TUMEUR ENKYSTÉE DU VOISINAGE DES GLANDULES, ETC
vaisseaux do la conjonctive et de la cornée n'était point augmenté. La saignée, les purgatifs, les vésicatoires ne tirent rien. Au contraire, la cornée devint plus opaque, il se développa une inflammation intense delà conjonctive et de la sclérotique, et tout l'œil parut plus saillant. On purgea de nouveau la patiente, et on lui passa un séton à la nuque ; mais les symptômes augmentèrent, et son état devint plus misérable. L'inflammation de la conjonctive augmenta et s'accompagna d'un renversement en deiiors très douloureux de la paupière supérieure. M.Spry scarilia fréquemment la conjonctive qui saigna abondamment, ce qui procura chaque fois un jour ou deux de soulagement. Il eut recours aussi à la saignée de la temporale. Mais au bout do liuit à dix mois d'efl'orts, les symptômes devinrent si formidables qu'il crut avoir aflaireà un carcinome, et qu'il proposa comme dernier remède l'extirpation de l'œil. On difl'éra néanmoins l'opération ; mais le volume de l'œil et la douleur allant toujours en augmentant, on se décida enfin à la pratiquer, dans la crainte de voir les os se carier. M. Spry avait à peine commencé son incision autour de la partie supérieure de la tumeur, et le bistouri n'avait point pénétré profondément, qu'un jet de liquide semblable à de la lymplie s'élança sur lui avec force comme d'une fontaine. La tumeur s'affaissa beaucoup; mais en continuant l'opération, il découvrit un vaste kyste qui remplissait tout l'orbite derrière l'œil. 11 laissa une partie du kyste, enleva complètement l'œil, et remplit la plaie de charpie. La cure marcha bien et fut complète au bout d'un mois. En examinant la tumeur, on trouva l'œil un peu plus gros qu'à l'ordinaire - l'iiumeur aqueuse avait perdu de sa limpidité, le cristallin était ferme et transparent' l'humeur vitrée presque complètement liquide, le kyste très fort et élastique, et d'une capacité à contenir un gros œuf de poule.
On ne peut guère douter qu'il ne s'agit ici d'un cas méconnu de tumeur enkystée dans la glande lacrymale, ou tout au moins de tumeur enkystée de l'orbite ; à coup sur, ce n'était point un carcinome.
SECTION VIII
TUMEUR ENKYSTÉE DU VOISINAGE DES GLANDULES CONGLOMÉRÉES ET DES CONDUITS LACRYMAUX.
L'affection qui fait l'objet de cette section parait de la même nature que celle que nous venons de décrire ; la principale différence consiste flans le lieu où elle se développe. La tumeur que nous venons de décrire siège dans la substance de la portion supérieure de la glande <'i Ion suppose que le fluide qu'elle contient provient immédialemeni cet organe; celle que nous allons décrire est située presque imméatement derrière la conjonctive, au voisinage des glandules coiiglom*^rees, et le liquide qu'elle renferme provient , suivant Sclimidt (1) 'I >'>i ou de plusieurs des conduits lacrymaux. Benedict (2) la dLu '•".nmc une simple dilatation d'un de ces canaux. Les tumeurs enkystées 'l"ns la glande lacrymale engendrent une série de symptômes ines •-^mlde venir se montrer au dehors, quand même ils en arrivent là', dis que celles qui se développent dans le voisinage des glandules S omerees et des conduits lacrymaux n'entrainenl point d'effets ■"issi destructeurs et ne peuvent rester longtemps cachées.
(2) Handhuch dcr prak.ischen Aug.nl.eilkLdcVvoL ul! ï.^'cf Leipzig, ,8...
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Io6 MALADIES DES ORGANES Sl':Cni;:TEl'nS DES LAUMES.
Symptômes. — Dès que ralleclion qui nous occupe a acquis un . certain développement, elle se manifeste par les symptômes suivanls : On sent inunédiatemcnt derrière la paupière sui)érieure, du coté temporal de lorbile, une tumeur circonscrite, très élastique et tout-àftut indolore. Si le développement de la tumeur est déjà assez considérable pour égaler le volume d'une petite noisette, et qu'on la comi)rime fortement , fe malade ressent cette pression dans le globe de l'œil el aperçoit des spectres lumineux. Si, en même temps qu'on comprime la tumeur à l'extérieur, on soulève la paupière supérieui-e de façon à la renverser un peu, on voit la conjonctive faire saillie sous la forme d'un sac distendu dans lequel on sent la lluctuation. Quand la tumeur a acquis le volume d'un œuf de pigeon, les mouvements de l'œil en haut et en dehors sont empêchés; néanmoins, quand on soulève la paupière supérieure de la façon que nous venons d'indiquer, l'œil se retire derrière la tumeur, et le malade acquiert à l'instant la facullc de le porter vers la tempe. La distension produite par le Iluidc amincit tellement la conjonctive et le kyste, qu'il semble que la pression nécessitée pour l'exploration va en déterminer la rupture. On indique, comme signe caractéristique de cette affection, l'augmentation momentanée de la tumeur quand le malade se met à
pleurer. .
Causes. — On a supposé que la cause prochauie de cette ailectioii est due à ce qu'un ou plusieurs des canaux excréteurs de la glande lacrymale viennent se terminer dans le tissu cellulaire sous-conjonitival; une des cellules de ce tissu lâche se laisserait distendre pai l'accumulation des larmes, et formerait le sac mince dont la saillie produit les symptômes que nous venons de décrire. Cette opinion s'appuie sur ce fait, que si l'on ouvre la tumeur à travers la paupière, on voit s'échapper par l'incision une quantité considérable de larmes pures, chaque fois que le malade pleure. Je dois avouer que je nai aucune confiance dans celte étiologie. , , ,
Beer (1) a rencontré six fois cette alfeclion chez des malades de ràge de quatre à quatorze ans. Dans deux de ces cas, il paraissait ) avoir eu une cause excitante. C'était, dans l'un, une contusion du bord supérieur de l'orbite par une bille de billard ; dans 1 autre, un kyste de la même région incomplètement extirpé.
Trcdtemenl. - On ne saurait recommander celui que Beer propose pour obtenir la cure radicale de cette aflection, et qu, consiste a passer Ln séton à travers la paupière. Non seulement il peut ^^^-^^^ ^ mais il peut de plus laisser à sa suite une ouverture listuleuse l.cs
^'on 'doit pratiquer une ponction à travers la conjonctive, comme
(I) |,,.|„.e von .irn Augci.krankl.cilcn, vol. Il, p. ÎWÔ. Wiou, 1817.