‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 48 sur 144 · INFLAMMATION DU HOUD LIBRE DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU HOUD LIBRE DES PAUPIÈRES

;ilimonlalion indigeste et malsaine, ainsi que par d autres eauses, coniiibueà perpétuer le mal, ou tout au moins à favoriser ses récidives. Chez les adultes, on voit souvent l'usage du vin et des spiritueux ciitrclenir celle aHection des paupières. Linnée (1) nous dit que les Lapons ont ordinairement les yeux chassieux. Il attribue cette particularité à ce qu'ils sont exposés aux vents les plus froids, à la réflexion lie la lumière par la neige, aux brouillards, à la fumée qui ne s'échappe (|ue par un trou pratiqué au sommet de leur hutte, et enfin à l'intensité (lu froid. Les Finlandais sont soumis à la même afléction et beaucoup d ontre eux en perdent la vue.

Traitement. — Le traitement de cette affection comprend : \° l'emploi de remèdes propres à calmer l'inflammation, dont tous les autres ^^ mplômes sont une conséquence, à apaiser la douleur et la démani-'oaison , et à prévenir les eflets fâcheux de l'agglutination des paupières; 2° l'usage d'applications astringentes, stimulantes, eschaintiques ou épilatoires pour déterger les ulcérations et les excorialions, provoquer leur cicatrisation ou fortifier les paupières aflaiblies ; •j» l'administration de remèdes destinés à améliorer la constitution.

I . Le premier conseil à donner au malade ou à la personne qui le soigne, c'est de ne jamais essayer le matin d'ouvrir les yeux avant d'avoir complètement ramolli la matière purulente qui les (■couvre, de façon que les pauj)ières puissent se séparer sans douleur 't sans lésion des cils. On peut employer dans ce but une cuillerée à ^afé de lait dans laquelle on aura fait fondre un morceau de beurre rais; on y trempe le doigt et on en enduit les paupières, en frottant igèrement les cils agglutinés. On place ensuite pendant quelques minutes, sur les paupières, un morceau d'éponge douce trempée dans leau chaude et qu'on a exprimée; quand cela a été bien fait, le malade parvient à ouvrir ses paupières sans efl'orts et sans douleur. On doit alors enlever avec l'ongle du doigt la totalité de la matière, et si [lendant la journée ou vers le soir elle se reproduit, on a recours aux mêmes moyens. Ces soins sont indispensables, car tant qu'on laisse la matière en place, les lotions, et les pommades n'auront pas d'eflet, parce qu'elles ne se trouvent jamais en contact avec le mal. [D'après M. Chassaignac(2), l'une des causes qui contribuent le plus l opiniâtreté et à l'aggravalion des ophthalmies, réside dans les chan- .^ements de consistance et de direction que subissent les cils dont est -•nu le bord hbre des paupières. Leur direction en dedans vers la ligne j'iediancest, d'après lui, celle qui, lorsque les cils sont raidis, rend J^ur action la plus irritante. La direction, au contraire, dans laquelle is irritent le moins la cornée et les paupières est celle dans laquelle ils

iGericr-BamS' '''' "phlhalmics. Archives d'ophtl.aimologie, t. II, p. 88. Paris,

i98 MALADIES DU SOCUCIL ET DES PAUPIÈRES.

sonlcouchés obliqueineiil de Tanglc iiilcrnc vers l'angle externe. M. Cluissaignac allaclie une certaine importance à ramener les cils dans celte direction, quand ils s'en sont écartés, au moyen des douches oculaii'os, pendant la durée desquelles il faut avoir soin de coucher doucement les cils de dedans en dehors par un mouvement transversal exécuté sur le bord de la paupière, avec le doigt ou avec un linge très-fin et trèspropre. T. W.]

2. On doit, afin d'abattre l'inflammation, scarifier de temps en temps la conjonctive palpébrale et appliquer des sangsues à la face externe des paupières.

3. On relire aussi des avantages de l'emploi des émollients et des réfrigérants , quelquefois des astringents , appliqués sous forme de fomentations, de cataplasmes, de lotions ou de collyres.

Ainsi, après qu'on a enlevé, le matin, toute la sécrétion morbide, on peut fomenter les paupières avec de l'eau chaude, une décoction de têtes de pavots , de fleurs de camomille , de feuilles de germandrée • aquatique, ou de quelque autre analogue. On répèle ce moyen une ou deux fois par jour, jusqu'à ce que les principaux symptômes inllainmatoires soient apaisés.

Dans les cas graves, on se trouve bien d'appliquer, la nuit, des cataplasmes de pain auquel on mélange un peu de beurre frais ou d'huile d'olive, et qu'on renferme dans un petit sac de linge. Un cataplasme de mie de > pain avec du vinaigre aflaibli rend souvent service. Un morceau de ruban . enduit de cérat doux et gardé sur les yeux pendant la nuit, est utde.

Quand l'afl-ection est légère et à son début, les lotions évaporantes sont agréables et favorables au malade. On les compose d un ou deux drachmes d'esprit d'éther nitrique, d'autant de vinaigre et de 8 onces s d'eau, et on les pratique fréquemment sur les paupières a laide dun i

morceau d'éponge. .

Dans les cas qui ont duré longtemps, après que les symptômes inllammaloircs ont un peu cédé, il est avantageux de baigner souveiU et soigneusement les paupières, pendant le jour, avec une solution d un a deux grains de sublimé corrosif dans huit onces d'eau. On emploie celle solu- Uon froide ou tiède, au choix du malade. Lorsque la surface externe de : paupières en est bien imbibée, on peut la laisser pénétrer dans 1 œd, de

acon à ce qu'elle se mette en contact avec la lace interne des paupières On peut aussi employer d'autres collyres , tels qu une faible solulio.

de sulÔitc de zinc , un mélange d'eau et d'eau-de-vie. Un d^s P- nicpaux

avantages des collyres, c'est de maintenir la propreté des paup.ei es,

sins lanuelle il n'y a pas de guérison possible.

r Orretire iuvenl des avantages de la révulsion opérée par

vésicatoires placés derrière les oreilles ou à la nuqiie f ;

irritant entre les épaules, ou par un cautère au cou. ^ ' '

que, dans les cas où les paupières, par suite du manque de .oin. son

INFLAMMATION DU BORD LinUE DES PAUPIÈRES.

ilcveniios épaisses et calleuses, on ohlieiine quelqu amélioralion sans remploi eoiitinu d'un exutoire.

0. L nppliealion d'une pommade sur le bord libre des paupières, au iiioinent du coucher, conslilue un des j)oiuts essentiels du Iraiteinenl. Les pommades les plus utiles sont celles qui ont une action stimulante DU même légèrement escharolique, comme celles au précipité rouge ou ;m sous-nitrate de mercure. Cette dernière, connue vulgairement sous \c nom d\»iguen( citri)i, se prépare suivant la formule indiquée dans les pharmacopées; mais on doit l'aU'aiblir beaucoup avant de s'en servir pour les yeux. La première se compose de 12 à 20 grains de précipité iDUge, soigneusement réduit en poudre impalpable, et incorporé dans une once de beurre oud'axonge privé de sel. On fait fondre sur le bout lu doigt, gros comme la moitié d'un pois, de la pommade, et on l'étend ;i la racine des cils, le long des orilîces des glandes de Meïbomius, cliaque soir, ou de deux soirs l'un, suivant l'intensité des symptômes et les eilets produits. Si la pommade détermine beaucoup d'irritation, il Miflil de l'employer de jour à autre, en alternant avec du cérat simple.

Quelques chirurgiens ne donnent à leurs malades qu'une pommade 1res faible, dont ils peuvent à volonté enduire et frotter le bord libre de leurs paupières, tandis qu'ils appliquent eux-mêmes, à l'aide d'un pinceau en poils de chameau, quelque pommade plus active, telle que l:i pommade composée de 10 grains de nitrate d'argent sur une once 'l axonge, qu'on applique seulement sur les portions malades.

On ne retire souvent aucun avantage de l'emploi des pommades dans !«' traitement de l'ophlbalmie tarsienne, parce qu'on ignore ou qu'on 'K'glige deux choses essentielles : d'abord, qu'on ne doit point étendre lii pommade sur la croûte purulente qui se produit dans cette affection, iiiais directement sur les paupières, après qu'elles ont été débarrassées lies moindres parcelles de la sécrétion morbide ; ensuite, qu'on ne doit m étendre la pommade doucement, à l'aide du pinceau , mais la faire pénétrer, par des frictions réitérées, jusqu'aux racines malades des cils <;( dans les orifices des follicules de Méïbomius. Il faut qu'elle pique l"i't pour produire de bons effets.

On emploie encore d'autres pommades que celles que nous avons < <'jà mentionnées, surtout celle de Janin, qui est formée de 2 drachmes 'le lulie préparée, (juantité égale de bol d'Arménie, I drachme de pré- • ipite blanc de mercure, et une demi-once d'axonge. Chez les personnes •i.wcs , et dans les cas incurables où les follicules de Meïbomius sont "l'iilores, elle convient peut-être mieux que toutes les autres. On a ■l'issi fiut usage de l'onguent d'oxyde de zinc, de celui composé de - •"•^^'limes d alun calciné sur une once d'axonge, et de quelques autres, "i a retire de très-bons effets, cpiand l'affection tient de la nature du l""'''>go, dun mélange de soufre précipité avec l'onguent affaibli au fous-nitrale de mercure.

On rencontre assez souvent des cas légers d'oplitlialinie tarsienne, , accompagnée d'une violente irritation, dans lesquels les pommades les plus douces ne peuvent être supportées. Les fomentations avec la (lécoction de tètes de pavots, ou simplement avec leau chaude, réussissent le mieux en pareil cas.

6. S'il existe de petits ulcères le long du bord libre des paupières, on doit les toucher avec la solution de caustique lunaire, ou avec le nitrate d'argent solide. Il y a aussi utilité à toucher de temps en temps la conjonctive enflammée avec la même solution.

Quand les paupières sont fortement épaissies et indurées, que leurs bords libres sont recouverts d'une croûte épaisse, et les racines des cils ulcérées, on a recommandé d'arracher tous les cils, et de toucher alors légèrement toute la surface malade avec un crayon de nitrate d'argent. Ce moyen a une grande efficacité pour guérir les ulcères et diminuer le gonflement. On répète l'emploi du caustique au bout de quelques jours. Trois ou quatre applications suffisent ordinairement. C'est la pratique de Quadri, de Naples, qui, dans 1 intervalle des cautérisations, baigne les parties avec de l'eau-de-vie (1). M Lawrence qui recommande aussi ce moyen, dit de plus, pour déterminer a l'arrachement des cils, que ceux qui tombent par suite des progrès de l'ulcération ne repoussent plus, parce que le bulbe qui les secrète es détruit , tandis que ceux qu'on a arrachés reviennent. 1 n est cependant pas absolument indispensable d'arracher les cils pour obtenir des resulïats avantageux de l'application du caustique lunaire. Je employé avec les résultats les plus satislaisants, après avoir simplement . dépouillé les cils de la croûte morbide qui y adhérait.

7 Comme l'opiniâtreté que montre l'ophthalmie tarsienne dépend i presque toujours d'un vice de la constitution, les toniques et les altérants sont ordinairement nécessaires. Les toniques sur lesquels on peu le plus compter sont le sulfate de quinine et les autres préparations de (TuLuina, les acides minéraux, le carbonate de fer obtenu par prec^ î ation, el les chalybés en général. On les administre a ^ «se progr^sive, et on en continue l'usage pendant longtemps. Le docleu Z mmev a') de Prague, recommande beaucoup l'usage d une solution de Tg2;is de 'muria'te de baryte dans une ^^-i-once de teinture^ quiiKiuina, dont on fait prendre trois lois par jour de 8 a 20 gouttes dms un verre d'eau ; j'en ai obtenu de bons ett^ets. ""L les L usités so,U riode et le ,„e>.c„,.e. 'c P'-- f J

1-1 fnnnc d'iotlurc de potassium , l'outre sous celle de,. | ulules de Plut ;èr. Js pufsatilLont utiles dés le dél,ut; Çt -'t q.. «" « ensuite employer les altéi-anls ou les toniques, .1 est bon de fa.re p. en

Berlin, I83«.

INFLAMMATION DU IlORI) LIliRE DES PAUPIÈUES. 201

di'coii inèinc temps quelque niéileciue laxalivc, (elle que le sullale de magnésie, riulusion de séné, ou la poudre de rhubarbe el de jalap.

8. Jl esl indispensable de bien régler le régime du malade. Il ne doit pas se surebarger leslomac au moment de se coucher, ni prendre i)endanl le jours d'alimeuls indigestes ou qui ne lui convieniu'ul pas ; s'il néglige ces précautions, la sécrétion des paupières devient plus abondante, et il en résulte un degré plus considérable d'irritation et d'inflammation.

9. Les bains chauds à l'eau de mer sont un excellent remède qinind on peut se les procurer. Les bains de vapeur sont également utiles. Quand on ne peut se procurer ni les uns ni les autres, il faut les remplacer par des pédiluves chauds que l'on prend tous les soirs au moment de se coucher. ^

10. On doit recommander un air pur et un exercice modéré, car les exercices violents sont nuisibles, comme le savait déjà Horace affecté lui-même de cette maladie :

Namque pilà lippis Inimicum et ludere crudis (i ).

1 1 . Il faut veiller soigneusement àrhabillementdes personnes atteintes dophtbalmie tarsienne. Un enfant délicat se refroidit facilement. Cela dérange les fonctions de la peau, de l'estomac, du foie, et des intestins, et détermine fréquemment une attaque d'ophthalmie tarsienne, ou de conjonctivite scrofuleuse. La guérison de ces affections est toujours entravée par le temps humide et froid.

12. Il importe beaucoup que le malade se couche de bonne heure; rien ne contribue plus à perpétuer l'affection des paupières, que l'habiliidc de veiller lard, surtout lorsqu'on applique ses yeux à de petits • ihjets.

Pronosfïc. — Lophthalmie tarsienne est dans beaucoup de cas si opiniâtre, qu'on demande souvent au médecin s'il y a possibilité de guérison. La réponse à faire dépend de l'état des orifices des follicules de Méïbomius et de la persévérance avec laquelle le malade, ou ceux qui l'entourent, mettent en usage les moyens de traitement. Si, par suite de négligence, les orifices des follicules de Méïbomius, qui sont au nombre de 50 environ sur le bord libre de chaque paupière, se sont obstrués en partie ou en totalité, de sorte que la peau qui les Recouvre est unie et reluisante, la maladie est, de ce chef au moins, tout à fait 'incurable, et le malade devra pendant toute sa vie preiulre des précautions pour que l'état de ses paupières n'empire pas. Il devra faire "^agc tous les soirs delà pommade de Janin ou de quelquautre et suivre tous les préceptes généraux relatifs à la nourriture, aux vété-

.1) lloi'uiii Sal. I, V, 19.

202 MALADIES un SOURCIL I:T UKS l'Ai;i>IÈUES.

meuts, au logemciU, nous avons in(li(|iu'S. Si, au conlraii-e, l'orilico des lolliculcs de M('ïl)omius csl rcslé ouverl, quel que soil le degré 'i d 'innanunalion el de délormalion des paupières, avec de la persévérance on peut espérer la guérison ; mais les remèdes doivent elre eon- , tinués pendant des mois après la disparition des symptômes. Le ! développement de la puberté exerce son inlluence sur cette allecl.on, comme sur toutes celles qui dépendent de la scrofule.

Aiïections consécutives. - On peut signaler parmi les conse.iuences • les plus graves de Tophtlialmie tarsienne : le tylosis, ou gonlleinenl i chronique de toute l'épaisseur des paupières; la lippitude, ou excoriation du bord libre des paupières, yeux chassieux; 1 oblitération des • loUicules de Méïbomius, cause de la lippitude incurable; la madarose, ou perte des cils; le lagopbthalmos et Tectropion, dus a la retrac-^.on . de la peau produite par la cicatrisation des excoriations de U. F"; pière; le trichiasis, ou renversement des cils en dedans ^islic lua- ■ chis ou direction vicieuse des cils ; lentropion , produit par les ulcéra ions • fréquentes du bord libre des paupières, et la retraction .raurai à examiner séparément plusieurs de ces suites de 1 opblhalm.e ,

larsienne.

SECTION XII

HEBPÈS DES PAIP1ÈHES.

Toules les airoclio.is culanées géncrales ou à peu prés peuveiirsel reron er auv paupières. J'y ai souvent observé l'herpès, auss, bien, te le énfam que chez les aduUes. Il parcourt ses pénodes ord,-

res dure eoviriu une quinzaine de jours et 'V-s «■ epe ewavâtions comme celles de la var.ole. Assez souvent I allai"» i". cornle! une vésicule s'y développant et se terminant par la format,on<

Des îaTatifs, de légers diaphorétiques, uu régime 'énu. te f™^^^^^ talions avec de l eau chaude sur les paupières, constituent le lu U me S à employer. S'il se forme un ulcère sur 'a »' ^^^^

toucher avec la solution de nitrate d'argent et pemdre les paup.eres avec Textrait de belladone.

SECTION XIII

POimiGO LARVALIS DES PAUPIÈRES.

T n nnrri-0 hrvalis OU croùtc dc laits'élcnd assez souvent sur la pea« Le po. igo l^;^^^ ; ,„,e éruption de pustules, suivies d«' ( es paupières. Il est cai acte use pc i ui i • • èton

la formation de minces croules jaunâtres ou Ncdatics qui 1

VITILIGO DES PAUPIÈRES.

souvent sur le bord libre des paupières, les collent, et ernpcclient l'enfant d'ouvrir les yeux. Lorsque ces croûtes tombent, elles laissent l'épidernie rouge, sensible, marqué de lignes profondes, cl sujet à s'exfolier à plusieurs reprises. La conjonctive peut être prise d'inîlammation puro-muqueusc pendant une attaque de porrigo larvalis ; quelquefois aussi la cornée se rompt el l'œil se détruit (1). Dans les cas négligés, le système des ganglions lymphatiques s'afl'ecte quel(|uefois, les ganglions sous-maxillaires, par exemple, à l'extérieur, et à l'intérieur ceux du mésentère ; la diarrhée et la fièvre hectique s'établissent, et le malade meurt dans un grand état d'émaciation.

On se trouvera bien de laver soigneusement les paupières avec quelque li(iuidc adoucissant tiède, comme l'eau et le lait ; on instillera une fois par jour quelques gouttes de la solution de nitrate d'argent (4. graijis par once d'eau distillée) ; le soir on enduira le bord libre des paupières avec la pommade au précipité rouge; enfin, on administrera, à doses altérantes, les purgatifs mercuriels, puis le sulfate de quinine comme tonique.

SECTION XIV

VITILIGO DES PAUPIÈRES.

Fig. Guy's HospUal Reports, Second Séries; vol. vii, p. 371; London, 18S0.

Lorsque cette alfection occupe les paupières, ce dont j'ai vu plusieurs exemples, elle se présente sous la forme de rangées de petites taches jaunâtres, ou couleur d'ocre, irrégulières, légèrement élevées, oflrant à peine de l'induration, et se montrant en général symétriquement des deux côtés de la face. Elles sont situées dans la peau ; l'épidernie qui les recouvre parait sain. Elles s'écartent des bords et se montrent surtout là où la peau des paupières est lâche, s'étendant quelquefois lentement sur les côtés du nez et sur les joues. D'autres parties du corps, comme la paume des mains, les doigts, les coudes, etc., sont souvent affectées de la même façon. Cette maladie accompagne quelquefois la iniuusse, et on a supposé qu'elle dépend d'un dérangement des foncions du foie. 11 faut agir de ce côté. Quant aux paupières, il faut les ""lenter avec du vinaigre et de l'eau chaude. On a retiré des avantages I 1 application réjjétéc du nitrate d'argent.

' P- TLïcTlir'lsSo.*'"'' ""'^ WA,,Tn..;n's Journal .1er Cliirurgie und Augenhoilk.nuk., vol. XIV, (2J Iî,v r^;M.l^s• Practical Synopsis of Culaucous Di.scascs, p. 162. London, 18Ô!).

204 MALADIES DU SOURCIL ET DES l'AUriÈRES.

[SECTION XV

BOUTON d'aLEP AUX PAUPIÈRES.

Oïl sait que le boulon d'Alep, qui csl dû à Tusage de 1 eau de Coïk (rivière qui baigne Alep), est originairemenl conslilué par un ou phisieurs tubercules qui se inanifesleiil pour ainsi dire exclusivement à la face ou aux extrémités. Le tubercule apparaît d'abord sous la forme d'un bouton de la grosseur d'un pois ou d'une fève, le plus souvent indolent et accompagné de peu de rougeur. A sa surface on voit de petites aspérités blancbàtres, comme écailleuses, qui tombent et se reproduisent allernalivement. Quand arrive la période de ramollissement, il se forme à la surface du boulon, une exhalation de sérosité • limpide qui, en se coagulant, finit par conslilucr une croûte. Quand' celle-ci est tombée, on aperçoit au-dessous d'elle un fond communément lisse, assez uni. Les bords de l'ulcère, qui sécrète le plus souvent un nus séreux ou séro-purulenl parfois limpide et ordinairement inodore, sont inégaux, entourés d'une ceinture de petites saillies tuberculeuses v qui se prononcent de plus en plus.

Le bouton d'Alep se développe presque exclusivement a la lace el aux extrémités. A la face, c'est plus particulièrement le milieu de la joue et souvent des deux joues, le côté du nez, la paupière supérieure le front qui en sont aflectés. Sous le rapport du tissu anatomique quil envabit', c'est toujours originairement le tissu cellulaire sous-cutane. Quelquefois la maladie se développe aux autres tissus ; on parle d yeux détruits iiar suite des progrès du boulon fixé aux paupières. La marche de la maladie pendant laquelle la santé générale ne semble nullement.! altérée, est ordinairement lente, sa durée d'un an environ. Quand 1 exfo-H liation de la croûte s'est répétée cinq ou six fois, la réparation arrive, m la saillie de la tumeur disparait, une dernière croûte se forme et persiste jusqu'à la guérison. Le traitement curatif consiste dans 1 emploi du feu, des incisions cruciales et de la pâte de Vienne. rnu. A^o Tin pu fnnl chrétien, âiïé de 2 iins, est alleinl du to!(«on depuis un an. Il ,

seine ""^ J^'^^' ^ . ,e fond apparaît assez pale, uni, san^ .lutuncs.

SïS U ïaS S^^ïlSe e^clle-inéine Ir Jpou colorée. Depuis ciuelques^ou.; f!.n ml es il d snosé les parents ont repousse toute inlervenlion de l'art, el aujourd liui. l'ulSiï de la paii)iïre est'assez étendu pour faire craindre au moins un eclrop.on (1).

n; Ai-n Solirv 47 ans neveu de l'évêque d'Alep, ne en Chypre, est aH^'"; ^;'

Mc,noirc sur le bouton d'Alep, par le docleur A. AViUenùn. G«z. n.éd. do Parus iS^ip. 200. 228, 2j2.]

CALCULS L)KS (iLAMJIlS UK MKÏUOMIUS.

peu ilo (listiiiice, le dos du nez, la joue, onl été envahis. Deux gros boulons ulcérés occupi'iit le milieu du fronl. Un petit boulon ulcéré couvre la lêle du sourcil droit. La paupière supérieure droite est énornieinenl luniéliée, iiililtrée, rouge. Un gros boulon (le 0,"'0"2de diamètre horizontal en occupe l'extrémité externe et la moitié de la largeur. Il est en partie recouvert d'une croûte verdâtre humide, de dessous laquelle s'échappe |i;ir la pression un peu de liquide épais, moitié séreux, moitié purulent. La tuméfaction i->t telle que le malade peut à peine cntr'ouvrir la paupière, et néanmoins il n'a jamais 1 t'>sé de se livrer à ses occupations ordinaires. T. Sv.]

SECTION XVI

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