DACRYOLITHES * OU CALCULS LACRYMAUX DANS LES CONDUITS
LACRYMAUX.
' De Sàxpu larme, et )vJfloç pierre.
Les larmes, ainsi que la salive et tous les autres fluides qui parcourent des surfaces muqueuses, peuvent donner lieu à des dépôts calcaires. En pareil cas, les concrétions que l'on rencontre contiennent les principes chimiques des liquides dans lesquels elles baignent, mais elles peuvent aussi contenir certains principes provenant de la membrane muqueuse. Elles empruntent leur forme, soit aux cavités qui les contiennent , soit aux organes environnants , avec lesquels elles se trouvent en contact, comme on le voit pour les ca\^culs biliaires, urinaires, intestinaux, salivaires, etc.
Obs 127 — MM. Laugier et Richelol rapportent le cas d'un vieux troupier qui s'éveilla avec la sensation d'un corps étranger dans l'œil gauche, qui devint douloureux, rouge el larmoyant. En relevant la paupière supérieure, on apercevait à sa surface conjonclivale, à trois lignes environ au-dessus du bord libre el à une petite distance de 1 angle temporal, un petit point blanc comme de la craie. Ce point est immobile et dur au toucher comme on e reconnaît avec la pointe d'un stylet mousse ou d'une aigudle a cataracte. Quelques tentatives furent faites pour le dégager de l'ouverture de l'un des conduits lacrymaux ou 1 sembla l engagé ; mais ce fut en vain, el le parti fui pris de le laisser en place. L'.rrilalion qu'il causaït céda très promplemenl aux lotions adoucissantes. Deux mois après, le malade quitta l'hôpital sans que ce calcul se fût déplacé. Son petit volume n avait pas varié et il n'avait donné lieu à aucune irritation nouvelle (4).
Obs 128 — Anne Clarke âgée del9 ans, d'une sanle altereedepuis quelques mois,s es plainlè fréquemment d'une violente douleur de tête, occupant particulièrement le fron e le dessus de l'œil gauche ; on lui a, pour ces symptômes, pratiqué une saignée du bras et appliqué des sangsues aux tempes, mais sans en obtenir de soulagement permanent. Le 22 décembre 1834, l'œil gauche fut pris toul-à-coup d'une inflammation douloureuse cet e inflammation augmenta le lendemain, et dans l'après-midi la malade ressentit ver. la partnuperieure et externe de l'orbile une vive douleur lancinante qui s accompagna d^un écouSt brusque de larmes abondantes; immédiatement après, elle sentit quelque dos ïa S , et l'ayant enlevé, elle vil que c'était un petit corps dur ressembla.! à un ragment de mortier. Elle supposa d'abord que c'était un corps étranger in irodu Sîcidenle emenl dans son œil ; mais au boul d'une heure, la même douleur reparut e
(l) Laug.eu et RiciiiiLOT. Traducliondc Mackcnzic, notes pp. Vl, Vll.
ABNOnMlTÉa CONfiÉNITALES.
cliiiiix grossière, avec tlo pelilos cloisons siliceuses enfouies dans !» substance crélacée. L'analyse fournit surtout du phosphate de chaux, une petite quantité de carhonate de chaux et des traces de nialière animale, i.e rédacleur de l'ohservatioii pense queces calculs t'iaienllogéspriniitiveinenl dans les conduits lacrymaux, où, ayant |)roduit une viveirrilation, ils ont provoqué l'expulsion d'une grande quantité des lariues qui les ont entraînés (I ).
On iHMicoiUre des coiici-cHions provenant des !arni(!s, dans les sinus de la conjonclive, dans la caroncule lacrymale, dans les canaux excréteurs des larmes, ainsi que je l'exposerai plus longuement, chapitres IV, V et V'I. On trouve aussi de semblables concrétions dans les follicules de iMeïbomius.