LA RÉTINE
PAR LE DOCTEUR SERRE D'UZÈS, A ALAIS (i).
L'exploration objective de la réline par les appareils oplUlialmoscopiquos, accueillie avec un empressement justifié, du reste, par les résultats les plus remarquables et les plus inespérés, est sans doute une conquête définitivement acquise à la séméiologie oculaire; mais il est, en dehors de cette voie, des phénomènes d'un tout autre ordre qu'on peut interroger avec non moins de fruit : ce sont ceux qui appartiennent à la subjeclivilé de la fonction visuelle. Ils constituent une série de faits, inaperçus ou dédaignés jusqu'ici comme autant de manifestations stériles ou plianlasmatiques de l'activité organique, et qui est devenue aujourd'hui, nous ne craignons pas de le dire, une source de signes diagnostiques d'autant plus certains qu'ils sont de nature à délier les prestiges et les complications inséparables de l'examen objectif. Il y a plus: les obstacles matérielsde toute sorte que ce dernier est naturellement exposé à rencontrer, sans pouvoir les franchir, loin d'être une entrave à l'exercice et aux exhibitions de la vue phosphénienne, sont autant de circonstances qui la rendent plus nette et plus sûre, en éliminant la concurrence de la lumière extérieure, seule capable de l'obscurcir.
Ce n'est plus, au reste, une faible lueur, lucula, à peine appréciable, que nous indiquons comme moyen d'investigation; c'est un phénomène lumineux, d'une éclatante splendeur, tout aussi certain, aussi réel que la vue objective de son objet provocateur, et dont la couleur, la forme, les dimensions et la direclion graphique sont parfaitement évidentes, appréciables, susceptibles conséquemment de fournir les indications séniéiologiques et diagnostiques les plus positives et les plus exactes.
§ 1. — Bu phosphène en général.
i. Pheivoménes de sensations subjectives. L'organe oculaire est celui de tous nos appareils sensoriaux qui offre le plus grand nombre de phénomènes subjectifs et où ils se manifestent dans les conditions les plus explicites et sous les apparences les plus merveilleuses.
(I) M. Serre d'Uzès, à qui la science doit la dccoiiverle du phosphène dans ses applications au diagnostic des maladies de la rétine, a bien voulu se ciiargcr d'en exposer le résumé dans ce travail original, rédige à notrH inicntion. Le Iccleiir, curieux de connaître dans tous ses détails riiisloirc de la rétiuoscopic pliospliénicnne, les trouvera dans le ningnilique ouvrage du même auteur : Easai sur les pliusplihics ou anneaux lumineux de la réline, etc. ; Paris, 1835.
icior Jlasson, 1 vol. iii-8°, p. 449.
,^,Y RKTINOSCOPIE PIIOSI'UÉNIENNE
Dans la nuil, en l'aDsonce de loule excilalion extérieure cl sous l'innucnce d'une nu i on soutenue, on voit nailre spontanément, dans le champ visuel, des .mages lum s de coule rs brillantes et se succédant d'une manière régulière et isochrone 'raniimenl ressenti par l'œil dans l'acte de l'éternûment s'accompagne d'une v.ve
, . , ,>„,i„npnrnvoaue une apparition lumineuse à laquelle nous avons Le toucher de la "^^j;;,^^^ es terminée par celle du corps compres-
donne le nom de phosphene <^«" ,ri,né et dans la direction d'une
senr. Celle «PPant--^^^^^^^^^ A le centre du cristallin. Dans le
ligne formée par le centre ^ P»-^^^'"" J^^ ■ ^mineuse, beaucoup moins
voisinage de la partie excit on r W^^^^ ^^^^ ^^^^^ ^„„^^„,,,
r::;irrrr:rr::^os.H.. . ..ws^su. ..découvert, dé^t
et Signalé le premier à rattention -vants)^ ^, .^^.^^^^^
Les .mages n'ont pa toute "«^l^^; '^^^^^ „ ,,„e d'un lambeau d'étoffe
contou.-s arrondis (fig. i)- t 'im'icp nui correspond à cha-
Fig-
est présenté, et les rapports de -n^gurations sont te,. ^^^^
sensorielle nous fait connaître celle du corps comprimant , sa .randeur .. po
^'^'a^parence pbosphénienne de l'objet est vue précisément sur
champ visuel. -, apiiv obiets placés devant lui, à une ccr-
Que le s.,jel regarde ensuite, f f ' ^fm^ nv.e celni de gnuche est
taine distance l'un de 1 autre ÇOlu. e d , iru ur'l inntilemc.t la partie gauche
nettement distingué. L'image de « ' J ^ ^ ' ^^^^ ^ „„e perception lumi-
lilé visuelle.
01 EXPKOUATION SUBJECTIVE DE I.A UÉTI.\E.
De même que les sensations objectives sont perçues retournées ou redressées, par rapport aux images lumineuses matérielles, faites sur la membrane par le monde extérieur, de même aussi les sensations pliospliéiiionnes ou subjectives sont perçues retournées ou redressées, relativement aux empreintes faites par les corps comprimants. Remarquez la flamme d'une bougie placée sur l'extrême limite du champ visuel, l'œil regardant d'ailleurs droit devant lui; comprimez en même temps avec la pulpe unguéale du doigt la portion de rétine impressionnée par celle lumière, la corde du croissant phospliénien tournée en arrière se confond aussitôt avec le corps lumineux lui-même. Or, cette corde, représentant la défaillance de la sensation subjective sur la limite sensible de la membrane nerveuse, représente donc aussi celle de la fonction visuelle ordinaire expirant sur la même ligne. Toucher, en conséquence, la rétine par l'image lumineuse des objets, ou par leur propre relief en forme de timbre sec, c'est donner lieu à une perception lumineuse fondamentalement la même dans les deux cas. Il y a donc ainsi parfaite identité entre la vue subjective et la vue objective, entre toutes les perceptions lumineuses, quelle qu'en soit la provenance.
La lumière phosphénienne doit dès lors traduire fidèlement l'état de la rétine, en localiser les moindres altérations. Elle devient, en effet, un élément de diagnostic infaillible là où la science objective elle-même, l'ophthalmoscopie directe, reste muette, ou ne fournit que des conjectures incertaines, dès qu'un voile quelconque, s'inlerposant dans les milieux oculaires, s'oppose à la pénétration du regard dans le fond de l'œil, ou qu'aucun cliangement anatomique appréciable ne peut révéler encore un changement correspondant dans la fonction.
Nous appelons phosphène nasal celui que provoque la pression
ô. Dénominations.
opérée à l'angle interne de l'œil , à côté de la racine du nez (fig. Il); phosphène temporal, celui qui se produit par la compression de l'angle externe de l'œil, a côté de la tempe (fig. m); phosphène frontal , celui qui apparaît sous la pression de la partie supérieure au-dessus du front ( lig. iv );
phosphène ;«pa/, celui qu'on sollicite par la pression de la partie inférieure de 1 'œil audessus de la joue (fig. v ).
4. FoRMKs. Lafigure du phosphène n'est pas eiilière, quand le corps comprimant offre une surface aussi étendue que la pulpe du doigt indicateur:
l'anneau n'est pas achevé, et il apparaît sous la forme d'un croissant plus ou moins fermé, dont
l'échancrurc confine fatalement la ligne péri-orbitairc du cha
mp de la Vision extérieure f
IXM UliriNOSCOPIE l'IlOSlMlKMIlNNl-
Celle écliuncrure, toujours en arrière de l'image lumineuse, Irès fail)lc dans le nasal., augmenle dans le temporal, cl s'accroil encore dans [elmdal el le jîu/a/..
Si au lieu du doigl, on se sert d'une pelile boule lixée au boni d'une lige el qu'on exerce des pressions successives, des parlies profondes à celles qui avoisinenl les corps ciliaires,
on voil apparaître , les uns
après les autres, d'abord un cercle bien terminé, puis d'aulres à échancrures ou cocbes incessamment plus grandeset resseniblanl ainsi auxpbosphènes?irtsa/,/eïnjwral , frorilal et pigal ( ligure VI ). Dans la figure vi, qui reiiroduil idéalement les avancements du doigt explorateur aux quatre poinls cardinaux ( jugiil; frontal, temporal et
„asnn les anneaux sont toujours incom|.lels : c'est que ce même doigl, ne pénétrant
. n. l a e. avant dans l'orbite, la ligne de pression circulaire, exercée au l.eu
ï ci ion^^^ louiours s'achever en dehors de la limite de la rétine, ou du mo. s d excil.uion, ^^^^ ^^.^^^ ^^^^^^^ ^lepour
vus de sensibilité en vertu de leur extrême excentricité.
5. SiKGE RÉKL. La lumière constituant le grand phosphène n'est pas, comme nous l'avions cru, le résultat d'une excitation produite par le contrecoup, mais celui de la compression médiate exercée sur la partie la plus rapprochée du corps comprimant.
6. Manière de produire le phos- PHÉNE. L'examen peut se faire le jour comme !a nuit, mais mieux vaut que ce soit dans l'obscurité ou dans un appartement faiblement éclairé, kdos tourné du côté d'où vient la clarté.
Les yeux doivent être à peine enlr'ouverls, et les paupières très relâchées.
.... ,. Au bord unguéal de la pulpe du
U dun porte-plume, simple ou armé d'une ,gl indicateur, nous préférons le bout «'"'•o"' ' pcxploration par petites saccades, lite boule d'ivoire, pour provoquer le pbo l'^n -^^ -^^ ^^^^^^^^ ^^^^ ,^ de us préférons maintenant la douce P'-'^^^."^ .,i„si. n„is en changeanl de place,
rendre permanente l'image subjective, qui P ..uenUon vers le lieu où
,a„t que dure cette pression ^^^^^^'''■J^,'^ 1, '.ession. el tournera le globe de l'œil Panneau doit paraître, celui qu. est «PI «^^^^^^^^^ portions de réline habituelle-
dc ce côté afin de rendre accessibles a la compies.io. i
-\ ;Sées sous ,e rebord -.H^re Un^^-- .op attentifs sont recommandes ahn f f^^'^ V^î, mi-même en aide au médecin sani
par ce dernier.
01' EM'l.OUATlON sriUlCCTIVIC l-A UKTINK.