I.XVII
Une très faible partie de la réline échappe à celle exploration : elle n'a pas plus d'un centimètre d'étendue, lorsque l'œil a sa mobilité normale; cl encore ciîlte partie reculée
l ig. VI.
delà membrane n'est-ellc pas enticremenlsoustraile à l'investigation pliospliénienne ciie/. les malades intelligents, puisque de petites ,s7/m/rfcs imprimées à l'organe provoquent une lumière, faible il est vrai, mais très appréciable dans le milieu el un peu en deliorsdu champ visuel — c'est celle du choc du globe de l'œil contre le nerf optique — répondant à la sollicilalion par rébranlement de sa propre papille. Telle esl, du moins en l'état, notre dernière opinion sur le siège réel du petit phospbène el le parti que l'on peut en tirer comme agent explorateur.
iJu resie, pour s'exercer à la manifestation de la lumière subjective, il faut d'abord expérimenter sur soi-même, en prenant les précautions indiquées; — c'esl le moyen le plus simple et le plus efficace de se familiariser avec celle nouvelle méthode d'exploralion oculaire. Des médecins, qui n'avaient pu réussir à produire leurs pliosphènes ont ele étonnés, après une seule expérience faite par nous-mêmes sur leprs propres yeux, devoir si facilement ensuite les merveilleuses flammes tactiles, dont la splendeur pendant la nuit surtout, surpasse celle de l'éclairage le plus puis.sani qu'on puisse arlili- «Mellemeiit provoquer, lorsque la pression agit simultanément sur la partie supérieure des yeux fortement tournés en bas.
Sur plusieurs milliers de malades soumis à notre observation, nous en avons rencontré
irriin!''',''" '1' '*■■ '""'"'''^'^ l'='"l'i^->'es a rendu difficile la
Z r . ''""^'"'^•"'^•^' 'luelques autres la profondeur, l'exiguilé de l'œil el la pa ahsic des muscles ont été un obstacle; mais, avec un peu de patience, il a été possible encore de recourir à l'exploration subjective. Enfin, il y a eu des sujets à peu près dépourvus d intelligence qui n'ont pu nous «loiiner les renseignements demandés : à part ces exceptions, heureusement fort rares, rexploralion pliospliénienne .'sl un véritable jeu a la porl.-e de (ont le monde el tout à fait innocent.
IXVIII UKTlNOSCOI'll'. IMIOSIMIKNIENNR
§ II. — Du phosphène comme moyen de diagnostic.
1 On trouve conslammenl le pliospliène lorsque la réline est saine : on le
retrouve encore, mais altcrtS lorsqu'elle est un peu soullraiite; mais il ne se montre pas lorsqu'elle est complètement paralysée; et cependant ces sujets conservent encore un sentiment vague et confus delà lumière : ils distinguent même parfois le jour de la nuit.
L'absence des phosphènes aux quatre points cardinaux, est ici un fait constant, majeu , cai'tal, rare dans une science d'observation. On peut donc considérer celte a sence comme le Signe ,;a//io,nomon/ry«c de l'amaurose, comme son fidèle et invariable révélateur, fiuelle nue soit la cause qui l'a préparée ou occasionnée.
) S "rvInck d« l. vuk a. n,SPAurr>o« oes phosphè.ks. L'.bsence-bien constatée des quatre phosphènes peut précéder l'abolition de la vue ; mais, dans celle circonstance raSrs'attendre à voir celle-ci disparaître bientôt, si des remèdes énergiques ne sont pa.
employés
V si donc, l'absence des phosphènes où Vaphosphénie (1) n'est pas seulement le signe de l oinnce actuelle de' la fonelion, il annonce en outre l'amaurose trnmmer^^ ' nL tissementprochainet complet de la vue, alors que la ^^^^^..o^^^r^^ cieuse à cet égard. Les faits de cette nature, au lieu de constituer de décourageante, exceptions viemlent au con^aire conlirmer la loi en vertu de laquelle l'état de la rétine est relis;ieuscment traduit par celui des phosphènes. u- n»nri
sence simultanée du Iwntal ei. ou (. n. ,.„„,i,,,;,„K|pnientalTaiblie. Lobservalion biyopieestd'ordinairenettement ess,^^^^^ ^,,,.^^^3
nous apprend cependant que cette fonction 1^"^ f^^"' ^ ^is ,ît et avec lui
rexislence isolée du nasal. Au quatrième ' '«^ ,éJne qui n'est
l'exercice possible de la fonction son excitant naturel.
i;cii|.irioi.« nous apprcml que n vue piu se con e ,„e„, ,lu moins, l,ie„ ,ue |e l'I'»^'»;"'; '^^^^^J^^ . „ o' partie cupul.irc.
,„ „„,„.s.e.p,..io„ nuc nous ™p™,„.«. . M. ..,a.n,o,, pr.-ess™r n,,,s« Ue de .Monipcllicr.
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parles degrés franchis, mais en sens inverse. Le pliospiiènc îiasal renaît le premier; puis' viennent le t(;mpornl,ld frontal el enfin lejugal, dans l'ordre de leur importance liiérarchique. Ainsi le sommeil ou la mort aneslliésique de la rétine gagne de proche en proche de la périphérie au centre (ou plutôt ii la papille du nerf optique), et le réveil en sens inverse, du centre sensoriel à la périphérie. Si l'influence morbide n'a pas uniformément agi sur toute la partie antérieure ou marginale de la réline, qu'une zone latérale demeure saine ù côté, el au milieu d'autres zones malades jusqu'au fond de l'œil, alors l'absence ou le retour régulier des anneaux se trouve interverti : l'axe de la vue est notablement déplacé et le champ considérablement réduit dans le côté opposé à la paralysie latéralisée.
6. Indépendance et solidarité des del'x rétines. Lorsque la perle de la vue d'un œil s'est effectuée par des causes intra-oculaires, locales, on constate la présence de tous les phosphènes dans l'autre œil et l'on peut dès lors rassurer le malade sur la conservation de la vue de ce côté. On doit penser, au contraire, que la cause est chiasmalique ou cérébrale el que la vue se perdra insensiblement, lorsque le phosphènc nasal seul apparaît sous la pression successive des quatre points cardinaux de l'organe conservé intégralement dans le jeu de sa fonction (les mouvements de la pupille sont cependant irréprochables). C'est là ce que nous appelons l'amblyopie virtuelle, sur l'importance de laquelle nous appelons d'une manière plus spéciale l'attention du lecteur.
7. SCRV1VA^CE DES PHOSPHÈNES A L'AFFAIBLISSEMENT DE LA VUE. La SUrvlvanCC dCS
phosphènes à l'alTaiblissement de la vue a lieu lorsque l'anesthésie commence par la cupule delà rétine, par suite d'une disposition renversée du siège de l'amblyopie, relativement à ce qui survient dans les cas ordinaires, où l'affection débute au contraire par les zones les plus excentriques de la rétine.
Si l'œil pouvait être directement exploré dans le centimètre qui échappe à l'action du toucher, nul doute que le phosphène correspondant à la cupule ne répondît de manière à nous éclairer sur la souffrance de cette partie. Quant à la lueur provoquée par la secousse du globe contre le nerf optique, elle est trop incertaine pour qu'on puisse compter sur ses dannées. L'ophlhalmoscope doit alors être employé, afin d'aider l'investigation phosphénienne, qui, à son tour, peut prêter ailleurs un précieux concours à cet instrument; l'un et Tautre deviennent ainsi un moyen réciproque d'appui et de contrôle.
Mais telle n'est pas la cause la plus commune de l'affaiblissement de la vue lorsque tous les phosphènes se montrent partout : des recherches plus complèles signalent le plus souvent un état kopiopique subordonné à l'altération des milieux oculaires, et plus spécialement à la perte de la faculté d'accommodation trop de fois méconnue el malencontreusement confondue avec l'amaurose commençante.
La survivance des phosphènes à l'affaiblissement de la vue doil être considérée comme un signe de bon augure relativement à la conservation de la sensibilité spéciale de la rétine. Deux sujets exceptés, tous les autres malades que j'ai observés dans ces conditions ont recouvré l'usage de leurs yeux.
On ne confondra pas avec le phosphène régulier la lueur vague perçue dans une direction anormale, dans celle, par exemple, du voisinage du corps compresseur, dans la partie du champ visuel où elle ne doit pas se montrer. On se méfiera alors de ses indications. Ce changement de direction dénote un changement analogue dans l'appareil instrumental de la rétine, une altération de celle membrane et conséquemmenl une souffrance dans ses fonctions.
8. Obstacles matériels au passage des rayons lumineux. Lorsque les milieux oculaires sont troublés dans leur transparence, l'usage de roplillialmoscope ne peut plus servira faire connaître les changements de structure éprouvés j)ar la membrane optique. C'est surtout dans ces cas, oîi l'opacité des milieux oculaires frapi)e l'ophtbalmoscopie objective d'une radicale impuissance, qu'éclate la supériorité de l'exploration phosphénienne, supériorité qui alors a quelque chose de saisissant cl de merveilleux.
I>;X UKIINOSCOIMI', l'IIOSl'lIKMKNM-.
Supposez, en efl'el, rexisleiicc d'un U-oublo glauconuileux, crislullinicn, bliiiu;, sris^ verl, noir; ajoutez l'immobilité de la pupille, son oblitération, un épanclicmcnl de nuid(; opa(iue, pus, sanç, dans la cbambre antérieure, Topaeité entière de la cornée : couvrez, si vous voulez, d'un voile épais la tète et les yeux du mala.le, mettez enlin celui-ei dans l'obscurité la plus profonde : dans ces conditions, qui rendent impossible 1 exploration objective de la rétine, la rétinoscopie pliospliéiiiennc trouve autant de circonstances qui rendent son application plus facile et plus siire. Elle n'en dira que mieux si la ineinbranr enlière est paralysée ; — si elle nest que partiellement atteinte, à quelle profondeur sesi arrêtée la paralysie, quel est le côté sur lequel elle a été se cantonner; si la rétine commence à souffrir, quoique la vue soit conservée intacte, et si enfin, au milieu des complications les plus dilTiciles et les plus déconrageantes, ou aura l'espérance de jouir inenlol et longtemps encore des bienfaits de cette vue, sans laquelle la vie semble ne devoir être
qu'une mort anticipée. ^ ,..,,„,
Là ne se bornent pas les services rendus par la lumière phospheiiieniie ; les questions le^ plus élevées de la phvsiologie de la vision ont passé par répreuve de cet important nbénomène « tantôt comme support, tantôt comme mobile, ici comme excitant, la comme ;,,ilerium. » - (Amédée Latour. Union Médicale) : ExlériorUé, diredion, Inmtalion. redressement; vision simple, double; condiiions vitales du relief, etc., toutes ces quelions si longtemps et vainement débattues ont reçu une élaiHé nouvelle, tirée de prémisses expérimentales qui lui appartiennent et dont la simplicité seule égale la Haut, signification scientifique. On le voit maintenant, en deliors des données anatomiquc^. d'ailleurs si attrayantes et si fécondes, la science peut trouver des enseignements u île. et d'un ordre supérieur. Dans l'étude pure de la force vivante, son action et ses defail-
n es seules, abstraction faite des lésions instrumentales, conduisent infa .lemenl a
importantes découvertes. 11 faut donc respecter et encourager .es ^-dances c^^^ lique école, qui, dans ses exagérations mêmes, conserve, avec lanl de .olUcitmle, .a esprit do synthèse et de généralisation.
UKS