‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 47 sur 144 · INFLAMMATION DL BORD LIBRE DES PAUPIÈRES, OU OPHTIIALMIA TARSI · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DL BORD LIBRE DES PAUPIÈRES, OU OPHTIIALMIA TARSI

OPUTIIALMIE TARSIENNE.

Syn. — Blephariiis scrofulosa.

Fig. Dalrymplc, pl. 1, flg. 3 cl i. Pl. n,ng. 1 cl 2.

■ir^.^l'T'M''"'" "^'^ P«»PitTes est sujet à une inflammation à marche

mi, .T."-^' ''"f ^f"'' '«'^ de Méïbo-

muis et détruisant les bulbes des cils , produit l'élat qu'on a appelé

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yeux chassieux. Si on la néglige longtemps, elle revêt un caractère de grande opiniâtreté, et devient même, à certains égards, incural)h'.

Nous désignons ordinairement cette alVeclion sous le nom d'opluhalmia tarsi; mais elle a reçu dillérents noms, et l'on a prolessé diverses opinions à son égard. Chez les Romains, tout individu atteint de cette maladie s'appelait iipims. C'est de là qu'est venu le mot lippiludo dont nous nous servons quelquefois pour désigner les eilels de la maladie. La lippitudo de Celse était ceque nous appelons aujourd'hui ophlhalmie catarrhale ou purulente. Il décrit l'ophthalmie tarsienne sous le nom de xérophthalmia ou lippitudo arida. Quelques auteurs, comparant l'ophthalmie tarsienne aux éruptions du cuir chevelu, l'ontappelee iinea palpebrarum, tandis que d'autres lont considérée comme de nature ■ herpétique ou porrigineuse. Comme la démangeaison est un de ses symptômes, on l'a appelée scabies palpebrarum, ei psorophthalrma; ; mais personne, au moins dans ce pays, ne croit plus que cette allection i participe en quoi que ce soit de la nature de la gale.

L'ophthalmie tarsienne affecte les follicules de Meïbom.us leursouvertures disposées le long du bord libre des paupières près de leurr face interne, la portion avoisinante de la conjonctive , les glandes qui existent à la racine des cils et la peau environnante. Le cartilage luimême est quelquefois entrepris. . 1

Symptômes locaux. - Un des symptômes les plus irappants de cette maladie consiste en ce que, le matin, le bord libre des paupières eslt agglutiné par un excès de sécrétion collante, fourme par a conjonc-4 live les follicules de Méïbomius et les glandes cihaires. Celte malier , acquérant pendant le sommeil une consistance gommeuse, colle les ci s. entr'eux, de sorte que, lorsque le malade veut, le malin ouvrir paupières, il est obligé de les ramollir, ou de se livrer a de el or Considérables, et partant douloureux , pour en obtenir la sq-r l oun'y parvient pas sans en arracher quelques cils , ce qu^ ne lal^se pa d'aggraver l'iUammation des follicules sébacés situes a leur racin , l 'mener la formation successive de petits abcès et de petits ulce.es . yZlLi .n.c\.és de cette façon, et leurs hulbcs se trouvanll iVsés ou détruits, les cils deviennent faibles, petits, irreguhers, cl

'irZ^Z t:SZZ:'t^: dans rétat ordinaire, constitue un liau^^e cLx, peu abondant, exclusivement destiné à ondu.re e b r^^

i^ de p u pL-es pour les empêcher d'adhérer et pour conduire ^^s^n 0 Lival II les larmes vers les points lacr^naux, au^v. J ï^^ol en ciuaiitité dans cette aflectiou et se translorme en

rri. Cet e matière par elle-même, aussi bien que 1 nifla n^'-o^ n u' e elle doit son origine, détermine une irritation con.l I d^

cils, empêche la guérison des petils ulcères qui k lo.mcni

INFLAMMATION DU SOUUCIL lîT DES PAUPIKRES.

liasc. Les larmes, par suite derirrilatioii, soiil sécrélces eu plus grande ;il)Oudauee que d'ordinaire, cl n étant plus, connue dans 1 état de saule, conduites le long du bord libre des paupières vers les points lacrymaux, s'écoulent le long de la joue dont elles écliauflent et excorienl les téguments. Aussi voit-on souvent dans celle maladie les paupières rouges cl gonflées, cl les joues enllammées, ulcérées ou couvertes de croûtes. \ssez souvent la eonjoiiclive palpébrale est forlenient enllammée et fournil une sécrétion morbide. Un ou plusieurs des follicules de Méïhomius se trouvent souvent fortement distendus par du pus qui vient sourdre par leurs ouverlures lorsqu'on comprime la paupière. Dans (rautres cas , le bord libre des paupières est recouvert d'une croûte épaisse, au-dessous de laquelle l'ulcération détruit sourdement l'appareil sécréteur des cils. Quelquefois tous les tissus qui entrent dans la composition du bord libre des paupières sont épaissis, indurés, déviés; on a donné à cet état le nom de tylosis.

[M. Velpeau a décrit (1) une nuance de blépharite qu'il appelle diphthéri tique, et qui est constituée par la présence d'un liséré blanc, ou gris et pointillé , qui s'établit sur la crête postérieure ou glanduleuse du bord libre de la paupière. Ce liséré, quelquefois continu, comme frangé dans d'autres cas, très adhérent chez certains sujets, facile à détacher chez d'autres , donne l'idée d'une concrétion plastique , membraniforme, déposée sur l'orifice de chaque petit chapelet de glandes de Méïbomius. Au demeurant, il est formé de petites paillettes d'un blanc argentin, faisant quelquefois partie d'une sorte d'écume grise et mobile, tandis que, dans d'autres cas, elles sont véritablement fixées sur la portion de paupière indiquée plus haut. Avec cet état pathologique, il existe ordinairement une rougeur fort vive de toute la portion nette du bord libre de la paupière et un boursoufflement manifeste des follicules de Méïbomius du voisinage. Mais l'état croûteux des cils et la sécrétion \isqueuse des paupières sont moins marqués que dans la blépharite glanduleuse simple. T. W.] i Les symptômes locauxde l'ophthalmie tarsienne varienlconsidérable- " ment en intensité, en opiniâtreté, aussi bien que sous le rapport de l'aspectde la matière sécrétée, el même du siège des principaux symptômes morbides; car ce sont tantôt les follicules de Méïbomius, tantôt les i^landcs ciliaires ou les bulbes des cils qui sont principalement aiïectés.

I L'état d'inflammation dans lequel se trouvent la conjonctive et les follicules de Méïbomius , détermine dans les yeux la sensation de graviers ou d'un corps rude, ce qui fait que le malade n'entr'ouvre que 1| partiellement les paupières et même les lient fréquemment rappro- |. chécs. Il se plaint aussi de raideur et de sécheresse qui alternent avec t l'agglutination des paupières, de chaleur, de cuisson et de pholo-

[(I) Répertoire des sciences médicales, art. Ophllialinio, l. XXII, p. I H.]

MALADIES DU SOlinClL KT DICS PAUl'IKnivS.

phobie, symptômes qui vont eu augmenlanl le soir, ou lorscpi'il applique la vue à de j)etils objets.

Deux choses peuvent survenir quand l'ophlbalmic tarsienne a duré longtemps et a été négligée : l'une est l'oblitération partielle ou totale de rorifice des follicules de Méïbomius à l'une des paupières ou à toutes deux. Ces orilices se trouvent recouverts par une peau nouvelle. Lorsque cet état, qu'on peut considérer comme incurable , existe, la marge interne de la paupière malade s'arrondit au lieu de rester anguleuse; elle est unie, rouge, reluisante; on n'en voit sourdre par la pression aucune portion du liquide de Méïbomius, et ordinairement les cils ■ manquent en grande partie. La seconde est la production de la < lagophthalmie et du renversement en dehors de la paupière inférieure, , dus à la rétraction de la peau, consécutive à la cicatrisation des excoriations des paupières et des joues. Assez fréquemment ces deux étals • s'observent concurremment.

On peut encore compter parmi les suites de l'ophthalmie tarsienne qui a duré longtemps, le trichiasis ou renversement des cils en dedans, le distichiasis ou direction vicieuse des cils, et le renversement des paupières ^ en dedans. Les malades dont la conjonctive est fortement affectée ou a été le siège de fréquentes ulcérations, et qui ont contracté l'habitude de n'ouvrir leurs yeux qu'en partie, sont surtout sujets à l'entropion.

Symptômes généraux. — L'inflammation du bord libre des paupières est beaucoup plus fréquente chez les enfants que chez les adultes. Dans presque tous les cas, les malades offrent des signes non équivoques de la constitution scrofuleuse; les fonctions de la peau et des organes digestifs sont altérées ; la santé générale est affaiblie. La maladie coïncide souvent avec la conjonctivite scrofuleuse , l'engorgement des ganglions lymphatiques, le gonflement de la lèvre supérieure, les écoulements d'oreille, la teigne, la tuméfaction de l'abdomen, la pâleur et la flaccidité de la peau, l'agitation de la nuit et les sueurs du matin. En général , néanmoins, l'ophthalmie tarsienne n'influence pas la santé générale à un aussi haut degré que l'ophlbalmic scrofuleuse.

Causes. — L'ophthalmie tarsienne est loin d'être toujours une afi'eetion primitive; elle doit fréquemment son origine à l'ophllialmie calarrhale, à l'ophthalmie des nouveau-nés (ophlhalmia neunatorum) , à la conjonctivite scrofuleuse ou aux affections qui attaquent les yeux, comme la rougeole, la scarlatine ou la variole. Il y a, dans toutes ces maladies, une inflammation plus ou moins considérable des follicules de Méïbomius, et l'on voit souvent ropluhalmie tarsienne persister, alors même que les autres symptômes se sont amendés ou ont disparu. Lorsque l'aflcction est primitive, on peut noter parmi ses causes excitantes les plus communes, l'action du froid, dun air impur, de la fumée et de la malpropreté, s'exerçant directement sur les paupières; tandis qu'en même temps la constitution scrofuleuse, aggravée par une

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