CHAPITRE m
SECTION I- (2
ABNORMITÉS CONGÉNITALES.
Tantôt les sourcils s'étendent trop du côté externe, tantôt c'est l'inverse qui a lieu, et alors on a ce que les anciens appelaient synophrys ou mesophryon, c'est-à-dire la réunion des deux sourcils, forme sur laquelle une question d'étiologie relative à l'aliénation mentale a donné quelque intérêt. On a aussi vu des sourcils beaucoup trop épais, d'autres trop peu touffus; leur absence doit avoir été observée, mais peut-être jamais sans complications. En revanche, dans un cas, Holub a vu une double rangée de sourcils, la sujiérieure, mieux fournie, partant d'une éminence osseuse surnuméraire. Ce chirurgien y remédia en faisant raser les sourcils supérieurs et passer trois fois par jour une solution d'iode qui empêcha la reproduction de ces poils. Les sourcils sont ordinairement bhtncs chez les albinos ; parfois , dès la naissance, on observe des poils blancs dans des sourcils d'une autre couleur. Wallher nommait heterotridwsis supcrdliorum le cas où l'un des sourcils a ses poils de deux couleurs, et celui où chacun d'eux a une couleur particulière.
Les cils présentent des colorations anormales analogues. Leur absence congcnilalc est fort rare et réclame , d'après Carron du Villards, l'em-
(I) .MiMlicnl finzriic, vol. XV, p. (528. Londoii, 185.^. t(/) Lil. Coi'iiiiz.]
MALADIES DU SOURCIL 171' DES PAUPIÈllES.
ploi de hinollcs à verres un peu larges et préférablcineiil colorés en bleu. La pliulangosis (dyslicliiasis des anciens, dislichiasis, Irislichiasis et telraslichiasis des modernes) a élé observée queUpiefois à l'élal congénital; il en est de inènic du irichiasis, vice de naissance fpii parait être fort rare, mais qui a été observé par Nixon, compliqué d entropion congénital.
L'entropion lui-même est rarement congénital. Von Ammon, Fronmiiller , Nixon et Gaillard en citent des exemples , et c'est pour un cas de cette nature que ce dernier a inventé l'opération de l'entropion par la ligature palpébrale. L'cctropion de naissance est plus fréquent et a été vu par Von Ammon, Bartbolinus , Gutbrie, Loscbge, Riberi, Souty, Seiler et Schiitte. Ce dernier prétend avoir guéri un ectropion congénital des quatre paupières en neuf jours, par l'emploi d'une solution de plomb; toutefois, on peut admettre comme règle qu'une opération peut seule y remédier. Waltber recommande dans ce but la tarsoraphie.
Le blépbaroptosis congénital est unilatéral ou bilatéral; il a été vu un certain nombre de fois à l'état héréditaire. L'excision d'un morceau de la peau et la réunion des bords de la plaie par quelques points de suture y remédient ; la ligature des paupières serait sans doute aussi un procédé convenable.
Le blépharophimosis ou étroitesse congénitale des paupières , sans être fréquent, a été mentionné par plusieurs auteurs, F. Robert, V^ilde, etc., avec ou sans complications ; il produit souvent du clignotement, de l'entropion , une légère suppuration à l'angle des paupières, et exige pour sa guérison une opération assez simple qu'il faut bien se garder de pratiquer quand l'étroitesse des paupières accompagne le microphthalmos. Stocber et Von Ammon rapprochent de cet état celui d'enfants très gras chez lesquels les paupières sont partiellement recouvertes et débordées parles parties environnantes. Inutile de faire remarquer que cette incommodité , qui disparaît avec Tàge, ne mérite pas le nom de phimosis palpéhral (1).
M. Desmarres (2) a décrit sous le nom d'euryblépharon (de supuq grand) une aflêction qu'il n'a jamais observée qu'à l'état congénital, cl qui consiste en une disposition des paupières telle que ces voiles sont trop grands pour l'œil , et que par suite de cette disposition il y a un larmoiement assez gênant.
Une forme intéressante pour la pratique, c'est le coloboma palpebral, aussi nommé blépharocoloboma , comismi en une espèce d entaille perpendiculaire ou oblique, ayant souvent la forme d'un V dont l'ouverture est dirigée vers le bord libre des paupières , et d'autres fois celle d'une fissure à bords pai-allèles. Les bords en sont dentelés ou droits, garnis ou non de cils; elle i)eut intéresser aussi le ligament
(1) IIl■:llHMAN^. De blcplinrophimosi clauloplaslicc. Icna, 1810, in-8<>.
(2) Op. cit., l. I, p. -itiS.
ABNOaMlTliS CONGlilS ITALES .
larsc, et elle est fréquemmenl compli(nicc d'aulrcs vices de naissance. Plus rroqucnt à la paupière supérieure (|u'à riiiféricurc, le coloboma n'existe jamais aux deux siniullanémeul; il a été vu par Von Animon, lîeer, Cuuier, lieylelder, Mess, Sainl-Yves, etc. Raviver les bords de la listule et les réunir, ou pratiquer une opération de blépliaroplastie, sont les deux moyens conseillés pour remédiera cette abnormité, qui parait n'être, dans bien des cas du moins, qu'un arrêt de dévelop|)einenl.
Dans le lagophthalmos ou œil de lièvre, les paupières ne peuvent être complètement fermées : l'opération de l'entropion ou la bléphalojjlastie serait le moyen d'y remédier. — La paupière inférieure était trop allongée dans un cas de lagophthalmos décrit par Roux, en 1774 : c'est une de ces heureuses compensations qu'on observe parfois dans les vices de naissance. Au reste, on a observé quelquelois l'une ou l'autre paupière plus longue ou plus courte qu'à l'état normal.
Von Ammon a figuré et décrit un cas d'œdème congénital de la paupière supérieure , et Arnold (de Balingen) , a vu une sorte de dégénérescence lépreuse ou d'ichthyose congénitale de toute la peau d'un enfant, mort àl'àgede 6 jours, intéresser aussi les paupières.
L'ankyioblépharon congénital n'est pas très rare et peut être complet ou incomplet, unilatéral ou double : quand les yeux manquent, il faut bien se garder de vouloir l'opérer. Ce vice de naissance paraît être, tantôt un arrêt de développement, et tantôt la suite d'une ophthalmie du fœtus. — Le symblépharon , en revanche, est si rarement congénital, que je ne puis citer avec sûreté que Riberi et Von Ammon qui l'aient observé; il parait probable que ce vice de naissance est dû à une ophthalmie de la vie intra-utérine. — L'ablépharon ou manque des paupières accompagne parfois l'absence des yeux, la cyclopie, l'hémicéphahe, etc. ; mais je ne crois pas qu'on l'ait jamais observé avec des yeux normaux.
Les paupières peuvent présenter un nombre extra-naturel. Voici l'exemple d'un fait remarquable de cette espèce , signalé par le docteur F. Dubois, de Bordeaux (1).
Obs. 129. — Une enfant de deux ans, fille de M""^ Baud, demeurant rue Porle- ^asse, 7, inscrite sur mon registre sous le n° 393, portail à l'œil droit une quatrième vmiere assez mobile, pouvant recouvrir, dans certains mouvements de l'œil, un tiers de
(1) Annales d'oculislii
iquc,i. XXXIV,p.268.
occupe cliez l'homme l'iiiiglc inlerne de l'œil, cl n'est bien visiljle que lorsque le globe ,1 oculaire se tourne fortement de dedans en dehors ; c'est un repli falcironne à base triangulaire, siégeant en avant de l'encanthis. On y remarque un bord libre et un petit cartilage palpébral, des glandes sébacées entre lesquelles se trouvent souvent de petits poils blonds très déliés, assez fréquemment invisibles aux yeux peu expérimentés. Chez l'enfant Baud,
on voit dans l'angle externe une duplicature de la conjonctive oculaire, d'une blancheur remarquable, formant un triangle assez étendu, ne possédant toutefois ni lame cutanée externe, ni rdjres musculaires apparentes, s'étendaiit d'un demi-centimètre en avant sur la conjonctive oculaire, et d'un centimètre et demi lors(iue l'œil est tourné dans l'angle interne. Cette quatrième paupière jouit d'une certaine mobililé; elle n'est point adhérente à la conjonctive bulbaire, ni à la face interne des paupières, et ne gêne en rien la vision, quoiqu'elle vienne, dans ses mouve- Fig. H. ments d'extension, presque au bord de la grande
circonférence de la cornée. Cette abnormité palpébrale renferme donc en réalité tous 1 les éléments d'une quatrième paupière, et elle est, par le fait, beaucoup plus complète ■ que la paupière rudimentaire dont nous venons de parler plus haut.
L epicanlhus congénital est caractérisé par la formation , dans le grand angle de l'œil, d'un repli semi-lunaire de la partie des téguments cutanés qui occupe les côtés de la racine du nez et qui recouvre plus ou moins la commissure interne des paupières et la portion correspondante du globe oculaire. Il peut être héréditaire, complet ou incomplet, uni ou bilatéral, et se guérit par l'excision d'une portion ovalaire ou ellipsoïde de la peau de la racine du nez et la réunion immédiate de la plaie par des points de suture.
1 . La peau des paupières présente parfois des tumeurs congénitales, telles que des verrues, des lipomes, des loupes ou tumeurs enkystées; les kystes pileux des paupières ont surtout été mentionnés par Lawrence. Dansun cas opéré par Cramer (d'Ascbersleben), la tumeur, de la taille d'un œuf d'étourneau , contenait au moins quarante petits poils. Heasinger a opéré un kyste graisseux à la paupière supérieure d'un noiiveau-né.
2 De Lew père extirpa, chez un enfant de 8 mois, une excroissance qui occupait la partie moyenne de la conjonctive de la paupière inicrieure, et qui avait la taille d'un grain de millet ; de son sommet s e evait un long poil. Cette tumeur avait une grande analogie avec une glande conglomérée. Beer a observé un sarcome congénital de cette meinbrane, et d'après Von Ammon et Ilimly, on doit avoir deja vu de.s lipomes congénitaux de la conjonctive palpébrale.
3 Von Ammon a proposé les noms de blcpharodischrœa com/emta ou dyschrya palpebrarum congenita pour un cas de laÇhes duii jaune safran, en forme de losanges, qui se li'ouva.cnt a l angle intu^^^^
de chaque paupière supérieure d'un même individu : .1 s «S'^^^' dei^x blemen d'un dépôt anormal de pigment. Carron du V.Uards signale deux
A it .\ 0 n M I T i:s c 0 iN (; k n i t a l ks .
porsoiincs, âgées rmic de 52 ans et l'autre de 66, présciilant une mélanose des paupières qui n'avait pas sidji de eliangemeul , bien qu'elle dalàt de la naissance.
/p. l.'élude des lélangieelasies des paupières mérite une allenlion parlieulière. On sait (pie le nœvus niaternus est ordinairenicnl , sinon toujours, congénital. On trouve sur ee sujet un travail inléi-essant de M. Carron du Yillards dans les Annales cVOcuUslique , t. Il (ISH). J'ajouterai qu'on a observé la télangieclasie palpébrale, non-seulenieni à la peau, mais à la conjonelive des |)aupières, où elle est néanmoins beaucouf) plus rare ; la région du sourcil en est assez fréquemment le siège. Les télangieclasies de la conjonctive palpébrale ont une grande tendance à se développer rapidement et à envahir la surface externe de la paupière et le globe de l'œil ; aussi est-il nécessaire, le cas échéant , de se décider proniptement à les opérer.
5. M. F. Dubois a publié sous ce litre : lac/ie mélaniennc circmnorbifaire congénitale, un fait dont voici la relation :
OOs. 130. — Miick'iiioiselle X.,cle Bordeaux, âgée de 9 ans, d'une excellente santé et d'une forte constitution, est venue au monde atteinte d'une lâche viélanieiiiie circumorbitairede l'œil droit, s'étendant de la région du sac lacrymal à la partie inlei-ne et latérale
l'iR. ti2.
à sfr "0"' l« -so-in-il, qu'elle accompagne pour l'nl.andoiimT
é I ure np , . " " '""^^ ""-dessous de plus des deul tiers de la paupière iu-
Sc ion (fi. 9 ; l'"?';^'^^ «■0"li-'"il« entre le point de dép;„'l e celui de
env 0^ ■ ^^^'"1'' •''■"■""^ "'ïectéeja peau estlégèreuieni épaissie ( I millimètre
tnvron) et comme l,ypertro|.l,iée. i.a tnd.e, d'une teinte jaune sale asse fou '
146 MALADIES DU SOURCIL lîT DKS PAUPIÈftKS.
recouverte dans la partie nasale et sur la région palpébrale inférieure d'une couclie de poils courts, fins et soyeux. La partie, au contraire, qui correspond au sourcil, est prnie de poils excessivement gros et durs, de un à un centimètre et demi de longueur, d'un noir de jais et d'un brillant remarquable. Ce sourcil anormal est un peu plus élevé dans la partie frontale que celui de l'œil gauche, cl descend, dans sa partie inférieure, sur un tiers environ de la paupière supérieure, où quelques poils isolés se montrent encore plus bas. La largeur de ce sourcil est dans sa partie moyenne de deux centimètres et demi, sa longueur est' aussi beaucoup plus grande que celle de son congénère. Sur toute la surface de cette tache, surtout à la partie externe, on voit de nombreuses petites excroissances verruqueus'es, de grosseurs variées, légèrement pédiculées et d'une couleur un peu plus foncée que la tache elle-même. La largeur et la longueur de ce sourcil, la forme circum-orbitaire de la tache mélanienne, sa coloration anormale, donnent à l'œil un aspect dur et farouche entièrement en désaccord avec le reste de la ligure de la jeune fille, d'ailleurs d'une beauté et d'une fraîcheur remarquables. Devant une affection de celte nature, et surtout vu le lieu qu'elle occupe, aucun traitement chirurgical ne nous paraît malheureusement applicable ; une épilalion progressive et raisonnée du sourcil, la cautérisation ou l'excision des petits tubercules disséminés sur les paupières, me paraissent les seuls moyens à employer. Cette opinion, déjà partagée par M. le docteur Siebel, ù qui j'avais, il y a quelques mois, adressé le dessin ci-joint, sera sans doute confirmée par les habiles praticiens auxquels celte enfant doit être présentée à Paris (1).
6. Blasius, faisant la nécropsie crime personne qui avait présenté pendant sa vie un ptosis de la paupière, fut fort étonné de trouver une ectopie du ligament tarse et de la conjonctive palpébrale qui n'adhéraient pas dans toute leur étendue avec le reste de la paupière, mais formaient entre elle et le globe de lœil une sorte de pli analogue à un abat-jour; de telle sorte que le bord inférieur de la paupière et les cils étaient tournés en avant et en haut. Fleischmann décrit sous le nom de prolapsus de la conjonctive de la paupière supérieure un cas fort analogue au précédent (2).
SECTION II
Les contusions, les plaies et les brûlures du sourcil et des paupières peuvent être suivies d'accidents sérieux, même dans les cas ou elles paraissent d'abord insignifiantes. La lagophthalmic et l'ectropion sont la suite de brûlures ou d'abcès négligés des paupières ; et les plaies par incision ou par déchirure, même peu étendues, du sourcil et de la peau avoisinanle, amènent parfois un aiïaiblissemcnt de la vision (asthenopia), ou même une amaurose complète et qui n'est que troj) souvent incurable.
^ I. — Contusion et ecchymose.
Les coups, même légers, et les chutes sur le bord de l'orbite, délermincnt facilement une exlravasation de sang dans le tissu areolaircM
[fl'i AniKilfis (rociilisliqnc, I. XXXIV, p. 2GC.] , -r -oo i w ,^ ^U-
[(2) V. Mir 1rs abnormilrs cong. .1rs l..np. A.nu,l.-s d Ocuhsl.-ine, I. 1. p. o6, .,92. l NN • I't.XXIIl, |). 27.]
làcJie (les paupières. Il est rare que celle exlravasalion ou ecchymose se nianifeste inuiiédialeiiient après le coup; il s écoule quelquefois cin(| •1 six lieui'cs avant que la paupière tuméfiée prouiie cet aspect livith; (|ui dénote la ruj)ture des vaisseaux et répanchement du sang sous la |)oau. Quelquefois cependant rcccliymose se montre sur-le-champ , et la quantité de sang épanchée étant considérahle, laisse percevoir une certaine Iluctuation dans la paupière gonflée. Dans les luttes à coups de poing, les yeux sont quelquefois complètement fermés par les paupières gonllées et ecchymosées ; le second, ou témoin, i)ratique idors une incision à la peau avec une lancette, et fait sortir le sang en (•onq)rimant, alîn de pei-meltre au combattant d'y voir un peu plus longtcmjjs (1). L'ecchymose se forme aussi dans le tissu aréolaire sous-conjouctival, et quelquefois le sang se porte en arrière dans l'orbite jusqu'à faire saillir l'œil en avant. Il est très rare que le sang épanché agisse comme corps étranger et provoque de l'inflammation. Il se rassemble quelquefois comme dans un kyste et revêt la forme d'une de ces tumeurs dont il donne la sensation. J'ai vu enlever un de ces faux kystes ; quand il fut ouvert, on n'y trouva que de l'eau et du sang. Si on l avait laissé, peut-être aurait-t-il dégénéré et constitué une tumeur.
L'ecchymose ne se montre pas seulement immédiatement autour des parties qui viennent d'être frappées, mais aussi dans d'autres points plus ou moins éloignés. Ainsi, Von Ammon (2) rapporte un cas de t'ontusion produite par un fleuret au niveau de la caroncule, et accompagnée d'ecchymose étendue , de saillie en avant du globe de l'œil et (le commotion cérébrale. Le troisième jour, il survint à gauche une ecchymose occupant juste la même place et la même étendue que celle qui existait à droite, côté de la blessure. Il appelle ce phénomène i cchymose sympathique. Il n'existait sur le nez et le front aucune trace lie communication entre l'ecchymose de droite et celle de gauche. Ouelques mois après l'accident, l'œil droit devint amaurotique.
L'ecchymose, (ainsi que nous l'avons indiqué page 9) est quelquelois un symptôme de fracture par contre-coup des parois de l'orbite, fji pareil cas, l'ecchymose va lentement en s'accroissant pendant plusieurs jours et ne s'accompagne pas d'un gonnement marqué. L'ecchymose symptomatique s'étend graduellement jusqu'aux paupières, qui sont les parties les moins colorées, l'ecchymose par cause 'lirecte, au contraire, se porte des paupières aux parties avoisinantes.
Dans les cas ordinaires, le sang de l'ecchymose des |)aupières est !'')sorbé dans l'espace de deux à trois semaines ; le gonnement tombe, l'i la peau perd graduellement sa coloration livide à mesure que I absorption sellcctue: elle passe d'abord au brun, puis au jaune.
Le traitement de la contusion et de l'ecchymose des paupières con-
Ii> Zc.t.cl>nflfurdie Opluhalmologic, vol. I, p. 125. Dresde.., ISôÔ.
MALADIES DU SOUIICIL Kï DKS PAIII'IKIIP.S.
sislc à prévcnii' ou à coiuliallrc riiinaimniilioii (;l à provoiiuer la . l'ésorplion du sang épanclu'.
On reniplil; la première indication par l'applicalion do sangsues el, Tusagc conlinu de lotions ("vaporanlos ol, légèicnicnl asli'ingcnlcs, cl, la seconde par Teniploi daslringenls plus énergifjiu's (;l d'une légère compi'cssion.
Faire disparaître proniptenient un œil noir, connne on ra|)|)('llc, tel est le désir ardent de clients qui viennent souvent vous consulter à une heure avancée de la soirée, avec les in(|uiétudes les plus vives sur ce que sera le lendemain l'aspect de leur visage, si vous ne parvenez pas à leur indiquer quelque remède ((ui puisse empêcher la coloration de se produire, ou la faire disparaître proniplement.
Si le coup a été intense, c'est sans contredit aux sangsues (pi'il faut avoir recours. Quand le malade est un enfant scrofuleux, ce n'est pas tant pour faire\lisparaitre l'eccliymose qu'il faut les appli([uer, que pour prévenir l'intlammation des os et du périoste.
Si le coup a été léger et qu'il s'agisse d'un adulte robuste, on peut appliquer des compresses trempées dans une lotion évaporante et la maintenirà l'aide d'une bande roulée autour de la téle. On fait quelquefois usage, avec quelque succès, de fomentations avec l'eau chaude ou avec l'alcool chaulle. Un cataplasme de racines confuses de convallaria multiflora, ou sceau de Salomon, constitue un remède populaire. Ou écrase les racines dans un mortier jusqu'à ce qu'elles forment une masse pultacée qu'on appUque et qu'on renouvelle toutes les demi -heures, pendant trois ou quatre heures, s'il est nécessaire. Elles déterminent un certain degré de rougeur et de gonflement. On a supposé que l'œdème qu'elles amènent dilue le sang é|ianché, et favorise son absorption. Si l'on en continue l'usage longtemps, elles provoquent trop d'inllammation ; elles sont aussi trop irritantes pour qu'on puisse s'en servir lorsque la peau a été excoriée.
[M. Hewson indique (1), comme remède populaire en Amérique, l'infusion dans l'huile fine des fleurs de hypenum perforalum (S' John's Wood). On en frotte l'œil immédiatement après la contusion. M. Hewson en préfère l'emploi à celui de la racine de convallaria, l)arce qu'elle ne détermine ni rougeur, ni symptômes inllammatoires. T. W.]
Quelqn'application que l'on ait choisie, solutmn de muriate tl ammoniaque, fomentation spiritueuse, ou cataplasme de racines de convallaria, il faut reconnnander au malade de laisser ses paupières en |.(.|)os et d'y maintenir un certain degré de compression, soit à l'aide d'un linge plié en plusieurs doubles, soit au moyen du cataplasme Iniméme. Les mouvements des paui)ières ont pour résultat d'augmenter
(I) Macki:>zii:. l-dilioii amcriciiiiic p. ii'i.
la quanlUé de sang qui s'c|)aiiche dans le lissu cellulaire lâche de celle région, tandis que le repos et une légèi'c compression préviennent ce résultat et favorisent la résorption.
Ouvrir recchyniosc à l'aide de la lancette, c'est produire plus de dégàl que n'en occasionne le sang abandonné à l'absoi-plion.
Loi-sque le gonnenient a disparu, les personnes obligées de paraître en public ont quelquefois imaginé de peindre chaque jour la peau, jusqu'à ce qu'elle ait repris sa coloration normale.
[L'ecchymose des paupières peut survenir sans lésion traumatique, comme on le verra dans l'observation suivante (1) :
Obs. 131. — Le 17 juin 18S3, M. T. vint consulter le docteur Cliavanne; il éprouvait depuis trois à quatre jours dans la tète, surtout dans la partie antéro-lalérale droite, des douleurs très vives et continues; il a perdu l'appétit, sent de fréquentes envies de vomir, et n'a ni constipation ni soif. Le visage exprime l'abattement et la souffrance; vue pénible, pupilles un peu contractées, pouls à 56, langue blancbe, insomnie : la sangsues Il l'anus, pédiluves sinapisés, purgatif. — Le 18, amélioration; douleurs limitées à la région sus-orbitaire droite et moins continues : deux pilules de Méglin le matin, une pilule d'Anderson le soir. Potage, œufs.— Même étatpendant les trois jours qui suivent.— Le 21, tous les signes de l'bypérémie encéphalique reparaissent ; pouls à48 sans résistance : abattement plus considérable sans hébétude : purgatifs , sinapismes aux membres inférieurs, compresses éthérées sur le front. — Le 28 à trois heures du matin, les médecins sont mandés en toute hate ; ils constatent une tuméfaction considérable des deux paupières (le l'œil droit, avec coloration bleue-noinître.Elle s'est produite toutàcoup spontanément, sans que le malade ait fait aucun mouvement, se soit donné aucun coup. On parvient, non sans peine et avec beaucoup de ménagement, à écarter les paupières; l'œil est sain niieun epanchement sanguin ne s'est fait sous la conjonctive. Dès le moment où cette ecchymose s'est manifestée, les douleurs ont presque disparu : compresse d'eau de Goulard sur les paupières. — Au bout de trois jours, M. Chavanne examina l'œil et le trouva atteint d'un strabisme externe et supérieur. Quelques jours plus tard, les paupières étaient revenues en grande partie à leur état normal, ne conservant plus qu'une coloraiion ecchymotique moins brune : il constata une paralysie du muscle releveur de la paupière. Tous ces symptômes avaient disparu au bout de trois mois. T. W.]
§ — Plaies empoisonnées.
Les paui)ières sont exposées à être piquées par les abeilles, les guêpes, les cousins, etc. Ces piqûres s'accompagnent du dépôt dans la partie lésée, d'un principe vénéneux qui détermine une vive irritation et même une inflammation dont les eflets s'aggravent encore lorsque ces insectes ont abandonné leurs dards dans la plaie. Si Ton se ilaisse piquer sans résistance par une guêpe ou une abeille, l'insecte
^dégage graduellement son dard sans le rompre ; celui-ci est flexible, et la plaie qu'il produit offre une direction courbe ou en zigzag Si
Mon essaie au contraire d'écarter l'insecte, son dard est retenu; il se rompt et reste dans la blessure (2).
linif " ^'.^ï^'^"'^ seule piqûre, il en résulte un gonnement circonscril, «nilammaloire ou érysipélateux de la paupière et du sourcil, qui se
I [gj J':*VAN.NE. Gaz. méd. do Lyon, 1855, p. të. Amslcrdam"l723.'''"''"" l'Académie royale des sciences, 1719, p. 350.
loO MALADIKS 1)11 SOMICIL KT DKS l> U'PIKUKS.
tei'iniiu; (jiiolqucl'ois par la Ibi-nialioii d une pelile escharc, (rauli-e l'ois . par un abcès considérable (|ui vient pointer et s'ouvrir à l'endroit de la pi(iiire. S'il y a plusienrs pi(iiires, leurs ellets peuvent s'étendre an delà delà partie lésée. Rognetta (1) eile connue nn fait bien avéré l'bistoire d'un nialbeureux postillon (pii, ayant accidentellement renversé d'un coup de louet une ruche d'abeilles, lut tellement picjué sur les paupières et le reste de la face, que sa tète s'enlla pi odigieusement, en même temps qu'il fut pris de lièvre avec délire, et qu'il nu)urut en peu de jours.
Le traitement consiste, en pareils cas, à extraire le dard et à laire usage d'mic lotion réfrigérante et astringente, telle (pie le vinaigre étendu d'eau ou une solution de muriatc d'ammoniaque.
Gillman (2) a rapporté un cas de morsure du sourcil par un cbien enragé, qui fut suivie d'hydrophobie ; Lecbeverel en eile un autre de morsure de la paupière supérieure près de l'angle interne, et, bien que le chien qui la fit ne fût pas enragé, elle fut suivie d'hydrophobie mortelle (5). M. Haynes Walton (4) rapporte un fait semblable, et n'hésite pas à recommander, en pareil cas, l'excision de la partie blessée ; il ne croit pas que le pouvoir accordé aux escharotiques d'arrêter les elTels du poison mérite confiance.
Obs. 132. — Chez un pelil garçon qui me fut apporlé, lous les légunients de la paupière supérieure avaient été détruits par inflammation et mortilicalion, à la suite d'un coup de griffe de clial. Je redoutais de voir survenir un eclropion complet; mais la plaie se ■guérit lentement, et le bord de la paupière qui avait heureusement échappe, parut s opposer à loul renversement.
[M. Carron du 'Villards (5) rapporte, à ce sujet, diverses observalious curieuses. « Il y a, dit-il, sur les côtes sud de la Havane, des fermes que l'on est forcé d'abandonner pendant trois mois de l annéo, car les hommes et les bestiaux ne peuvent y résister aux atteintes de certaines espèces de cousins (culex rodeador). .)'ai vu grand nombre d'animaux des races ovine, bovine et chevaline avoir les yeux dans un état épouvantable par suite de leurs piqûres. La même chose arrive aux hommes et surtout à ceux doués d'une peau vulnérable. Je nusuis souvent réveillé presque aveugle, les paupières érysipélateuses et iic pouvant être soulevées par le mouvement de leurs nuiscles élévateurs. Ouelquefois les piqûres sont si fortes, qu'il se manifeste autour d'elles une inllammation fnronculeuse qui accomi)lit toutes ses périodes, y
(1) Cours pul)li(!iroplillii.lMiologio; I.anccI Ic f nm.M isc, 7 jaiivier iSô/. 2 nisserli.lion on ll.c Kilo of u Ual.i.l Anin>al,p. 170. Lon.ion 18h2 ,n.,i„,hok (5) lîxli-aiUlu HfUclin des sciences médicales. I. II. Paris, I80S. In I.v>r..:N...x,; s. Bdd.olhek. vcd.'lll.p.GfiC). Gotlin-en. 1810.
m 0|)eralivcO|.liliialniieSiir)ïcry,p. 9o. London, 1S;m. „,.„vnnmif< ) ( nuo. n>, V.u.u,ns. Hisu.ire des alTcolions nu.rhides .le l'œd e. de ses «;:''''.^-;P[<^;!J^^^^^^^ ,.| cntrele..nes par le séjonr ou les alteintes d-aniinaux vivanis. Annales d ocuhsi.qne, t. XXXUI, p. 241, cl t. XXXIV, p. (');).]
BLESSURES DU SOURCIL ET DES l'AUl'IÈRES.
loi
compris lexpiilsion du bourbillon. Il y a eu, on '18o4, :i la Vora-Cruz, inie véritable épidémie de furoneles au\ pau|)ières, (|ui n'avait pas d'anlre cause. A la Havane, en 1 Sol , une dame anglaise me (il appeler pour ses trois petites iilies dont les paupières étaient tellement enilaniniées et gontlées, qu'il me fallut eertains elVorts pour les éearter cl l'cconnaitre que l'œil était complètement sain. Des lotions froides ammoniacales et un purgatif firent disparaître tous ces symptômes. »
Pour calmer la douleur et la cuisson déterminées par la piqûre des cousins, M. Cai'ron du Villards reconunande des lotions avec l'acétate d'anmioniaquc contenant une infusion concentrée de tabac cbloroformisé. Au nombre des insectes parasites qui s'attaquent spécialement aux paujjières, il cite Voesti^iis hominis qui pique aux |)aupières ou aux sourcils et dépose un œuf qui, par son développement, occasionne un plilegmon au milieu de la suppuration duquel se trouve une larve. Les colons, connaissant la cause de ces tumeurs, s'empressent de les ouvrir pour extraire avec une épingle crochue cette larve, avant son plus ample développement. Ceux qui s'aperçoivent de la piqûre la scarifient et y introduisent du tabac mâché ou de la cendre de cigare.
Un ichneumon, nommé par les Indiens pullion, s'attaque aussi fréquemment aux paupières. Les individus qui en sont atteints n'éprouvent point de douleur au moment de la piqûre, qui est presque toujours faite la nuit ou tout au moins pendant le sommeil dans des lieux sombres. Huit à dix jours après, il se manifeste dans le sourcil et la paupière une petite tumeur ovoïde, indolente, qui peu à peu prend de l'accroissement, s'enflamme et devient le siège d'une démangeaison très désagréable, passant rapidement à une inflammation phlegnioneuse circonscrite. C'est l'époque d'éclosion de la larve. L'abcès se forme, et quand on l'ouvre avec une lancette, on rencontre inmiédialement la larve que I'oh extrait avec une épingle. Les Indiens des plaines n'attendent pas l'évolution de la larve; aussitôt que la tumeur parait, ils l'ouvrent et y introduisent de l'infusion concentrée de labae dans de l'essence de térébenthine.
Le même auteur donne des détails intéressants sur les blessures déterminées par Vacare, puce pénétrante , chica nigiia, petit insecte des pays chauds, qui pénètre sous la peau, sous les ongles, et y dépose une glande quantité d'œufs qui donnent naissance à une foule de larves formant des plaies listuleuses dans lesquelles elles restent jusqu'au moment où elles se métamor|)hosent en insecte comj)let, prêt à continuer le travail de destruction propre à sa race. « Ce pai'asile, dil-il, n'a aucmi caractère de la puce et possède tous ceux des acares ; seulement, comnu- caractère particulier à son espèce, ses deux patles couclees et tranchantes Ini servent, au moment où il a saisi les tissus avec les deux crochets mandibulaires supéi-ieurs , à les creuser pour s'inlroauu-e peu à peu dans la peau, qu'il ouvre de la nmw manière que
les liuipcs l'onneiU des Iraneliées souterraines ([ui eoiiduisenl à leur , magasin. L'on ne s'aperçoit pas de ce travail; ce nesl que lors(|ue l'insecte a préparé sa demeure que l'on éprouve une démangeaison assez vive, analogue à celle du culcx pipiens. Plus l'animal agrandit la sphère de son habitation, ])lus la démangeaison devient intolérable. La peau qui la recouvre s'enflamme, se boursoufle, et le boursouflement est en raison du développement que prend l'insecte; car le moment de sa ponte arrive, et de son abdomen sortent quel(|ucs centaines d'œufs, germes de sa future et nombreuse famille. Alors, au centre des tissus amincis et enflammés, se présente une tache noire très-douloureuse : c'est la chique.
Obs. 133. — Ralp Osseii, second du brick norwégien Emma, venant échanger à la Havane ses planches de pin contre du sucre, se présenta à moi avec une tumeur au centre de la paupière inférieure gauche; cela me parut être un petit abcès nucluant ayant un centre noir. Je m'apprêtais à l'ouvrir, lorsque mon nègre qui devait tenir la tete du patient se mit à faire avec les yeux et la tête des contorsions extraordinaires pour appeler mon attention. Je l'interpellai alors, et il me répondit : Maître, cela n'est pas tumeur, c'est toute petite bête, c'est nigua.ra\a\s beau regarder, je ne voyais qu une tumeur, mais le nègre obstiné, et sur de sa bête, m'assura qu'il me la mettrait dans a main. Avec une épingle ordinaire légèrement recourbée, il déchaussa avec précaution le corps noir qui occupait le centre de la tumeur; puis, le traversant de part en part et faisant un mouvement de bascule, il sortit de toutes pièces la nigua qui avait acquis le volume d'une punaise ordinaire, avec un abdomen très-rond et très-distendu. Je la nib sur une plaque de verre où, à l'œil nu, je vis un acare à ventre rayé semi-transparent e énormément distendu. Je l'ouvris, et il en sortit une énorme quantité d'œufs ressemblant à ceux de la mouche de viande, mais plus petits.
L'inoculation de la pustule maligne, ainsique celle de la clavelée des moulons, par des piqûres de mouches domestiques (musca domestica, Linn.) ayant séjourné sur des matières infectées, a ele souvent observée.
Obs 134 - Un garçon tanneur de 26 ans, fort et bien portant, travaillant un cuir enlevé à un bœuf mort'du charbon , se sentit piquer à la paupière supérieure par une mouche qu' l Sa sur place. Vingt-quatre heures après, il fut pris d'une démangeaison liante dans la par ie piquée ; puis surgit une vésicule noirâtre accompagnée cU^ gonfle- S îî iXuïièiïel de douleurs vives et lancinantes. C'est dans cet état qu'il fut reçu a n ÔP a L a Pit , où ïsfianc Reconnut immédiatement une pustule maligne. 11 cautérisa . lumeu e son pourtour avec un cautère actuel chauffé au rouge -cerise, et arrêta ain.i l; nTcîe du .nall u l3rùlure, recouverte d'un cataplasme émollient,ne tarda pas a passer à une suppuration de bonne nature (1).
Obs 135 - Je fus conduit en 1840, par M. Bourgeois, des environs de Melun, chez h filie d'un riche fermier des environs, qui avait été piquée par une mouche, qu q
chance de subir une blépharoplastic (2). [(1) C.AUUONDU ViLunDS.Ioc. cit.,l. XXXlII,p. 243.] (2) Ibid.
lîLRSSi'RES DU souuoiL i:t DKS I'.VLMMKUP.S. I5Ô M. Siflu'l a rappoi'li' iiih! obsorvalioii Irès-tlélailli'o (riiii l'ail ideii-
li<|lH' (I).
La tiqve anivriaiine (garapatle, pinolillo) ne pénètre pas dans les lissas; elle v enlbnee seulenienl ses croeliels iiiaiidibiilaires pour se iiiainlenii- solidemenl pendant que son a|)pareil aspicaloire fail amver le sang dans Tesloniae. Dans la Vera-Cniz, à certaines époques de Tannée, il est impossible d'aller lierhoriser, recueillir des insectes ou cliasser; chaque arbrisseau heurte vous couvre à l'instaul d'une |)luie (le petites litiues, (|ue Ton nomme dans le pays yj«?o/////os; elles s'aUaclient à vous, vous implantent leurs mandibules et, sucenl voire sang, non sans occasionner une démangeaison insuppoi'Iable. Si Ton ne s'en débarrasse pas à l'instant, ils acquièrent un grand développement. « A plusieurs reprises, j'a'i vu des chasseurs (2) dont les paupièi'cs et le uiand angle de l'œil étaient garnis de ces tiques remplies de sang; on iliiait un chapelet de tumeurs sanguines. La première que je vis était implantée à la caroncule lacrymale et avait le volume d'un gros pois chiche. Je l'aurais facilement prise pour une tumeur polypeuse, si un médecin du pays ne l'eût immédiatement reconnue pour un garapatle. Jl m'apprit que l'on en rencontrait souvent dans le conduit auditif des enfants. La tique une fois accrochée aux tissus ne Lâche prise que (|tiand elle est suffisamment repue. Elle peut supporter des tractions (Mraordinaires sans démordre; en augmentant les eiïorts, on court l'isque de faire rompre les crochets mandibulaires qui restent dans les iissus et y occasionnent de petits abcès. Le mieux est de les loucher i avec un corps fortement clianflé.
Enfin, le scorpion fait parfois aux paupières des blessures qui offrent ce caractère particulier de s'accompagner d'engourdissement de la langue.
Obs. 136. — Un niiiliUre s'élniit endormi diins des décombres à In Havane, sentit un animal courir sur sa ligure, et y porta la main. L'animal, irrité, le piqua au doigt et à la paupière inférieure. En quelques minutes, toute la face fui envaliie par une enfliire érysipélateuse accompagnée de vomissements et de défaillances. Le malade pouvait à peine parler; il lui semblait avoir la langue aussi luméllée que la figure. Il y avait deux licures que l'accident était arrivé quand le médecin le vit. Il prescrivit une saignée du liras, elfii couvrir toute la face avec une onction mercurielle ammoniacale. Les douleurs cessèrent presque immédiatement, mais rcnllure et l'embarras de la langue persistèrent deux a trois jours.
! L'ammoniaque étendue, l'eau de Luee, l'acétate d'annnoniaque sont les .seules substances sur l'action desquelles on doive comptei- dans ces circonstances. T. W.]
% III. — Brûlures.
Les brûlures des paupières offrent différents degrés de gravité, qui dépendent de la nature de l'agent par l'intermédiaire diuiuel lecalori-
m Annales ,l-Of,ilisii,|u.M. XXXI. p. 21!).] IW (.AiinoN w Vii.Miins, loc. cil., l. XX.MV, p. 80.]
que a été appliqué, de la durée de celle api)licalioii, de rélciiduc ei de .j la silualion de la surface allaquée.
Ainsi, par exemple, quand les yeux sorîl exposés à Taclion de la flamme ordinaire, les paupières onl le lemps de se fermer avec force, de sorle qu'il n'y a qu'une pelile portion des cils (\u\ reste à décou- ^ vert; aussi n'y a-l-il alors en général (pic l'extrémité des cils qui eslll attaquée, et presque jamais la flamme ne touche le globe de l'œil.
Quand les brûlures des paupières sont dues à la conflagration de la i poudre à canon, la flamme se produit si soudainement et avec une force • d'expansion telle, qu'elles ne peuvent se former à temps, de sorle que ■ les cils et les sourcils sont d'ordinaire complètement brûlés, et que la i conjonctive et la cornée sont souvent endommagées. Quand la poudre qui s'enflamme n'est point comprimée, il n'y a en général aucune projection de ses particules, elle se consume grain par grain, en brulanli les paupières ou toute autre partie exposée à son action. De même,, lorsqu'une fusée prend feu dans la main, elle brûle la face et détruit i les cils ou les sourcils, mais elle ne laisse pas de grains enfouis dans la . peau, la conjonctive ou la cornée; car la poudre a ele moulue et i mélangée avec une certaine quantité additionnelle de charbon de bois. . Quand au contraire elle est renfermée dans une poire à poudre, une portion des grains sont lancés au dehors sans avoir pris leu et vien-nent se fixer dans la peau des paupières, la conjonctive ou lai, cornée (1).
Oi,s 137 - Un petit morceau de cigare allumé, venant à tomber sur l'exlrémilé interné de la paupiè e inférieure gauche donna lieu à la formation d'une p ilyclene et d'un ulcè e qiS s'accompagna d'un épaississeme..t marqué de la paup.ere et dun hemosis général cle la conjonctive. Le gonflement se dissipa lentement a mesure que l,i plaie se cicatrisa, sous l'influence de l'application de l'eau froide.
On doit traiter avec un soin tout particulier les moindres brûluresdes paupières, car on a à craindre, à leur suite, l'ankyloblépharon ou réunion des bords des paupières, la lagophthalmie cl l eclropion.
Si l'accident est déterminé par de l'eau chaude ou quelque caustique Uciuide, le mal produit sera en raison directe de la température du premier de ces liquides, ou du degré de concentration du caustique.
C'est surtout à la suite des brûlures par l'eau bouillante ou autres liquides chauds ou caustiques, tels que l'acide sulfurique, cl dans lesquelles l'épidcrme qui recouvre le bord des paupières a ete détruit, que l'on doit craindre l'ankyloblépharon, lorsque par négligence on a laissé le malade conserver longtemps les paupières lermees On do , nour prévenir cet accident, si on le peut, obliger le malade a ouvrir ^umment les yeux, tandis qu'on étend avec le bout du doigt un peu
(1) Voyez LoNSDAL., Médical Gnzctio, vol. XI, p. G96. London. 1855.
(ronguenl adoucissant le long du boi'd libre des paupières. Quelquefois, lorsque la brûlure iiiléresse la eonjonclive, on voit survenir le s\ nd)lépliaron ou union de la paupière au globe de lœil ; on doit i liei'eber à le prévenir par les uièmes moyens que ci-dessus.
Quant aux brûlures de la surface externe des paupières, qui n'ont |)as été assez intenses pour déterminer la séparation de Tépiderme cl qui, par conséquent, n'ont point desorganisé la peau, il suHit de les iiailer pendant vingt-quatre beures par l'application d'un linge plié ( Il double et trempé dans l'eau froide. C'est là aussi le meilleur remède |i)rsqne l'épiderme se soulève ; seulement, dès que la pblyctène est bien formée, il faut la ponctionner avec une aiguille, pour que le liquide ([u'elle contient puisse s'écbapper. Vingt-quatre heures après, on y applique un petit morceau de linge enduit de eérat.
Les brûlures qui détruisent le tissu de la peau ne peuvent guérir (|iie par un processus lent de granulation et de cicatrisation. Les granulations, sur lesquelles se forme la nouvelle peau, sont ensuite ;il)sorbées, de sorte qu'il survient une forte rétraction. Si les paupières sont comprises dans la cicatrice, elles sont sujettes à se raccourcir ou à se renverser. Ceci s'observe plus fréquemment à la paupière inférieure qu'à la supérieure; néanmoins, dans quelques cas où la peau a clé détruite à l'angle externe et vers la tempe, lorsque la brûlure se cicatrise, les deux paupières sont attirées en dehors et leurs faces internes renversées dans cette direction. L'un des cas les plus graves (le renversement des paupières à la suite de brûlure, que j'aie renconliés, était survenu chez un enfant qui, étant tombé contre le feu, avait eu une portion considérable de la peau de la face complètement détruite. Le lobule de l'oreille manquait, et les deux paupières fortement ren- \('rsées en dehors, étaient attirées vers la tempe. Il est en pareil cas inutà fait impossible de s'opposer au déplacement des paupières, qui l'st dû à la rétraction de la cicatrice. Lorsque la brûlure des paupières i st la suite d'une chute sur le feu, et que la destruction des parties est iHle qu'il ne reste plus guère que le fibro-cartilage et la conjonctive, I cetropion qui en est la conséquence inévitable est si étendu que l'œiL resunit à découvert, s'enflamme, suppure et se détruit. Mais dans les •■;is moins graves, on peut obtenir beaucoup à l'aide de pansements >')ignés et de bandages appropriés. Il faut, pendant les ])rogrès de lu cicatrisation, maintenir les paupières aussi allongées que pJssible, ' '11' SI Ton néglige cette précaution, il ne se forme que peu ou pas de P<'au nouvelle, et la plaie se recouvre surtout aux dépens des téguments iiiobiies des environs, delà môme façon que Ton voit souvent un ulcère 'I'" sei-ouim se cicatriser sans qu'il se forme presque de peau nouvelle. On doit donc défendre à tout malade atteint de brûlure du voisinage paupières, de faire usage de ses yeux; il doit les tenir fermés tous "'^deux, tant celui du côté malade que celui du côté sain, et ne les
150 MALADir.S DU SOUUCII. F.T UKS PAIPIKUKS.
ouvril' qu'au moment où Ton renouvelle le pansement. 11 i'aul plaeeisur la partie des plumasseaux enduits de cérat, qu'on inainliendia à l'aide d'une bande roulée autour de la tête, et qui aura de plus pour l'ésultat de comprimer les paupières et de les mainlenir alloni^ées. Ce Iraitcment paraîtra sans doute ennuyeux et désagréable au malade, qui r. souvent préférera se servir immédiatement de ses yeux; mais loi'sipie, la cicatrisation aclievée, il s'apercevra qu'il ne peut plus rapi)roclier rj qu'incomplètement les paupières et que, par suite de leur renversement, une portion de leur lace interne reste constamment exposée à i l'action de l'air, il regrettera vivement son erreur.
Le traitement des brûlures produites par la poudre à canon est le même que celui des autres brûlures, si ce n'est lorsque des grains de poudre se sont enfoncés dans la peau. Quand il en est ainsi, il faut soigneusement extraire chacun d'eux à l'aide d'une aiguille à cataracle, opération dont l'exécution peut quelquefois exiger plusieurs heures. Il n'y a guère à avoir confiance dans l'application d'un cataplasme, recommandé en pareil cas pour dissoudre et entrainer les grains dei poudre. Si on les laisse dans la peau, ils constituent des taches indélébiles comme celles des personnes qui ont été tatouées (1).
^ IV. — Plaies par instruments tranchants et plaies déchirées
Les plaies par piqûre du sourcil et des paupières donnent raremeiil lieu a des conséquences fâcheuses. Il faut cependant ne pas perdre de vue qu'une plaie par piqûre de la paupière supérieure, peut avoir pénétré plus profondément que ne le ferait supposer son apparence, extérieure, rinslrumenl qui l'a produite ayant pu arriver dans la profondeur de l'orbite, ou même traverser la voûte orbitaire du Ironlal. (V n 15) Nous devons aussi examiner soigneusement si queKiue portimi de l'instrument vulnérant (l'extrémité d'un bâton rompu par exemple) n'est pas restée dans la plaie, ou ne s'est pas logée dans le tissu cellulaire lâche qui entoure le globe de l'œil.
Les bords des plaies par incision du sourcil doivent être soigneusement rapprochés et maintenus par la suture entrecoupée ^'l;»^';'''';^;;; lettes agg ulinatives dans l'intervalle des points de suture. DiellcMil acl av^i retours, en pareil cas, à la suture entortillée ; il enfonçait de ne. épingles à insectes autour desquelles il entorlilla.l un iil. (.c^t au. n éme moyen (lu'il faut avoir recours dans les plaies par
" <iuand même elles sont parallèles aux libres de orbieula.r ■ naupi r s, et .pielles n'intéressent que les téguments, c est a u u "^n est le meilleur procédé pour les mainlenir dans une a, sUiôli eLeteetpour prévenir par conséquent toute eiealr.ee difloi nu.
(,) V. .Hv-.,.s..s ol,s..rva,io„s ,1.. bnllun. d.. ....pic.v. AnnaU. a-oculi..i.,.o. . .V, ,..8S,
Les points de suture sont encore bien plus indispensablos lorsque toute l'épaisseur ilc la paupière a été divisée, soit en ti'avcrs, soit vei-ticaleinent. Quand la plaie est transversale, on |)(miI n'embrasser que les téguments dans la suture; mais lorsqu'elle est verticale, l'aiguille doit traverser toute l'épaisseur du voile palpébral. Les points de suture ainsi que les bandelettes étant i)lacés, on doit faire iermer les paupières et les recouvrir d'un plumasscau enduit de cérat simple. On place une compresse pliéc sur l'œil sain, et ion a|)plique une bande roulée autour de la tète, alin de maintenir le pansement et de s'opposer aux mouvements des paupières. Ordinairement, la réunion est ellcctuée le troisième jour, et l'on peut alors couper les lils ou enlever les épingles; après quoi on renouvelle les bandelettes agglutinatives et Ton replace les compresses et la bande.
Si les bords d'une plaie des paupières ne se rapportent pas, il faut les ajuster à l'aide des ciseaux. Si une portion considérable de la peau a été détruite, et qu'on ne puisse rapproclier les bords de la plaie transversale qui en est résultée, on peut quelquefois prévenir l'ectropion qui doit en être la conséquence, à l'aide d'une incision faite parallèlement à la plaie et à un quart de pouce environ de sa circonférence , et qui permettra d'en i-approcber les lèvres.
On a donné le nom de coloboma à une plaie intéressant l'une ou autre paupière et la divisant, suivant toute son épaisseur, en deux lambeaux qui ressemblent un peu aux deux portions d'un bec de lièvre Si 1 on n'y prend garde, les deux lèvres de la plaie peuvent se cicatriser isolement. Une semblable difformité s'observe (iuel(|uefois i, I el^t congénital 1). On doit alors prati(iuer une opération analogue à celle du bec de lièvre. On avive les bords du coloboma, et après les avoir soigneusement rapprochés, on les maintient à l'aide de points ^de suture et de bandelettes de tafletas gommé, jusqu'à ce que la réunion en soit com])lete.
Lorsqu'on traite une plaie verticale des paupières par les bandelettes agglutinatives, sans la suture, une des lèvres de la plaie peut -lisser au-dessous e l'autre, et la réunion se faisant dans iette l^^tZ
-suu <.h " î"'^''''«"'\ trouvent dirigés contre l'œil. Il faut,
I d ;n n l"? •' '^^''"l'I"'^^^''^'- ^'vec soin et les maintenir à ' (1 un ou de deux points de suture.
ir^dc'^ ^slÏ^E^,f Z" .m' ''T''' '''''''' ^'""^ ''''' '^i>'^''^^^^ ^ou .lutlqucs jours après, je trouvai le la.nl.oau roulé on dcdaïus de telle sotie Hioih^îS^::;^^^^^^^^ '8.5. H.vr..„.c,., A.„.no,.-s Zei.sehnrt m.-
158 MALADIKS DU SOUHCIL ET DES PAUPIÈRES.
qu'on n'en apercevait plus les cils. La réunion n'élanl point trop avancée je P"s> |'j;<|<; , "l'une sonde, décliircr les adliérences, après .luoi je pratiquai quel.iues points de sului e et j'appliquai une compresse maintenue par une tuiiide.
H arrive queUiuefois que le globe de l'œil soit alleinl à travers une plaie des paupières. Celle eircouslanee n'auièue aueun eliang(;inehl daus le irailenieul de celle deruière. La rapidilé avec la(iuelle 1 œd se ferme iuslincliveme.il lorsqu'un corps étranger s'en approche, est telle, cet organe roule si rapidement en haul, tandis quen même temps la paupit;;e s'abaisse, qu'il est probable que la plate de 1^ P^P-;-;^ celle du globe oculaire se trouvent en regard lorsque l œil est Itimc , de sorte que si on le laisse, après l'accident, dans cet état, on a a raindre m'il ue survienne un symblépbaron. M. Lawrence n enion un cas de plaie horizontale de la paupière supérieure don on a" u gligé de rapprocher les bords, et qui avait laissé une ouverttire s tnllable àune boutonnière; mais ce qui était pis, la conjoncl ;;ÏSrale s'était soudée au leuillet oc^aire et a V^-^Jm^ si bas que l'œil en était rendu presque inutile (1). Le 1 mai 18ûb, V s a 2?ve Infirmary de Glaseow un petit garçon qui, six semaine iiupar ant^ ava l été blessé à la paupière supérieure par un morceau n Xi t de porcelaine. On ne pouvait soulever la paupière de façon T:^Ïr.ornée, il y aviiil évif -nient symblpharo^^^^^^ probable qu'au moment de l'accident, la plaie qui avait tla^else la mimière avait aussi intéressé le globe de 1 œil. . ^ LSI l'a s déchirées du sourcil et des paupières ne se reunis ei^ i • flilpmom une les plaies par incision. La réunion immédiate
(1) Oj). pli-, P- 12'-
BLESSURES DU SOUUCIL ET DES PAUIMÈUES,
[M. Hewson se loue beaucoup d'un pansemeiil au moyeu de fine gaze de soie, dite rjaze doua Maria, assujellie au moyen de collodion , d'abord sur la lèvre supérieure, puis sur la lèvre inléi-ieure de la plaie. Ce pansement a pour avantage de laisser la plaie accessible à la vue (1). T. W.]
Les plaies des paupières produites par des explosions, offrent souvent un aspect eflVayant, et laissent les parties dans un grand élat de délabrement.
Obs. 139. — Un nrmurier, occupe à réparer un fusil qu'on lui avait dit ne pas être chargé, en plaça la culasse dans le feu, et se mit à regarder par l'embouchure du canon. Une petite quantité de poudre qui s'y trouvait lit explosion ; la paupière supérieure fut décliirée complètement en travers, près de son angle interne, formant en ce point une Assure considérable; toutes les parties voisines furent brûlées et noircies de poudre. Dien que le globe de l'œil demeurât intact, la cornée fut brûlée au point de rester opaque.
Obs 1-40. — Von Ammon (2) a donné la figure d'un garçon atteint d'une balle de mousquet qui vint le frapper à la face, de gauche à droi'te, arrachant la paupière inférieure gauche et détruisant le globe de l'œil de ce côté. Elle avait traversé la base (lu nez, arraché également la paupière inférieure droite et écrasé l'œil correspondant. Les deux yeux s'atrophièrent, et, à la place des paupières inférieures, on voyait une surface rouge muqueuse. Les paupières supérieures n'étant plus retenues à leurs exlréiiiilés par les commissures, s'étaient légèrement renversées en dehors, et avaient perdu loul mouvement.
Dans les plaies décbirées, on peut voir survenir la gangrène et \o s])bacèle de la partie lésée ; Tune ou l'autre paupière peut se trouver ainsi détruite.
Obs. 141. — Un homme étant venu me consulter pour une affection pulmonaire, je remarquai que la paupière inférieure manquait complétementà l'un de ses yeux. La peaii (le la joue venait se terminer brusquement à la conjonctive oculaire. La paupière supérieure s'était allongée, comme pour suppléer à celle qui manquait. En m'informant de son histoire, j'appris que quelques années auparavant, il avait été grièvement blessé à la paupière par un crochet à moissonner; il était survenu une telle inflammation qui jH'obablement avait été gangreneuse, que la paupière s'était trouvée complètement uetruite.
A la suite des plaies déchirées, les paupières peuvent être tellement altérées, que l'une ou l'autfe ou toutes les deux restent adhérentes a lœd, de sorte que le malade peut à peine découvrir une partie de cet organe. Si cependant la moindre fente persiste, l'œil se tourne vers ce pomt et la vision s'accomplit. C'est probablement ce qui avait lieu dans un cas rapporté par Smetius (5), et dans lequel les paupières paraissaient tellement agglutinées à l'œil, que, lorsque le malade commença •i distinguer les objets, on en lira la conclusion absurde qu'il voyait,
f?! tr ''""^'''«^«'"e ''e CCI ouvrage, p. 148. lin, isS"""''" •^'^'■«"="""8'^" J*^'- Kra>.kl.citon des Auges, Zwoiier Tl.cil, Taf. VI, 11g. 17. Ber- (3) Tn«ADEKnzow.Tz. Histom Amaurosoos, p. 16. Vin.lobonœ, 1781.
](')0 MALADIKS DU SOrUClL KT DES PAUPIÙnF.S.
jioii piu' rinlcrvallc des paupières, mais par le nez, qui avait aussi été , lorlcinenl endommagé el élail l'oslé plus volumineux qu a lelal naturel.
Les plaies par incision el, à plus forte raison, les plaies déchirées sont sujettes à amener lerysipèle , qui, pénétrant pi-olondémenl dans Torhile peut alTccter le cerveau et ses membranes, et déterminer la uiort, comme nous aurons occasion de le démontrer plus au long dans la troisième section de ce chapitre.
Les plaies de la paupière supérieure sont quehiuefois suivies de paralysie par suite de la lésion de l'élévateur de la paupière supérieure ou de la branche nerveuse que lui fournit la troisième paire. Cette branche ne peut néanmoins être atteinte que lorsque la plaie pénètre assez profondément dans lorbite et traverse le muscle elevaicur. Ambroise Paré (1) signale cette particularité que, lorsque le malade veut voir, il est obligé de relever sa paupière avec le doigt. Il attribue cette conséquence de la plaie de la paupière supérieure a la maladresse ou à la négligence du chirurgien qui n^iura pas convenablement recousu la plaie et naura pas appliqué les compresses et les bandages nécessaires. M. Ribes rapporte le cas dun soldat qui reçiit à la paupière supérieure un coup de sabre vers le bord supérieur du cartila^e tarse. La plaie se guérit rapidement, mais, bien que la vision fût conservée, le malade ne pouvait se servir de son œil, a cause • de l'impossibilité de soulever la paupière supérieure qui restait constamment abaissée (2). Ces faits, en même temps qu ils doivent nous ; convaincre de l'importance qu'il y a à ne rien négliger pour obtenir ■ une réunion immédiate, doivent aussi nous engager a ne pas porter
un pronostic trop favora'ble dans les cas où nous avons sujet de croire IJui l'élévateur de la paupière supérieure ou le nerf qui 1 anime a,
'''llef plaies des sourcils et des paupières sont quelquefois suivies d'elfe s encore plus sérieux. J'ai déjà cité (page 5 un cas de Dca
t ind qué un autre cas de Petit , dans lesquels des plaies de cei e cL^ont été suivies d'inflammation à l'intérieur du crâne e de mor . Une au.re conséquence qui a beaucoup arrêté l'attention, c es 1 f^bl se de la vue et la perte de la vision succédant a des lésions, tre^l es en apparence, du sourcil et des paupières. Camerarius p cxem^^ r PPorte le cas d'un jeune homme qui reçut une loge
C^à 1' gle in,erne de l'œil
La vision iwii «.V... - ..
se perdit tolalement, bien qu on n aperçi
g SSSS- sS?L.Hca.o ..-ÉnnnaUon, ..V.., 0.. Paris. i8, . .
si ce n'est la dilatation de la pupille. La paupière supérieui-e gauche était aussi paralysée. L'usage des eaux niiuérales ehaudes parut rétablir le mouvement dans la paupière, ainsi que dans la jambe et le bras droits. La vision de l'œil droit se rétablit un peu, mais celle de l'œil gauche resta irrévocablement perdue. Morgagni l'ut consullé par une dame qui avait été blessée en deux endroits, tout près de l'œil gauche, par les fragments d'une glace de voilure. Elle avait perdu la vue peiulant les quatre jours qui avaient suivi raccidenl. Une des plaies était située contre l'angle externe du sourcil, et l'autre, plus petite, un peu au-dessous du point où le sourcil commence. Sabatier (1) rapporte ces faits comme propres à démontrer les effets produits par des lésions des branches de la cinquième paire de nerfs.
Petit ayant communiqué à l'Académie de chirurgie de France l'observation d'un oUicier qui était devenu complètement amaurotique par suite d'un coup d'épée reçu dans le sourcil , quelques-uns expliquèrent ce fait en l'attribuant à la commotion produite par l'instrument vulnérant sur le cerveau; d'autres pensèrent qu'il était probable que l'épée avait traversé l'orbile et louché le cerveau; d'autres enfin nièrent complètement le fait. Dans cet état de la question, Vicq d'Azyr eut recours à l'expérimentation. Il mit à nu, sur diverses espèces d'animaux, les branches frontales et sourcilières de la cinquième paire; il les écrasa, les déchira, et put se convaincre que la cécité succédait promptement à ces lésions (2).
Sabatier, Beer et quelques autres supposent que la lésion du nerf sus-orbitaire ou de quelques autres des branches de la cinquième paire agit sympathiquement sur l'œil, par l'intermédiaire du rameau nasal qui prend part à la formation du ganglion lenticulaire (ophthalmique). En admettant cette hypothèse pour vraie, il reste à expliquer comment une lésion de la cinquième paire, agissant par l'intermédiaire du ganglion lenticulaire peut déterminer la cécité. Ce point a été traité par M. Ribes qui prétend que tous les nerfs ciliaires ne se rendent pas à l'iris, mais que plusieurs d'entre eux, après avoir iUleinl la partie antérieure de l'œil, pénètrent dans le corps ciliaire et envoient en arrière des filaments à la rétine (5). Quand cette disposition existerait réellement, elle n'expliquerait luillement comment une irritation produite par la lésion d une branche de la cinquième i)aire peut affecter la rétine, si ce n'est par l'intermédiaire du cerveau.
Beer a discuté très au long la question de l'amaurose succédant à des lésions des branches de la cinquième paire (4). Le résumé de ses observations est que, dans les cas graves, la cécité i)eut être instantanée,
(I) Trailé fl'analnmie, t. III, p. 228. Paris, 1791.
o .1. „o,r,-,s ,1e la Sonél.;- mé.licalc .n;m..lali,.n, I. VII, p.!)!). Paris, 1811. W Lehrc von de,. Aus,.„krankl.t.ik-n, vol. I, pp, 17G, 185, 189. Wien, 1813.
1G2 MALADIES 1)11 SOIIUCIL lîT DKS l'AUlMKUKS. '
UHulis (lue dans d'iuilrcsqui le sont moins, elle ne survient que lenlemcnl, (luelquelois pas avaul (jue le travail de eicatrisation ail commence, m avant même (uril soit complet; (lu elle peut être la conséquence de la tension du nerf, ou de sa compression par la cicatrice ; qu'en pared cas la pupille est tantôt dilatée, lanlôtcontractée ; qu'il faut se garder de confondre l'amaurosc par suite de lésions des branches de la ciniiu.eme pan-e avec celle produite par mie commotion de l'œil, et peut-être par la decluriire de la réline ; que nous devons avoir présent à l'esprit que les plaies des Daunièrcs et du sourcil peuvent être accompagnées d'un coup violent sur l'œil; enlin, que dans les cas où l'amaurose est réellement sympathique, on peut rétablir complètement la vision en divisant le nerl lèse.
Chopart(l), Boyer Ci), et d'autres ont adopté sur 1 amaurose consécutive aux lésions du sourcil et des paupières, une manière de voir dillërenlc de celle de Sahatier et de Beer. Ils ont remarque que la cécité n'est pas la seule conséquence de ces sortes de lésions ; qu on ,^ vu assez souvent les convulsions, la paralysie, le délire, le coma, et même la mort, être, en apparence au moins, la suite de pla.es de cette espèce, tandis qu'elles dépendaient en réalité dune aile i cérébrale, soit concomiLnnte, soit produite parla lésion externe. Ils ui ont donc conclu qu'il ne fout pas considérer l'amaurose comme un simple effet sympathique nerveux, ou comme une simple reaction d. I ésiond'unierfdela face sur les nerfs del'iris ou laretine. Ils pens ni que 1' rritation produite par la plaie se propage au cerveau, que les • sympt mes qui suivent doivent être attribués à une malache qui sur- 1 organe, et que, le plus souvent, ^^^^^1^:^ ' ou de ses membranes, en pareil cas, est de nature inflammatoire oi sui' d'épanchement et de suppuration. Dans beaucoup de cas d crn2e, le résultat ayant été funeste, la ^^^^l^;^:;^, démontrer la iustesse de ces vues; dans ceux ou la gueiison es sur
ue on do t soupçonner que l'amaurose et les autres symplon • ™ ont dispar!i ; non parce qu'on avait divisé le nerf lèse , mais ivii'cp une l'élat du cerveau s'était amende.
apparence, ,1a sourcil et des paupières, su.y.es ^^'^'^^^^ ile'me fiincslcs du cerveau, est assez, considérable ' ' .
e neiUi plusieurs cas de ce genre «"-'>-;;-'^'""^3j;, X ,.|„«ion i lirer de ces fiiils est évidennnent celle-ci : c|U il faut su xtllicrn
;i,;:iu t suites de pareilles blessures, ^'"'-i;.;»^ - »f ^ '
. n. M ,.n l'éoime sévère, et recourir largement a la saigncc ul. s:U:;ië::r;;:ique symptême d'al^dion du cerveau ou de ses
(,)T.-«..is^«n..ehiru^-Si^al Dise.ses , Iransla.cd by T«n«mu„ vol. ^. V ^G.- Iol.MTvalio.i tlaiLs ltr..f.n-rs lU'porl., vol. 11, l'ai t. i, p.
ULESSUUES DU SOUUgiL KT DKS PAUPIÈRES. 1 05
membranes. Il faut tenir la niénie conduite si l'on a quelque raison de croire que laniaurose qui accompagne une plaie du sourcil ou des paupières est la conséquence, non de la lésion d'une des bi'anches de la cinquième paire, mais d'une coinmolion de l'œil. J'ai vu de nombreux exemi)les de cou|)s sur l'œil ayant délerminc l'amaurosc sans aiïecler en quoi que ce fût la vasculai'ilé ou la transparence des divers tissus qui entrent dans sa composition, et je conçois très-bien que, s'il y avait eu en pareil cas quelque lésion des téguments qui avoisinent l'œil, j'aurais pu être conduit à cette supposition erronée que l'amaurosc n'était pas directe mais sympathique.
[3IM. Dcnonvilliers et Gosselin (I), considéi'ant combien il est dillicile de mettre d'accord avec les notions de saine pbysiologie une perle de la vue qui n'aurait pas d'autre cause qu'une blessure du nerf frontal, en tenant compte de l'intégrité du nerf dans quelques-unes des observations citées, en remarquant enfin que la plupart de ces amauroses ont été consécutives à des violences pendant lesquelles le cerveau et l'œil ont pu être ébranlés, pensent que les affaiblissements instantanés de la vue ont été causés par une commotion cérébrale ou par un ébranlement qui a désorganisé la rétine ou amené un épanchement de sang intra-oculaire. Ils comprennent qu'à la suite de la blessure, la vision puisse revenir par le rétablissement de l'action cérébrale ou paila résorption du sang épanché dans l'œil, et ils ne voient là rien de spécial pour le sourcil : des amauroses semblables peuvent arriver après toutes les contusions qui atteignent le voisinage de l'orbite. M. Dcnonvilliers a même eu dans son service, en 1848, à l'hôpital Saint-Antoine, deux malades allectés d'une de ces amauroses traumatiques, à la suite d'une chute sur l'épaule qui avait occasionné en même temps, chez l'un comme chez l'autre, une fracture de la clavicule. T. W.]
J'ai personnellement constaté qu'un nombre très-considérable de ceux qui sont atteints d'asthénopie et d'amaurose présentent des cicatrices du sourcil et de ses alentours ; quand on ne découvre pas d'autre cause |)lus évidente, on est naturellement conduit à croire que l'aifection oculaire a dû son origine à des lésions des branches de la cinquième paire. J'ai vu, dans certains cas, des lésions de cette nature delermmer l'inflammation aiguë de la rétine et de l'iris ; mais le plus souvent ralïection qui a réagi sur la nutrition de l'œil et les fonctions (le la relme, ou s'est développée lenlemenl et d'une manière insidieuse, ou est survenue peu après la blessure, mais sans qu'on ail pu suivre sa jnarclie. Je soupçonne (pie, dans tous ces cas, la lésion des branches de
cnHiuiomc i)aire a connnuniqué aux centres nerveux une irritation l'-'i-suile de huiue.Ue une atlection réflexe, probablement de nature
[(') Tnii,'. il„.ori,,uo cl ,,rali<iuc .l.-s mula.lios .los youx, p. 8. Paris, Labë, 18S8J
iiillainmaloirc, s esl propagée d'eux au uerf opli(iue ou aux auli'cs nerfs qui coueoureiil à la vision. Ces considérations doivent nous porter, dans les cas où Ton soupçonne une lésion des branches de la cinquième paire, non-seulement à prescrire le repos et un traitement antiphlogisti(iue, mais de plus à administrer le calomel avec lopmm jusqu à ce que le système en soit aileclé.
Il est bon de mentionner, avant de ([uitter ce sujet, que la section du nerf lésé, proposée par Beer, et qu'il affirme positivement ne lui avoir jamais failli , a été répétée plusieurs fois par d'autres chirurgiens," sans produire aucun eilet sur l'amaurose. « J'ai rencontre, dit le docteur Ilennen, un ou deux cas d'amaurose à la suite de plaies du nerf sus-orbitaire : la section complète du nerf n'a produit aucun changement, mais quelque temps après l'œil s'est remis en partie (1).» « Ouand la vue s'aflaiblit à la suite d'une blessure du front, dit M. GuthHe le seul espoir de guérison qui reste consiste à pratiquer une incision profonde jusqu'à l'os, suivant la direction de la plaie primitive; mais j'ai le chagrin de ne pouvoir apporter à ce moyen l appui de mon expérience , car j'ai échoué toutes les fois que je l ai essayé » (2).
Outre cette opération, il y a plusieurs autres moyens qui mentent d'être essayés dans les cas d'amaurose qui paraissent succéder a la lésion de la cinquième paire. Dans un cas rapporte par le docteur Lichtenstadt, et dans lequel l'amaurose paraissait due a une blessiu-e dunerf sous-orbitaire, l'emploi de l'électricité contribua beaucoup au rétablissement de la vision (5). , . .
On sait bien que loules les plaies des branches de la cmqmeme ,.a,r ne produisent pas l'amaurose. Dans «n cas que j a. "^en'e, Ç e a,l la raydriase plntot que lamaurose qui avait ete produite ; car, tandis qua iil nu le malade ne pouvait pas reconnaitre s'il y avait quelque chose Sprimé sur du pa,'ier, il lisait les plus petits caractères lorsqn on le faisait regarder à travers une carte percée d'un trou d cpingle. M - Leudic s'est même ePtorec de démontrer par l'expérimentation y, on peu iViquer les branches de la cinquième paire, surtout la «"s-oH.. a, a ous-orbilaire et la lacrymale, sans qu'il en résulte aucun eflet 1 .eux sur la vision. Il a été conduit à proposer la galvanisalion de 1 œil, en oichant directement ces nerfs avec les (ils de laiton qui communiquent irdeux pôles d'une pile galvanique (4). Ces faits portent na iir e. m'ù ï, douter encore 'plus de l'existence d une a""'"™- ^^11- j ; oroduite par (les lésions légères de la cinquième paire, et donii 1 nous l-aire soupçonner que, dans les cas qu'on a supposés de cette nature, .1
""(■«'ÏÏ. n,l *■ ,.l.,si.l.Sic. >■ VI. P-
INFLAMMATION l'IlLEGMONEUSE DES PAUIMÈHES.
existai!, oiilre la lésion oxlcriu!, quelque conimolion de 1 œil ou quelque affection dévclo])|)ée clans le crâne (1).
[M. Desniarres cite le fait suivant (2), où la blessure des nerfs sourciliers, frontaux, sous-orbilaircs, a occasionné une névralgie grave.
Ol>s. 142. — Une jeune Hlle, de 20 à 22 ans, me fui adressée par le doclcur Ramponl, de Villers Ic-Bel, pour une névralgie faciale Irès-inlense qui reparaissait à de courts inlervalles, et contre laquelle bien des moyens avaient échoué. La douleur, vive partout, était plus aiguë à la sortie du frontal, et s'exaspérait par une pression légère exercée sur cet endroit. En interrogeant la malade sur la cause d'une cicatrice qui existait dans le voisinage, un peu plus haut sur le front, j'appris qu'elle avait fait une chute deux ans auparavant et que la plaie s'était rapidement guérie. Je m'assurai que la cicatrice ne contenait pas de corps étranger comme dans d'autres cas de mon observation, et piquant la peau à deux centimètres environ de la cicatrice, je la détachai complètement de ses adhérences au frontal, d'ailleurs fort légères, en poussant dans la plaie un ténotome ordinaire que je manœuvrai assez longtemps et assez loin dans tous les sens. A partir de ce moment, la jeune lille fut guérie de sa névralgie, qui prenait son origine dans la compression de quelques filets nerveux emprisonnés dans le tissu inodulaire, ainsi que je l'avais d'abord supposé. T. W.]
SECTION III