie qu'elle égalait à peine l'épaisseur d'une feuille de papier à lettre. La femme de qui provenait cet œil avait perdu la faculté de voir de ce côté, quelques années auparavant, pendant le cours d'une ophthalmie opiniâtre qui s'était accompagnée d une violente céphalalgie.
Scarpa eut l'occasion de renouveler ses observations sur un œd qu'd rencontra par hasard avec Monleggia. 11 provenait d'une femme âgée de 55 ans, était de forme ovale et plus long d'avant en arrière que son congénère. Le slaphylôme occupait exactement la même situation que dans l'autre cas. L'humeur vitrée était diiïUiente; la capsule du cristallin distendue par un fluide ténu, blanchâtre ; le cristallin jaunâtre et un peu diminué de volume ; la réline manquait à l'intérieur du slaphylôme; la choroïde el la sclérotique qui constituaient la tumeur étaient si amincies, qu'elles laissaient passer la lumière. On ne put rien apprendre de certain sur l'état de la vision chez celte femme.
(1) Tratlato dellc principali Malaltic dcgli Occhi, vol. Il, p. 1«. Pavia •«•^«•.C»-"''"; -77 .^' slapl.yloma posticum : Am.non'.Zci.schrin fur .lieOphll.ah.K.log.o, vol. 11, p. Ur. l)rcMlen,18o..
SCLÉIIOTITE SCUOl'ULELSE.
[ Nous ajouterons aux observations de Scurpa deux cas de slaphylôme postérieur représentés par Von Aniinon. L'un, petit et au début, était tapissé par la choroïde et la rétine (pl. 7, (iij;. 14 et la); dans lautre, plus vohnuineux, la tunique distendne s'était déchirée; la rétine était partiellement allaissée par suite de la présence d'un Iluide épanché entre elle et la choroïde, et le cristallin s'était porté en arrière vers le milieu de l'œil. (Tab. 7, (ig. 7.) Enlin il nous a été doiuié d'en disséquer un cas qui nous a été Courni par M. Lanthiei-, interne au Grand Hospice de Bruxelles :
Obs. 387. — Une femme, âgée de 7o ans, morte le 22 octobre 1855, à In suite d'une attaque d'apoplexie, avait déjà eu auparavant une seniblahlc aUaque: elle était depuis longtemps aux Incurables comme aveugle. M. Lantliicr ne l'examina que lors de sa dernière attaque qui fut promptement mortelle. A. cette époque, les yeux n'étaient nullement saillants; mais il y avait un strabisme convergent que l'on avait considéré comme un symptôme d'apoplexie. L'œil qui nous est apporté a une forme ovalaire, oblongue; son diamètre antéro-postérieur l'emporte de beaucoup sur tous les autres ; la cornée, le tiers antérieur de la sclérotique et l'iris sont sains; on aperçoit ù travers la pupille le cristallin opaque. Les deux tiers postérieurs de la sclérotique présentent, au contraire, un amincis.sement considérable, ils offrent une teinte légèrement bleuâtre, et lorsqu'on place l'œil de façon à le faire traverser par la lumière, on constate qu'il adela transparence comme une liydrocèle, mais d'une façon beaucoup plus marquée. L'organe est mou, et la pression le fait facilement changer de forme: quand il est abandonné à lui-même, on voit un sillon correspondre à l'emplacement de chacun des muscles droits, tandis qu'il existe une saillie dans les points correspondants à leurs intervalles. L'amincissement part en avant du lieu oîi les tendons s'unissent intimement à la sclérotique, et se porte en arrière jusqu'à l'entrée du nerf optique. Une petite incision est pratiquée avec précaution à la sclérotique pour examiner les parties internes de l'organe; celle-ci ouverte, il s'en échappe une quantité considérable d'un liquide parfaitement incolore et semblable à de l'eau distillée, et l'œil s'affaisse complètement. Il ne reste pas la moindre trace du corps vitré; la partie antérieure de la choroïde, les procès cillaires et l'iris ont conservé leur apparence normale; le cristallin est complètement opaque, mais sa capsule est transparente. Les deux tiers postérieurs de la choroïde sont si amincis qu'ils ressemblent à une mince toile d'araignée; cette membrane ne doit presque plus contenir de pigment, car elle n'offre qu'une légère coloration d'un brun clair; examinée au microscope, on voit en effet qu'elle est formée par de minces filaments entrecroisés, assez semblables à ceux du tissu cellulaire, si ce n'est qu'ils n'offrent point la même réaction avec l'acide acétique. Il n'y a presque plus de grains de pigment; çà et là quelques cellules épithéliales propres à cette région en contiennent encore un peu. Mais ce qui nous étonne davantage, c'est que cette membrane si éminemment vasculaire présente à peine traces de vaisseaux sanguins; de grands espaces en sont complètement dépourvus. L,a rétine est moins altérée, elle est reconnaissable partout; nous ne pouvons dire si elle était ou non appliquée sur la choroïde : le liquide s'est écoulé si rapidement et les membranes de l'œil se sont alors affaissées de telle sorte qu'on ne pouvait voir où la collection était logée. La partie postérieure de la rétine paraît, même à l'œil nu, plus mince que l'antérieure; examinée au microscope, on constate que dans la partie antérieure toutes les couches de la rétine sont parfaitement visibles; celle des bâtonnets et des bulbes, contrairement à ce qui arrive lorsque l'examen a lieu aussi longtemps après la mort, est bien distincte; dans la portion amincie on ne voit au microscope que les vaisseaux sanguins qui sont nombreux, les libres grises, expansion du nerf optique, et la couche granuleuse. Les autres éléments, et notamment les bâtonnets et les bulbes, manquent complètement, ce qui forme contraste avec les préparations provenant de la portion antérieure. Malgré l'amincissement d'une portion de la rétine, la consistance générale de cette membrane n'était point diminuée; elle paraissait au contraire augmentée. Le second œil, examiné parM. Lanthier, offraitlamême altération de forme, le même amincissemenl des deux tiers postérieurs de la sclérotique; seulement, celle-ci avait une teinte bleue
OIMITIIALMIES.
foncée et n'élnil point transparente: incisée avec précaution, on trouve entre elle et la ciioroïiic un dépôt de sang en jinrlic li(iuido, en partie callleiKilé, En continuant la dissection, une petite déchirure se lait à la clioroïde, et à l'instant il s'écoule une firande quanlité d'un li(|uide clair comme de l'eau de rodu;, cl les mcmhranes de l'œil s'allaissenl de telle sorte qu'on ne saurait indi(iucrle siège exact de cette collection de lluide. Au reste, la clioroïde ella rétine ollrcntles mêmes altérations (juc ci-dessus; toute trace de corps vitré manciue, et le cristallin est également ()pa(|uc. Hien, répèle M. Lanlliier, ne lui avait l'ail soupçonner pendant la vie cette déformation si marcjuée de l'œil ; ni l'un ni l'autre de ces organes ne présentait d'autre déplacement que le strabisme. T. W.J
4. Èpanchemenls do /laides aqueux à l'huérieur duçjlobe de l'œil.
Il n'est pas (loutciix (|iic les vaisseaux de la choroïde ne soieiU
souveiil forlemenl aiigmcnlés de volume dans cette maladie. Toutefois, la distension subie parla choroïde et la sclérotique est rarement due à un épaississement de la première de ces membranes, ou à quelque dilatation variqueuse de ses vaisseaux; mais elle est souvent en ra|>port avec un épanchement de fluide aqueux à l'intérieur de l'œil. J'ai déjàdit qu'il s'établit vraisemblablement au début de la maladie quelque adhéi^ence contre nature entre la sclérotique et la choroïde. En extirpant des staphylômes de ces tuniques, je les ai trouvées étroitement adhérentes entre elles, et je crois que c'est ce qui arrive le plus généralement. Il a été aussi démontré par la dissection (i)que, dans le staphylôme delà sclérotique, il existe parfois entre celle-ci et la choroïde un fluide aqueux qui refoule la première de ces membranes en dehors et la seconde en dedans. Il y a aussi de bonnes raisons de croire qu'il se forme parfois un semblable épanchement entre la choroïde et la réline. Si le liquide qui se rassemble en ce lieu n'est pas évacué par la ponction du staphylôme, il peut s'accumuler au point de détruire l'humeur vitrée par l'absorption que détermine la compression continue, el refouler la rétine en la rassemblant sur elle-même, de façon à ce qu'elle constitue une espèce de corde, comme cela se voit parfois dans certains cas d'ophthalmie arthritique ou d'ophthalmie syphilitique mal ti\^ités. Un troisième point où peut se faire l'épanchement, c'est entre la rétine et Fhyaloïde. Il se fait peut-être tout aussi souvent dans l'hyaloïde que partout ailleurs; en pai^eil cas, le corps vitré est dissous el toute trace de sa structure a disparu.
S. Déplacement de la pupille. — Bien que, dans celle maladie, l'iris soit rarement afl"ecté d'inflammation, la pupille, dans plusieurs des cas que j'ai observés, avait subi un déplacement remarquable. L'iris est toujours rétréci vers le point de la sclérotique qui est aflecté, et quelquefois la pupille s'est tellement éloignée de sa sUuation normale qu'elle se trouve presque directement derrière la circonlerence de la'cornée. C'est en haut, puis en haut et en dehors que la pupille se déplace le plus fréquemment. Elle reste tantôt petite et mobile, dau-
(1) Vo^ Ammon. Op. cil.; vol. Il, p. 252 ; vol. V, p. 564. lleidelberg,
SCLÉnOTITE SCUOrULF.L'SE.
Ires lois, inunoliile, mais non dilaléc ; dans les cas très graves, elle esl t'orlcmenl agrandie, l'iris ayant cnlièreinenl disparu vers le point de la circonrérencc du côté duquel le déplacement de la i)upille s'est elVectué.
Le déplacement si remaniuablc de la pupille, qui se voit dans la sclér()tilescroruleuse,esl probablenuMit dû à (|iiel(pie alleetion des nerfs ciliaires ou iriens, qui, se portant en avant entre la choroïde et la sdérotitpie, traversent le cercle ou muscle ciliaire el finissent par atteindre l'iris. Heer avait remarqué (|ue le déplacement de la pupille accompagne Tirilis syphilitique. On sait que ce phénomène n'est point spécial à cette alleetion ; je l'ai observé dans d'autres variétés d'iritis. On ne l'a jamais attribué à une alleetion de la choroïde, et on n'en a jamais expliqué la cause. La pupille ne reprend point sa place, même lorsque les autres symptômes sont enrayés.
Quelquefois, dans la scléi-otite scrol'uleuse, on voit l'iris, de couleur ardoisée, faire saiUievers la cornée, tandis que la pupille, plus ou moins remplie de lymphe plastique, adhère par sa circonférence à la capsule, du cristallin. Ces changements annoncent l'existence antérieure d'une irilis ; ils se compliquent souvent de cataracte.
6. L'opacité de la cornée accompagne souvent, mais pas toujours, la sclérotite scrol'uleuse; elle peut survenir au début de la maladie, en même temps que l'épaississerneut et l'opacité de la sclérotique, mais généralement elle se montre plus tard. C'est le bord de la cornée le plus voisin de la portion de sclérotique malade, qui commence à devenir opaque: cette opacité ressemble à une portion d'arc sénile étendu, ou à un empiétement de la scléi'otique sur la cornée, le reste de cette membrane conservant une transparence parfaite. D'autres fois, on aperçoit des taches blanches assez étendues, mais très irrégulières, qui semblent plutôt dues à une interruption de la nutrition qu'à une inflammation. Dans quelques cas, j'ai vu la cornée plus petite que de coutume; mais le plus souvent, à mesure que
la maladie marche, elle devient non-seulement presque complètement opaque , mais, partageant la dégénérescenceslaphylomateuse des tuniques voisines, elle subit un degré de dilatation tel, qu'elle devient considérablement plus large et plus sail-
lante qu'à l'état normal, et qu'on peut à peine la distinguer d'avec la sclérotique amincie. (Fig. 96.) Dans cet état de la cornée, son épithélium est sujet à s'épaissir el à se détacher de la lame élastitpie antérieure, de façon à occasionner au ma- '''Slade la sensation de la présence d'un corps élianger dans WvW. Les
OPIITIIALMIES.
cluingciiicnls survenus dans la cornée, indépendammenl de ceux de rinlérieur de l'œil, rendonl la vision presque nulle ou reinpêchenl coinplélenienl.
Les ligures 95 el 9G représentent les yeux d'une jeune femme, malade duGlasgoiv Eye Infirmary. A droite, il existait un slapliylôme de la sclérotique et de la choroïde, coi-respondant à la moitié temi)orale de la cornée; à gauche, tout l'œil, y compris la cornée, participait;! la dégénérescence staphylomateusc.
7. Exophthalmos et exophthalmie. — La sclérotite peut déterminer une telle augmentation du volume de l'œil, que cet organe vienne l'aire une saillie considérable hors de l'orbite. Au bout d'un certain temps, l'œil, à l'état d'exophthalmos, imparfaitement protégé par les paupières, et continuellement irrité par l'épithélium soulevé de la cornée, par le froid ou quelque lésion mécanique, est sujet à devenir le siège d'une inflammation externe. On calme les accidents au moyen d'une ponction pratiquée à travers la sclérotique ou la cornée; mais si l'on néglige ce moyen, l'inflammation acquiert un haut degré d'intensité, la conjonctive forme un chémosis, du pus se dépose derrière la cornée ou entre ses lamelles; l'œil peut éclater, revêtir l'aspect fongueux, saigner abondamment, occasionner une dittbrmité très considérable et douloureuse, et exiger l'extirpation, bien qu'il ne soit le siège d'aucune dégénérescence maligne.
8. La phofophobie et Vépiphora sont en général très marqués dans
cette maladie.
9. Douleur. — Ce symptôme est très variable suivant les individus. Lorsqu'il n'existe pas encore de tumeur, la douleur est généralement modérée ; mais elle est parfois considérable et sus-orbitaire. Lorsque la sclérotique est fortement distendue, et surtout lorsque cette distension survient brusquement, et s'accompagne d'un accroissement considérable de la rougeur, la douleur de l'œil devient intense, et quelquefois atroce. Il se développe une hémicrânie qui aflecte surtout le sommet de la tète et la portion la plus élevée de la tempe et de la joue, ne siège pas régulièrement au pourtour de l'orbite, et n'est point nettement nocturne. Le malade accuse de la stupeur et des vertiges lorsqu'il se baisse ou se tourne brusquement, ou lorsqu'il passe tout a coup de la lumière à l'obscurité, ^ivice versa.
10. La vision, dans la sclérotite scrofuleuse, est affectée de diverses façons Quelquefois son obscurcissement est le premier symptôme qui se manifeste. Le malade se plaint en général de photophobie, d'éblouissements, et assez souvent de vision irisée. Il a de l'hémiopie ; tous les objets situés de l'un ou l'autre côté d'une ligne verticale, ou au-dessus et au-dessous d'une ligne horizontale, apparaissent obscurs ; tous les objets sont vus confusément ou paraissent doubles, même vusd unseul œil. Tous ces symptômes fatiguent assez souvent le malade longtemps avani
SCLÉUOTITE SCUOl ULliUSE.
quela rougeur de l'œilou sa leinle bleue n'allire rallenlion.Si la maladie marche, on voit quelquelois survenir la cécité complète, même lorsque Fœil ne paraît que partiellement aiïecté, tandis (|ue d autres Ibis l'organe a évidemment augmenté de volume et changé de couleur, quoique la vision soit remarquablement bien conservée.
Périodes delà maladie.— D^^x\ms la description que nous venons de donner des sym|)tômes, le lecteur a dii s'a])crcevoii' que cette maladie présente trois périodes. Dans la première, la sclérotique est cnilanunée, épaissie et o|)aque; dans la seconde, dk est amincie et laisse voir la teinte de la clroroïde; dans la troisième, ces tuniques l'ont iiernie et rhydrophthalmic se produit.
Symptômes généraux. — 1 . La fièvre s'observe à divers degrés dans la sclérotite scrofuleuse. Au début, avant que la distension n'amène la douleur, le pouls n'est point influencé. Lorsque le malade a beaucoup soulVert, il tombe assez souvent dans un état cachectique; le pouls devient vif, le teint pâle et maladif; il y a une grande irritabilité nerveuse et une faiblesse générale prononcée. Le malade répugne aux exercices actifs; il se plaint de froid aux extrémités, et la circulation cutanée s'exerce évidemment chez lui d'une manière insuflisante.
2. Les organes digestifs sont fréquemment fort dérangés, même au début. L'inappétence, des acidités fréquentes de l'estomac, la constipation, des flatulences, la langue chargée, sont des symptômes qui accompagnent souvent cette maladie.
Causes éloignées et causes prochaines. — J'ai été conduit à assigner au début de l'inflammation scrofuleuse de la sclérotique les causes suivantes :
1 . Le manque d'exercice; l'habitude de rester enfermé chez soi.
2. Le dérangement des fonctions de l'estomac et des intestins.
3. L'usage abusif de la vue appliquée à la lecture, aux travaux à l'aiguille, à la peinture en miniature, etc.
4. L'exposition à une chaleur ou à une lumière trop intenses, et surtoulàla lueur d'un feu ardent, suivie d'un brusque passage du chaud au froid.
5. Les plaies pénétrantes et les coups sur l'œil, les chutes sur la lête, et d'autres lésions traumatiques.
6. Les alTections qui exercent sur l'esprit une action déprimante; et, chez les femmes, le peu d'abondance et de régularité de la menstruation.
Pronostic. — La guérison est toujours lente. Si la maladie a duré un certain temps, elle ne disparait presque jamais complètement. Il en reste toujours des traces permanentes, alors même que sa marche a été complètement arrêtée. Dans beaucoup de cas, on doit s'estimer heureux lorsque l'on parvient à enrayer le mal. Il arrive cependant quelquefois que la guérison survienne hors de toute espérance. Je fus ap-
OPIITIIALMIKS.
pelé à donner des soins à un genlleman qui, plusieurs années auparavant, avait eu l'œil gauclie mis liorsdeservice |)ar suite de cette afl'ection dont l'œil droit était actuellement allccté, l.es deux pupilks avaient subi un grand déjjlacement; les artères qu'on voyait sur l'œil droit étaient fort dilatées, et la sclérotique considérablement amincie par places. L'œil gaucbe était augmenté de volume, d'une teinte bleue assez foncée ; une grande partie de la cornée était opaque. La saignée, les révulsifs, et les autres remèdes arrêtèrent la maladie dans l'œil droit, et, contre toute attente, l'œil gauche s'améliora au point que le malade put encore s'en servir pour lire un caractère ordinaire. De nombreuses rechutes finirent par détruire complètement la vue des deux côtés dans un espace de vingt ans.
Traitement. — 1 . La saignée, dans la première période de la maladie, fait plus de bien que tous les autres remèdes réunis. Néanmoins, on peut ne pas être porlé à y recourir alors, parce qu'il n'existe souvent aucun signe extérieur d'inflammation intense et que le malade n'éprouve point de douleur aiguë. C'est pourquoi le praticien qui n'est point au courant de la nature et des symptômes de cette ophthalmie, est disposé à perdre un temps précieux en se bornant à l'application de quelques sangsues, tandis qu'il devrait ouvrir l'artère temporale et tirer une grande quantité de sang. J'ai vu la teinte bleue et la distension manifeste de la sclérotique, qui, malgré les sangsues, avait persisté sans amélioration pendant plusieurs semaines, disparaître brusquement et complètement à la suite d'une évacuation de vingt à trente onces de sang tirées de l'artère temporale. La saignée de la jugulaire et du bras est aussi fort utile. J'ai vu une application de vingt-quatre sangsues et plus, faite tous les deux jours autour de l'œil, produire les meilleurs effets.
Dans les cas chroniques, il ne faut pas négliger l'usage répété d'abondantes applications de sangsues. Dans les attaques fréquentes, et souvent intenses, de douleur, qui surviennent dans l'état chronique, si le pouls nest pas afl"ecté, le sang tiré du bras n'est point couenneux, et la saignée produit peu de bien.
2. Les purgatifs sont indispensables. L'état de dérangement de l'appareil sécréteur de la bile et des autres organes digestifs indique l'emploi du calomel comme cholagogue, suivi de quelques sels neutres avec le séné, ou de tout autre purgatif actif. On réitérera fréquemment l'usage de ces agents pendant le cours du traitement. Dans quelques cas, les emménagogues sont particulièrement indiqués.
5. Bains de vapeur. — On doit recourir à tous les moyens propres à régulariser la circulation, se garder du froid aux pieds, et provoquer la perspiration cutanée. Un des remèdes les plus utiles pour obtenir ces résultats est le bain de vapeur pris de jour à autre.
/... Mercure, — On est naturellement conduit à proposer le mercure
SCKÉROTITE SCROFULEUSE.
flans celle maladie, à cause des heureux edels qu'on en ohlienl dans ririlis. Dans (luolques cas rares, il a produit des avantages réels. La forme sous laquelle il ma paru le plus ulile esl la hlne pilUomhinvv avec l'aloùs. Celle combinaison i)urge (lahord assez vivemenl, mais bientôt elle alta(iuc les gencives. Après tout, cepeudanl, je dois avouer que j'en ai rarement obtenu des ellets bien avantageux, soit en lui laisant alVecter la bouche, soit en l'employant à petites doses longtemps continuées. J'ai employé ce médicament en frictions autour de l'orbite, et sous diverses formes à rinlérieur, et, dans la plupart des cas, il ne m'a paru produire aucun ell'ct favorable.
5. Viodure de polassium, qui possède une action marquée sur les alVcclions des membranes fibreuses, doit être utile. Je l'ai vu réussir dans la première et la seconde périodes de la maladie,
6. Toniques. — Après un emploi suirisanl des déplétifs, j'ai vu retirer des avantages marques de remi)loi du carbonate de fer et du sulfate de quinine, qu'on peut administrer réunis ou isolés.
7. Acide arsênieux. — Arséniate de potasse. — Sous l'influence de ces préparations, j'ai eu nombre de fois la satisfaction de voir les vaisseaux variqueux se contracter, l'altération de couleur et la saillie de la sclérotique diminuer, et la vue ainsi que la santé du malade s'améliorer. J'ai ordinairement commencé par un trente-deuxième de grain en pilules, trois fois par jour.
8. Les révulsifs sont positivement utiles. Une éruption entre les épaules, provoquée par la pommade émélisée, est peul-êlre celui qui convient le mieux.
9. La belladone, sous forme d'extrait, appliquée sur les paupières comme à l'ordinaire, ou une solution de sulfate d'atropine dont on fait tomber quelques gouttes dans l'œil, rendent des services.
10. Paracentèse de l'œil. — La ponction de la sclérotique et de la choroïde, dans le but d'évacuer le liquide rassemblé dans l'œil, esl un moyen qui a beaucoup d'importance dans le traitement de cette maladie. On ne doit point y avoir recours dans la période d'acuité; du moins, je n'ai osé y recourir que dans les cas chroniques et lorsqu'il y avait un commencement évident de stapbylôme de la choroïde. L'opération se pratique avec un couteau à extraction, ou avec une large aiguille à cataracte, qu'on enfonce, non dans la direction du cristallin qu'on s'exposerait à rendre opaque, mais vers le centre de l'humeur vitrée. L'instrument n'a pas besoin de pénétrer à plus d'un huitième de pouce de profondeur. Il s'écoule ordinairement un peu de sang avec le fluide aqueux, d'une consistance légèrement glulineuse, qui s'échappe de l'ouverture. Cette opération, bien qu'elle soit quelquefois suivie d'une douleur très vive et d'un trouble général marqué, diminue ordinairement d'une manière très notable la sensation de compression à l'intérieur de l'œil et la céi)halalgie qui l'accompagne.
OIMITIIALMIKS.
On pont la répéter tous les huit jours, ou à de plus longs intervalles, suivant l'état de IumI (1).
Lorsque la cornée est l'orteinent distendue et son épilhélium détaché, il Tant la ponctionner de tenj|)s en temps pour évacuer Thunieur aqueuse.
11. Stimulants. — Bien que les applications locales ne soient pas dune grande valeur dans la sclérotite scrofulcuse, j'ai vu résulter de hons ell'ets de l'emploi, dans sa première période, du collyre au deutochlorure de mercure et de la solution de nitrate d'argent.
12. Extirpation partielle ou totale de l'œil. — Le slaphylôme de la choroïde, par suite de son volume et de sa saillie, peut nécessiter l'extirpation de la tumeur qui le constitue, avec conservation du reste de l'œil. La couleur noirâtre de l'organe peut donner le change sur la présence de la mélanose ou d'une autre production maligne. S'il s'agit d'un slaphylôme delà choroïde, il suffit d'une simple ponction de l'œil pour éclaircir le diagnostic. Dans un cas où la totalité du globe de l'œil avait tellement augmenté de volume, qu'il ne pouvait plus qu'avec difficulté être recouvert par les paupières, je passai une ligature de son côté nasal à son côté temporal. Il s'échappa immédiatement une grande quantité de fluide aqueux; les enveloppes de l'œil devinrent flasques, et je pus aisément retrancher d'un coup de ciseaux la moitié antérieure de l'œil. D'autres fois , j'ai enlevé une portion latérale et jusqu'à la moitié de l'œil dilaté. Quelque général que soit le staphylôme et quelque saillie qu'il forme, il exige rarement l'extirpation totale du globe de l'œil.
SECTION XX
CORNÉITE.
Syn. — Keralitis.
Bien qu'à l'état de développement complet et de parfaite intégrité, la cornée soit dépourvue de vaisseaux, elle n'en est pas moins susceptible d'inflammations fréquentes et intenses. Sa lame élastique antérieure et son épithélium, son tissu propre ou lamellé, la membrane qui la tapisse en arrière, peuvent toutes éprouver des altérations inflammatoires. Lorsqu'une cause capable d'exciter l'inflammation agit spécialement sur la cornée , elle détermine une congestion dans cette membrane et dans la sclérotique qui l'environne, ainsi que dans le réseau anastomotique qui l'entoure et qui est constitué par les vaisseaux sanguins de ces deux tuniques. En même temps une exsudation
(1) Maitland. Edinblirfc'li Médical and SiirgicalJournal, vol. XXHI, p. !)9. Edinlnirgh, 1823. Lechla, Ammon's ZeitsclirLIt fur die Oplillialmologic, vol. Il, p. 55G. Drcsden, 1852.
COnNKlTF..
occupant le plus souvent les lamelles extérieures, |)arfois le tissu propre ou la nionibrane interne de la cornée, vient en troubler la transparence. Plus lard , des vaisseaux saiif^uins se développent dans la matière exsudée, et la cornée devient rouge. Si la maladie continue, il peut survenir d'autres changements, tels que la suppuration, lulcération et même la gangrène (1).
Les blessures, (elles que celles dont nous avons déjà parlé (p. 326, 578), sont une cause très l'réquente d'inflanuuation de la cornée, cl les plus graves sont souvent suivies de la suppuration et de la désorganisation complète de son tissu. Ce résultat est aussi, mallieureusemcnt, une suite trop fréquente de l'incision pratiquée à la cornée dans l'opération de la cataracte par extraction (2).
[ (I) M. Rrocn, agrégé .le la Facullo de mcilccinc de Paris, professe une opinion dianiélralemcnt opposée. Nous donnons ci-après les conclusions d\m travail prcscnlé par lui, à ce sujet, à la Société Anatomiquc de Paris (Hullelin, décembre 18S5.) :
|o L'innannnalion dcbulant toujours par les vaisseaux eapillaires, les tissus sans vaisseaux, tels que la capsule, le cristallin, le corps vilré, la cornée, ne peuvent pas plus s'ennanimcr que les cartilages, les poils, les dcnls et les ongles; ...
2» La cornée ne renferme, à l'étal normal, aucune trace de vaisseaux. Les prétendus vaisseaux séreux n'cxislent pns j
5° La vascularisation accidentelle de la cornée n'est due ni à la dilatation de vaisseaux anciens, jusqu'alors invisibles, ni à la formation de vaisseaux nouveaux. Elle est due simplement à l'extension des vaisseaux environnants ;
4o Dans les maladies de la cornée, la vascularisation n'est jamais qu'un pliénomène d'importance secondaire; elle est la conséquence et non la cause d'un état morbide qui, dès lors, ne saurait être pris pour une inflammation et traité comme telle ;
3» La plupart des maladies de la curuée, même de celles qu'on désigne sous le nom inexact de kératites, parcourent toutes leurs périoiles sans que la cornée devienne vasculaire et sans qu'on puisse, par conséquent, les ratlaelier à l'état inflammatoire ;
6" Il estdouteux que les collections désignées sous le nom d'abcès de la cornée, renferment du pus véritable. En tous cas, elles ne peuvent être considérées comme étant la conséquence de l'inflammation. 11 en est de même des taies et des ulcères de la cornée ;
7» La cicatrisation des plaies de la cornée s'efl'eclue sans l inlervcnlion directe des vaisseaux. Ceux-ci, lorsqu'ils se monlrenl, ce qui est exceptionnel, ne paraissent qu'à une époque où l'adhésion existe déjà entre les lèvres de la plaie ;
8° Le mot kcralile doit être rayé de la science. T. \V. ]
[(2) M. Bowman expose comme suit les phénomènes qui se passent dans les plaies de la cornée :
Si nous ponctionnons ou si nous incisons la cornée, le premier effet est un changement produit dans les actes naturels de la nutrition dans la partie blessée ; ce changement n'est qu'une interruption mécanique de ces actes, changement qu'à raison des phénomènes qui s'ensuivenl, on a souvent appelé stimulus. Bientôt l'on voit survenir une augmenlalion dans la quantité du sang qui pénètre dans les vaisseaux les plus voisins de la partie blessée, c'est-à-dire dans ceux de la conjonctive et de la sclérotique ; de cette façon, les matériaux qui doivent combler la brèche qui a été pratiquée arrivent en plus grande abondance aux parties qui en ont besoin, il n'est pas douteux que, tandis que ces vaisseaux, comparativement si éloignés de la partie affectée, deviennent le siège d'un mouvement nutritif plus actif, il n'en soit de même du tissu de la cornée qui est le siège de la blessure ; le jeu des forces et l'échange des matériaux qui sont les agents de la nutrition, y deviennent donc plus rapides et plus énergiques. Ces phénomènes, quels qu'ils soient, se conceiitreni surtout aux environs de la blessure, et bientôt, dans l'espace même de quelques heures, ainsi que je m'en suis assuré sur les animaux inférieurs, le voisinage de la parlielésée contient en aboiulance ces petites particules appelées noyaux, cy toblastes, qui existent naturellement, quoique en petit nombre, dans les lamelles de la cornée, et dont la quantité relative est regardée comme l'indice de l'activité du mouvement nutritif dans la plupart des tissus. On voit bientôt ces particules, hâtivement et imparfaitemeul formées, obstruer les interstices des tissus qui forment les lèvres de la plaie, la couvrir entièrement, de manière à occuper tout l'espace qui les sépare, et devenir un moyen d'union temporaire. C'est la présence de ces matériaux embryonnaires de tissu de nouvelle formation, qui, par leur mélange avec les éléments derancicii
84C) OPIITIIALMIES.
La cornée peut souffrir plus ou moins directement dans la plupart des opluhalniics dont nous avons déjà parlé. Dans la période aiguë des oplilhalniies puro-muqueuses, le principal danger vient de ce que la cornée peut participer à rinllaniniation, s'inliltrer de pus, ou être détruite par ulcération, tandis que, à la période chronique, l'état granuleux .de la conjonctive palpébralc produit un élal vasculaire et nébuleux de sa surface. La cornée est le siège fréquent de phlycténules qui surviennent dans la conjonctivite scrofuleuse, et souvent, dans cette maladie, elle est perforée couche par couche par une ulcération. Dans Tophthalmic post-varioleuse, un des symptômes les plus remarquables consiste dans la formation, dans la cornée, d'un abcès qui entraîne souvent la perte de la vision. Dans l'ophlbalmie catarrhorhumatismale , ainsi que je l'ai exposé section XVIII, la cornée est extrêmement disposée à s'ulcérera sa surface ou à s'infiltrer de pus. J'ai déjà eu l'occasion de citer fréquemment des exemples d'inflammation adhésive de la membrane qui double la cornée. Nous avons par conséquent déjà eu celle d'observer, dans cette partie de l'œil, des inflammations diverses que nous pourrions ranger sous les àénomimûomd'' externes, de parenchymateiises,ei d'internes, suivant le siège occupé par elles. Mais l'inflammation de la cornée, dont nous allons nous occuper, diflére essentiellement de toute autre ophthalmie. Ce n'est ni une affection puro-muqueuse, ni une affection éruptive. Son développement est lent, ainsi que sa marche; elle peut durer des semaines, des mois, des années. Ce sont surtout les couches superficielles qui paraissent prises dans celle maladie, qui peut cependant s'étendre à tous les autres tissus de la cornée et englober d'autres parties de l'œil, telles que l'iris, la capsule cristalline, la choroïde et même la rétine.
D'après la majorité des auteurs qui ont écrit sur les affections oculaires, la faiblesse de la constitution donne lieu à une prédisposition marquée à l'inflammation de la cornée, qui survient plus fréquemment
tissu produit celle légère opacité laiteuse qni entoure et indique le siège de la plaie et qui, si celle-ci est forlélendue, peut envahir une portion considérable de la cornée dans la direction des vaisseaux voisins. Je n'ai point ù m'arrèter longuement sur les changements qui su.yenl. La brèche élanl comblée, les nouveaux matériaux se transforment graduellement en produits semb ables à ce. X au mil eu desquels ils ont élé versés ; les vaisseaux sanguins qui bordenlla cornée Ïilit ncnl leur volume primitif, et à la fin, dans les cas les plus favorables, tout vestige du proliii'ieux travail cTui s'est accompli, disparaît. . . ,
t voil commue les choses se'passent ordinairement quand le chirurgien ponctionne la cornée avec son aiguille dans l'opération de la cataracte ; il en est de même, en gênerai, chaque fm. qu î'y a point de perte de substance, que la blessure n'est point trop élendue et que ses lèvre, ont ",é sof°neusemenl rapprochées. Mais on comprend facilement que lorsque la blessure est IresencKu accompagnée d'une perte de substance considérable, un tissu ou la n'-on es al^bTne puisse pas fournir les matériaux nécessaires. Souvent alors le processus ad lesif ne p u .4.ÎérabHr,'el il survient, soitun ulcère temporaire, uneouver.ure béante, soit - 'lèvres delà plaie. L'action réparatrice marche plus lentement et se trouve n.odiliec; U st lormc -alors une sorte de granulations fort semblables à celles qui surviennent en pareil cas sur la peau f : s membranes Iqueuses. „ (W. Bowm... Leçons sur lesparlies ^^^^^^^^^^Zqu'on pratique sur l'œil, etc., traduites par Testeun, p. 41. Bruxelles, I85b, et Annales d Uculis
tique, t. XXX, p. 15-16.) T.W.]
CORNÉITE.
cliez les sujets sci'ofuleux que chez les autres . « Elle s'observe surtout dans la jeunesse, dit M. Lawrence (1), et on la voit rarement, passe ràge moyen de la vie. Elle se i-encontre chez les sujets d'une mauvaise constitution, surtout chez les scroluleux, ou chez ceux dont les forces ont été beaucouj) allaihlics. » « Je ne nu; rappelle |)as, dit M. Tyrrell (2), avoir januiis rencontre un cas de (îornéite pure chez un sujet doué d'une bonne constitution. » «On doit admettre, dit M. Walker(3), que les sujets scroluleux sont très souvent attaqués de cette maladie.» C'est pourquoi on l'appelle cornéilc scrofukuso, lorsqu'elle snrvienl chez les jeunes sujets. Il serait réellement diilicile de décrire une cornêite idiopalhiquc, à moins de dire qu'e-lle s'accompagne d'un peu moins de douleur et de photophobie que la variété scrofuleuse, et que sa marche est un peu plus aiguë. On rencontre aussi chez les vieillards des cas de cornéite dont les symptômes sont assez nettement modifiés par la dialhèse goutteuse, ou qui présentent des phénomènes locaux tels, qu'ils justilient l'appellation d'arthritique donnée à cette variété de la cornéite.
g I. — Cornéite scrofuleuse.
Syn. — Keratilis scrofulosa.
Ki.. Froriep, de corneilide scrofulosa. Von Ammon, thi. I, taf. Ill, flg. 1, 2, 5, 18 et 19. Dalrymplo. pl. XVI. Bg. 1. Siehel, pl. VI, fig. 2; pl. VII, flg. 5.
Sijmplômes. — 1 . La rougeur se montre surtout dans la sclérotique et à la surface de la cornée.'Celle de la sclérotique, généralement peu prononcée, a la teinte du rouge-laque; les vaisseaux sont très petits et disposés en rayons autour de la cornée. Assez souvent l'on remarque autour ou sur la circonférence de cette dernière un cercle rouge, rarement complet, souvent de la forme d'un croissant, un peu saillant, tandis que d'autres vaisseaux rouges, plus ou moins nombreux, se prolongent sur sa surface jusqu'au centre. Dans quelques cas, la cornée en est tellement recouverte, qu'elle prend une couleur rouge, et qu'on l'a comparée, lorsqu'elle est dans cet élat, à un morceau de drap écarlate; d'où le nom de panniis qu'on a donné à ce symptôme. En général, il n'est pas difficile de reconnaître que cet état n'est que le résultat d'un accroissement de vascularité. Quelquefois cependant il ressemble à une ecchymose; mais il suffit alors d'examiner avec un verre grossissant pour voir que la tache rouge est formée par une quantité innombrable de petits vaisseaux. Dans les cas chroniques, les vaisseaux sanguins qui proviennent des muscles droits, et qui sont visibles dans l'état de santé, sont fort dilatés et s'étendent sur la cornée.
(1) Trcatisc on ilic Disoascs ofllic lîyc, p. 547 ; Loiitlon, 1841.
(2) Practinal Work on Uic Di.scascs ol' ilic; l^yc : vol. 1, p. 217. I.oiulon, 1840. (5) OculisCs Vailc-iuLcuin, p. 112. I.oiuloii, 1843.
OPHTIIAI.MIRS.
2. La cornée est plus ou moins opaque cl inégale, son épiihélium et sans cloute sa lame élastique antérieure étant probablement é|)aissis et le siège d'altérations de texture. Les inégalités ressemblent fréquemment à celles que l'on produirait en touchant toute la surl'ace de la cornée avec la pointe d'une épingle; <iu(;l((ucrois les dépressions sont plus marquées. Dans tous les cas, la surface de la cornée a perdu son ""poli naturel, et cette seule circonstance fait que, lors même qu'il n'y a pas grande opacité, l'œil paraît trouble, ressemble à un verre sur lequel on aurait condensé la vapeur de l'haleine, et la vision est confuse. Le trouble de la vision et une légère opacité de la cornée sont les premiers symptômes de la maladie. Ils existent souvent sans aucune injection vasculaire appréciable. Quelquefois l'opacité ne consiste que dans un léger nuage; d'autres fois, elle est constituée par des lignes ou taches blanches, dues à des dépôts de lymphe coagulée, et séparés par des intervalles où la cornée est claire. Assez souvent toute la surface devient presque uniformément blanche, les dépôts opaques se succédant progressivement, ou bien l'opacité s'étendant lentement d'un bord de la cornée à l'autre et envahissant ainsi toute sa surface. Lorsque le mal diminue, la cornée présente souvent une teinte verdâtre. On y remarque parfois çà et là des élevures jaunâtres qui très rarement suppurent ou s'ulcèrent. J'ai quelquefois vu un ulcère profond dans la cornéite, une fois entre autres chez un jeune garçon qui fut violemment atteint de cette aflèction pendant qu'il était en mer, et chez qui toute la cornée était rouge, de forme conique, et présentant à son centre un ulcère grangréneux blanchâtre.
Bien que ce soient généralement les lames superOcielles qui se troublent et deviennent obscures, on voit cependant quelquefois les lames internes opaques tandis que les superficielles restent assez transparentes. Je n'entends point dire par là que la lame élastique interne ou membrane de Descemet soit tachetée de petites opacités comme dans l'aquo-capsulite, mais bien qu'il existe entre cette membrane et la substance propre de la cornée un dépôt opaque irrégulier assez étendu. Cette particularité s'observe quelquefois sur un œil, tandis que l'autre présente surtout une altération des lamelles superficielles. Lors même que la surface externe redevient transparente, les opacités profondément situées ne disparaissent presque jamais.
5. Dans la plupart des cas de cornéite qui ont duré longtemps, on trouve la cornée plus convexe qu'à l'ordinaire et l'humeur aqueuse en excès, ou, en d'autres termes, il y a un certain degré dliydrophlhalnue. Quelquefois la cornée devient un peu conique, et l'on voit la totalité àvi globe de l'œil participer de cette forme qui s'accompagne d'un amincissement de la portion antérieure de la sclérotique, à travers laquelle on voit la choroïde transparaître en bleu, ce qui est un premier degré du slaphylômc du corps ciliaire. La cornéite ne produit que rarement,
conNi':iTE.
ou incmc jamais, le slapliylôme ordinaire de la cornée cl de l'iris. La cornée, ù cause de sa lornie conique cl de la gi-ande opacilé dont elle est le siège, ressemble parfois à un semblable slapbylôme ; mais dès que les symptômes diminuent, on voil (juc l'iris n'csl point confondu avec la cornée.
Assez souvent, on voit la cornée former un cône à sommet émoussé, présentant un point blanc à son centre, tandis qu'elle est rouge ou à l'état de pannus dans tout le reste de son étendue. A mesure (|ue la maladie marcbc, le point blanc s'ulcère, et alors le pannus commence à s'édaircir; l'iris cl la pupille deviennent graduellement visibles, et une guérison plus ou moins parfaite s'obtient. Ordinairemcnl, dans les cas de cette espèce, aucune amélioration ne survient avant l'ulcération du point central opaque. La cornée diminue alors beaucoup de dimension, devient, en d'autres termes, le siège d'une alropbie partielle.
La cornée conique, proprement dite, est quelquefois, quoique très rarement, le résultat d'une cornéite, la forme conique survenant au moment où la nébulosité disparaît.
4-. La dilatation de la pupille accompagne assez souvent la cornéite, et alors, dans beaucoup de cas, il y a lieu de soupçonner une tendance à l'amaurose. D'autres fois, l'inflammation (end à se porleide la cornée vers l'iris ; quand cela arrive, la pupille se rétrécit, et peut même, par suite d'une exsudation plastique, contracter des adhérences avec la capsule du cristallin. Dans beaucoup de cas de cornéite, il est difficile de reconnaître l'état de l'iris et de la pupille à travers la cornée nuageuse et tachetée, si ce n'est en concentrant la lumière sur la surface de la cornée à l'aide d'un verre bi-convexe, ou en dilatant la pupille par le moyen de la belladone.
5. Il n'y a pas, en général, grande photophobie dans cette maladie ; la cornéite scrofuleuse forme même, sous ce rapport, un contraste frappant avec la conjonctivite phlycténulaire. Ce symptôme varie néanmoins ; dans quelques cas, surtout dans ceux qui s'accompagnent de pannus, le malade ne peut supporter la lumière et est tourmenté d'un abondant épiphora.
G. Ordinairement, il n'y a que peu ou pas de douleur, si ce n'est peut-être au début. Quelquefois néanmoins, le malade éprouve dans l'œil une vive souffrance qui revient par accès, même sans qu'il existe aucune inflammation de l'iris. Au bout d'un certain temps, l'œil passe à l'état d'inflammation chronique indolente, et toute douleur disparaît, surtout lorsque toute la cornée est devenue opaque.
7. Le pouls est accéléré, le malade ne dort point la nuit; la peau est ordinairement rude et sèche, les extrémités habituellement froides.
8. La cornéite survient en général chez des sujets de 8 à 18 ans : chez les femmes, elle se montre fréquemment conjointement avec l'aménorrhée. La peau des sujets des deux sexeS qui en sont affectés.
OlMITllALMIES.
est souvent épaisse el molle, avec les follicules cutanés de la face très développés; je l'ai vu souvent coïncider avec la surdité i)arr()is complète el une raucité particulière de la voix. Dans Tun de ces cas, la surdité était survenue une semaine ou deux avant la cornéite. 11 existe habituellement en menu; temps d'autres symptômes sci-oluleux, l'engorgement des ganglions lymphatiques, sous-maxillaires surtout; assez souvent des nodus sur les tibias, quelquefois des épanchements dans la bourse située sous le tendon des extenseurs de la jambe.
[M. Siebel a le premier décrit (1) sous les noms de kératile non vasculairc, inlerslUielle , primitive, ponctuée, une variété de cette alTection, fort intéressante et fort difficile à reconnaître. Le plus souvent, dit M. Desmarres (2), on la confond avec l'amblyopic congeslive commençante, parce qu'elle ne s'accompagne pas de rougeur, et que le caractère principal qui la distingue, les petits points opaques siégeant sur la cornée, ne peuvent être aperçus qu'à l'aide d'une forte loupe. Tout au commencement de la maladie, on voit au centre de la cornée, lorsqu'on l'examine avec beaucoup d'attention, quelques petits points ou quelques petites plaques grisâtres ou bleuâtres, de la grandeur d'une pointe d'aiguille, et qui ne présentent ni saillie ni enfoncement. Ces poinis ne remontent pas au-dessus de la pupille; ils descendent, au contraire, vers la circonférence inférieure de la cornée, sous la forme d'un triangle assez régulier. Leur ensemble ressemble assez bien à la peau du visage, après qu'on l'a rasée. La cornée, dans l'endroit où ils se trouvent, semble avoir été piquée ; la transparence de cette membrane est conservée partout, même entre les petits points opaques, dont le siège parait varier le plus souvent : tantôt on peut croire qu'ils sont placés à la surface externe de la cornée; tantôt on reconnaît qu'ils le sont beaucoup plus profondément. Ces petits poinis n'apparaissent jamais qu'à l'une ou à l'autre surface de la cornée, sous les séreuses qui doublent cette membrane. Le plus souvent, c'est sous la membrane de l'humeur aqueuse, et l'on reconnaît aisément, dans ce cas, en regardant la cornée de côté, que les lamelles externes ont conservé leur transparence normale. La maladie commence donc par les séreuses de la cornée, envahissant peu après la tissu propre de cette membrane, et se propageant par la membrane de Descemet aux autres séreuses de l'œil.
Les petits points, peu nombreux, placés au centre de la cornée, augmentent lentement et se rapprochent ainsi les uns des autres, en se colorant d'une teinte grisâtre ou hleuàlre plus foncée, qui pourrait les faire prendre, dans quelques circonstances, pour de petits épanchements de sang. Il est plus facile de reconnaître s'ils sont superhciels
[(1) S.CHEL. Traité de l'ophlhalraic, elc, 1S57, p. 61 ; Iconographie Ophllialmologique, p 11, el planches VI, lig. 12, Vll.f.ig. 6,elXI.fis. 1.] [(2) Desmaruks. Op. cit., t. Il, p. 245. ]
COnNlilTK.
ou profonds, lorsqu'ils se sont ainsi n.ull.p .es; cl P''^^^; ^'^^^^^^ alo s, c'esl la face concave do la cornée qu ds occupcii . Ce le vaneU ,lc la kératite pourrait donc, d'après ce qu. pre.ede, être d.v.see en superlicielle et en profonde. La l:ératUo pomltllee profonde oll.r, a part les points, tous les symptômes de Vaquo-capsulile La super/ic/e//e est toujours moins grave : les points, moins nond)reux, moins profonds, et'placés sous la conjonelivecornéenne, en lace de la pnniUc comme dans l'autre cas , demeurent pins de temps en nombre limité- assez souvent ils disparaissent sous riniluence d'un traitement convenable Abandonnée à elle-même, la maladie lait des progrès : les points deviennent plus larges, plus nombreux, atteignent successivement les lamelles de la cornée , s'étendent vers la circonférence inférieure de celte membrane, et linisscnt, en se conlondant les uns dans les autres, par former de très petits épancliements interstitiels de plus en plus profonds. Dans le principe, ces épancliements n'ont tout au plus que le double du diamètre qu'avaient les points.
Au début, le malade se plaint d'un trouble de la vue qu'il compare à un brouillard transparent; il n'éprouve ni douleur, ni la sensation d'un corps étranger sous les paupières. Quelquefois il accuse des mouches volantes transparentes, et alors Taflèction est souvent prise pour une amblyopie sans complication du côté de la cornée: il n'y a, à ce degré, ni photophobie, ni larmoiement. Mais lorsque les petits points opaques se multiplient, le trouble de la vision augmente. Peu à peu le malade devient plus myope, et sa vue s'abaisse quelquefois au point qu'il ne lui est plus possible de se conduire.
Cette maladie marche avec une excessive lenteur : dans la majorité des cas cependant, elle peut disparaître après quelques semaines de durée. Le plus souvent, les points ou plaques, malgré leur petit diamètre, ne s'effacent pas complètement. M. Desmarres parle de malades qui ont la cornée ponctuée depuis dix ans; les petits points ont pris une teinte grise pour la plupart; quelques-uns sont demeurés complètement noirs. T. W.]
Causes. — Les causes occasionnelles de la cornéite scrofuleuse sont souvent obscures. J'ai vu cette maladie frapper certaines personnes pour s'être exposées, pendant la nuit, à la lueur des flambeaux, ou à la suite de l'usage excessif des yeux, ou de la privation du sommeil. De légères lésions, telles que l'introduction d'un cousin dans l'œil, peuvent la produire. On peut assez souvent l'attribuer à l'action du froid et de l'humidilé. On sait que la section de la cinquième i)aire détermine, chez les animaux, l'inflammation, l'opacité et l'ulcéralion (le la cornée; c'est donc une question que de savoir si, dans l'espèce humaine, la cornéite ne peut pas quelquefois dépendre de quelque affection morbide de ce nerf. L'expérimentation fait connaiire la façon dont l'inflammation se produit par suite de la suspension de l'influx
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nerveux dans une partie du corps. Dans un cas que j ai observé, cl oîi la douleur lui excessive, le malade guéril Irès bien de sa coi-néilc, mais mourul peu après d'une all'eclion de la lêle. On Irouva à la hase du cerveau des lubercules scrofuleuxquicomprimaienl l'un des iicrlsoplifiucs.
Pronostic. — La cornéile, même dans sa l'orme la moins grave, est toujours de longue durée , cl ses conséquences sont généralement dangereuses pour la vision. L'amélioration, qui survient cependant quelquefois par suite de l'absorption graduelle des dépôts opa(|ues, est parfois étonnante, même dans les cas où l'on n'espérait rien ou ])eu de chose. La vision peut quelquefois revenir ainsi parfaitement. D'un autre côté, elle peut rester altérée d'une façon permanente, cl la myol)ie être la conséquence du changement de forme subi par la cornée, limitée par des opacités indélébiles , ou altérée par des changements survenus dans les parties de l'œil plus profondément situées, comme l'iris, la capsule du cristallin ou la réline. Le pronostic doit toujours dépendre en grande partie de l'espoir plus ou moins fondé que l'on a d'améliorer les forces générales du sujet. Il est bon, dans tous les cas, de ne pas laisser ignorer que l'amélioration sera lente à se produire.
Traitement général. — 1 . Les saignées ne paraissent que rarement l'éclamées, au moins par la douleur et les signes d'inflammation active. On relire néanmoins de très grands avantages de l'application de sangsues au voisinage de l'œil, surtout si l'on y a recours au début de la maladie. Lorsque l'inflammation aflécte la substance propre de la cornée et non pas ses lamelles superficielles, et que le malade accuse de la douleur et de la tension dans Fœil ou en travers du front, les sangsues sont nécessaires. S'il existe de violents paroxysmes de douleur, il faut recourir à la saignée. Il faut réitérer de temps en temps les saignées locales , mais pas assez souvent pour réduire beaucoup les forces générales.
2. Les éméliques et les purgatifs sont aussi utiles. On doit les emj)loyer de la façon indiquée page 798.
5. Le tartre émétique , comme sédatif et altérant, m'a rendu de grands services, mélangé au quinquina ou au sulfate de quinine. Celte combinaison est contraire aux indications de la chimie ; néanmoins, administrés ainsi combinés, ces agents m'ont incontestablement mieux réussi qu'administrés isolément.
4. Les diaphorétiqiies sont indiqués par l'étal de sécheresse et de rudesse de la peau. Le tartre émétique agira favorablement sur la peau; on en favorisera l'action par des pédiluves chauds et la poudre de Dover, prise au moment du coucher.
5. Le mercure, administré jusqu'au point d'agir sur les gencives, rend de grands services dans le traitement de celle maladie. Lorsqu'il existe de forts paroxysmes de douleur, il faut administrer promplement le mercure ; autrement la pupille pourrait contracter des adhé-
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rences morbides ; mais oi'ilinaii'cmenl il n'y faut l'ccourii- (jue lorsque les symptômes (racuilc ont été aballus i)ar les déplélifs el par l'emploi du tarlre slibic à petites doses. Lorsque le mereure commence ii aiiir sur la constitution, on voit le plus souvent les vaissemix dilalcs de la surface de la cornée se contracter et la substance de nouvelle lormalion' qui s'y est déposée, s'absorber. L'éclaircissement de la cornée débute par sa circonférence, l'amélioration s'avancant lentement vers le centre. Le meilleur mode d'administration du mercure dans cette ophtbalmie, ainsi que dans quelques autres, c'est le calomol combiné à l'opium. Le mercure est surtout nécessaire dans les cas qui s'accompagnent d'irilis; on doit alors l'employer dès le début.
6. Le sulfate de quinine exerce sur la cornéite scrofuleuse une influence plus lente à se manifester, mais qui, en définitive, n'est pas moins avantageuse que celle que ce médicament exerce dans ro|)lubalmie pblycténulaire. J'ai traité beaucoup de cas avec ce remède seul. Les cas intenses, toutefois, ne lui cèdent pas; ils exigent la saignée et le mercure. La combinaison du sulfate de quinine avec un purgatif tel que les pilules de coloquinte composées, est souvent très avantageuse. Lorsqu'au moment où l'on est appelé, on trouve le malade fori affaibli, avec la peau flasque, et des sueurs nocturnes, il est bon de le mettre, dès le début, à l'usage du sulfate de quinine. J'ai traité beaucoup de cas avec un mélange de calomel et de sulfate de quinine.
7. La térébenthine, à la dose d'un demi-gros à un gros trois fois par jour, a été trouvée utile (1).
8. Les altérants et les toniques végétaux , tels que le colchique, la salsepareille, l'écorce d'orme et la bebeérine, sont des remèdes utiles dans la cornéite scrofuleuse , mais ils sont inférieurs au quinquina et au sulfate de quinine. J'ai vu obtenir de très bons effets, dans celle maladie, de petites doses fréquemment répétées de columbo, de rhubarbe et de bicarbonate de soude. L'aconit et la belladone à l'intérieur servent surtout à calmer la douleur, la photophobie et l'épiphora.
9. Vhuile de foie de morue et les autres préparations contenant de Viode, et principalement Viodure de potassium, peuvent être administrés avec avantage quand, par suite de la faiblesse du sujet ou pour d'autres causes, on juge prudent de ne point employer le mercure.
10. Le muriate de baryte est fortement recommandé par Von Ammon. On a quelquefois employé Varsenic. Quel que soit le remède qu'on ait choisi, il ne faut pas l'abandonner trop tôt, bien qu'il soit lent à amener des résultais avantageux. Dans beaucoup de cas, le traitement doit être prolongé un an et plus, avant que la guérison soit parfaite.
(1) Oonij. Lanccl, April 30, 1842, p. loO.
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11. La guérison csl gniiidcmcnl favorisée par la bonne nourriture, des habillements cluuuls, un air pur et des exereices réguliers.
Trait ement local. — 1. Les /orne// to^/on.s c/tfm(/t's avee uiie décoetion de tètes de pavots, ou avec une infusion chaude de feuilles ou d'extrait de belladone, Texposition des yeux à la vapeur d eau chaude contenant du laudanum, soulagent beaucoup dans les cas où lœil supporte mal la lumière.
2. Les collyres, tels que ceux que nous avons déjà recommandés (p. 808) contre l'ophthalmie phlycténulairc, doivent aussi être employés dans la cornéile, surtout le collyre au deulo-chlorure de mercure avec la belladone.
3. Les véskatoir es elles cautères m cou, derrière lorcille, et à la tempe, sont utiles et généralement nécessaires. Une éruption produite par le tartre émétique est souvent très avantageuse.
4. Vacide liydrocyaniq^ie , appliqué sous forme de vapeur, est positivement utile quand la période aiguë est passée; on voit évidemment, sous son influence, la cornée perdre sa rougeur et s'éclaircir.
Immédiatement après que lœil a été exposé pendant quelques minutes à la vapeur de cet acide, il est avantageux d'instiller dans l'œil quelques gouttes de solution de nitrate d'argent de la force de 4 à 10 grains par once d'eau distillée et d'enduire les paupières avec de l'extrait de belladone. J'ai vu ces trois remèdes, employés concurremment, agir très eflîcacemenl.
5. Siimulants. — J'ai essayé plusieurs moyens empruntés à cette classe. Ils ne sont applicables que lorsque l'on a triomphé des symptômes d'inflammation aiguë et alors que la maladie est entrée dans sa période indolente. Le plus utile m'a paru être le vin d'opium. Après le vin d'opium je place la pommade forte de précipité rouge. On en introduit journellement, gros comme la moitié d'un pois, entre les paupières et le globe de l'œil, et l'on frotte alors soigneusement la cornée par l'intermédiaire de la paupière supérieure. Un demi-gros à un gros de précipité rouge, trituré en poudre impalpable avec une once de sucre blanc, et dont on souftle une petite quantité dans l'œd à l'aide d'un tuyau de i)lume, constitue un autre mode d'application de cette substance. La solution du caustique lunaire employée comme à l'ordinaire, une solution de 4 grains de sulfate de zinc dans une once d'eau, instillée dans l'œil, produisent de bons efl-ets. Il est quelquelois très avantageux d'employer dans les 24 heures plusieurs de ces excitants, par exemple le vin d'opium le matin et la pommade au précipite rouge le soir.
6 L'extrait de belladone doit être étendu sur les sourcils et les paupières, ou une solution de sulfate d'atropine instillée dans l'œd tous les soirs, chaque fois qu'il existe quelque symptôme diritis, ou même seulement lorsque l'on redoute cette inflammation.
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