Mercure. On administre fréquemment le calomel dans
l'ophthalmie phlycténulaire ; on l'emploie il est vrai plus fréquemment comme purgatif que comme altérant, mais on ne saurait mettre en doute que ce médicament est souvent nuisible aux enfants. Une vérité que l'on perd trop de vue c'est que leur constitution délabrée par
(I ) Rssay on Scrofula; in wliidi an accounl of Ihe liiïecl of tlic Carbonas Amniuniœ, as a Rcnio.iv in lhal Disfasc, is submilled lo tlicMcaical Piofe*sion. London, 1812.
OPIITIIALMIE PIILYCTÉNULAIRE. 0\h'>
l'usage inintelligcnl du caloinel, les rend plus accessibles à l'action des causes cxcitanles de la scrofule.
J'ai souvent vu le mercure, administré dans l'oplithalmie phlyclenulaire, se montrer nuisible, parce (pi'on ne l'employait pas au moment convenable, c est-à-dire avant d'avoir, |)ar les dépiétils, modéré l'irritation (lui accompagne la période aiguë de la maladie. Après la saignée locale et l'usage des évacuants, nous avons quelquefois retiré un avantage marqué des blue pills, ou même du calomel avec l'opium. On peut po^usser, dans certains cas, l'emploi de cet agent jus(iu'à ce ([ue la boucbe soit all'ectée. C'est ce que l'on a fait dans le cas suivant :
Obs. 385. — Isabella Fitzsiinmons, rigéc de 9 ans, enlre le 3 août 1831 ini Glasfiow Eyclnfirmary avec les symptômes sulvanls : plilyclénulcs nombreuses autour du bord supérieur delà cornée droite; inllammatlon réticuluire considérable delà conjonctive; langue blanche, lièvre et agitation nocturne. On prescrit comme vomitif le tartre émétlque à doses fractionnées; on applique une solution de nitrate d'argent à la dose de quatre grains par once d'eau distillée. —Le 5, la dimension des phlycténules a diminué, la rougeur est moindre. — Le 9, les symptômes sont encore diminués.— Le 1% lesplilycténules ont presque disparu. — Le 17, une nouvelle plilyclénulese voit au bord inférieur de la cornée. On prescrit une once de sulfate de magnésie. — Le 19, toute la conjonctive estvascularisée. — Le 21, il y a un petit ulcère au centre de la cornée. On prescrit douze grains de sulfate de quinine dans un véhicule de douze onces, à prendre une cuillerée à bouche trois fois par jour. — Le 2 septembre, l'inflammation s'est accrue; il existe un onyx au bord inférieur de la cornée. On applique six sangsues aux paupières droites; on prescrit une dose de calomel et de jalap, et l'on porte la dose du sulfate de quinine à un scrupule pour douze onces de véhicule. Lelendemain, on appliqueun vésicatoire derrière l'oreille. — Le 8, l'onyx est moins étendu. — Le 9, on porte la dose du sulfate de quinine à un gros. — Le 13, on remarque un épanchement considérable de lymphe plastique à la face interne de la cornée, au-dessous du niveau de l'ulcère. L'œil est évidemment dans un danger imminent. On enduit le sourcil et la paupière supérieured'extrait de belladone. On continue la quinine; mais comme ce remède n'a que peu ou pas d'action sur l'inflammation adhésive, on prescrit deux grains de calomel, et un tiers de grain d'opium à prendre au moment du coucher. — Le 15, la pupille est un peu dilatée, et l'épanchement de lymphe de la surface interne deja cornée a diminué. — Le 18, tout a presque disparu. L'ulcère est encore profond, mais'sa surface est unie. On aperçoit de nombreux vaisseaux rouges qui rampent sur le bord inférieur de la cornée. On maintient encore la pupille dilatée. On continue la prescription du 13. — Le 22, la pupille est largement dilatée, la lymphe a complètement disparu, l'ulcère s'est rétréci, et la cornée n'offre plus de vaisseaux rouges. On supprime la belladone. — Le 27, on supprime également le calomel et l'opium. — Le !<=■• novembre, le seul symptôme restant est un très petit leucome.
[Les bains de sublimé, recommandés par M. Serre d'Uzès (1), jouissent d'une efficacité que nous avons chaque jour l'occasion de constater. Ils sont préparés pour les adultes avec quatre grammes, et pour les enfants, avec deux grammes de deuto-chlorure hydrargyrique qui sont jetés dans l'eau nécessaire à un bain. Les malades y séjournent deux à trois heures, pendant lesquelles ils se lavent presque conslamment la figure avec l'eau du bain. Ce bain peut être renouvelé tous les deux ou trois jours. 11 est rare qu'après le premier il n'y ait j)as
[ (I) Annales d'Oculislique, l. XV, p. 179. ]
OPIITIIALMIRS.
déjà une diin'mulion marquée de la j)li()lo|)lio!»ie. Ce moyen esl surloui • héroïque dans les cas d'o|)lillialmie scroi'uleuse coni|)li(|uée d alVeclions psoriques. T. W. ]
7. Iode. — Je n'ai point suHisamnienl expérimenté l'iode et ses préparations dans roplitlialmie |)hlycténulaire pour pouvoir les recommander (1).
[8. Elhiops minéral, poudres de Plummer, arsenic. — L'élliiops minéral (sulfure noir d'antimoine et de mercure) rendde grands services dans lesoplitlialmiesscroruleuses compliquées d'anectionsclironi(pjes(ie la peau. On l'administre, avec égale quantité de magnésie, deux fois par jour, à la dose de 5 à 10 centigrammes pour les individus forts et âgés de sept ans ou au-dessus, à la dose de 2 à S centigrammes pour ceux moins âgés et d'une constitution plus faible.
M. le docteur Roser (2) prescrit contre celte aiïeclion, pour iiii enfant d'un à trois ans, 3 doses de calomel et soufre doré d'antimoine, de chacun 2 grains, c'est-à-dire journellement 12 grains de poudre de Plummer, dose qu'il augmente dans certains cas jusqu'à celle de 72 grains par jour. Dans les cas rebelles, le docteur Roser prescrit la liqueur arsenicale de Fowler, à la dose de o gouttes, trois fois par jour, qu'il a portée progressivement, dans un cas, à celle de 40 gouttes, soit plus d'un grain d'arsenic par jour, sans inconvénients. T. W.]
[9. Muriale de baryte. — Le moyen qui trouve le plus ordinairement son emploi, immédiatement après le calomel, les pilules bleues ou l'éthiops minéral , est le chlorure de baryum, anti-scrofuleux très efficace, agissant exclusivement sur lesystème lymphatique sans exciter le système vasculaire sanguin, et possédant la plupart des qualités avantageuses de l'iode sans en avoir les inconvénients ; circonstance qui le rend éminemment propre à combattre les ophthalmies et les autres alTections de caractère lymphatique 'dans la période aiguë où l'iode est nuisible. M. Sichel l'administre sous la forme suivante : Eau distillée, 15 grammes; chlorure de baryum, 2gram. : dissolvez. En prendre 5 à 8 gouttes, trois fois par jour, dans 2 à 3 cuillerées d'eau gommée et sucrée. (5) T. W .]
10. Diaphorétiques. — Il importe beaucoup d'entretenir les fonctions cutanées. On remplit cette indication en faisant porter de la flanelle sur la peau et par l'administration d'un bain chaud tous le,^ soirs, ou de deux jours l'un. Le bain chaud diminue souvent beaucoup la photophobie ; il calme et rafraîchit : on doit y recourir souvent. Les bains chauds et salés sont très utiles. Un pédiluve chaud pris le soir pendant des semaines et des mois peut rendre de grands services ; d
Kl) VovezSicHEL. Remarques sur l'emploi des préparations io.lurécs dans les ophtlu.lnm s el sur les médicaments qui peuvent leur être substitués. Journal des connaissances médicale, pratiques, 184G-18/..7, t. XIV, p. HC ] . ,o«i ,
[(2) lUieinische Moiiatschrifl lur pralUisclie Aerzte, Mai 1851.J
[(5) SicnEL. Iconographie ophllialmologique, p. 89]
OIMITIIALMIE PHLYCTÉNL'I.AinE.
en est de même des foineiilalions chaudes sur le vcnlro, lolles qu'on les a|)pli(iuc dans la lièvre réniillcnle des enlanls. La poudre de Dower, prise en se couchanl, est avanlaj^euse ; elle pr(>v()(|ue Taclion rcV^ulière de la peau, ealnie l'irrilalion el proeui-e le soninieil. Ce niédicainenl n aiïil pas inoins l'avorablenienl lorsque la Iranspiralion est excessive, que lorsque la surface du corps est sèche el écailleuse. Le tarlre émétique agit aussi l'avorahlenient sur la i)eau, el synipalhi(iuenienl sur la conjonctive.
11. Norcoliqves. — Outre l'opium sous dillerenles formes, (pie Ton se trouve bien de prescrire parfois dansTophtlialmie |)lilyclénulaire, la belladone à rintérieur calme d'une façon remarquable la douleur et la pliotophobie qui accompagnent celle an'ection. La préparation em|)loyée est la poudre de feuilles sèches, dont on administre de un à deux grains trois fois par jour. Si l'on préfère la Icinture vineuse, on en fait prendre à l'enfant de trois à dix gouttes également trois fois par jour.
12. Inhalation des anestliésiqiies. — J'ai commencé en mars 1847 à employer l inhalation d'élher sulfurique dans plusieurs cas d'ophihalmie scrofuleuse accompagnés d'une photophobie excessive. Je l'administre jusqu'à produire une légci'c insensibilité pendant quelques minutes. Dans un cas, dès la première administration, il lit disparaître une photophobie datant de trois mois, et tellement vive que la malade, jeune fille de seize ans, avait toujours été amenée à l'infirmerie les yeux spasmodiquement fermés. Dès ce jour même, elle put ouvrir librement les yeux, etcelte amélioration persista. Le même moyen employé tous les jours, ou tous les deux jours, produisit sur d'autres malades les mêmes effets. J'ai obtenu les mêmes avantages de l'emploi du chloroforme.
L'inhalation des anesthésiques nous permet non-seulement d'examiner tout à notre aise les yeux du malade, et d'y faire toutes les applications que nous jugeons nécessaires, mais elle constitue, de ])lus, un moyen précieux de triompher d'une manière permanente de la grande irritabilité qui accompagne si fréquemment la maladie.
13. Régime alimentaire. — ■ Tant que l'inflammation est aiguë, il faut interdire strictement toute nourriture animale et toute espèce de boissons fermentées ou échauffantes; mais lorsque les symptômes aigus sont tombés et que la maladie a revêtu un caractère chronique, on doit plutôt prescrire au malade un régime généreux. On ne saurait douter qu'une nourriture malsaine ne soit une des principales causes de l'ophllialmie parmi les pauvres; il est donc très-important de pi-ocurer à ces malades une nouri'iture plus fortifiante. Il faut défendre sévèrement l'usage des substances capables de déranger l'estomac , telles que les pâtisseries de toute sorte, les confitures, les gelées végétales, cl les conserves , et de toutes les substances indigesles, comme les fruits non mûrs, les noix, les raisins et autres semblables.
[ « Il importe au plus haut degré de régler convenablement le régime '• ()8
OPlITll/VI.MIES,
(les malades, laiil sous le rappoii de la quanlilé el de la qualité de la noun-ilure, que sous eelui du nombre des repas. De fréquentes erreurs sont souvent commises à cet égard, non-seulement par les malades, mais ménu; i)ar les médecins qui leur donnent des soins. On a émis l'idée que la scrol'ule consiste dans un état de débilité , et l'on en a tiré la conséquence qu'il laut y remédier par l'usage libéral d'une nourriture animale, de liqueurs fermenlées, et de médicaments toni((ues el stimulants. Ces vues nous paraissent complélenu;nt erronées, el la pratique qu'on en a déduite pernicieuse pour les malades. Les sujets scrol'uleux sont faibles en un sens; leur organisation est imparfaite, et ils ne sont pas capables de supporter ce que supporteraient des sujets sains. Les agents extérieurs agissent sur eux d'une manière puissante; leurs organes sont plus facilement excités, et tout particulièrement le canal alimentaire. Peut-on donc s'attendre à ce qu'il supporte bien une quantité de viandes, de liqueurs stimulantes et de toni(iues, qui troublerait certainement les fonctions de Testomac d'un individu sain cl vigoureux? La nourriture des scrofuleux, comme en général celle des personnes jeunes, doit être nourrissante, mais non stimulante. On ne réussira jamais à les fortifier à l'aide d'une alimentation exclusivcmenl animale. L'expérience de tous les siècles et de tous les pays démontre que le mélange de la nourriture animale avec les aliments végétaux est ce qui convient le mieuxà l'organisation de Tliomme. Nous n'apercevons aucune raison qui puisse, chez les scrofuleux, contre-indiquer l'usage des végétaux. On peut leur permettre un repas modéré à la viande par jour ; le reste de l'alimentation consistera en légumes bien apprêtés, en lait, en pain et autres farineux, ou en fruits bien mûrs. Quelques scrofuleux des plus excitables ne peuvent supporter la viande tous les jours; on ne leur en donnera que tous les deux jours. Les boissons fermentées, telles que le vin ou la bière, peuvent quelquefois être accordées aux enfants en petite quantité, pour un court espace de temps; mais ellesne conviennent pas toujours, même chez les scrofuleux les plus faibles, attendu qu'elles excitent facilement la circulation. La boisson la plus convenable pour les enfants en général est l'eau pure. Beaucoup de scrofuleux ne peuvent supporter ni la nourriture ni la médication excitantes; les toniques sous toutes lesformes leur sont nuisibles. Il faut veiller attentivement à la quantité de nourriture qu'on leur donne, surtout lorsque, conjointement avec un dérangement de l'estomac et des intestins, il existe un appétit extraordinaire. Ou peut laisser faire aux enfants trois ou quatre repas par jour; mais il ne faut rien leur accorder dans l'intervalle: il faut surtout les garantir de toutes ces friandises malsaines qu'une amitié inintelligente leur prodigue si souvent» (1). T. W.]
[(1) L,\wiii;Nnic. Kdilioii aiiu'i-ifainc, p. Ty-2\.]
OPIITHALMIE PlILYCTÉNlILAinE.
14. Caractère. — Celle maladie rend les eiilaïUs exlrèmomeiil clia- <rniis, el devienl, silon n'y prend ^anle, la cause pirmière d*nn mauvais caraclèi-e, qui lend à son lonrà aggraver el à prolonger les s.>m|)lùmes. Chez les eni'anls d'un bon naUirel, el chez eeux (|ui sonl bien dirigés, la maladie disparail bcaueoup plus aisémenl; landis (|ue chez les eni'anls gàlés, (piierienl pendant des heures après qu'on a examiné leursyeux ou après l'appliealion des remèdes, elle aequierl une déplorable lénacilé. Il imporle beaucoup d'inspirer bon espoii- au malade.
15. Exerckc. ~ Sommeil. — Les enlanls alleinls de celle maladie voudraienl rester au lil pendant toute la journée ; on ne doit pas les laisser faire. 11 faut les laver et les habiller de bonne lieure, el lorsque le temps le permet, les l'aire sorlir, quelque intense que soit la photophobie. D'un autre côté, il ne faut pas les laisser se lever tard, ni se l'aligner les yeux à lire, dessiner, coudre, etc., à la lumière arlificielle. Jl faut les l'aire coucher de bonne heure. « Si enim quid est juvans oculos, est somnus ipse (1). »
16. Position dans le Ut. — La tète doit éti'e maintenue aussi élevée que possible pendant la nuit, et il ne faut, sous aucun prétexte, permettre à l'enfant de s'ensevelir la face dans l'oreiller.
Moyens locaux. — 1. Garantir les yeux. — On diminuera l'irritabilité morbide, qui se montre d'une manière si frappante à toutes les périodes de cette all'eclion, en faisant porter au malade un chapeau ou un bonnet à larges bords, ou en lui plaçant devant les deux yeux un écran vert ou noir. On éloignera de lui toute occasion d'exercer ses yeux sur de petits objets, surtout à une lumière intense. Il n'est point nécessaire de confiner le malade dans une chambre obscure, ni de l'empêcher de sortir quand il fait beau temps. On doit, au contraire, l'engager à ouvrir les yeux, à les exercer avec modération sur de gros objets, et à prendre de l'exercice hors de chez lui. Nous voyons souvent des enfants atteints de cette ophthalmie, dont on recouvre l'un des yeux ou les deux avec un mouchoir, surtout lorsqu'on les fait sorlir. Cette habitude est tout à fait nuisible; elle échauffe trop les yeux, augmente la photophobie, et si l'un des yeux est seul tenu couvert, elle peut faire survenir le strabisme.
2. Évaporants. — Dans les cas récents et légers, on peut modérer l'inflammalion, la douleur el l'irritalion, par l'usage de lotions évaporantes ou légèrement astringentes, appliquées chaudes ou froides, suivant le désir du malade. Le plus souvent il les préfère chaudes. La décoction de tètes de pavots aiguisée avec un peu d'alcool, l'eau acidulée avec un peu de vinaigre, ou à laquelle on ajoute un peu d'esprit doux de nitre (élher nitrique), de l'eau de roses, ou une faible solution d'acétate d'ammoniaque, rempliront bien l'indication. L'application
(I) Fallopiiis.
^08 OI'IIÏIIALMIKS.
d'eau froide sur les paupières, la lace el la lèle procure ordinaireincut (lu soulaiijeinent; mais souvenl la rcaclion qui succède est nuisible. On peul. eu dire aulaul des calaphisnies au vinaigre et du mélange d'alun el de lail caillé inlroduil dans un pelil sac el placé sur les paupières au momenl du coucher.
ô. Fomentations. — Pour peu que les sym|)lômes ollVenl un certain degré d'inlensilé ou d'opiniàlrelé, on se Irouve mieux des applicalions adoucissantes chaudes que des froides. On peut fomenlerles yeux |)lusieurs l'ois par jour avec un morceau d'éponge ou de llanclle, el une décoction de tieurs de camomille, de tètes de pavots, de feuilles de digitale, ou une infusion aqueuse d'opium chaullée à 100 degrés Kahr. L'exposition des yeux à la vapeur de l'eau chaude, à celle du laudaninn ou du camphre, qu'on obtient en les plaçant dans une tasse contenant de l'eau bouillante, procure un soulagement notable. La belladone cl la jusquiame en vapeur ou en fomentation agissent favorablement contre la photophobie. Le collyre qui m'a paru le plus utile est une solution d'un grain de sublimé corrosif et six grains de sel ammoniaque dans six onces d'eau; on y ajoute deux drachmes de vin d'opium, ou un à deux grains de sulfate d'atropine; on en mélange une cuillerée à soupe avec égale quantité d'eau chaude. On s'en sert trois fois par jour: on en baigne soigneusement les paupières à l'extérieur pendant cinq minutes, puis on en laisse pénétrer une petite quantité dans l'œil.
[ M. Fronmûller a employé la conéine avec succès dans la forme érélhislique de l'ophthalmie scrofuleuse, lorsqu'il existait un blépharospasme et une photophobie considérables. Il fait préparer une solution de quatre gouttes de conéine dans cinq gros d'eau, avec un scrupule d'esprit-de-vin. Cette solution sert à pratiquer des frictions plusieurs fois par jour autour de l'œil; elles amènent parfois des résultats surprenants (1).
L'huile décade, qui s'obtientpar la distillation des troncs, des grosses branches et des racines de genévrier, est vantée par M. Serre, d'I'Zès. Chez les enfants, il n'est pas nécessaire de porter le remède sur l'œil ou les paupières pour guérir les ophthalmies scrofuleuses les plus opiniâtres; de simples onctions sur le front, les tempes, les pommettes, et extérieurement sur les paupières, agissent le plus souvent sur l'œil d'une manière assez remarquable pour amener la guérison.Dans quelques cas, l'introduction d'une goutte d'huile de cade entre les paupières en active les eflets (2). T. W.]
i. Scarifications. — Dans les cas chroniques, lorsque la conjonctive palpébrale est parcourue de vaisseaux rouges, les scarilîcations pratiquées sur la face interne des paupières constituent un moyen des plus précieux. Lorsqu'il existe une tache vasculaire on ne peut guère
r(l) FRO!vi\njLi.i;n. Beobachinngcn ans «iem Gebiotc ilor Augenlioilkundi', FûrU), 1830.] [ (2) Annales d'Oculislique, l. XV, p. 177.]
OPIITIIALMIE PIILYCTÉNULAIUE.
se dispenser de diviser le [)aquel de vaisseaux qui rampe sur la sclérotique et se porle à cet albugo. Il n'existe aucun autre remède (pu possède la même eiïicacilé pour enrayer ce symptôme embai-rassaiil et dangereux.
0. Rcvulsifx. — On remarque IVéquemment, chez les sujets scrol'uleux, que lorsqu'une nouvelle alleclion éclate sur un point du corps, l'aireclion qui existait déjà s'améliore. Jmilant celte opération de la nature, lorsque tous les autres moyens ont échoué, nous recourons avec succès aux vésicatoires, dans l'ophthalmie scrolulcusc. Ce remède enlève quelquefois rai)idcmenl la jjhotopliobie. Quelques heures après l'application d'un vésicatoire, on voit des enlants qui n'avaient pu ouvrir les yeux depuis trois mois, écarter les paupières avec facilité. Les tempes, les apophyses mastoïdes, le sommet et le derrière de la lèlc, la nuque, sont les points où l'on applique habituellement ces cxuloires. Les révulsifs appliqués à la nuque sont les plus douloureux, mais en même temps les plus efficaces. On doit ordinairement les entretenir à l'aide de quelque pommade excitante, ou, si l'on ne le fait i)as, appliquer successivement plusieurs vésicatoires.
On provoque quelquefois une éruption de pustules à la nuque à l'aide de frictions avec la pommade stibiée. Ce moyen est beaucoup plus douloureux que le vésicatoire. L'éruption pustuleuse s'étend quelquefois à d'autres parties du corps et occasionne un dérangement général considérable; les pustules, lorsque leur volume est considérable, laissent des marques inefTaçables, et lorsque l'on se sert de ce remède sans précautions, on voit quelquefois des portions de peau étendues frappées de gangrène. Le docteur Salomon considère l'éruption produite par la pommade émétisée comme le seul remède efficace contre la photophobie (i^
[Le badigeonnage des paupières et des sourcils au moyen de la teinture d'iode étendue avec un pinceau, est un excellent moyen de calmer la photophobie dans les ophthalmies scrofuleuses. Celte application est renouvelée une ou deux fois par jour, selon la sensibilité des malades et l'action produite. Il est rare qu'après deux ou trois jours, la photophobie n'ait pas entièrement disparu. Déjà recommandé par Furnival(2),ce moyen est aujourd'hui très répandu et son efTicacité reconnue.
M. Hays (5) recommande dans le même but l'application du crayon de nitrate d'argent sur les paupières préalablement mouillées. T. W.]
On employait autrefois beaucoup les cautères à la nuque et au bras : ces exuloires avaient pour eiïet de réduire les symptômes de l'ophlhalmie phlycténulaire et de prévenir les récidives; mais, sous d'autres
(I) Ammon's Zcitschrifl fur die Oplillialmolojçie, vol. 11, p. 329. Dresden, 1852.
[(2i The Lancol, 10 décembre 1842. J
[ (5) Édiliun américaine de Lawiienci;, p. 324]
OniTlIALMlES.
rapporls, ils préscntnicnl des inconvénients. J'ai vu un cautère au bras (Ictcrniincr une alrophiedu membre, (jui pei'sista toute la vie. Les perl'eclionnemenls introduits pendant ces dernièi-es années dans la médecine opbtbalmique ont rendu ces moyens moins nécessaires.
G. Stimulants. — Les stimulants appli(jués sur l'œil rendent dans cette aflcction des services incontestables. Il est même presque impossible d'obtenir sans eux la guérison. 1^'étal im|)éligineux de la conjonctive, ou plutiM, celui de la peau qui recouvre l'œil, lui permet non-seulement de supporter l'usage des stimulants, mais, connue la plupart des autres all'ections cutanées chroniques, en est l'avorablement inlluencé, |)ourvu que ces agents soient bien choisis, employés avec précaution et en temps opportun. Ils constituent quelquefois les meilleurs sédatifs locaux, lorsqu'on les met en usage après que l'on a fait tomber, au moyen des remèdes généraux que nous avons déjà énumérés , l'excitation inllammaloire. Si l'on y a recours plus tôt, ils sont le plus souvent nuisibles. Sous ce rapport, le traitement de l'ophthalniie phlycténulaire diffère complètement de celui des inflammations puro-* muqueuses de la conjonctive; car dans celles-ci nous employons les stimulants dès le début, et dans la phlycténulaire il faut attendre que les symptômes d'irritation aient été un peu apaisés.
Divers stimulants ont été employés contre cette aflcction ; mais les deux agents qui méritent le plus de confiance sont la solution de nitrate d'argent et la pommade au précipité rouge. Je place après eux le vin d'opium. Quel que soit celui dont on ait fait choix, il faut l'apjdiquer régulièrement une fois parjour,ouune fois tous les deux jours, en plaçant l'enfant dans la position horizontale, la téte fixée entre les genoux, et les paupières écartées, afin de mettre bien à découvert la membrane malade.
Le stimulant que j'emploie d'ordinaire est la solution de quatre grains de nitrate d'argent par once d'eau distillée. Elle possède évidemment à un haut degré la faculté de diminuer l'injection de la conjonctive, de hàler l'absorption des phlycténules, de provoquer la cicatrisation des ulcères et d'éclaircir les tachesde la cornée. La diminution de la photoi)hobie qu'elle amène, n'est pas un de ses moindres avantages. On remarque assez souvent qu'après une seule application, le soulagement est si prompt, que, dès le lendemain, un malade qui ne pouvait supporter la moindre quantiléde lumière , tient les yeux ouverts, sans en être incommodé, à une lumière modérée. Il agit probablement en favorisant la guérison de très petites ulcérations et la contraction des vaisseaux dilatés, états qui tous deux donnent naissance à la sensation de graviers dans l'œil, au spasme des paupières et à ré])iphora. Toutes les fois qu'il y a des ulcérations sur la cornée, il faut recourir à la solution de nitrate d'argent. On peut alors employer une solution plus concentrée que celle de quatre grains par once; on en imbibe un
01'1ITII.\LMIE PIILYCTÉNULAIIIE.
pinceau en poil de cliamoau, cl on en louche direclcinenl la surlace de l'ulcère sanspermellre à la soluUonde se répandre sur le reste de l'œil.
La coloralion olive indélébile de la conjonclive el la cicalrice noire de la cornée, ((uon observe ((uolqueloisà la suite de l'emploi du nitrate d'argent, sont des objections sérieuses contre l'usage de ce remède. Quant au dernier de ces elVels, je ne puis dire qu'une chose: c'est que je suis convaincu qu'il se produit quelquelois. Mais, (juanlau premier, 'il ne survient jauuus qu'ai)rès une application journalière et longtemps continuée: on peut donc toujours l'évitei'.
[M. lîeauclair vante beaucoup l'emjjloi des fumigations d'iode. Jl soiîmet à une faible chaleur la lame d'un couteau, sur laquelle il dépose un petit cristal de celte substance, de la grosseur d'une lentille. Kll ' doit alors se consumer lentement: au même moment, on api)roche l'œil du patient de la vapeur qui se produit, en ayant soin de le tenir ouvert (1). On peut faire mieux : on prend une capsule en métal chauffée au degré voulu, on y projette l'iode en poudre ou en fragments, et •un applique dans son intérieur un tube de verre terminé d'un côté jjar un orifice évasé et de l'autre par une gondole ou œillère. T. W.]
7. Caustique solide. — Lorsqu'un ulcère menace de pénétrer profondément dans la substance de la cornée, ou lorsqu'il a déjà perforé la chambre antérieure, il faut toucher l'ulcère, ou, s'il exisle déjà un prolapsus de l'iris, le myocéphalon, tous les deux ou Iroisjours, avec un crayon de nitrate d'argent taillé en pointe fine. C'est Scarpa (2) qui a le mieux indiqué les effets de ce remède, dont j'aurai encore occasion de parler à propos des ulcères de la cornée.
[Quantauxphlycténules, autrefois on était dans l'habitude de les loucher soit avec un crayon de nitrate d'argent taillé en pointe fine, soil à l'aide d'un pinceau humecté que l'on passait plusieurs fois sur le crayon pour bien le charger de sel caustique. M. Middlemore (5) blâme cette manière de faire, qui, suivant lui, est toujours douloureuse, jamais nécessaire, et souvent nuisible. Il préfère, lorsque la phlycténule est située sur la cornée, à l'imitation de ce que conseille Sauvages (4), ouvrir la phlycténule si ses parois sont trop longtemps à céder et si son contenu va en s'accroissant. Nous avons beaucoup vu employer et souvent employé nous-mêmes la cautérisation des phlyclénules, el le plus souvent avec avantage. Ce moyen, que M. Mackenzie conseille pour arrêter la marche des ulcères déjà formés, nous a souvent paru en prévenir le développement. Les applications d'une poudre fine, composée à parties égales de calomel à la vapeur et de sucre candi, sonl également très utiles. T. W.]
[(I) Gazelle méilicalc de Lyon, 18;i3, ii" 7.]
(2) TrallaliKlcIh^ (irinri])»!! inalatlie degli occlii, vol. I, p. 280. Pavin, 18IG. [(iî) 0|). i:il., l. I, |). 252,3 B.]
[(<■) « Si |iusliilu rcinaiieiil, ta acii urgciileà pci'liiiulaluf. » Sauvaoks. Nosologia mcUiodioa, l. II. |i.70.]
Ol'HTIIALMlKS.
8. MydrkUiques. — L'ohservalion de James Tassie, que nous avons déjà rappoi'lée en délail, p. 801 , l'ail voir d'une manière remarquable toute l'ulililé que Ton peul retirer de l'extrait de i)(ïlladone dans le eas d'uleère eenlral de la eornée. Lors même qu'une |)ortion de l'iris est déjà engagée dans un semblable ulcère, la dilatation que la belladone a la l'acuité de produire, peut sullire pour la dégager et conserver intacte la forme de la pupille. Lorsque l'ulcère siège près de la circonférence de la cornée, on ne peutplus avoirlaméme confiance dans la belladone, parce que, d'une part, on ne peut pousser la dilatation assez loin pour écarter l'iris du voisinage de l'ulcération, et parce que, d'un autre côté, il n'est pas certain que l'efl'et produit sur l'iris ne favorise j)as alors, plutôt qu'il ne prévient le prolapsus.
La belladone est très utile contre la photopliobic ; on peut réellement la considérer comme le spécifique de ce symptôme désolant. Une bonne manière de l'employer consiste à verser une cuillerée à café de teinture vineuse dans une tasse à thé remplie d'eau bouillante, et à diriger sur les yeux la vapeur qui s'en élève. On se trouve bien aussi de frictionner le pourtour de l'œil avec un onguent contenant l'extrait de celle substance, ou de faire usage du collyre au deuto-chlorure de mercure additionné de vin de belladone, dont nous avons déjà parlé. On obtiendra les mêmes avantages des sels d'atropine et des autres mydrialiques, tels que la jusquiame et le stramonium.
9. Applications sur la membrane de Schneider. — M. Morand a émis l'opinion que l'ophthalmie scrofuleuse est produite et entretenue par un élat maladif de la membrane muqueuse des narines. Il guérit l'aiïeclion de celte membrane en y appliquant une solution d'un scrupule de nitrate d'argent par once d'eau, et à l'aide de ce moyen il fait, dit-il, disparaître l'opblhalmie (1). Il ne peut certainement y avoir que de l'avantage à guérir toutes les complications qui accompagnent celle maladie; néanmoins, l'irritation entretenue par le passage des larmes est probablement la cause de l'inflammation des narines, au lieu d'en être la conséquence.
Récidives. — Aucune maladie n'est aussi sujette à récidiver que l'ophthalmie phlycténulaire. Il importe donc beaucoup que les enfants qui ont déjà souffert de celle aff'ection, soient soumis de temps en temps à l'inspection de leur médecin, afin qu'il puisse combattre immédiatement tous les symptômes de réapparition et faire traverser en sûreté à ses malades la période de la vie pendant laquelle ils sont le plus exposés à en subir les atteintes. On préviendra de cette façon beaucoup d'accidents qui, si on les néglige, exigeront par la suite plusieurs années d'un traitement souvent inefficace.
(1) British and Forcign Médical Rcview for Api-il 18/,.7, p. 575. Edwards, Laucol, Api-il 8, iU8, p. 3S9.
OI'HTIIALMIES MORBILLEUSE ET SCAftLATINEl'SE.
SECTION XIV
OPllTllALMlES MOUniLLKUSE ET SCAUI.ATINEUSE V\f. Ilecr, lliiiul I, tuf. II, llg. 3.
Un certain degré de conjonclivile accompagne toujours la rougeole Cl la fièvre scarlatine; mais cette allection est, en général, moins srave que rinllammation variolcusc de lœil. Dans la rougeole et la scarlatine, le changement subi par la peau ne consiste guère que dans une congestion vasculaire; la conjonctive, qui n'est qu'un prolongement de la peau, n'odVe donc, pendant le cours de ces adections, qu'un certain degré d'injection, avec photophobie et douleurs légères, et de répiphora. Parfois, cependant, on rencontre des phlycténules, l'onyx, des ulcères de la cornée, produits par l'ophtlialmie morbilleusc, surtout quand le sujet est scrofuleux. Il est réellement didlcile, tant que. l'éruption ne s'est pas montrée à la peau, de distinguer ces ophthalmies de la scrofuleuse. D'un autre côté, nous entendons souvent parler d'aiïeclions des yeux et des paupières, amenées par les restes de la rougeole ou de la scarlatine. On entend ordinairement par là que ces adeclions morbides ont mis en jeu la dialhèse scroluleuse et que l'ophtlialmie tarsienne, ou la conjonctivite phlycténulaire en
ont été le résultat.
Dans la rougeole, il existe ordinairement une adection calarrhale de la membrane de Schneider, qui s'accompagne d'éternuements et de toux, et parfois la conjonctivite est alors plutôt blennorrhagique qu'éruptive. J'ai vu des cas dans lesquels l'œil a été détruit par une ophthalmie puro-muqueuse grave, provoquée par la rougeole. Chez les sujets scrofuleux qui ont eu à soulTrir du froid à la suite de la rougeole, on voit souvent survenir une indammation puro-muqueuse de la conjonctive, ou ophthalmie scrofulo-catarrhale. Chez les enfants faibles et mal nourris, on observe fréquemment, comme suite de la rougeole, de la toux, un grand amaigrissement et une ulcération de la cornée qui se termine par la formation d'un staphylôme. J'ai vu aussi deux yeux complètement atrophiés à la suite de la scarlatine. Ils avaient éclaté, à ce que j'ai pu comprendre, pendant une attaque d'ophthalmie puro-muqueuse. Cet enfant fut en même temps complètement privé de l'ouïe par la suppuration des oreilles. M. Bowman rapporte l'exemple de cinq garçons de la même famille, qui furent atteints de la scarlatine, et dont deux perdirent la vue par mortification de la cornée, pendant la semaine qui suivit l'invasion du mal. L'un des deux mourut; l'autre fut apporté à M. B. avec les yeux adaissés. Il n'existait chez ces enfants aucune cause de débilité appa-
OPHTII\LMIKS.
rente qui pùl expliquer celle deslruclion peu commune de la cornée (1).
Dans quoique cas rares dophllialmie scarlaliiieuse, l'iris el la caj)sule du crislallin s'alleclenl. J'ai opéré, il y a peu de lemps, un j^ai-çon de 8 ans, chez qui des lâches s'élaienl l'ormées de celle façon suil'hémisphère anléi-ieure de la capsule.
Traitement. — L'alleclion oculaire qui accompagne la rougeole cl la scarlaline n'exige poinl en général de Irailemenl aclil". Jl sulliicic baigner de lemps en temps les yeux avec de l'eau chaude cl de maintenir le ventre libre. Si les symptômes présentenl une intensité exceptionnelle, on peut appliquer des sangsues aux tempes el des vésicaloires derrière l'oreille el à la nuque. La solution de nitrate d'argent sera très utile, que l'ophthalmie soit éruptive ou puro-muqueuse. On peut prescrire avec avantage à l'intérieur le sulfate de quinine.
SECTION XV
OPHTHALMIE VARIOLEUSE.
Fig. Beer, Band 1; taf. U, lig. 2.
Autrefois, la variole n'occasionnait que trop souvent des désordres dans les yeux, et même la perte totale de la vision. C'était de beaucoup la cause la plus fréquente du staphylôme partiel et total. Mais depuis l'inlroduclion de l'inoculation, et surtout de la vaccine, les accidents produits par la variole sont devenus comparativement rares (2).
(1) BowMAN. Lectures on Ihe Parts concerned in tlie Opérations on llie Eye, p. 110. London 1849. [El Annales d'Oeulistique, t. XXX, p. 13. Bruxelles, 18S5.]
[(2) Nous empruntons à un travail très-intéressant que vient de publier M. Dumonl(l), les particularités suivantes sur les ravages amenés par les opiitlialmies varioliqucs :
= • ■ A 990 nven^les' i hommes, cécité amenée par la variole, 21 ) ou 12,2 p. c.
Série A. 229 aveugles - j femmes, id. id. 7 ) ' '
, ( 628 hommes, id. id. 49 j 7g ou 8 d e
Série B. 9o9 aveugles: \ ,emmes, id. id. 2G ! '-^ P"
1 ( S80 hommes, id. iil. 105 j .ya q., 179,, c
Série C. 888 aveugles: | femmes, id. id. «G i
I a cécité variolique se rencontre donc 28 fois sur 229 aveugles de Thospice, formant la série A ; 91 lois sur des hommes et 7 fois sur des femmes. Les aveugles formant cette série A sont gcnera- Temcnl des vieillards ; il n'en est que 4 ou 5 seulement qui aient moins de 50 ans, et beaucoup ont
''"Lrdcuxième série B présente une différence sensible avec la première. Les aveugles ,(ui y figurent sont pris à des âges divers ; cependant il en est peu qui n'aienl dépassé 23 ou oO an.^
"Ouant à la troisième série C, portant sur les anciens pensionnaires de I hospice, décèdes dans ces trente dernières années, elle a donné, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, une proportion beaucoup plus forte (18 p. e.) en faveurde la variole. . . . r .• , ^
II s'agit maintenant de comparer ces résultats à ce qui se passait jadis et d en tirer les conséouences qui en découlent naturellement. • . „^
En compulsant les statistiques faites dans les divers Etats de l'Europe sur les aveugles, M. Carron du Villards (2)a trouvé qu'avant la découverte de Jcnner, sur 100 cas de cécité, o5 rccon-
(1) G. DUMOKT, médecin des Quinze-Vingts, elc. Reclierches .slalistiques sur les causes el les elTels de la 'iafjrnorrvlLL'rjs! Guide pratique pour Télude et le Irailenu-nl des maladies des yeu.v, t. It, I8W.
OlMITIl.VLMIE VAUIOMCUSF..
Sijiitplèmes. — Dans la pluparl des cas de variole, il se forme des pustules sur la surface externe et sur le hord libre des paupières. Lorsqu'elles sont nombreuses, comme dans la variole conlluente, elles
..«issmenl pour cause la variol.' cl srs c..ns.M|...M,n.s. (> ';;;sHllal est n lui au.iud o.> .'st arr'ivé e,. •Ihulrc-. imvs • il ne peut lairo l'objet .l'un .Imite, et en ISIO, alors .p.e I Itisl.lut .les .le.m.-s Aveugles était réuni aux Quii.ze-Viu«ls et (|.u. .léjù la vaccine c..nnneiu;ait à la.re s.>nl,r sou nill.n-nee l Paris, tout au moins sur IVnlanee, liélivier, chirurgien .le I huspice .les (Juinze-N uigts, trouva uu.^at'éeitévarioli.iues-élevaileue.u'eàplus.le2Gp. c. , ., -, . ,
Aujour.l hui le nombre .les inilivi.lus devenus aveugles par la variole ou ses suites est, dans rii.)si)iee .le i'> p e au plus; mais il .'st important de rappeler ipie ce sont, pour la plupart, des vieill'ar.ls nés, à .le très-rares exceptions prés, avant .(ue la vaccine ne lui usitée. Il est ainsi nermis.ratlirmer (tue celle proporliounalilé est beaucoup tro]. élevée fit lient a des eon.lilioiis o irlieulières lit la preuve, c'est .lue, .laus la d. uxièiue série, tonné.' d'in.livi.lus pris aux .livers •V'es .le la vie mais sénéraleiueul après 2.) ans, la proportion n'est plus .pie de 8 p. c. .>lais il y a 'dÎus • ceeliilïre csl encore probablemenl exagéré, car sur les 150 élèves .le rinstitul, il y eu aurait 'eul.'ment 'l on 6, d'après ce (lue nous a .lit M. le docteur Alibcrl, médecin .le cette inslitutiou ; et i. irmi les nombreux aveugles .pii se présentent journellement aux Quinze-Vingts, il est exlrèmeim'ut rare d'eu reucuiilrcr, die/, les enfants, qui doivent leur infirmité i\ celle cau.se ; a ce point que sur ôô enlants aveugles au-dessous de 10 ans (observés, il est vrai, à Paris), je ii eii ai pas
reiiconlré un seul cas. • . • , i ...
Il esl .railleurs très-important de tenir corapic de 1 âge auquel survient généralement celte cécité \iiisi, sur 122 aveugles devant leur inlirmilé à la variole, pris au hasard, mais chez lesquels j'ai connu l'âge exact auquel était survenue la eéeilé, ou en trouve 80 qui ont ru celte érup-, lion avant l'âge dé a ans; 2a autres avant l'âge de 10 ans, el 7 autres avant 1 âge de 15 ans. 4 seulement sur 122 onlélé atleinis a|)rès 15 ans J'ai obtenu avec les autres aveugles par variole un résultat analogue, mais je n'ai pu le faire ligurer ici, parce que Tage auquel avait eu lieu rexautlième n'était connu qu'à quelques années près.
C'est donc .laus les premières années de la vie que la cécité csl le plus souvent la conséquence de la petite vérole. Ou voit, d'autre part, que, passé 15 ans, la privation de la vue eslli cs-rarcment la conscqueuccMie l'éruption variolique.
Sur tous les aveugles devant leur inlirmilé à la petite vérole que nous avons observés, aucun n avait étd vurciné .l'une manière ellieaee. On conçoit toute l'importance .le ce l'ail.
Il résulte de ce qui précède que la cause de la cécité qui élait la plus fréquente au commencement de ce siècle, a suivi, .lepuis la découverte de Jeûner, une progression rapideineut .lécroissanle, iiombrt
Kraiice el ne se pro.luira plus que i eins qui nous suivront.
lin établissant une moyenne rationnelle, on esl autorisé à croire qu'à l'époque actuelle, sur 100 aveugles .le tout âge, il ne s'en trouve qu'environ 7 p. c. qui doivent leur inlirmilé à la variole. Or, connue d'après des statistiques cerlaiiics il y en avait 55 sur 100 au commencement .In siècle, la diminution aurait été d'environ 28 p. c, ou plus du quart. Rien ne donnant à penser que les autres cau.ses de cécité aient augmenté de fréquence d'une manière sensible, il en résulte que finalement le i. ombre total des aXeugles doit avoir diminué en France, sous la seule influence .le la vaccine, d'environ 28 p. c. Je livre ces considérations aux .lélracteurs .le la vaccine; celle-ci n'eùl-elle eu que ce résultat, qu'à lui seul il sullirail pour immortaliser le nom .le Jeûner.
La cécité variolique est une des variétés les plus allreu-ses, car elle esl presque toujours accompagnée d'une lii.leuse deslruction de l'organe et de la figure liuniaine.
Dans certains cas, les paupières plus ou moins dépourvues de cils sont rouges, érailh^es, et ont contracté vers les angles quelques adhérences partielles, .soit entre elles, soit avec le globe oculaire. La cornée csl pinson moins opaque, plus rarement stapliylomateuse ; mais le plus souvent les yeux se sont vidés dans l'enfance. Il esl rare que cet accident ne se soit pas produit sur l.'S .leux yeux, on au moins sur un œil. L'atrophie qui en a été la suite est portée à ses .lernières limites, elle moignon réilnit à de si petites pr.>porlions, qu'on serait tenté .le croire que l'reil aélé extrait. 11 en résutle nue excavation considérable au-.lessous des bases orbilaires, le contact immédiat des bonis palpébraux el l'enlropion de la |iaupière supérieure, que nousavons signalé comme une complication or.linaire de la foule de l'œil survenue .laiis renfaiice L'atrophie complète .le l'œil csl tellement fréquente dans cette variété, que sur /i8 yeux, nous l'avons noté.' 54 fois, 8 lois l'opacité cl G fois seulement le slaphyl.'mie ; mais celle dernière lésion avait exisié ilaus bien d auires cas et disparu i)ar diverses causes.
Si l'œil n'est pas atrophie à la suite de l'éruption, il peut èlrc pendant de longues années encore l'occasion d'inllammations, de véritables abcès, plus fri-queuls dans cette variété que dans toute autre, se reproduisant .le loin en loin el liuissant par e.ntraiuer la fonte purulente. T. \\.]
L-, que cette variété ne se rencontre plus en France chez les jeunes aveugles qu'en très-petit bre, el ou est autorisé à croire qu'à la fin de ce siècle elle aura, pour ainsi dire, disparu de ice et ne se pro.luira plus que comme une exception capable d'atlircr la curiosité des méde-
OPHTIIALMIES.
(lélonniiioiil, un loi sonflcmcni, doîs pauidorcs , (juc les yeux en sont (•()ni|)léleni('n( lernios. A mesure (pie hi maladie marelie, il s'échappe (lu pus qui provicnl, en pai-lie des l'ollicules de ]Vl(Ml)Oinius, en partie des pustules vanoli(|ues; les |)aupières sont aggluliné-es de telle liU!on que, pendant plusieurs jours, il est impossible de les ouvrir. Cette ciroonstanee seule, sans qu'il existe de pustules sur la conjonctive, siillit pour irriter les yeux et les rendre douloureux. IMus tard, lors(|ue la maladie s'apaise, le gonllemeiit des paupières tombe; le malade peut les écarter, et Ton trouve alors quelquefois les yeux intacts. C'est ce qui fait dire au vulgaire que des malades (|ui ont été aveugles pendant tant de jours, dans la variole, ont ensuite r(îcupér(3 la vue. Mais, bien que la cornée n'ait pas soulîerl dans ces cas, les paupières et l'appareil lacrymal restent souvent fo) t endommagés ; et assez souvent la variole est la cause qui donne naissance à des aifeclions scrofuleuses de l'œil et des paupières, qui aiïligent le malade pendant de longues années. Les pustules varioliques qui siègent sur les paupières sont sujettes à détruire les cils, à laisser des marques rouges et des cicatrices, à rendre les bords de ces organes irréguliers et susceptibles de s'enflammer à la moindre cause d'irritation, à jtroduire l'ophlbalmie tarsienne, le trichiasis et le disticbiasis. La blennorrhée chronique du sac lacrymal et la conjonctivite phlyclénulaire sont des suites fréquentes de la variole.
On a proposé des moyens pour empêcher les pustules varioliques de s'étendre à la face, ou tout au moins pour en modérer les elléts. La maladie attaque surtout avec violence les parties du corps qui, au moment de son invasion, sont le siège de quelque irritation accidentelle; on en a inféré que des applications adoucissantes pourraient modéreiles effets de l'éruption. Dans ce but, on a recouvert la face d'un linge enduit de cérat, et on l'a fomentée de temps en temps avec une décoction de camomille. Ce moyen n'offre pas d'inconvénients. Lorsque les pustules qui siègent sur les paupières sont arrivées à leur maturité, on procure au malade un soulagement marqué en les ouvrant une à une, en en évacuant le contenu, et en ayant soin de ramollir et de faire tomber, à l'aide de quelque pommade adoucissante, les croûtes qui se forment après l'ouverture des pustules. On doit baigner fréquemment les paupières avec du lait et de l'eau chaude, et les maintenir recouvertes de compresses humectées avec le même liquide.
^ I. — Conjonctivite varioleuse.
Dans tout cas de variole, il existe un certain degré de rougeur de la conjonctive, qui constitue l'ophthalmie varioleuse primaire (conjunclivitis variolosa). Mais le danger que l'on redoute le plus est celui qui résulte de l'évolution d'une ou de plusieurs pustules varioliques sur la
oPirriiALMiE vAuioi.i:i;sE,
("orncc. Ces pusUilcs survenant au niomcnl de l'éruplioii lïénérale exposent l'œil à de graves dangers. Si elles vicnnenl à se rompre, il en résulte un uleère qui gagnera probablement en étendue et en profondeur. S'il y a perforation, l'iris se porte en avant, vient adhérer à la cornée et la pupille se trouve ainsi oblitérée. Si une portion considérable de la cornée se trouve détruite par l'ulcération, il peut en résidier un stapbylôme partiel. Dans les cas graves, la pi'csque totalité de la cornée peut être détruite par inlîllration de pus et ulcération, et il en résulte un stapbylôme total.
Pendant la période de suppuration de la variole, il est difficile de dire quels désordres l'œil a subis sous ses paupières closes et tuméfiées. Si le malade ressent dans le globe de l'œil même une douleur qui s'accompagne de sécheresse, de raideur et de la sensation de graviers dans l'œil; si les souH'rances augmenlenl lorsqu'il essaie de mouvoir l'œil , ou lorsque la lumière vient tomber sur ses paupières gonflées, et si, outre le pus qui s'échappe des pustules du bord libre des paupières et des follicules deMéïbomius, il y a un écoulementabondanl de larmes brûlantes, il est probable qu'il existe une conjonctivite varioleuse aiguë. Si l'œil est exempt de douleur et ne reste fermé qu'à cause de l'état des paupières, il ne court vraisemblablement aucun danger.
Lorsque les yeux viennent à s'ouvrir, on ne trouve que rarement, ou même jamais, la cornée complètement désorganisée; mais elle peut être rendue complètement opaque par un dépôt interstitiel qui ne permet plus d'apercevoir la pupille ni l'iris.
§ II. — Gornéite post-varioleuse.
Syn. — Bas Nachpoecken, Becr.
Les yeux ne sont pas encore sauvés, même à l'époque où les croules qui ont succédé aux pustules de la petite vérole sont déjà tombées; c'est alors, au contraire, qu'ils courent le plus de danger. J'ai souvent vu un abcès central de la cornée et un onyx de son bord inférieur survenir après la disparition de l'éruption générale. On a donné avec assez de justesse à cet état le nom (yoplithalmie varioleuse secondaire (corneitis post-variolosa) . Il survient généralement vers le douzième jour de l'éruption, alors que les pustules disparaissent sur le reste du corps, mais quelquefois cinq ou six semaines après que le malade est rétabli de son affection primitive. Chez les enfants, et surtout chez ceux qui sont scrofuleux, la maladie est une vraie cornéite ; chez les adultes, il y a fréquemment concomitance de l'iritis avec la cornéite.
On remarque, un peu au-dessous du centre de la cornée, un point terne, blanchâtre, entouré d'un léger trouble ; ce point blanc s'élève légèrement et atteint quelquefois jusqu'à un douzième de pouce d'étendue; «• 69
OI'irriIALMIES.
il devient ensuite jaune, el alors il est presque certain qu'il donnera naissance à une ulcération. S'il se l'ornie deux ou i)lusieurs points semblables, toute la cornée peut deveiiii' nébuleuse : cet ellel peut être produit par un seul abcès central étendu. Parfois on voit apparaître en même temps un onyx au bord inférieur de la cornée. La sclérotlcjuc rougit. L'accès de la lumière i)rovoque de la douleur et de l'épipbora. (liiez les adultes, l'iris cbange de couleur; la pupille se contracte, devient irrégulière, et se remplit plus ou moins de lympbe plastique. 1 Cette ophtbalmie variolcuse secondaire ne détermine que rarement la destruction de la cornée, à moins qu'on ne la néglige. Un traitement convenable amène promptement la résorption du pus de l'abcès ou de l'onyx. D'autres fois, l'ulcération s'établit, laissant après sa cicatrisation un leucome qui persiste le plus souvent. Le trouble avoisinant de la cornée se dissipe graduellement, et la vision est plus ou moins gênée, suivant la situation occupée par le leucome et sa dimension. On peut dans quelques cas de celte nature rétablir la vision au moyen d'une pupille artificielle qui peut encore se pratiquer dans certains cas où il existe un staphylôme partiel. Si toute la cornée a été détruite par la suppuration et l'ulcération, il se forme un staphylôme total. Cela n'arrive que rarement, et alors que la fièvre secondaire est très prononcée et s'accompagne d'une faiblesse et d'une émaciation considérables. A la vérité, il est rare d'observer l'ophthalmie post-varioleuse sans que la peau soit chaude et sèche, le pouls accéléré, et sans les symptômes de la fièvre synoque. Lorsque les symptômes généraux sont intenses et qu'il survient une ophthalmitis phlegmoneuse, ou état de suppuration complète, la mort peut en être la conséquence. La ponclion de l'œil, recommandée en pareil cas par Louis (1), peut être un moyen de conserver la vie du malade.
Le docteur George Gregory a combattu l'opinion généralement admise qu'il peut se développer des pustules sur la conjonctive et la cornée à l'époque de l'éruption générale. Dans un compte rendu (2) de ses observations, présenté à la Société Médicale de Westminster, on lui fait dire, qu'à part celle qui tapisse le pharynx, le larynx el la trachée, aucune membrane muqueuse n'est susceptible de conlracler l'éruption variolique. Le docteur Gregory affirme que l'œil même, qui est si souvent affecté dans la variole, n'est atteint que d'inflammation ordinaire, la pustule qui survient sur la cornée ne se montrant qu'alors que l'éruption générale est déjà sur son déclin, et ne constituant par conséquent pas un caractère primaire et essentiel de la maladie. Je n'ai jamais observé de pustule variolique primaire sur la cornée ni sur aucun point de la conjonctive. Le docteur Brown me dit
(1) Voyez l'observation de deux sœurs. Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, t. XIII, p. 281. 12° l'aris, Ml'i-
(2) Mcdical Gazelle, vol. V, p. 222. London, 1830.
OIMITILVLMIE VARIOI.EIJSE.
avoir ."onconlrc une Ibis une puslule qui s'est ^l^^eloppc^ sur la lace inicrne de la paui)ièrc à 1 époque de TiTuplion générale. L opn ion ( n o^e u^^ Clé appu ée par M. Maison (1), donl la pos.Uon de
e u - in^rri ôpilal des varioleux de Londres, hut un juge eonipc- M. Marson n'a jamais vu une puslule var.ohque sur 1 œil C l r. ui lu parait être tout à fait à Tabri de 1 éruption prumtive. Il eonicCrmi ammalion destructive de l'œil, qui survient Irequeminent près la variole, comme une alTeetion tout à lait secondaire et analogu à la gangrène du tissu cellulaire de toutes les parties du corps, qui est une suil^ si commune de cette maladie. Autant que j en puis juger, la destruction de Tœil, dans l'ophtlialmie varioleuse secondaire, a leu non par le développement d'une pustule, mais par la formation d un alxcs dans la substance de la cornée. ,pn;i<.niPni TraitemenL - 1. On doit d'abord avoir recours au traitement Général de la variole reconnu comme le meilleur, c'est-a-dire maintenir le malade dans une température modérée et à un régime rali-aichissant, et lui pratiquer des ablutions tièdes. Les émétiques sont quelquefois utiles; il en est de même de la saignée employée avec précaution: les laxatifs doivent toujours être prescrits. Si les yeux sont plus particulièrement affectés, on les baigne fréquemment avec de l'eau tiède ou une décoction de tètes de pavots, et on enduit le bord libre des paupières avec un peu àecokl-cream. Dans beaucoup de cas, les paupières sont tellement gonflées et si complètement fermées, que l'on tenterait en vain de faire quelque application sur la conjonctive avant que l'éruption ait commencé à décroître et le gonflement a tomber. On peut appliquer non-seulement sans inconvénient, mais encore avec un avantage marqué, des sangsues derrière les oreilles et aux tempes, suivies, si on le croit nécessaire, de vésicatoires. Peut-être empecheraiton les yeux de devenir trop malades en appliquant des sangsues derrière les oreilles. On pose d'abord deux ou trois de ces annélides qu on laisse en place jusqu'à ce qu'ils tombent , puis on en applique deux ou trois autres, et ainsi de suite, tant que l'on a soustrait une quanlile de sang considérable. Cette manière d'agir doit faire tomber rirritation de la face et contribuer à la conservation des yeux. 'S^ers le huitième ou le neuvième jour de l'éruption, il est utile de purger abondamment le malade, non-seulement pour diminuer la fièvre suppurative, mais encore pour abattre l'état inflammatoire des yeux. On commence à écarter légèrement les paupières, de manière à pouvoir injecter un peu de liquide entre elles et le globe de l'œil. On se sert pour cela d'une solution faible de nitrate d'argent, ou de vin d'opium dilué. Ces applications, ainsi que l'usage interne des toniques et des altérants, provoquent l'absorption des dépôts opaques de la cornée.
(1) Ibid., vol. XXIV, p. 204. London, 1859.
OPIITIIALMIF.S,
2.Qiu^nlaulrailomciUdoI o|)lil,halinievai'iolciiscsecondaire,jaili'ouv('" que le lai'li'c ("niéliqiic, adminisli'c de l'imm à donner lieu à des vomissenicnlselà des selles ahoiulanles, prodiiisaiL les résultais les plus l'avorablesen diininuanl rinllanuiialion elenl'avorisanirahsorjjlioii desabcès qui auraient pu se former dans la cornée. Les sangsues ainsi que les vésicatoircs sont utiles. Lorsqu'à l'aide de ces moyens on a un peu réduit l'inllammalion, on se trouve bien de mettre le malade à l'usage du sulfate de quinine. Le mercure agit très avantageusement dans les cas d'ulcères chroniques : on peut employer une mixture de mercure avec le sulfate de quinine, un grain de ce sel, par exemple, et un grain et demi cVhydrargyrum cum crelâ, trois fois par jour. Comme application locale, c'est le vin d'opium pur qui convient le mieux; on en applique sur l'œil une fois par jour. On maintient la pupille dilatée à l'aide de la belladone étendue sur les paupières et le sourcil. S'il existe une iritis, on doit saigner le malade et lui administrer le mercure.
SECTION XVL
OPHTHALMIE ÉRYSIPÉLATEUSE.
Fig. Beer, band I; taf. I, fig. 3.
La conjonctivite érysipélateuse idiopathique est une maladie rare. On la distingue facilement de toutes les autres formes d'inflammation de la conjonctive.
Symptômes. — Elle débute par une légère sensation de tension de l'œil et des parties qui l'avoisinent le plus immédiatement. La conjonctive devient d'une couleur rouge pâle, et se soulève autour de la cornée sous forme de petites vésicules molles d'un rouge jaunâtre. Celles-ci changent d'aspect à chaque mouvement des paupières, et prennent quelquefois assez de développement pour faire saillie au delà du bord libre de ces organes. Dans les mouvements exagérés ou rapides du globe de l'œil ou des paupières, le malade ressent des picotements. Lorsque les paupières sont un peu écartées, les plis formés par la conjonctive tuméfiée donnent au malade un aspect particulier : il semble sans cesse près de pleurer ; mais un examen plus attentif et une pression exercée sur la paupière inférieure font découvrir la méprise, d'autant plus facile que dans cette inllammation il s'échappe fréquemment des larmes de l'œil, surtout lors des changements brusques de température. Il existe un peu de photophobie. Il n'y a pas d'autre apparence morbide dans l'œil, et les paupières peuvent même être complètement exemptes de rougeur et de gonflement. A la fin de la période d'acuité, la douleur qui existe dans la totalité de l'œil s'accroît;
OPIITllALMIE ÉinSII'ÉLATEUSE.
le malade est encore porté à comparer ce qu'il éprouve à une pression ou à un liraillemcnl, surtout lorsqu'il lait mouvoir l'œil ou les paupières. La maladie continue à marcher, la rougeur de la conjonctive augmente ; rinjcclion devient telle (lu'on ne découvre plus seulement un^éseau vasculairc , mais une rougeur générale, (|uoi(iue pâle ou tiuelqucfois livide. Cette coloration rouge pâle n'est cependant point unilorme. Elle l'orme contraste avec des taches de dimensions dillérentes, d'une couleur rouge vil", qui sont dues à des extravasalions de sang dans le tissu cellulaire qui unit la conjonctive à la sclérotique. Le volume des vésicules s'accroît, et leur saillie entre les paupières à demi-ouvertes est encore plus prononcée. Les espaces qui séparent les vésicules sont recouverts d'un mucus ténu, hlanchâlre, qui est sécrété en quantité anormale par la conjonctive et les glandes de Méïbomius. L'écoulement des larmes s'est aussi accru. Pendant la nuit, les paupières sont légèrement collées : lorsqu'on les ouvre, la cornée parait un peu trouble; mais en nettoyant convenablement l'œil, on reconnaît que ce trouble apparent n'est dù qu'à une collection de mucus à sa surface.
Lorsque la maladie diminue, la quantité de mucus redevient normale, la rougeur de la conjonctive disparaît, et les portions de cette membrane qui s'étaient soulevées, sous forme de plis ou de vésicules, s'affaissent et se réappliquent sur la tunique albuginéeet la sclérotique. L'écoulement des larmes devient moins fréquent et moins abondant. Les taches de sang extravasé sont les derniers symptômes qui disparaissent. Le manque d'union entre la conjonctive et la sclérotique à ces places persiste pendant longtemps, au point que la conjonctive y forme des rides à chaque mouvement de l'œil. Elle est longtemps à récupérer son élasticité naturelle.
Causes. — Cette maladie reconnaît pour causes les changements brusques de température, les coups légers, les piqûres d'insectes, etc. J'ai vu plus d'une fois l'ophlbalmie érysipélateuse produite par l'action du chlore gazeux.
Traitement. — Il n'est pas nécessaire de recourir à une déplétion considérable. Un purgatif et l'usage de quelques diaphorétiques légers constituent ordinairement tout le traitement général. Il est quelquefois bon d'ouvrir les vésicules avec la pointe d'une lancette. Quant au traitement local, on le trouvera indiqué dans Tobscrvation suivante :
Obs. 386. — Mary Macdonald, âgée de 20 ans, entre au Glasfiow Eyc înfirmartj Ici" mars 1832. Huit jours auparavant, elle a été prise de frissons suivis de cépliulalgic et d'une inflammation érysipélateuse de la conjonctive, sans aucune afleclion de la peau. Les conjonctives sont d'un rouge pâle, et cette membrane, d'un côlé, pend entre les paupières sous forme de ])etitos masses molles. La langue est blanche et la malade est altérée. Elle s'était appliqué des sangsues aux tempes cl avait pris ilne dose de sulfate de magnésie. Elle croyait ])ouvoir attribuer son alTection à ce que ses yeux avaient été exposés à l'action d'émanations provenant d'une solution de clilorure de chaux. On lui prescrit
oiniTii,\i,Mii:s.
comme collyre un Rriiin de (leiilo-dilorure de mercure diiiis liuil onces d'enu.— [,e 2 ic gonneiiieiil, des ronjonclives ii diminué el les yeux sont moins gênés. On appliijue sur la surface enllnmmée In solution de nilrnle d'argent à quatre grains. — Le (i, le gonfienien'i a disparu et la rougeur est beaucoup moindre. On continue la solution el le collyre. — Le 10, on lui prescrit un scrupule de carbonate de fer trois fois par jour. Le 18, elle sort guérie.
SECTION XVII
OPIITIIALMIIS niIUMATlS.MALE .
Syn. — Sclerolilis. Sclerolilis idiopatliica. Fig. Warilrop, Me-iico-Chirurgical Transaclions, vol. X, pl. I.
Nous avons déjà dit plusieurs fois que les influences almosphériques déterminent fréquemment chez l'adulte trois ophtlialmies ; la catarrhale, la rhumatismale, et la catarrho-rhumalismale.
Diagnostic. — Les particularités suivantes feront facilement distinguer Tophlhalmie rhumatismale de la catarrhale :
1 . Siège de la maladie. — L'ophlhalmie catarrhale est une affection de la conjonctive ; la rhumatismale siège dans la tunique albuginée et la sclérotique, et s'étend souvent, jusqu'à un certain point, à l'iris et même à la rétine.
2. Rougeur. — La rougeur, dans l'ophthalmie catarrhale, estréticulaire, et les vaisseaux injectés appartiennent évidemment à la conjonctive; dans l'ophthalmie rhumatismale, la rougeur est surtout rayonnante ou zonulaire (fig. 89, p. 649, et 92 B., p. 650), et située sous la conjonctive, dans le réseau sous-conjonctival profond et sclérotidien. On n'observe jamais de taches de sang extravasé sous la conjonctive dans cette dernière affection, tandis que cela se rencontre fréquemment dans la première.
5. Nature de V inflammation. — L'ophthalmie catarrhale est l'inflammation d'une membrane muqueuse : elle appartient à la classe des flux blennorrhagiques; il y a augmentation et altération morbides du mucus sécrété. L'ophthalmie rhumatismale attaque les tuniques fibreuses de l'œil et ne s'accompagne d'aucune sécrétion morbide de la surface de cet organe.
4. Douleur. — La douleur, dans l'ophthalmie catarrhale, naît à la surface de la conjonctive : le malade la compare à la sensation que produirait une surface inégale, ou la présence de gravier ou de morceaux de verre sous les paupières; elle ne s'étend point à la tète, et se fait surtout sentir le matin, ou lorsqu'on fait mouvoir les yeux. Dans l'ophthalmie rhumatismale, la douleur est profondément située; elle ne siège même pas lant dans l'œil qu'autour de l'orbite, sous le sourcil,
Ol'irni.U.MlK RHUMATISMALE.
à la loinpc, à la joue, sur le côté du iicz, cl eufii» elle s'aggrave consi- (loi'abUMiUMil depuis le coucher du soleil jus(|u'à son lever.
Si l'on im demande : qu eiilend-on par oplulialiuie rhumalismalel
je rc'pondrai :
1 . Je désigne simplement par celle dénominalion rinflammalion de la membrane (ibreusc de l'œil (la sclérotique) et des |)arties voisines de structure analogue, inllanunation provo(iuée par l'aelion du froid.
"2. Je ne considère pas cette oplilbalmie comme une inllammalion dilVérente m naluredù rinllammalion ordinaire, par suite de l'existence de ce que l'on a appelé la constitution ou la dialhèsc rhumatismale. La série de symptômes qu'on observe parait dépendre, non de la constitution du sujet, mais de la structure et des l'onclions de la partie allectéc.
5. Les sujets rhumatisants ne sont nullement exempts de celle ophlhalmie; mais elle se rencontre fréquemment aussi chez ceux qui n'ont jamais soutterl du rhumatisme dans aucune autre partie du corps.
4. Lorsque le rhumatisme abandonne une articulation et attaque le cœur, on dit qu'il y a eu métastase ; pour moi, je n'ai jamais vu semblable transport de l'inllammalion rhumatismale à l'œil. Tous les cas de sclérotite rhumatismale que j'ai observés, lant sur des sujets rhumatisants que sur d'autres, étaient primitifs, jamais métasta tiques.
5. J'ai adopté l'expression ^ophthalmie rhumatismale ; mais celle de sclérotite idiopathique serait peut-être plus convenable. Il faut néanmoins reconnaître que cette inflammation de l'œil ressemble au rhumatisme par les causes qui la produisent, la douleur avec exacerbation qui l'accompagne, et le traitement qui lui convient. Si on ne l'a pas généralement reconnue comme rhumatismale, c'est probablement parce qu'elle attaque des tissus qui ne sont recouverts que par une membrane mince et demi-transparente; tandis que les autres sièges du rhumatisme, dérobés aux regards par toute l'épaisseur des téguments, ne prêtent guère qu'à des conjectures et non à une véritable observation.
Degré de fréquence. — L'ophthalraie rhumatismale pure est comparativement rare. Pour un cas de cette espèce, on en rencontre peutêtre dix d'ophthalmie catarrhale , et six de l'espèce mixte, appelée catarrho-rhumatismale, dans laquelle la conjonctive et la sclérotique sont toutes deux affectées, et qui offre, par conséquent , combinés, les symptômes des deux ophthalmies. Il est rare que les deux yeux soient pris en même temps d'ophthalmie rhumatismale : lorsqu'il en est ainsi, l'un d'eux est toujours plus fortement atteint que l'autre.
Symptômes locaux. — Les faisceaux vasculaires s'avancent sous forme de rayons vers la cornée, et empiètent même quelquefois un peu sur sa circonférence. Ils sont d'un rouge vif, el entourent assez
OIMITIIALMIES.
t'galemclU la cornée de toulcs paris. Bien que ce soient probablcnieni les mêmes vaisseaux rayonnants (jue eenx (jue l'on a|)ereoil dans l'irilis, ils paraissent eeiUMidanl, plus volumineux et plus turgescents, et semblent nailre |)lus évidemment de la surface de la sclérotitpie. Dans l'irilis, ces vaisseaux ne se remplissent que sympalliiquemenl; ici ils sont aU'eclés idiopathiquemenl, La conjonctivite qui accom])agne cette ophtlialmie est légère, et jamais assez prononcée pour masquer l'inflammation radiée de la sclérotique.
2. 11 n'y a, en général, aucune tendance au chémosis dans l'oplitlialmie rhumatismale pure, et les paupières ne participent point à la maladie et ne sont pas agglutinées au réveil.
5. Cette ophlhalmie s'accompagne toujours d'un obscurcissement de la vue, dépendant d'un trouble de la cornée et de la pupille, accompagné d'une légère contraction de cette dernière et de paresse dans les mouvements de l'iris. S'il n'y a qu'un œil atteint, et c'est ce qui a lieu le plus souvent, au moins pendant un certain temps, on s'aperçoit de suite que la pupille de ce côté est plus petite que celle de l'œil sain. La coloration de l'iris change légèrement: il devient verdàtre, par exemple, s'il est naturellement bleu; l'iritis concomitante peut aller jusqu'à déterminer l'épanchement de lymphe plastique dans la pupille. Il est bien entendu, cependant, qu'une iritis intense accompagne rarement l'ophthalmie rhumatismale proprement dite.
4. A part le trouble de la cornée et de la pupille, que l'on peut attribuer à un léger épanchement, je n'ai jamais observé aucun des autres phénomènes de l'inflammation dans la sclérolite idiopathique. Je n'ai jamais vu la maladie se terminer par une des formes de la suppuration ou de l'ulcération, ce qui s'observe très fréquemment dans l'ophlhalmie catarrho-rhumatismale.
5. L'accès de la lumière ne paraît pas, en général, faire beaucoup souffrir le malade. Les yeux sont secs et chauds au début; mais au bout d'un certain temps, surtout après que la saignée a un peu apaisé les premiers symptômes, il survient un épiphora considérable.
6. La douleur qui se fait sentir au début est pongitive; elle s'étend du globe de l'œil à l'orbite et aux parties voisines de la tète. Le malade éprouve dans ces parties une sensation de chaleur qu'on peut même percevoir à la main. La chaleur augmente les douleurs d'une façon remarquable, mais la sueur les soulage. Elles occupent souvent le front, la joue et les dents, et s'étendent même parfois jusqu'à la mâchoire inférieure. Elles restent quelquefois exactement bornées à une moitié de la tète. Dans quelques cas, elles sont très intenses sur le côté du nez, à l'intérieur des narines, ou dans l'oreille, mais leur siège principal est le sourcil, puis la tempe et la joue. Assez souvent la douleur est aiguë et puisa tive comme dans le phlegmon, surtout lorsqu'elle occupe le globe de l'œil ; d'autres fois, particulièrement lorsqu'elle se fait sentir
OPIITIIALMIE RHUMATISMALE.
auloui'dc lorbilc, clic consiste en une sensation de malaise cxlrènie, qui lourniciue cl faliguc la patience du malade. Elle ne disparait jamais complètement tant (pic dure la maladie ; mais son intensité varie beaucou]) : elle devient l'orte vcis (piatre, six ou huit heures du soir, eonlinuc pendant la nuit, et acquiert vers minuit son plus hautdegiv d'intensité ; puis elle diminue vers cinq ou six heures du matin. Jusqu'à ce moment, elle empêche eomplélemcnl le sommeil et occasionne un malaise extrême. Le malade ne manque jamais, en faisant l'histoii'c de son mal, de parler de la douleur nocturne, et d'indi([uer avec le doigt le siège qu'elle occupe au-dessus de l'œil ou au pourtour de l'orbite. Elle occupe plutôt le front, la tempe, la joue, et le côté du nez, que le globe de rœil. On peut en conclure avec raison que, dans cetle maladie, le périoste de l'intérieur et des alentours de l'orbite, et le fascia du muscle temporal, tissus de nature identique à celui de la sclérotique, sontaussi allectés de rhumatisme. Le siège principal de la douleur, toutefois, parait être une ou plusieurs des six branches du nerf de la cinquième paire, qui, partant de l'orbite, se distribuent à la face. On peut supposer aussi qu'elle est due en grande partie aux sympathies qui existent entre ces nerfs et ceux qui sedistribuent à l'intérieur de l'œil, où ils sont couchés le long de la face interne de la sclérotique.
Symptômes généraux. — Celte maladie est accompagnée d'une fièvre symploma tique intense qui s'accroît avec les paroxysmes de douleur nocturne. Le pouls est fréquent et parfois fort, plein et dur ; la peau chaude et sèche. Les organes digestifs souffrent, l'appétit est diminué, la langue blanche et chargée, la bouche mauvaise; il survient des nausées : le ventre est généralement resserré, et les excrétions alvines sont morbides.
La marche et l'intensité du mal varient beaucoup suivant les cas. Quelquefois l'attaque est légère et disparait rapidement, sans laisser dans l'organe de lésion permanente. D'autres fois, au contraire, elle est trèssérieuse, et si l'on n'en reconnaît pas la nature, elle détruit promptement la vision. Assez souvent, sans avoir été très grave, l'alTection passe à l'état chronique.
Causes excitantes. — Le plus souvent, on reconnaît que l'ophthalmie rhumatismale doit son origine à l'action d'un courant d'air froid sur la tête et la face en état de transpiration. Le malade rapporte presque toujours qu'il a été exposé à quelque influence de cette nature, et que c'est peu de temps après que la douleur et la rougeur se sont montrées. Ainsi, par exemple, il raconte qu'il a dormi la tète exposée à l'air qui pénétrait par la fente d'une muraille, ou par un carreau cassé; qu'il a voyagé la nuit dans une voilure, avec un côté de la lèle près d'une vitre brisée; qu'il est sorti brusquement d'un apparlemcnl rempli de monde pour aller respirer l'air froid du dehors ; qu'il a élé exposé au courant d'air qui, dans un théâtre, a lieu de la scène vers la
OPIITIIALMIES,
salle ; qu'il a conservé sur la léle, pciidanl qu'il élail échaufié, des coiiïures mouillées, clc.
Je n'ai poiiil reniarciué (jue celle maladie IVil plus commune dans une saison que dans une aulrc. Elle esl cependanl plus IVécpienle lorsque le venl esl froid el souille du nord-esl. Elle allaque plulôl les individus d'un âge moyen que les personnes jeunes ou que celles (lui soiU avancées en âge. Il esl probable que les causes qui produisenl l'ophllialmie rhumalismale cbez les personnes robusles el d'un âge moyen, détermincraienl chez un en fan l une ophlbalmie calarrhale ou scrofuleuse, el chez un vieillard l'ophlhalmie calarrho-rhumalismale ou Tophlbalmie arlhrilique. L'ophlhalmie rhumalismale esl Irès sujelle à récidiver chez les personnes qui en onl déjà élé alleintes.
Pronostic. — Lorsque la maladie est prise à lemps, le pronoslic esl favorable. Si on la laisse marcher, au conlraire, la pupille peuls'oblurer, cl la capsule crislalline anlérieure devenir opaque.
Traitement. — Saignées. 1 . Dans lous les cas d'ophlhalmie rhumalismale, il esl indispensable de recourir à la saignée du bras, qu'on doil faire suivre le plus souvenl d'une application de sangsues au fronl el à la lempe. Je suis d'un avis opposé à celui de M. Wardrop, qui croil que les malades affeclés d'ophlhalmie rhumalismale ne supporlenl pas bien la saignée et n'en éprouvent point de soulagement. Il a même donné comme un des signes diagnostiques de cette affection, le peu d'amélioration que produit la saignée (1). Cela s'écarte complélemenl de ce que j'ai remarqué et de ce que l'on observe dans les autres affections rhumatismales. Je me suis toujours bien trouvé des saignées générales et locales dans l'ophlhalmie rhumalismale, et je suis d'avis qu'il ne faut que très rarement ou même jamais se dispenser d'y avoir recours. Le sang que l'on tire est habituellement très couenneux : la couenne n'est pas d'un jaune foncé comme dans l'hépatite et la syphilis , mais blanchâtre comme dans la pleurésie. La première nuit qui succède à une saignée de quinze à vingt onces, le malade est souvent tellement soulagé, qu'il dort sans l'aide d'aucun autre moyen. J'ai l'habitude d'appliquer, le lendemain de la saignée, une douzaine de sangsues autour de l'œil ; mais si le pouls est encore fort el plein, et que la douleur circum-orbi taire n'ait pas diminué, je commence par renouveler la saignée. J'ai quelquefois dù en faire pratiquer cinq ou six avant de voir diminuer notablement la douleur circum-orbilaire, et les autres
symptômes aigus.
2. Calomel et opium. — J'ai toujours trouvé ce mélange très utile pour enlever la douleur circum-orbilaire et faire disparaître les autres symptômes. On administrera lous les soirs une pilule contenant quatre grains de calomel et un grain d'opium, jusqu'à ce que les gen-
(1) Medico-Cliirurgical Transactions, vol. X, p. 13. London, 1815.
OPIITIIALMIE niILMATISMALE. OZ/
cives se prennent ; on sui)i)finK'i'a alors le caloniel et on remplacera l'opiuni par dix grains de poudre de Dower. Qu(;l(|iiefois on administrera des doses moindres de ealomel et d'opium; mais on les répétera plus souvent: ainsi on fera prendre deux grains de ealomel et un demi-gi-ain d opium trois lois par jour. M. Wardrop dit que le mercure administré jusqu'à produire le ptyalisme aggrave les symptômes plutôt qu'il ne les améliore. Ceci ne s'accorde point avec ce que j'ai observé. A la vérité, je ne pousse point le mercui'c juscpi'à an'ecler la bouche; mais, quand cela arrive, je n'ai jamais remarqué qu'il en résultât d'inconvénient pour l'état des yeux.
3. Frictions opiacées. — Des frictions soigneusement pratiquées sur le front et la tempe avec du laudanum chaud ou de l'extrait de belladone infusé dans du laudanum soulagent beaucoup le malade. On doit les pratiquer une heure environ avant l'arrivée du paroxysme nocturne : il en sera fortement adouci , et même parfois complètement prévenu. Dans les cas chroniques, un mélange à parties égales de teinture de canlharides et de laudanum constitue un linimenl utile.
4. Les vésicaloires derrière l'oreille et à la tempe, mais, par dessus tout, un large vésicatoire à la nuque seront avantageux.
5. Belladone. — Pendant toute la durée de l'ophthalmie rhumatismale, la pupille de l'œil affecté doit être maintenue sous l'influence de la belladone par le moyen de frictions pratiquées matin et soir, mais surtout, au moment du coucher, sur le sourcil et les paupières, avec de l'extrait ramolli, ou du laudanum dans lequel on en a fait dissoudre un gros par once de teinture.
6. Purgatifs. — On doit administrer dès le début du traitement un laxatif actif, puis ensuite tous les matins, pour obvier à la constipation occasionnée par l'opium, un lavement laxatif ou une petite dose de sel d'Epsom. Les purgatifs plus actifs ne conviendraient pas alors, car ils provoqueraient l'expulsion du ealomel et de l'opium, et les empêcheraient d'exercer leur action favorable.
7. Sudorifiques. — Des pédiluves chauds au moment du coucher, des boissons délayantes chaudes prises le soir, jointes aux effets de l'opium, détermineront le plus souvent une diaphorèse suffisante. M. Wardrop recommande la poudre antimoniale, et Beer employait le gaïac, pour exciter la peau dans cette maladie.
8. Ironiques. — Dans les cas chroniques, etpendanl la convalescence, on se trouvera bien de prescrire de petites doses de sulfate de quinine, ou les acides minéraux. Dans les cas anciens qui ont clé mal traités, la solution de Fowler, à la dose de huit à douze gouttes trois fois par jour, amène parfois une grande amélioration.
9. Vin d'opium. — Les applications faites direcicmcnt sur l'œil réussissent peu dans cette maladie. Celles qui conviennent le mieux dans les autres ophtlialmies sont souvent nuisibles dans celle-ci. La
OlMITilALMIliS.
solution (le ni (raie d'argent, par exemple, qu'on peut regarder eomme spéci(i(pie dans roplitliahnie eatarriiale, est positivement nuisible dans la rhumatismale, (k'pendant, (|uan(l la lièvre et tous les autres symptômes douloureux ont disparu, et (pi'il ne reste plus guère (pi'une rougeur passive, avec faiblesse de l'œil, on se trouve bien de l'aire tomber dans l'œil, deux ou trois fois par jour, quelques gouttes devin d'opium dilué, ou de vin d'opium pur, une fois par jour seulement.
Le premier, le second, le troisième et le cinquième de ces remèdes doivent être employés dès le début. Je ne les ai jamais vu éebouer dans un cas aigu, quelque grave qu'il fût. Jamais non plus je n'ai observé de lésions permanentes lorsque le Iraitemenl que nous venons d'exposer a été mis en usage avec la vigueur nécessaire.
[10. Acide benzoïque. — M. While Cooper dit l'avoir employé avec succès, sur le conseil de M. Ure, en poudre, à la dose d'un demigramme, trois fois par jour (1). T. W.]
SECTION XVIII
OPHTHALMIE CATARRHO-RHUMATISMALE.
Syn. — Conjunclivo-sclerotiUs.
Fig. London Médical and Physical Journal, April, 182".
Celte ophlhalmie composée est l'une des plus communes ; elle est aussi une des plus douloureuses et des plus dangereuses des maladies oculaires. Chez les personnes âgées principalement, elle entraîne fréquemment la diminution de la vision ou même sa destruction complète.
Symptômes. — 1 . Comme la conjonctive et la sclérotique sont toutes deux affectées, les symptômes sont plus compliqués et plus variés que ceux de la conjonctivite ou de la sclérotite isolées.
2. La sensation d'inégalités ou de graviers entre les paupières elle globe de l'œil, et la sécrétion d'un mucus puriforme, indiquent suiïisamment la part que la conjonctive a dans cette maladie. Celle qu'y prend la sclérotite est indiquée par les accès de douleur nocturne circum-orbitaire.
5. Dans certains cas de cette affection, la conjonctivite est intense et la sclérotite légère; mais le plus fréquemment c'est l'inverse qu'on observe.
4. Dans celle ophlhalmie, la conjonctive et la sclérotique sont attaquées simultanément. Quelquefois il arrive que pendant le cours d'une ophlhalmie rhumatismale pure, le malade s'élant de nouveau expose
[(1) WiiiTE CooPEn. De rinflammalion de la selcrotiquc. Annales d'Oculislique, t. XXIX, p. lOS, 1833.]
OPIITIIALMIE CATARRHO-RHUMATIS.MAI.E.
;ui froid, est aussi allciiil de conjoiiclivile calan-halc. Plus rarcnicnl on voil roplulialmie l'hunialisiiialc venir s ajoulcr à la calarrhale ; mais dans rophlhalniie catarriio-rlunnalisniaie, les deux niemitranes paraissent se prendre à la lois, sous Tinlluenee d'une seule el même eause.
5. La rougeur est évideninient tout à la lois eonjonctivalc et selérolicale. On aperçoit sous le réseau vasculaire mobile de la conjonctive la zone inflammatoire immobile de la sclérotique. Dans roplulialmie ealarrbale pure, la seléi'otique participe évidemment à Tinflammation, mais il n'existe point de paroxysmes de douleur rbumatismale; la sclérotique est aU'ectéc sympatlii(|uement , mais non primitivement. Dans ropbtbalmic rbumatismale pure, la conjonctive rougit aussi, mais en vertu d'une simple sympatbie par contiguïté avec le tissu qu'elle recouvre, exactement comme la peau rougit au-dessus d'une articulation atteinte de rbumatisme aigu; mais ni la conjonctive dans l'un de ces cas, ni la peau dans l'autre, ne sont le siège de la maladie primitive. En outre, dans l'ophthalmie rbumatismale pure, la conjonctive n'est le siège d'aucun flux morbide.
6. Le cbémosis, ou œdème inflammatoire du tissu cellulaire souscoujonctival, est un symptôme assez fréquent dans l'ophlbalmie catarrbo-rbumatismale ; lorsqu'il existe, il masque la rougeur de la sclérotique.
7. L'écoulement fourni par la conjonctive dans celte maladie n'est jamais abondant, et il est rarement opaque. 11 consiste le plus souvent plutôt dans une augmentation du mucus qui rend les paupières plus bumides et plus glissantes que dans un écoulement de pus.
8. Les paupières sont collées le matin par du mucus épaissi et par le produit de la sécrétion méïbomienne. Assez souvent elles sont aussi rouges et gonflées à l'extérieur.
9. Il existe à toutes les périodes de cette opbthalmie une pbotopbobie et un épipbora considérables, surtout dans les cas où le tissu de la cornée est afl"ecté.
10. La douleur conjonctivale, que l'on a comparée à la sensation produite par la présence de graviers entre les paupières et le globe de l'œil, se fait surtout sentir le matin, ou dans les mouvements des paupières. La douleur scléroticale est nocturne, et ofl're les mêmes périodes de réapparition, d'exacerbation et de rémission que dans l'opbthalmie rbumatismale. Le malade rapporte la douleur conjonctivale à la surface de l'œil, et quelquefois au front, la douleur scléroticale immédiatement au-dessous du sourcil, ou au pourtour de l'orbile.
1 1 . Il se développe fré{|uemment une ulcération sur la cornée ou un épancbement de pus entre ses lamelles. De toutes les opbtbalmies qui surviennent cbcz l'adulte, il n'y en a point dans laquelle l'ulcération de la cornée ou l'onyx survienne plus fréquemment que dans celle-ci. Si
OPIITIIALMIF.S.
elle est négligée peiulanl liuil à dix jours, el si sui'loul le malade esi âgé, on reiieonlre |)res(|uc toujours l'un ou l'aulre de ces syinplômes, et assez souvent tous les deux.
12. L'ulcère alTectc une disposition particulière, en ce sens (ju il solend beaucoup en surl'ace el pénètre rarement profondément dans l'épaisseur de la cornée. Il semble souvent produit par une exlolialion considérable de l'épitbélium cornéen. J'en ai vu ainsi une portion délacbée el comme soulevée par un liquide. Il est probable que c'est cette disposition que Beer décrit comme une pblyclénule ; mais elle est plus étendue et n'est point circulaire et circonscrite comme celle-ci. L'ulcère qui se l'orme, dans cette opblbalmie, se cicatrise souvent sans laisser d'opacité; la cornée reste seulement inégale, comme si l'on en avait retranché une portion d'un coup de lancette ; les altérations de réfraction qui en résultent rendent naturellement la vision confuse. Si le mal continue à être négligé ou mal traité, l'ulcère cesse d'être superficiel; il creuse plus profondément la substance de la cornée, et se termine au moins par un leucome ; mais la cornée peut aussi céder et permettre à l'humeur aqueuse de s'échapper, ce qui entraine l'adhérence de l'iris à la cornée.
13. L'onyx ou épanchement de pus entre les lamelles ou dans le tissu cellulaire de la cornée est l'un des symptômes les plus alarmants de cette ophlhalmie. Il débute ordinairement par le bord inférieur de la cornée; sa forme est celle de la tache blanche que l'on observe à la racine des ongles, son bord supérieur est convexe. Il s'accroît graduellement, s'élevant, séparant de plus en plus les lamelles entre lesquelles il est épanché, et augmentant beaucoup les souffrances du malade. Il s'élève souvent au point d'envahir plus de la moitié de la cornée. Le pus de Tonyx est très rarement absorbé dans l'ophthalmie catarrho-rhumatismale. La cornée s'ulcère au centre de l'onyx , le pus s'évacue, et trop souvent l'ulcère s'étendant jusqu'à la lame postérieure, l'humeur aqueuse s'échappe ; l'iris se porte en avant et vient se mettre en contact avec la cornée ulcérée. Neuf fois sur dix en pareil cas, il se forme des adhérences, et si la cornée a été détruite dans une grande étendue, il peut en résulter un staphylôme partiel ou total.
14. A mesure que l'onyx marche, la coloration de l'iris s'altère, el il se fait habituellement un épanchement de lymphe plastique dans la pupille, dont les mouvements sont d'abord plus lents; puis elle se trouble, se contracte, et finit parfois par s'oblitérer.
15. L'onyx s'accompagne quelquefois d'un hypopion ou épanchement de pus dans la chambre antérieure, mais l'hypopion peut aussi se rencontrer sans l'onyx. D'autres fois, quoique très rarement, l'onyx s'ouvre dans la chambre antérieure; il se forme ainsi un faux hypopion, et plus tard la cornée se perfore aussi à l'extérieur.
16. Si la matière de l'onyx s'absorbe heureusement, il reste un
OPinilALMIE CATAUlUIO-niUMATlSMALE,
alhugo qui pei'sisic peiuliinl un ((MUps con.sidônihle, lUiiis (jui diminue graduellLMUonl (M poul linir piir (lisparailrc. Si l'onyx donne lieu à la pcrloralion de la eornée, il en résulte un leueonie (|ui ne disparail Jamais complétemenl. Il ne survient de sla|)liylonie (pfalors (|ue la eornée a été plus ou moins détruite par une uleéralion et (|ue l'iris a été compris en partie ou en totalité dans la cicatrice. M. Wardrop a fait remarquer que le stapliylôme partiel alï'eete ordinairement la moitié inférieure de la eornée (1). La raison en est ((ue le slaphylôme partiel est habituellement la suite de l'onyx, (|ui lui même siège, neuf l'ois sur dix, dans la nu)itié inlerieure de la cornée.
17. Dansro|)htlialmie rhumatismale, le pouls est le plus souvenlvifet raide, la langue blanche et la bouche mauvaise. La douleur nocturne prive complètement le malade de sommeil jusqu'au lever du soleil. Il existe quelquefois concurremment une inllammation de la muqueuse des narines et des bronches, qui augmente les symptômes fébriles.
18. Ce sont ordinairement les symptômes rhumatismaux qui cèdent les premiers au traitement; les symptômes calarrhaux persistent quel-, ques jours de plus. J'ai quelquefois observé le contraire, la douleur circum-orbilaire persistant, au moins à un certain degré, après la disparition des symptômes de l'ophthalmie catarrhale.
Causes. — Les causes de l'ophthalmie calarrho-rhumalismale paraissent résider dans les mêmes influences atmosphériques que nous avons indiquées à l'occasion des ophthalmies catarrhales et rhumatismales chez les pauvres. Lorsque l'on remonte à la cause, on trouve le plus souvent que c'est le froid, surtout celui de la nuit, auquel ils ont été exposés par défaut d'habillements ou manque d'abri. Comme toutes les autres affections rhumatismales, elle est plus fréquente par les vents de N.-E.
Becr ci'oyait qu'un courant d'air froid sur l'œil (eine kalle Zugiuft) produisait l'ophthalmie rhumatismale; et un courant d'air vicié {eiii zersetzer verdorbener Luftkreis) l'ophthalmie catarrhale. Si celte opinion est exacte, l'ophthalmie catarrho-rhumatismale doit être produite par un courant d'air vicié soufflant avec force sur l'œil, surtout lorsque la tête est couverte de sueur.
Il est extrêmement probable que la matière de l'écoulement qui se produit dans rophthalmie catarrho-rhumatismale, appliquée sur la conjonctive d'un œil sain, y déterminera une ophthalmie puro-muqucuse. Il ne saurait y avoir de difficulté à distinguer l'ophtlialmie catarrhorhumatismale de la période de la conjonctivite contagieusedans laquelle l'inflammation, s'étendant vers les parties profondes de l'œil, provoque sympalhiquement la douleur circum-orbitaire.
L'oplithalmie catarrho-rhumatismale s'observe plus fréquemment
(1) .Morbid Aiialomy ol llic Fyc, vol. I, p. 106. Londoii, 1819.
Ol'llTlIALiMIES.
chez les personnes âgées que chez les jeunes, ou chez celles d'un âge moyen ; je ne Tai jamais observée chez les enl'anls.
Traitemenf. — Le Irailemenl qui convient à celle adcclion consiste moins dans l'emploi de remèdes nouveaux que dans un usage judicieux des moyens que nous avons déjà mentionnés à l'occasion des ophlhalmies calarrhale et rhumatismale.
1 . La saignée générale parait aussi indispensable que dans l'oph- Ihalmie rhumatismale simple; elle amène une diminution tout aussi remarquable des symptômes, de la douleur circum-orbilaire sui'toul. Suivant la gravité du cas, l'âge et la constitution du malade, on lui tirera du bras de 10 à oO onces de sang ; on en tirera la même quantité le lendemain, si les symptômes n'ont pas été notablement amendés. Il ne laut pas se laisser détourner de la saignée par l'état d'all'aissement et d'abattement dans lequel la douleur, propre à cette affection, plonge les malades. La soustraction du sang, en faisant disparaître la douleur et en permettant le sommeil, rend au malade la force etlecourage.
2. Les sangsues à la tempe , surtout appliquées immédiatement après la saignée, sont très utiles.
5. Pour peu que le chémosis soit considérable, on doit scarifier la conjonctive palpébrale.
4. Le calomel avec l'opium produisent ici d'aussi bons effets que dans l'ophthalmie rhumatismale pure.
o. Des frictions opiacées doivent être faites sur le front et la tempe une heure environ avant l'accès de douleur circum-orbitaire.