‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 53 sur 144 · E.VCROISSANCES CORNÉES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

E.VCROISSANCES CORNÉES DES PAUPIÈRES

Fig. Dalryinple, pl V, lig. 2.

La matière qui sort d'un follicule sébacé s'indure quelquefois, et se recouvrant graduellement des couches que lui fournit la desquamation de l'épiderme, revêt la forme d'une petite corne qui se projette de la peau des paupières en se recourbant. On doit saisir cette petite corne avec les doigts, l'attirer en avant et la retrancher à sa base d'un coup de ciseaux.

SECTION XXIV

Le sourcil et les paupières sont quelquefois le siège de diverses sortes le tumeurs. Nous allons d'abord décrire celles qu'on rencontre le j)lus îommunément ; nous nous occuperons ensuite des plus rares.

S — Chalazion, ou tumeur fîbrineuse.

De yâXaÇa grdon. Syii. — Tiiinctii- lar.siciine. Flg. Dalryniplf, pl. IV, Hg. 2. Waltoii, lljj. 00 el !H.

Cette maladie, qui est très commune, ressemble un peu à l'orgeolet nais elle ne siège pas sur le bord libre de la paupière et ne fait point

Fis. U.

saillie (le ce côlé. Elle esl ordiiiairemenl placée à une ccrlaine dislaiice ^ (le ce bord, cl quand elle coinnienee à faire saillie, c esl ordinaii'eineiil '

vers la face interne, rarenienl vers la > face exlerne de la paupière. J^lle esl i siluce, soil enlre lorbieulaire des paupières et le carlilagc tarse, soil dans la substance même du carlilaiçe. D^dtord la tumeur est mobile; mais à mesure {(u'clle augmente de volume, elle devient lixe, et la peau qui la recouvre rougit. En renversant la paupière, on l'ail saillir la tumeur vers sa face inlerne, qui parait fort enflammée et oll're souvciil une dépression au niveau du centre de la tumeur. La lig. 14 représente . la face exlerne de la paupière inférieure affectée de cbalazion, et la>

lîg. 15 sa face interne. Quand la mala- ^ die a duré longtemps, la portion ducartilagequi est située derrière le cbalazion se tj trouve amincie par labsorplion, et Tonn trouve une substance ressemblant à uni petit fongus faisant saillie à travers le< cartilage et la conjonctive palpébrale.' J'ai une fois vu celte excroissance fon-h gueuse se faire jour à travers le pointi lacrymal supérieur. Le cbalazion sup-t pure quelquefois, ou pUitôl il sY'tabliti autour de lui un travail de suppuration i qui finit par le détruire ; Tabcès s'éva-» eue de lui-même, lanlôt vers la face^ externe, lanlôt vers la face inlerne del la paupière.

Lcclialaziou se voil plus souvenl à la paupière supcrieui'C (|u'à Tm lërieui-e • il peut exister aux deux paupières eu luénie temps ; il v en , fois plusieurs à la n.ème paupière. Ou le rencontre très rarement, , s anls. Les personnes qui sont alVeetées de eha laz.ou on. or - ;^t»ûes voies d gesti'cs dérangées ; l'estotnae esl alk.ne cl aeultte. , e na I mees; les fnteslius sont paresseux, les évaeualtous alv.ne, mo ,id e Au .^l.t.t. on arrête quelquefois les progrès de a tumeur on iu.tf sU'anl lès W« pillx it dose altérante, des laxatifs et des tom.p.os.. tr i lo quinquina eue fer. J'ai vu plusieurs f«. '

dis u , u ie eelte nature se dissiper eomplétentent sous 1 ma,.e d e tement. Ou se trouve quelquefois bu-n d ttn ea a as-

, v na -re mis dans un petit sae de linge, et qu ,u. app .que eus 1." s"? 0,', Lie.. enco.e de frictions sur la tun.eur, .epetc-s deux

Vis,. T).

TUiMEUUS DU SOlIllCIL ET DES PAUIMÈIIES. !2 1 1

fois pnr joui' poiuliinl dix miiiulos, avec rongiiciil incrcurici camphré.

Qiiaïul le clialazioii esl pelil et dur, on ne doit point y loucher, surtout s'il est situé à l'extrémité de l'une ou de l'autre paupière. Mais lorsqu'il a acquis un certain volume et qu'il a commencé à se ramollir un peu, il l'aut l'enlever. Comme il n'est pas enkysté, il n'y a pas à songer à pra(i(|aor une opération régulière : s'il l'essaie, ro|)érateur échouera prohahlement dans sa tentative, car la tumeur échappe à la dissection; s'il jjersiste, il s'expose à enlever un morceau du cartilage et à percer la i)aupière d'une houtonnière. J'ai vu des cas dans lesquels la ])aupière avait été fortement endommagée par ces tentatives dans lesquelles on avait enlevé une portion du cartilage; la paupière était renversée en dedans, ou unie par une hride au globe de l'œil. Il suffit, en général, de renverser la paupière malade, de diviser la tumeur dans toute sa longueur, à travers le cartilage , avec la lancette, et de faire sortir par une pression qui doit être assez forte, son contenu qui ressemble à de la matière gélatineuse. Si, lorsque la tumeur a été largement incisée, son contenu ne s'élance pas au dehors, on doit, à l'aide de l'extrémité d'une sonde aiguë introduite par l'incision, aller déchirer son lissu, puis comprimer. La cavité où se trouvait logé le chalazion se remplit immédiatement de sang, ce qui fait que la tumeur parait persister, quoique avec un moindre volume; mais généralement le gonflement, la rougeur, et tous les autres signes de la maladie^disparaissent complètement. Quelquefois il peut être bon de faire l'incision à travers les téguments ; mais, en général, la tumeur siège plus près de la face interne de la paupière. Si le chalazion menace de perforer le cartilage, ou s'il existe déjà une ouverture donnant issue à une petite fongosité, c'est suivant le diamètre de cette fongosité qu'il faut pratiquer l'incision, et non sur un des côtés, quand même la tumeur formerait une saillie plus considérable dans le ])oint où le cartilage est encore intact. Il est beaucoup plus facile de faire sortir le chalazion, par compression à travers la portion amincie du cartilage tarse, que par toute autre voie. Si la fongosité qui fait saillie est considérable, il faut la retrancher d'un coup de ciseaux. Deux chalazions situés l'un contre l'autre paraissent quelquefois n'en former qu'un seul, mais ils réclament deux incisions pour être évacués.

[M. Desmarres (1) ayant remarqué combien, dans ces petites opérations, le chirurgien est gêné par le sang, a, pour obvier à cet inconvénient, imaginé l'instrument représenté (lig. 16). Quand on l'applique convenablement, il ne s'écoule pas une goutte de sang pendant la dissection qui est aussi facile que sur le cadavre. C'est une pince ordinau'e dont les mors sont remplacés par une plaque et par un anneau

[(1) Annales irOeiilislique, t. XVI, p. 1 U.]

MALAUIKS DU SOUUCIL KT UKS l'ALlMKUES.

(lirunc vis de i-appol l approclio de manière à exercer une compression convenable sur la paupière malade qu'on engage enlre eux.

[Fig. IG. - Empruntée à Ruele ] [Fig- 17. - Emprunlce à Ruele.]

r- ^r A iM-nnche anlérieure de la pince. - B, branche poslérieure. -C, plaque de métal teria Lnneh^^^^^^ et .leslinée à être glissée en entier on par Fnne de ses extrémités

o^a rune dès extrémités decelannean. - E, vis servant à rapprocher l'annean de la plaqne. — Fig. 17, la pince appliquée.

Cette pince-anneau s'applique avec la plus grande facilité : on engage sous la paupière malade la branche poslérieure (la plaque) tout entière, ou seulement une de ses extrémités, puis on serre la vis de rappel dans le but d'exercer autour de la tumeur une compression suffisante pour empêcher le sang d'arriver jusqu'aux parties qui doivent être divisées. (Fig. 17.)

M J Ansiaux, de Liège, a fait disparaître de 1 instrument de M. JJesm'irres la vis de rappel destinée à rapprocher les branches (1); celles-c'i sont coudées dans l'appareil modifié, de manière que la branche antérieure, terminée par la plaque, devient postérieure à l endroit ou elle se coude, et la branche poslérieure qui soutient • «""^^^^y'^;"'^^^^ antérieure au même endroit. L'anneau s applique contre la pl.K ue quand l'instrument est fermé et exerce une pression mesurée a la toice

[(!) Id.l.XX, p. 170.]

TU.MEIIUS DU SOiaCll. V.T UKS l'All'lKUliS,

(le son ressort. En un mol, c'est une pince à branches entre-croisées qui s écartent dès qu'on les presse et se rapprochent quand on cesse (I agir sur elles. Le reste de l'insti'uinent ne diiïère en l'icn de celui de Al. Desmarres. La modidcation de M. Ansiaux l'acilite Tapplicalion de l'appareil, qui exerce sa compression par la seule puissance de son ressort et sans nécessiter le jeu de la vis de rappel que Ton l'ait d'ail- Icur tourner l'acilement en la frappant de l'index. Mais , d'un auti'c côté, comme la compression exercée est toujours la même, elle peut rire trop forte ou trop faible, suivant l'épaisseur de la paupière que l'on interpose; parfois même elle est assez douloureuse pour contraindre le chirurgien, sinon à enlever l'instrument, du moins à faire tem- [lérer sa force par une pression que l'aide exerce sur ses branches. Dans l'instrument primitif de M. Desmarres, la pression peut être graduée suivant le besoin, et c'est un avantage. T. W.]

Les tenlatives pour détruire le chalazion par le caustique sont toujours ineflicaces, et souvent nuisibles, en ce qu'elles déterminent l'induration de la paupière et quelquefois le trichiasis. Une simple incision de la tumeur à travers la conjonctive et le cartilage tarse, même lorsqu'on introduit un caustique dans la plaie, ne suffit pas non plus ; il faut évacuer la tumeur comme nous l'avons dit. Par ce procédé, le chalazion, lorsqu'il n'est pas en suppuration, est généralement enlevé entier. Il est d'une légère teinte rouge, de consistance gélatineuse, traversé de petites taches de sang. Il devient blanc et opaque quand on le plonge dans l'alcool étendu, se dissout facilement dans l'acide acétique, et comme il est précipité par le prussiate de potasse, il parait être formé de matière fibrineuse imparfaite.

§ II. — Molluscum ou tumeur albumineuse.

Syn. — Tumeur glaruliforme. Tumeur folliculeuse, Fr. Fig. Dalrjmiile, pl. IV, flg. 3. Wallon, flg. 87. Willis , pl. 63

Le molluscum ou tumeur albumineuse s'observe plus fréquemmeni chez les enfants que chez les adultes. Elle a son siège dans la peau, quelquefois tout contre le bord libre de la paupière, mais ordinairement assez loin de ce point. Quand elle siège près du bord libre de la paupière, sa présence peut enflammer l'œil. Les téguments qui la recouvrent sont si amincis que sa couleur blanche aj)paraît au travers. Elle présente même avant l'extirpation l'aspect granulé, et quand on l'a enlevée, on aperçoit encore plus distinctement qu'elle est formée de grains nond)reux qui ne sont que les acini liypertroi)hiés des glandes sébacées. Leur volume varie de celui d'un pois à celui d'une fève et même plus ; elles .sont dures, exemptes de douleur, non enkvstées, et ne suppurent jamais. Elles sont .sessilcs avec une base étroite, mais

214 MALADll'.S 1)11 SOl'UCIL KT DKS PAUI'IKUKS.

non pédiculccs. Elles proscnUînl au ceiilre une petite ouverture par où s'écliai)pe un li(piiile hlanehàlre. Au bout, d'un certain temps, les légunienls s'ulcèrent, et la masse s'échappe entière ou par portions. Les paupières contiennent souvent de nombreuses tumeurs aihuinineuses, et (|ucl(|uerois il en existe sur les autres parties de la face.

Il est l)icn démontre (pje, lorsque celte ad'ection est récente, elle est contagieuse : c'est le lluide blanchâtre exsudé de la tumeur qui est l'agent de la contagion. J'ai vu une fois un gentleman qui s'était inoculé la maladie aux mains en touchant la figure d'un enfant. Cette alfection, lorsqu'elle est récente, s'appelle molluscum œnlcujiosum; quand elle est clu-onique, elle parait perdre sa propriété contagieuse, dure alors souvent plusieurs années, et se nomme molluscum pendulum, à cause de l'allongement que subit la partie par où elle s'attache à la'peau. L'analyse chimique de la tumeur démontre qu'elle possède les propriétés de l'albumine coagulée. Si ces tumeurs doivent leur ori-^ine àunvice constitutionnel, c'est ordinairement au vice scrofuleux. J'aîvu une collection de ces tumeurs disparaître des paupières d'un enfant scrofuleux pendant qu'il faisait usage du sulfate de quinine. On peut les détruire en les touchant avec la potasse caustique, le sulfate de cuivre, ou le nitrate d'argent; mais la manière la plus prompte de les faire disparaître consiste à pratiquer une incision transversale qui comprenne la peau et la masse morbide. En comprimant alors fortement de chaque côté sur la peau saine avec les ongles des pouces, on peut sans autre dissection, enlever la tumeur, il n'y a que ses parties centrales qui s'échappent, et les couches externes restent adhérentes a la peau à la façon d'un kyste. Eu continuant à comprimer, cette portion de la tumeur finit aussi par s'échapper (1).

Dans les cas chroniques existant à la paupière supérieure, la tumeur acquiert quelquefois un volume considérable, de sorte qu'elle pend en bas et recouvre complètement l'ouverture des paupières. Dans les cas de cette espèce, et Liston (2) et Craigie (3) en ont rapporté et figure des exemples, le reste du corps est ordinairement couvert de tumeurs de molluscum. Pour faire disparaître la dllformité de la paupière, on cerne la tumeur à sa base par deux incisions semi-elliptiqucs, on enlevé la portion de peau qui la soutient, et on ferme la plaie qui en resuite à l'aide de points de suture. ^

g III. — Tumeur enkystée.

On rencontre rarement dans les paupières des tumeurs enkystées remplies d'un liquide séreux, de matière stéalomaleuse ou d une suD-

L,tei™,<' *îc. XXVI,p|. «.,516. Para, 18S1.

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TUMEI US UU SOrilCII. I T DKS l'All'IÉ lUCS . !2'l O

siance encore plus solide. Cepeiulaiil, on en rencontre assez souvent (le congéniales, situées tout contre l'angle externe de l'œil ou au-dessus (lu sourcil. Leur contenu mou est souvent nu'langé de poils courts, ressemblant à des cils, ayant des bulbes, et croissant sur la jiai'oi interne du kysle. Ils sont souvent silués au-dessous de l'orbiculaire (les paupiil'res, et adbèrent à l'os, de sorte ([ue, lorsqu'on proc('deà leur extirpation, on est oblige de l'aire une incision beaucoup plus (itendue ([ue ne semble le réclamer le volume de la tumeur, et de disséquer soigneusement autour et au-dessous du kyste, en laissant en arrière rorbiculaire des paupières et les té'gumenls. L'extirpation est fort pénible si l'on n'en agit ainsi. Quand le kyste occupe les paupières, il est souvent extrêmement mince, de sorte qu'il est difficile de Fcnlever entier. S'il vient à se rompre, on peut y introduire une des brancbes (le la pince à crochets, tandis que l'autre le saisit à l'extérieur, ce qui permet de continuer la dissection. J'ai quelquefois rencontré le kyste entre la conjonctive et l'orbiculaire des paupières, de sorte qu'il allait iiu delà du cartilage tarse. En i)areil cas, l'extirpation se fait mieux à Iravers la face interne de la paupière.

Au lieu de tenter une extirpation régulière, il vaut quelquefois jnieux ouvrir le kyste avec la lancette et faire sortir par pression le contenant et le contenu : c'est ce que j'ai quelquefois fait. Si on ne peut iiinsi enlever le kyste, il faut y introduire et y laisser, une seconde ou deux, un crayon de nitrate d'argent ou même de potasse caustique. Au iiout de quelques jours, le kyste est éliminé et la plaie se ferme. On peut encore diviser de prime abord la tumeur en deux moitiés, en extraire le contenu, et laisser le kyste s'affaisser; on en saisit alors chacune des moitiés avec des pinces, on les attire au dehors à travers la plaie, et on les retranche d'un coup de ciseaux. Si on néglige quelque portion du kyste, la plaie peut ne pas se fermer, ou bien se rouvrir après s'être cicatrisée, ou enfin continuer à suppurer ])en- (lant longtemps. Il peut être bon, dans ces cas, de pratiquer une incision pour extraire la portion de kysle laissée lors de la première ujiération.

[M. Malgaigne conseille le procédé suivant (!) : On fait une incision transversale de 1 centimètre environ, parallèlement au bord libre de la paupière; après avoir coupé la peau, on arrive sur le kyste, que l'on ouvre; puis on saisit la paupière, le plus près possible du kysle entre les deux brancbes d'une pince à disséquer, l'une appliquée à la lace mu.|ueuse, l'autre sur la peau, et faisant marcher ces bi-anches Uu cote du kyste, en pressant toujours, on le fait sortir tout entier par enucleation. T. W.]

La simple ponction des tumeurs enkystées ne suffit pas; elle peut de

[(l) Revue méilico-cliiriirgicalc. .hiiii ISSI.]

^2\(') MALAUIKS un SOliUClL I:T I)I:S l'AUl'lKUKS.

plus provoqiioi' riiilliiininiilioii du (issu cellulaire envlronnanl el la lormalioii de loii|;osilés proveuanl du kysle.

[M. Lenoir a i-apporlé rhisloirc suivante dune lumeur enkystée de la ptuipicre supérieure formée par un corps étranger :

roijg ,1(31 Un lioniine de 30 ans porte depuis longtemps une petite tumeur dans l'épaisseur de la paupière supérieure de l'œil gauche. Celte lumeur, aujourd'hui de la grosseur d'une noisette, fail une saillie notable dans le petit angle de l'uîil, au-dessus de a commissure exlerne des paupières; elle est légèrement bosselée a sa surface et donne a la neau dont elle est recouverte une coloration noirâtre qui se retrouve sur la conjonctive dont la face inférieure du cartilage tarse est revêtue. Enfin, elle a un prolongement dur qui s'annlique contre la paroi externe de l'orbite pour se perdre dans les graisses de celte cavilé Du reste, il n'existe aucune apparence de cicatrice à la peau. Le malade se rappelle avoiV fait une chute sur celle partie dans son très jeune Ûge, el sa maladie ne prend de l'accroissement que depuis trois ans. L'extirpation fut exécutée au moyen d une incision ionsitudinale parallèle au repli palpébral el d'une dissection attentive faite a laide de ciseaux et d'une pince-érigne. La tumeur fui aisément renversée sur son pédicule; mais auand on voulut couper celui-ci, les ciseaux rencontrèrent un corps dur sur lequel ils s'émoussèrent. Ce corps, enlevé avec la tumeur, n'était autre qu'un morceau de fer, long de 2 centimètres environ, el qui paraissait formé par la pointe d'un gros clou. 11 s était enkvsté dans le tissu cellulaire de la paupière et de l'orbite, et ce sont les puro.s assez é|,aisses de ce kyste , inliltrées doxide ou de sels ferreux, qui donnaient à cette tumeur l'aspect des tumeurs mélaniques. T. W.]

I IV. — Tumeur fibro-plastîque ou sarcomateuse.

nfj. ,,62 Un Maure, âgé de 24 ans, entra h l'Hôpital Français à Alger pour une cnome tumeur noueuse iu'il portait à la paupière supérieure : elle datait de plusieurs aïS et il en faisait remonter l'origine à un coup de bâton. La tumeur pendait s. bas, cïè Tes c l se trouvaient presque de niveau avec le menton ; elle formait rebef au-dessus I la pro n in Le nasale et offrait six pouces suivant son diamètre verlica et cinq

ouce iransversalemenl. La portion supérieure de la lumeur pénétrait dans l'orbite et ISÏé ait ai globe de l'œil en partie atrophié et à sa cornée opaque. Néanmoins, quand on

S! ev l ia Tumeur, le malade distinguait la lumière. Cette tumeur fatiguait beaucoup le malaT eneSs ait sur toute son économie, troublait la nulril.on, et avait amené un Sanféla Ïén ïa^l^^^^^ M. Baudens (1), chirurgien de l'hôpital, expliqua à ses collègues Si 1 se disposait à disséquer la tumeur de bas en haut, en conservant une n npVsuffisantepour suppléer à la perte que la conjonctive devait necessaireme t u r'el en S l'orlMcilaire des paupières, l'élévateur de la pau-

ï cnn^ripure el le cartilage tarse. Son plan rutadoplé;mais l'opération, a cause surtout Sp h Sué de mai^S^^^^^^ fut beaucoup plus pénible qu'il ne Pavait pens .

fJ i.S de hTiur se trouvaient épars parmi les fibres de lorbiculaire des pau- ^iX Le clîiruiirrio beaucoup de difncullé quand il voulut détacher du g^ e

rattacha a ^Ç' ^ u le ij ^.^^^^^^^^ paraissant solide,

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TUMEUUS DU SOimciL ICT DES PAUI'IÈUES. "IM

On poui'i'îiit encore décrire d autres tumeui's : pai' exemple , le névronie ou tubercule sous-cutané douloureux, le squirrlie, le fongus liénialode, la niélanose (I), etc. Mais je crois qu'il est inutile de rien dire de ces alleelions , en tant qu elles attaquent le sourcil et les paupières.

[Nous croyons néanmoins devoir emprunter àMiddlemore les détails suivants sur plusieurs variétés de ces tumeurs (2) :

§ V. — Tumeur solide întïmement unie à la peau.

Cette espèce de tumeui' s'observe à tout âge ; elle résulte le plus souvent d'une lésion traumatique, surtout lorsque celle-ci a déterminé l'ecchymose de la paupière. Elle n'occasionne pas de douleur intense, acquiert rarement de grandes dimensions, et ne gêne qu'en augmentant le poids de la paupière; elle ofïre ordinairement une surface unie ; ou peut la faire mouvoir conjointement avec la peau sur la surface du cartilage tarse, mais la peau qui la recouvre n'est point mobile sur la tumeur. Lorsqu'on essaye de l'enlever, on la trouve confondue avec le tissu de la peau; et il est impossible de l'extirper en entier sans emporter aussi un morceau de cette membrane. On ne doit donc point tenter l'extirpation de ces tumeurs , à moins qu'elles n'aient acquis un volume considérable et qu'elles ne gênent par leur dimension et l'inflammation qu'elles excitent, et n'aient résisté aux moyens employés pour les faire disparaître. Je les ai généralement vues s'absorber sous l'influence de frictions faites avec l'onguent mercuriel fort chargé, ou avec la pommade à l'hydriodate de potasse.

à VI. — Tumeur douloureuse sous-cutanée.

J'ai rencontré dans la couche celluleuse sous-cutanée de la paupière une petite tumeur excessivement douloureuse. La peau qui recouvrait ces tumeurs était toujours mobile et avait un aspect bleuâtre. La tumeur elle-même était petite et arrondie, excessivement dure et parfaitement mobile sur le cartilage tarse. J'ai eu l'occasion d'examiner une de ces tumeurs après la mort du malade qui en était porteur. Je ne trouvai aucune connexion nerveuse qui pût expliquer les douleurs qu elle avait occasionnées ; on n'apercevait aucun rameau nerveux visible

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ï n^ ''• ""^^^^ (ihro-plasliqm- dans nne p.-lii. inmcnr

'1) E.iinl.nrf;!, Surgical au.l Médical Journal, vol. XXXVIII, p. 524. E.linbnrgl., 1832.

L(2) .^lMm,.F..,M„:. I réalise on iheDisca.scsof.hc lîye, lon.e II, p. 758 et sniv l.on.lon, 18Ô3.

(I) Aunolcs a ocuUstiquc, t. XXt, p. 18S.

"21^ MAI.AUIKS 1)11 SOURCIL lîT DKS l'AUPlllUES .

qui lui lïil, uui. Klle cMail, e()usliluée par une subslance dure, grisàtro, parsenioe (le lignes Ideues; le tissu cellulaire eiivironuanl élail un peu condensé autour d'elle, mais ne l'enveloppail pas assez intinienienl pour qu'on pùl dire qu'il lui lormail un kyste. Dans d'autres cas ou j'ai enlevé de la paupière des tumeurs de celle espèce, la douleur, (|ui élail auparavant des plus vives, disparut sur-le-champ et ne revinl plus; il ne se produisit plus de nouvelles tumeurs. Linlensile de la douleur n'était pas toujours la même, bien qu'elle ne manquai jamais enlièremenl : elle semblait en rapport avec l'élal de la sanle des malades.

Chez les personnes qui ne veulent pas se soumeUre a 1 exlirpalion, je conseille de frictionner trois fois i)ar jour la tumeur avec un mélange d'onguent mercuriel et d'opium (1).

^ VII. Tumeur adipeuse ordinaire.

Cette espèce de tumeur n'est constituée que par du tissu adipeux d'un jaune paie, entouré d'un kyste délicat. Elle n est point granuleuse et dure comme le sont quelquefois les productions adipeuses daut e réi^ions, qui sont molles et très fréquemment lobuleuses ; les petites portions qui constituent les lobules sont enveloppées par un kyste celluleux mince, et le tout est quelquefois environne dun kyste plus grand. Cette tumeur se rencontre ordinairement à une certaine distance du bord ciliaire de la paupière, dans le tissu cellulaire lâche qui existe SI abondamment immédiatement derrière le bord orbilaire du cartilage tarse. Une tumeur de cette espèce n'est douée, sous aucun rapport, d'une organisation bien riche, et, d'après ce que j'ai observe, ne reconl't point pour cause une lésion traumatique locale. Elle l-ut ac.uen^ des dimensions considérables, et on la reconnaît surtout a a sensation de mollesse pâteuse et élastique qu'elle communique a la pression. Elle est toujours mobile dans le tissu cellulaire où elle a ete depos e et, à moins qu'elle n'ait acquis un volume considérable , on P^m lou-; jours la taire mouvoir librement sur le cartilage tarse, de même que ""au qui la recouvre est toujours mobile. Elle ne s acconMjagne pas nécessairement d'une sensation douloureuse,

pendant le cours de son développement; ^^^^^^^^P^^;' ^j; »; ,io7 rès volumineuse, déterminer une gène dou bureuse F "u'elle occasionne à la peau et la pression qu'elle exerce sui U caiti

'^S:i;'^^':i'-'cos tumeurs être absorbées a la suite d. , ïï^rant de frictions avec l'onguent inercuriel, ou cleb^om-;

..InKi rhydriodale de potasse, ou même simplement par desinct.ons.

[(1) Mii)i)i.i;iii>»K< lococil., p. 7G0.]

TUMEUaS DU SOUUCIL KT DES PADIMÈUES. 219

sur la peau qui les recouvre, avec un corps dur cl uni, (el (|u "une simple bague d'or. Si elles sont volumineuses, el si elles ont résisté à ces moyens, il vaut mieux les extirper de suite, surtoiil si la peau est fort enllammée.

Opération. — On doit attaquer ces tumeurs par l'extérieur (car elles se développent toujours sui' la lace cutanée du cai'tilage tarse.) L'opération est des plus simples : il siillit de tendre la paupière sur le globe de l'œil, de fixer la tumeur et de pratiquer une incision sur sa partie la plus saillante. La peau est, en général, le seul tissu qu'il faille inciser, car quand elle est complètement divisée sur toute l'étendue de la tumeur, il suflil de saisir celle-ci avec un crochet pour l'emporter avec la plus grande facilité. Pour enlever ces tumeurs ainsi que toutes celles qu'on attaque par l'extérieur, il faut pratiquer l'incision sur la partie la plus lâche de la peau de la paupière, là où elle forme naturellement un pli ou une ride, et, s'il n'existe pas de contre-indication, parallèlement à son bord tarsien , dans le sens des fibres de la peau et de l'orbiculaire des paupières.

S VIII. — Tumeur due à l'hypertrophie d'un follicule cutané.

Cette variété de tumeur de la paupière est très commune. Elle se montre d'abord sous forme d'une saillie généralement un peu ovale; à j mesure qu'elle augmente de volume, on voit se former à son centre une petite ouverture comme une piqûre d'épingle, et à travers laquelle on peut faire sortir par expression une substance concrète. Si l'on enfonce par celte ouverture une soie de cochon , elle pénètre dans le kyste qui contenait la substance concrète.

Plusieurs de ces tumeurs existent souvent à l'a fois, surtout chez les enfants; il peul y en avoir jusqu'à cinq ou six sur diverses parties des paupières. Elles se développent dans la couche celluleuse sousi cutanée ; leur kyste est ordinairement mince et délicat, très-peu vasculaire et adhérant à peine aux parties qui l'entourenl, de sorte qu'on peut les enlever entières avec la plus grande facilité. Lorsqu'on examine \ ces tumeurs, on les trouve composées d'un sac mince, formé lui-même i cl une substance blanche consistante, d'une texture non homogène ■ mais légèrement fibreuse et granuleuse, ne laissant cependant voir aucune trace d'organisation; en un mol, elles ne paraissent être que l(> prodmt de la sécrétion des follicules cutanés hypertrophiés Ouel- 'luetois le kysie est plus épais que nous m venons de le décrire mais ïama.s ,1 n'aequierl l'épaisseur des kysles que l'on renconire dans I uauties régions du corps.

, s'nu!" 'f r'"'''/'' 1'^'^'" s enllam.ne d'abord, puis

■■encc (d.reuse inégale, el se gangrène même quelquefois; ou biel, la

MALADIES Dli SOimCll- KT DKS l'AlIlMÈUKS .

matière (luelle sécrèlcse dossèclu', cl, se irouvaiil soulevée ii;i-a(luell(-inenl par une nouvelle (luaiililé de matière desséehée, elle prend une ' Corme allongée et pointue, ee ([ui donne un aspeet tout partieulier aux sujets atteints de eetle alVection. On m'a amené une multitude; d'enlanls pour que je leur enlevasse ces petiles cornes.

Traitement. - J'ai l'habitude, pour enlever ces tumeurs, de pratiquer une incision elliptique qui environne la petite portion de la peau où existe l'ouverture qui conduit à l'intérieur de lu tumeur; je saisis ensuite avec des pinces la peau qui est unie à la tumeur, et, a I aide de petiles tractions, je l'extrais, ainsi que le kyste, du tissu cellulaire où il était niché.

Nous rapprochons de la description de cette tumeur, comme ayant avec elle beaucoup d'analogie, celle que donne M. Desmarres (1) de certaines tumeurs des paupières : • . .

« J'ai observé souvent chez les enfants, dit-d, sur les paupières et sur la lace, une sorte de verrue, ou plutôt une tumeur en ayant la forme , qui s'y multiplie à l'infini et devient une cause de di lormite. Cette tumeur est petite, ronde , à peu près de la même couleur que la peau , souvent marquée d'un petit point à son centime. Quand on rouvre, il en sort une matière d'apparence sébacée, assez dense, comme caséeuse, graissant les doigts, et de couleur très blanche D après M Graefe, qui a fait l'examen histologique de ces tumeurs leurs éléments ne son identiques ni avec quelque hypertrophie epidermoida e ou verruqueuse, ni avec des tumeurs qui se forment de glandes sébacées distendues ; mais elles sont constituées purement et simplement de tissu cartilaqineux déposé dans la peau même. »

L'observation dont M. Desmarres fait suivre ces mnarques serap- Dorte parfaitement au genre de tumeur verruqueuse décrite par >1. bichel (F. section Xxfp. 208; annotation.) Il en allribue 1 origine a line altération des follicules sébacés cutanés. .

1 CCS diverses vandlés de tumeurs, nous en pouvons eneore ajouter deux qui ne sont pas sans intérêt :

§ IX. — Tumeur éléphantiasique des paupières.

M. Carron du ViHards a publié deux observations de celle ma ladie(2).

'o,s. m. - Pea.;o VialJ, je ^ni^;^t.^s S..^^^ eenclanl de la ^^^^^^^^^^^^ '^^^^^ .le U len.pe et de la face ur âgé de quarante f '^^f" , , jnsau-à l'angle de la màcl.oirc inférieure. Il y

[(I) Op. cil.,l.l,l> ;'«'^-] [îi) Annales d-OrulisliqUC, l. XXXll, p.2.')0.1

TUMEiaS 1)1! SOUUCIL ET ORS PAIIPIÈHES.

sure externe dos paupières, et qui avait été cléterininée par un eoup de i)ranelie d'arl)re. Au lioul d'un an et demi, la tumeur avait acquis le volume d'une orange, et, entraiuanl la paupière supérieure, l'appliquait contre l'œil, formant ainsi un obstacle à la vision qui ne pouvait s'exercer que lorsqu'on soulevait la tumeur. De jour en jour la tumeur prenait de l'accroissement et fatiguait le malade par son poids. Le docteur Carron enleva par deux incisions semi-elliptiques parlant de la tempe et se rendant aux limites inférieures de la tumeur, tous les tissus malades, puis réunit au moyen de la suture. La guérison fut prompte et complète; la paupière mise en place fonctionnait bien, mais avec ])aresse, car sa muqueuse était fortement liyperlropliiée. Quelques scarilications faites avec la lancette produisirent un dégorgement salutaire, et moins d'un mois après l'opération, le malade reprenait ses travaux. — L'examen de la pièce analomique ne lit découvrir aucun tubercule, aucune dégénérescence cancéreuse. Le tissu était en tout analogue au tissu éléphanliasiquedu scrotum et des grandes lèvres, dont on rencontre un si grand nombre de cas dans les Antilles et à Cayenne. Privé de son microscope par un récent sinistre de mer, M. Carron ne put se livrer à l'examen microscopique de la tumeur qui fut déposée au musée Dupuytren. Il la considère comme une hypertrophie celluleuse des tissus, si fréquente chez les individus qui habitent les tropiques.

Obs. 164. — Natié Craemaeken, âgée de 17 ans, née sans aucune difformité, jouissant de la meilleure santé, fit, à l'âge de 10 ans, une chute sur la lete et reçut une violente contusion suivie d'une ' bosse fongueuse qui n'accomplit pas les phases de • résolution propres à ce genre de tumeur. Peu à peu ces tumeurs prirent de l'accroissement et lise produisit une tumeur du volume d'une belle orange Quand ou soulevait avec la main celte tumeur volumineuse, indolente et sans aucune blessure, on entraînait la paupière supérieure qui laissait apercevoir un œil parfaitement sain. Elle fut exirpee par le docteur Carron, et l'opération ne laissa après elle qu'une cicatrice linéaire fort peu PPreciable. Les fig. lS, 19 et 20, représentent l'il'age de la tumeur, les incisions pratiquées pour I extirper, et le résultat de l'opération. Celte tumeur quiavait dans la plupart de ses diamètres 21

Lt m"'' "l]'^'''''"'''' P'-s^-iit 9 onces, et se composait d un tissu nasque à peine adipeux et formé

[Fis- 18.]

[fig. I!).]

[(1) A'inidesd'ociilisUfiiic, i. XXXV,

MALADIES DU SOUUCIL ET DES PADPIKUES.

I X. — Induration du tîssu cellulaire de la paupière supérieure.

Celle obsei'valioii, iiicdile, nous est communiquée par M. Guépin :

Obs. 165. - Le 16 mars 1844, M. Walerinski, inlerne de M. Guépin enregislra le fail suivant : Le 27 Mvrier 1844, le ncnrné Joseph Bar..ain de Joue (L--— ) se p, e-

gonflemcnl avec endurcissement de la paupière supérieure gauche pour lequel il avait subi divers traitements. Ce gonllenienl , rouge cl dur, avait déterminé un œdème de la paupière inférieure avec quelques granulations. Le 3 mars, il revint à la clinique dans l'état où il est représenté fig. 21. 11 n'avait pas dormi depuisdouzejours.M. Guépin explora la tumeur avec une aiguille. Sa rougeur et sa dureté lui faisaient redouter une affection squirrheuse. Il se décida, quoique n'étant nullement rassuré sur sa nature, à la traverser par un large séton et à faire cesser tous les traitements antérieurs. Aussitôt la suppuration s'établit; les douleurs diminuèrent dès le jour même, et le malade eut du sommeil dans la nuit qui suivit l'opération. LelO mars, il a commencé à prendre de l'iodure de potassium h la dose de 5 décigrammes par jour. Le

[Fig. 21.

21 mars le malade était guéri, mais il présentait de la teigne faveuse sur la figure et sur le sourcil droit. T. W.]

SECTION XXV

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