‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 6 sur 144 · III. — Choix d'un ophthalmoscope · texte numérisé non relu

III. — Choix d'un ophthalmoscope

Tous les inslrumenls que nous avons passés en revue sont susceptibles d'être utilisés pour l'examen du fond de l'œil. Nous les avons tous essayés, et nous sommes arrivés à ce résultat, qu'à vrai dire les uns se laissent manier avec plus de facilité que les autres, nue ceux-ci illuminent un peu mieux, ceux-là un peu moins bien le fond de l'œil, que tels d'entre eux enfin se recommandent tout pnrliculièrement par la facilité avec laquelle ils réalisent certains buts, tandis que tels autres en réalisent d'autres, mais nous avons, d'un ■mire côté acquis la conviction que quiconque s'est familiarisé avec les recherches opli- Ihalmoscopiqucs, peut aisément employer avec fruit l'un ou l'autre de ces inslrumenls. 11 n'en est que plus difficile pour un médecin qui n'a pas l'occasion de les voir tous, les uns à côté des autres, de manière à pouvoir les comparer, de se décider pour celui-ci plutôl que pour celui-là. C'est ce qui nous engage à présenter ici quelques cons:deralions dont on pourra tirer parti lorsqu'il s'agira de choisir un ophthalmoscope.

La première question qui se présente esl celle de savoir si l'on se déterminera a prendre un des grands appareils compliqués que nous avons décrits, ou si l'on s'arrêtera de préférence à l'un ou l'autre des petits réflecteurs de moindre prix, munis des lentilles de correction nécessaires. En général, le praticien préférera ces derniers, parce qu'ils sont moins compliqués, moins cliers, el plus commodes à manier.

11 esl cependant des circonstances où l'on devra choisir de préférence un des appareils compliqués. Ainsi, lorsqu'il s'agit, dans des démonstrations cliniques, de faire voir l'image ophlhalmoscopique à des élèves novices dans ce genre d'observation, surtout lorsque ceux-ci sont en grand nombre, ou bien lorsqu'on veut prendre des mesures exactes ou dessiner des figures du fond de l'œil, il faut prendre un des ophlhalmoscones dan= lesquels le miroir, les lentilles el l'œil du patient sont complètement indépendants de la manière dont se comportera l'observateur, et maintenus les uns par nnporl aux autres dans les rapports déterminés chaque fois. Il faut egalemenl s a acher e que 'instrument employé facilite à l'observateur la découverte el I examen de l'image hercïée- ce qu'on obtient au moyen d'un appareil disposé de façon a intercepter toute rère étra igère. Ces qualités sont tout spécialement réalisées par ophlha moscope Tm m'!s et DonL, pour l'image droite, el par celui dont j'ai indique la con-

tout p r icu i menf l'attention sur ceux de .1/. Coccms el de M.Ze/,.«der, ainsi que sur

:u r;s:;,;rs:::: z ir^L^ ciané qu'on obiiem p^ un édairage »

,e i l s "ces. Nous reconnaissons qu'une clarté intense est souvent une condition ' 1 use importance dans l'étude de l'image non renversée, mais nous pe so^ ^ en Kl c l'interisité de l'éclairage obtenu par un simple miroir concave esl en gc^

pï i l eiitsufflsante. 11 faut seulement que, dans la construction de ces miroirs, on ail

Lrd à certaines circonstances dont nous dirons un mot en passant. D'tl^nl ou ce qui tient à la distance focale du miroir, notre choix se trouve ubor-

doniié àl'élôlglneiù de la lampe el à celui de l'observateur, éloignemenl différent selon

AU MOVKN 1)F. I.'01>IITIIAI.M0S(;01M'. XIX

les niélliodes employées; et cela (riuilanl plus que la marche des rayons réflécliis par le miroir se trouve modifiée, soil par les milieux réfringents de l'œil du patient, soil par les lentilles convexes qu'on peut être appelé à placer devant celui-ci. Aussi, bien que la distance focale du miroir ne soit pas en général un point capital, on fait bien de ne la choisir guère au-dessous de cinq pouces ni au-dessus de dix.

L'ouverture du miroir doit être peu considérable, afin de permettre d'amener le réflecteur aussi près que possible de l'œil du patient, point fort important dans l'étude de l'image droite. D'ailleurs, dans l'observation de l'image renversée, cas où toute la lumière réfléchie par le miroir peut réellement entrer dans la pupille, un miroir trop large causerait au patient un éhlouissement qui n'aurait aucune utilité. Une largeur de cinq centimètres est parfaitement sufflsante.

Nous préférons les miroirs de verre percés dans leur centre à ceux dans lesquels la partie centrale de l'amalgame est simplement enlevée. Ces derniers ofl'renl, il est vrai, l'avantage de permettre à une certaine quantité de lumière d'être encore réfléchie par la partie de la surface qui est précisément opposée à la pupille de l'observateur ; mais ce petit avantage est plus que contrebalancé par divers inconvénients. Par contre, nous préférons (et en cela nous partageons l'avis de M. Zehender) les miroirs métalliques aux miroirs de verre percés. En effet, il est toujours possible de travailler un miroir métallique aussi mince que l'on veut dans la partie qui ^voisine le trou centrai, et l'on évite par là les désavantages qui résultent du canal creusé dans l'épaisseur de la lame de verre. Ces désavantages sont, dans ces miroirs de verre, d'autant plus considérables, qu'il n'est pas possible d'observer au travers du trou suivant l'axe du miroir. L'axe visuel forme alors avec ce dernier un angle plus ou moins grand.

Il faut tenir compte également du diamètre de l'ouverture centrale. En effet, lorsqu'on veut étudier l'image droite sans avoir recours à une mydriase artificielle de l'œil en expérience, il faut que l'ouverture ne soit pas trop grande (son diamètre ne doit pas déjjasser trois à quatre millimètres); sans cela, trop peu de lumière pénètre par la pupille. C'est ce qu'on comprend facilement lorsqu'on considère que l'ouverture pratiquée dans le miroir donne naissance à un cône obscur qui pénètre droit dans la pupille.

Le miroir doit être muni d'une pièce particulière destinée à fixer une partie de l'appareil dioplrique. Il faut que celle pièce soit confectionnée de manière à permettre de rapprocher la lentille aussi complètement que possible du miroir, et d'incliner légèrement cette lentille sur l'axe. (Nous ne croyons pas pouvoir recommander l'emploi du disque de M. RekosH.)

§ IV. — Manière de se servir de l'ophthalmoscope.

11 n'y a que peu de différence dans la manière d'employer les divers opiitlialmoscopes que nous avons passés en revue. Aussi, pour éviter des répétitions inutiles, nous bornerons-nous à décrire le cas où l'on se sert d'un réflecteur simple, par exemple d'un miroir concave semblable à celui dont nous venons de parler. Nous reviendrons plus tard sur quelques considérations spéciales à chaque instrument en particulier.

Le patient et l'observateur sont placés dans une chambre obscure, et assis l'un vis-àvis de l'autre, de manière à pouvoir rapprocher réciproquement et avec facilité leurs visages. Une lampe est disposée à côté de la tête du patient, à une distance de quelques pouces de cette dernière et du môme côté que l'œil à observer. La flamme de la lampe n'est protégée que par sa clieminée de verre, et doit se trouver à la hauleiir de l'œil du patient et de celui de fobservateur. (Pour plus de simplicité, nous désignerons ces derniers par les termes d'œ// objectif et d'œ/7 snbjcclif.) (1).

(I) II csliirgnit, quuii commcnonnl s'iislioigne à rcmplh- .■xacicriuMil ers condilions. hirii qu'une personne exercée en vienne facilement à i)onvoir se paji.ser .le ces exisicnccs de .lotnil. Quiuid on est habitue ù ce genre d'observation, il n'y a pas grand inconviSnicnl à ce que la

Page 1