‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 66 sur 144 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

J'ai Irailé des principales aiïeclions morbides de la conjonctive dans les chapitres iiililulés : Ophlhaiiiiies H Conséquences des u])h(hnh)tics. 11 V a cependant un petit nombre de maladies de celte enveloppe protectrice de l'œil, dont il me parait convenable de traiter ici. Nous avons déjà décrit les maladies des organes sécréteurs des larmes ; celles-ci, !iH sortir de ces organes , coulent sur la conjonctive qui leur sert d'orsanc conducteur. Il nous parait donc que nous devons examiner ces maladies avant celles de l'appareil qui sert à l'excrétion des larmes.

La conjonctive est un tissu intermédiaire entre la peau et les memi)ranes muqueuses, uni aux parties voisines par un tissu cellulaire. Ce tissu est sujet à rintlammalion phlegmoneuse, à l'œdème inflammatoire ouchémosis, à l'ecchymose et à l'emphysème ; la conjonctive, de son côté, est surtout sujette, d'une part, à l'inllammalion blennorrhagique, cl de l'autre, à diverses alïections éruplives. Elle est aussi fréquemment le siège de fongus, de verrues et de tumeurs diverses. Dans quelques cas, sa couche papillaire se développe d'une façon morbide; dans d'autres, la conjonctive parait perdre la faculté de sécréter du mucus, elle se rétracte et se dessèche. La nature complexe de cette membrane, qu'on peut appeler muco-culanée , donne la clef de sa pathologie.

SECTION I"

ABNORMITÉS CONGÉNITALES.

Wardrop (1) paraît éll-e le seul observateur qui ait décrit un xéroma congénital {cutkular conjunctiva des Anglais) : « Au lieu de trouver le globe oculaire humecté de larmes, » dit-il, «toute la conjonctive paraissait convertie en une line membrane , sèche , semblable à une pellicule mince et desséchée, suffisamment transparente pour laisser entrevoir la sclérotique et la cornée et permettre de les distinguer Tune lie l'autre, mais assez opaque pour abolir la vision, au point que le >^<ijel (jeune fille âgée alors de 14 ans) pouvait à peine distinguer It's gros objets. En poursuivant la conjonctive du globe oculaire à la paupière, elle présentait le même aspect ridé cl desséché; mais au lieu

(I).Iami s Waiidhoi', Ail Essny on Ihcrnorbid Aiinlomy of ilio lliiniiiii vol. Loiulon, 1819.

524 ' MALADIES DE LA CONJONCTIVE

de s'élondre posU''ri('ui'cincnl, comme dans lœil normal, il y avait une ' solution de conlinuilé de celle membrane , de sorle que les paupières ^ adhéraient au glohe et ne pouvaient en cire séparées, ni leurs bords se rapprocher assez pour couvrir celui-ci. On me lit la remarque ([u'ellc : dormait constamment les ])aupières ouvertes et (jue, lorsqu'elle s'ell'or- r çait de les clore, elle éprouvait passablement de malaise, parce que les essais répétés d occlusion produisaient une tendance à l'enlropion de la paupière supérieure. La sensibilité naturelle de la conjonctive cornéosclérolicale était tellement émoussée, que la surface de Tœil ne ressen- ^ tait plus qu'une très faible sensation de gène quand on la touchait. Les points lacrymaux de chaque œil étaient ouverts , et je pus, par r leur moyen , faire sortir du sac lacrymal une petite quantité de lluide r sébacé. Les deux globes oculaires paraissaient avoir une forme normale e et présentaient ce'mouvement de balancement si commun aux yeux des > aveugles-nés (nystagnim). Le sens de l'odorat était suflisammenl déve- loppé- toutefois, quoique l'application de stimulants produisit sur le. nerf olfactif l'eflet ordinaire , elle n'y avait pas pour eilet de faire r humecter la conjonctive de l'un ou de l'autre œil. » La sécheresse de . l'œil avait été remarquée dès le lendemain de la naissance. Wardrop essaya de pratiquer une ouverture arlificielle à la glande lacrymale, afin de guérir le xéroma : dès ce moment, des substances stimulantes > placées dans les narines occasionnèrent des douleurs dans la région t de la -lande lacrymale, une toux convulsive, des douleurs dans l'oreille , et d'autres incommodités. — Il est probable que cet étal était le resul- . tat d'une inflammation adhésive qui avait eu lieu pendant la vieintra-. utérine, produisant un symblépharon partiel cl une oblitération desouvertures de la glande lacrymale. -

Au reste il parait qu'on a observé d'autres faits d altérations congé- ^ nitales de la conjonctive, dues à des ophthalmies de la vie fœtale ; tel : est un cas décrit par Friderici, où la conjonctive sclérolicale était fortement injectée jusqu'au bord de la cornée ; peut-être faut-il aussi ratla-cher ici, avec quelques auteurs, les ptérygions congénitaux, abnormite. très rare observée par Wardrop et par Beer. • , .

Le docteur Von Ammon a observé, chez un fœtus humain du sexe, masculin, âgé de 6 mois, une tache bleue diflùse, située au cote externe du gl be'octilaire, dont elle occupait la moitié; plus ou -oins fonee selon les points, et occupant la conjonctive, la sclérotique et la giaiss 1 ira- rbi aii^^ voisine, ulndis que le tiers interne de la sclérotique e l ormal. L'examen microscopique ne fil trouver dans ces ijiclie. n d iZs que des granulations de pigment isolées ou dans des eellu^^V

'amené fauteur à séparer celle forme c^s tél«ngiectasies y V ir une mélanose fœtale (1). On a d'ailleurs observe, d apre. ^^ .Idc

(1, llluslr. mcl. Zeilung, 1832, 9" livr., p. lo2.

AnNOHlUTKS CONOIÎNITAI.ES.

(les cas où la coiijonclive présoiiUiil luio coulciii' d'iiii Mcii de mor, dans la race caii('asi(|U(', cl le professeur Vaiizelli ohservii à Karkow, un iiulividu du iu)i'd de la llussie, chez (|ui loulc celle iiienii)raue ollVail une couleur noire l'oucéc. Enliu, un de mes amis a sur la conjoiu-live sclérolicale une tache brune (|ui exisie depuis sa naissance, el qui est sans doute duc à un dépôt palhologi([ue(le pigment, remonlanl à la vie intra-utérine.

Les télangiectasics de la conjonctive sont comjiai'alivcmenl rai'cs; dans celles de la conjonctive palpébrale, il est imj)orlanl d'agir pi'om))lenient, vu leur tendance à envahir la l'ace extci-nc de la paupière et le globe oculaire: celles de la conjonctive oculaire, oi'dinairemcnl rouges, et i)lus rarement bleues ou lilas, l'éclamenl également une prompte inlervenlion \u)uv la même cause, bien que l'action du chirurgien y soil plus restreinte que poui' celles de la lace interne des paupières.

J/étude des tumeurs congénitales du globe oculaire était tout à faii'c, malgré l'existence d'assez nombreuses observations. Le docteur Ryba, de Prague, s'en est occupé tout spécialement (1) el a établi qu'elles doivent prendre le nom de tumeurs dermoïdes de la covjonclive , que MrchoNv (2) change contre celui de dennoïde simple de fœil, et dont Graefe (5) a aussi j)ublié une nouvelle observation. La conjonctive, qui est la partie primitivement altérée, est opaque, plus ou moins épaissie et blanche ou blanchâtre (exceptionnellement rougeâtre, brunâtre, ou même, chez les animaux, brune) : la surface de la tumeur est unie ou plus ou moins inégale; elle est ordinairement, jnais pas toujours, garnie de petits poils, parmi lesquels on en trouve de plus forts, les seuls signalés dans certaines observations. L'examen microscopique y a fait trouver, chaque fois, toutes les parties constitutives essentielles des enveloppes cutanées extérieures , à l'exception des glandes sudoripares, qui ne furent trouvées que dans un cas (Heyfeldei'). Malgré l'assertion contraire de Ryba, il parait que ce genre de tumeurs , dont le siège de prédilection est sur le passage de la sclérotique à la cornée, mais qui peut aussi se montrer sur chacune de ces membranes seule, peut exister à la conjonctive palpébrale (/t.). I Les tumeurs de celte nature ayant une forte tendance à augmenter dans tous les sens et à se régénérer après les opérations insullisantes , on comprend qu'au-dessous du dermoïdc, on puisse trouver des altérations très variées, selon les cas; jamais au-dessous d'une de ces tumeurs, la cornée ne présente sa transparence normale : c'est aussi à l'exanien d'une coupe pratiquée au-dessous du dermoïdc, qu'est due la comparaison de certains cas avec des verrues. Si l'on voulait trouver ailleurs

(1) l'rascrVierlcIjalii'sclirifi, i. XXXIX, 18:30, p. 1,31.

(2) Artliiv fiirpiiili. Aiiat. Vi,/i-, p. 5oG.

(3) Ai'chiv fur 0|)hllinlm()lo,!,Mc, 1, 2, im^i.

W De Lew père. Annales il'Ocuiisliquc, l. XXlll, p. |5.

52G MALADIKS DE LA CONJONCTIVE. j

raiialoguc (le ces tumeurs, ce serait clans le naevus malernus garni de poils (nœf /,f.s- pilosus, de Ilebra). Dans deux cas, on nota sinmllanémenl l'existence d altéralions semblables sur d'aulres i)oinls de la ligure. U est probable que cette aiïection est toujours congciiitale. Sa t'ormaliou est encore peu claire : toulclois, il laut mentioniu'r spécialement ici un , cas observé par Von Anunon, dans lequel un coloboma de la i)au|)ière cori-espoiulait au point où siégeait la tumeur dermoïde. — Le traitement doit consister dans l'extirpation, suivie d'applications de pierre infernale ou de sulfate de cuivre, de scarilicalions répétées, unies à des applications de laudanum, etc., destiiu'cs à combattre la tendance à se renouveler qu'ont ces tumeurs.— Rappelons ici encore que ces tumeurs . l)euvent s'enllammer et causer par là une assez grande difliculté de • diagnostic, dont triompha Wilde, de Dublin, sur un capitaine qui avait deux tumeurs de celte nature tout à fait rouges. La présence d'un tissu culiculaire et l'apparence vernissée suflircnt à cet observateur pour poser un diagnostic, que la présence de poils rendrait naturellemciil

plus facile encore (1).

Quoique ce soit dans les dermoïdes qu'il faille classer la grande majorité, sinon la totalité des tumeurs congénitales du globe oculaire, il n'est pas impossible quon y ait observé aussi de vraies verrues dalanl de la naissance, ainsi que l'a aflirmé récemment M. Magne (2), qui n'a malheureusement pas donné la note micrograi)hique de Lebert ; Beer dit avoir observé à la conjonctive palpébrale un sarcome congénUal (Himly). En tout cas, tout en conservant une place aux tumeurs coûiïénilales non dermoïdes qui pourraient se présenter à l'œil, rappelons que l'existence d'aucune d'enlr'elles n'est prouvée micrographiquemenl jusqu'ici.

SECTION IL

CORPS ÉTRAiSGEUS ADHÉRENTS A LA CONJONCTIVE.

î Les parlicules de poussière, les morceaux de paille, les rognures d'ondes ou de plumes, les petits insectes et les autres corps sembla .les qui pénètrent dans l'œil, pour nous servir de l'expression qu on emploie vulgairement pour désigner qu'ils pénètrent dans l'un des replis de la conjonctive, sont insensiblement rejetés au dehors par les mouvemen ^ uaturels des paupières. La supérieure, dans l'acte ^^^^ ^l'o"^'^^^' ' ^ ^ porte en bas ; tandis que l'inférieure les dirige vers le nez jusqu a au'ils viennent se placer sur la caroncule lacrymale, d on quelque îlcilles peut-être après leur introduction, l'applica.ion insl.nctive du J

(,,) R.-nor. on .he Prog-'oss of Oph.halmie Surgcry, for .he Yoar 1856. Dublin, 18.i7, 8«, p- G, 7, " exlrai. .lu Dublin Qnarlerly Journal of Medieal Science. (2) Gazelle (les llùpilaux, 18;i2, ii» 102.

COUPS KTUVN(iEUS ADIlKUr.NTS A l-\ CO.NJO.NC.Tl VK

tloigl vient les enlever. Si le corps étranger adhère à (inel(|iie point de la conjonetive, il occasionne pins de malaise, et le malade clierclie a son débarrasser Ini-méme, ou avec le secours d'une main étrangère. Ses ell'orls échouent souvent; et c'est une chose véritahlement étonnanle que de voir le grand nombre de médecins qui renvoient, sans les avoir soulagés, ceux qui viennent les consulter en pareille circonstance; uniquement parce qu'ils ne retournent pas la paupière supéi'ieure, à la surface de la((uelle on trouve, neuf l'ois sur dix, le corps étranger. Ia' malade étant ainsi abandonné à lui-même, la douleur peut disparaître dans l'espace d'un à deux jours; de sorte qu'il peut avoir oublié son accident et ne savoir à quelle cause atlribuer l'inllammation qui survient pins lard dans l'œil, et qui persiste opiniâtrement, malgré l'emploi de tous les remèdes, jusqu'à ce que, la paupière étant mieux examinée, on y découvre et on en éloigne le corps étranger.

Les particules étrangères que le vent soulève et porte dans Toeil, ne font en général qu'adhérer à la conjonctive , le plus souvent à la conjonctive cornéenne; il est rare qu'ils pénètrent dans l'épaisseur de cette membrane ou au-dessous d'elle. Lorsqu'ils sont situés à la surface de la conjonctive oculaire, on les aperçoit dès qu'on ouvre l'œil, et on les enlève facilement avec la pointe d'un cure-dents ou le bord d'une petite spatule élastique en argent ((îg. 47). Ce dernier instrument est extrêmement commode pour enlever les particules qui adhèrent à la surface de la cornée, ou sont enfoncées dans son épilhélium.

11 est très remarquable que les très petits corps étrangers noirs, qu'on appelle vulgairement fires, ne se rencontrent jamais sur la sclérotique, mais seulement sur la cornée, quelquefois juste à sa circonférence, mais le plus souvent près de son centre ou sur sa moitié inférieure. Bien qu ils se ressemblent tous , leur nature est loin d'être toujours la même. Quelquefois, ce sont des particules de fer qui ont été projetées contre l'œil à l'état d'ignition, ce qui peut arriver aux personnes qui battent le briquet, ou qui aiguisent des instruments de fer, ou dans quelque circonstance analogue. Le docteur Schindier (I) a démontré que, vus au microscope, ces petits corps paraissent unis et roiuls. Ils tiennent plus ou moins fortement dans le petit creux qu'ils se sont formé dans la substance de la cornée; et même dans les cas où ils y ont séjourne quelques semaines, ils peuvent ne point laisser de dépôt d'oxyde après eux. i7.

D'autres fois, ces corps étrangers sont de petits éclats niélalliques qui n'ont point subi l'action du feu, et qui ont été lancés avec force

(I) Ammo\-s Zeitschrifl furdieCplulialmologic, vol. V,]). Gi. Ilmldbci'ir, 1833.

,"28 MALADIF.S DE LA CONJONCTIVE

contre l'œil, comme cela arrive lors(|u'on iravaille le fer à la filière ou au tour. Comme ils sont Irauchaiils el anguleux, ils reslenl iernicnienl enchâssés dans répilhélium de la cornée; leurs pointes aiguës (pii ont pu s'oxyder peuvent se rompre lorsqu'on en praticpu' ralihilion et laisser une tache d'un rouge hrunàlre dans la cornée. Après ([u'on a enlevé ces particules, on peut s'assurer qu'elles ne sont attirées par l'aimant que lorsqu'on les a desséchées. Tant qu'elles restent dans l'œil, leur petitesse el la manière dont elles sont fixées dansTépithélium s'opposent à ce qu'elh'S cèdent à l'action de l'aimant.

D'autres petits corps noirs, d'origine végétale, viennent aussi communément se fixer dans la conjonctive. En les examinant au microscope, on reconnait que ce sont tantôt des germes de graminées, tantôt des particules de coke ou de houille. A l'œil nu, il est souvent impossihle de les distinguer des particules métalliques. .Je dois faire observer ({u'il n'y a pas que les particules de fer qui laissent une tache rouillée après qu'on les a enlevées ; la même chose peut s'observer tout aussi bien après l'ablation d'une particule végétale, minérale ou métallique. Petit à petit, la tache rouillée s'efiace, et toute trace de la lésion disparait, à moins qu'elle n'ait été accompagnée d'une ulcération.

Le docteur Schindier ne croit pas que la présence des corps étrangers de la nature de ceux que nous venons de décrire, puisse enlrainer quelque danger; il est certain que l'œil est beaucoup plus souvent détruit par les manœuvres grossières que des forgerons ou des personnes ignorantes exécutent pour les détacher de la cornée, que l)ar les accidents occasionnés par leur présence, lorsqu'on les abandonne el qu'on les laisse se détacher d'eux-mêmes. Il est cependant incontestable qu'on doit les enlever. Lorsqu'ils ne font qu'adhérera la surface de la cornée, le meilleur instrument dont on puisse faire usage est la petite spatule figurée ci-dessus. L'opérateur soulève la paupière supérieure avec le pouce, en prenant soin de ne toucher ni la paupière inférieure ni les cils d'aucune des deux paupières; il invite alors le malade à le regarder, et avec le bord de la spatule enlève, en général, iacilement le c'orps étranger. Ce n'est point la méthode que préconise le docteur Schindier , qui se sert ])our cela d'un pinceau en pods de chameau. Cet instrument est certainement de beaucoup prelerable au couteau à extraction; mais il doit souvent manquer son

objet. , , 1

Il peut arriver (jue l'irritation i)roduite par la présence du corps étranger n'attire pas suffisamment l'allention ; de sorte qu'd reste des jours des semaines, et même des mois entiers, et provoque 1 mllammalio'n, ou même l'ulcération, sans qu'on ait fait aucune tentative pour découvrir ou enlever la cause de tous ces accidents. 11 en peut résulter une tache ou une opacité permanente sur la cornée.

Les corps étrangers qui adhèrent à l'œil simulent quelquelois I exis-

COUPS KTIUNGEUS AUllHUENTS A LA CONJONCTI VF..

k'uce (le piislulcs, de lâches, elc, ainsi que le tlénioiUreiil les observalioiis suivaiilos :

Obs. 197. — Daniel Newton, âgé de 14 ans, de Paisley, se prc'scnla au Glasffow Eye Infirmanj pour une inllaniiiiiilioii très douloureuse de l'œil jjauclie, (jui durait, depuis deux mois, el avait résisté à l'oiuploi d'une pommade, d'un cataplasme à l'extrait de salurne sur les paupières, des sangsues el de nombreux vésicaloires. 11 existait au centre de la cornée une petite éminence à demi-opaque et qui s'étendait dans le sens vertical. Comme sa forme dilïérail de celle d'une pustule ou d'une tache ordinaire, je la toucliai avec le côté convexe d'un petit crocliet; elle se sépara ininiédialement de la cornée, et l'on reconnut que c'était ce que l'on appelle en Ecosse nieal-sccd, c'est-àdire un fragment de la glunie d'un grain d'avoine, présentant un sixième de pouce de longueur el un quarantième de pouce de largeur. La cornée était légèrement nébuleuse dans le point où avait adliéré le corps étranger. Huit jours après , rinllanimalion avait complètement disparu, la cornée avait repris son aspect naturel, et la vision était parfaite.

iibs. 198. — Un enfant de trois mois me fut apporté par sa mère, qui nie dit qu'un de ses yeux était enflammé depuis six semaines et qu'il s'y élait développé une tache. On avait essayé l'usage de différents remèdes et prescrit un vésicatoire. En examinant l'œil, je trouvai la moitié du périspernie d'une graine de phalaris adhérant à la cornée, an peu au-dessous du niveau de la pupille ; elle simulait, pour un observateur inexpérimenté ou négligent, une tache ou une pustule. Il me fut facile de l'enlever à l'aide de la pointe d'un cure-dents.

Obs. 199. — Un enfant de dix semaines me fut apporté par sa mère, qui me dit qu'il avait sur l'un de ses yeux une tache pour laquelle elle avait fait usage d'une solution caustique que lui avait donnée son médecin. Depuis trois semaines qu'elle avait remar(|ué cette tache, il ne s'y était opéré aucun changement. Elle avait tout à fait la couleur d'un mince leucôme, et n'offrait pas la moindre saillie; mais comme sa forme était carrée, je reconnus de suite qu'il s'agissait d'un fragment de quelque semence, et je le détachai avec la spatule.

Obs. 200. — On m'amena un enfantalteint à l'un dos yeux d'une inflammation intense avec sécrétion puriforme de la conjonctive. On voyait saillir de dessous la paujjière supérieure un corps noir arrondi, que je pris, à première vue, pour une portion de l'iris faisant hernie à travers un ulcère de la cornée. Les parents croyaient l'œil perdu, et en cela ils avaient l'opinion qui me passa à moi-même dans l'espril, lorsque je lis disposer l'enfant afin de pouvoir examiner soigneusement l'état des choses. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'en soulevant avec précaution la paupière supérieure, je m'aperçus que j'avais affaire à un cas de myocéphale, non pas au figuré, mais en toute réalité. Une mouche commune s'était parfaitement logée entre la paupière supérieure el le globe de l'œil, et il y avait huit jours qu'elle occupait celle situation ; sa tète seule faisait saillie de la façon que nous avons décrite. L'œil paraissait désorganisé.

0. La lénacité avec laquelle certains cori)s étrangers adhèi-ent à l'œil est vraimeiil remarquable. Les vaisseaux environnanls se gorgenl (le sang, el la porlion de conjonclive que recouvre le corps étranger l'evél bientôt une apparence fongueuse.

Obs. m. — Un enfant de 4 ans et demi me fut amené de la campagne, avec une substance noire adhérant fortement à la conjonclive scléroticale. On sui)po"sait que c'était un morceau de charbon, et l'on avait lait déjà i)lusieurs tenlalives pour l'enlever. l'Iacaiil I enfant sur lo dos, el lui saisissant lu tète entre les genoux, je maintins lixemen'l la paupière supérieure relevée, et je saisis avec des pinces le 'corps étranger. Il vml,

5Ô0 MAI.VDIKS Dl' LA CONJONCTIVE.

liiissiiiil !;i porlion do conjonclivo qu'il recouvriiil, ciinaiiiinée cl fongueuse. L'examen (ionioiilra qu'il s'agissail de la iiioilié du périspernie d'un grain de clicnevis, qui s'élail eollé à l'œil yiar sa face concave , cl devait sa coloralion noire à son inibibilion par les luimcurs de la conjonclive. Elle élail resiée liuil jours dans le lieu où je l'avais Irouvée.

[Obs. 202. — M. Alessi rapporte qu'un liomnie ayant reçu, en 1849, un lourl)illon de poussière dans les yeux, ressentait depuis cette époque, à des inlervalles plus ou moins longs et irrégulici'S, des douleurs vers la partie supérieure inlernc du glol)e de l'œil gauche, avec larmoiement ; douleurs qu'il parvenait à calmer au bout d'un à deux jours par des lotions avec de l'eau vinaigrée. Son œil lut visité à plusieurs reprises sans qu'on y découvrit aucun corps étranger. Sept mois après et sans cause connue, il s'ajjerçut, un malin, qu'il voyait les objets doubles; quelque position qu'il donnât à ses yeux, les deux . images se présentaient toujours l'une au-dessus de l'autre: la diplopie disparaissait dès qu'il fermailun des deux yeux. On combattit d'abord avec succès cet accidenl par les purgatifs, . mais il ne tarda pas à reparaître et fut maîtrisé de nouveau au bout de deux jours par les ■ mêmes moyens. 11 est à remarquer que les douleurs de la diploi)ie se manifestaient et dis- • paraissaient séparément. Dans l'inlcrvalle des accidenls, on remarquait une injection i légère et très circonscrite de la conjonctive et un peu de larmoiement. Ce ne fui ; que le 13 mars 1851 que M. Alessi reconnut, vers le sillon oculo-palpébral de la parlie ■ supérieure inlerne de l'œil, un corpuscule d'un noir bleu, d'une ligne de longueur, parais- ■ saut avoir deux angles aigus et un obtus, et dont il lit l'exlraclion à la suite de laquelle ■ les accidents disparurent (1). T. W.]

4. Si Ton ne voil pas le corps élrangcr sur la surface du globe de l'œil, il suffit quelquefois d'abaisser la paupière inférieure pour Tapcrcevoir. Si Ton ne trouve rien dans le sinus inférieur de la conjonclive, il faut explorer le supérieur. Cet examen sepraliqueen faisant incliner en arrière la tète du malade, et en lui prescrivant de regarder à terre, tandis qu'en même temps on soulève la paupière supérieure et l'on i-egarde en-dessous; ou bien l'on renverse de suite la paupière supérie^ure de la façon suivanle : On saisit les cils entre le pouce et l'index; et tandis qu'on attire ainsi la paupière en haut et en dehors, on appuie sur la surface externe de la paupière avec la portion arrondie de la petite spatule, eu face du bord supérieur de son cartilage. La paupière pressée entre ces deux foi-ces bascule facilement, de sorte que sa face interne s'otVre à la vue. Dans beaucoup de cas, dans le plus grand nombre même de ceux où une particule de poussière s'est logée dans l'œil, on aperçoit un petit point noir qui adhère à la face interne de la paupière renversée, et qu'on enlève facilemenl. Cette particule cependant peut être transi)arenle, et alors on ne la découvre pas, à moms qu'on ne promène sur la surface de la conjonctive la spatule ou le bout du doigt La douleur intolérable et le spasme violent de l'orbicuUure des paupières, qui accompagnent ordinairement la présence d'un corps élran-er à la face inlerne de la paui)ière supérieure, disparaissent presqu'aussitôt (jue celui-ci a été enlevé. La congeslion des cai)dlau-cs, ni-oduite par l'irrilalion, se dissipe aussi rapidement.

Si le spasme de Torbiculaire persiste après l'éloignement du corps

[(Il il Sevcriiio, 18j2. Annales d'Oculisliquc. I. XXIX, p. 2!

COUPS KTUANGERS ADIIKUKNTS A LA i:0i\J()N(;T1VF,. ô5l

ôlraiiiïer, ce qui arrivo siirloul lorsque la conjnuclivc a ('lé irritée cliiiniqueineiit ou in('c'aiii(|U(MnciU, le malade doit se retirer daus une chambre ohseure, se uieltre au lit, se peindre les paupières avec de l'exlrait de belladone, et maintenir sur lœil une compresse constammeiit humectée d eau froide.

Le renvei-sement de la paui)ière ne permet paS d'explorer la lotalité du sinus supérieur de la conjonclive; de soi'te (|ue, si l'on a quelque raison de |)enser qu'un corps étrani|;er s'est loi-é dans la partie hi plus reculée de ce repli, il faut essayer de reiitrainer par le lavage à l'aide (l'une seringue et d'un peu d'eau tiède, ou le rechercher avec la s|)aluleet l'amener au dehors.

0. C'est une chose remarquable que, landis que la inoindre parcelle de ))oussière qui vient se loger sur la l'ace interne des pau))ières, surtout la supérieure, détermine un malaise intolérable, des corps élrangers volumineux peuvent se loger dans les replis plus lâches et plus profonds de la conjonctive et y séjourner des semaines sans provoquer de symptômes marqués. La conjonctive s'enflamme alors et peut donner naissance à des fongosités qui enveloppent complètement le coi'ps étranger, le dérobent à la vue et induisent en erreur le praticien. Ne soupc^onnant pas, en effet, la présence d'un corps étranger, il peut être amené à penser qu'il s'agit d'une hypertrophie ou d'un polype de la conjonctive.

Obs. 203. — Une jeune fille avait un fongus mou et rouge, aussi gros qu'une noisette, qui lui sortait de l'œil. Le mal existait depuis plusieurs semaines, et l'on en attribuait la cause à un brin de paille qui était venu frapper l'œil. Ce fongus prenait son origine à l'endroit où la conjonctive se réfléciiit de la paupière inférieure sur le globe de l'œil. On l'excisa; mais au bout de trois semaines, il avait repris son volume primitif. On l'enleva de nouveau, cl l'on vil dans le repli de la conjonctive un morceau de paille d'un demipouce de long, dont on lit l'extraction. La guérison fut complète au bout de quelques jours U).

nbs. 204. — Un liomme vint consulter le docteur Montealli à l'occasion d"un état innanimatoire qui était survenu à l'un de ses yeux, à la suite d'une cliute qu'il avait faite, cinq mois auparavant, au milieu des buissons, le long d'une montagne escarpée. Il s'était senti blessé à l'œil au moment de sa cbute, et y avait toujours depuis lors ressenti de la douleur, malgré l'emploi d'un grand nombre de remèdes. En renversant la paupière supérieure, on apercevait très haut, dans l'angle de réflexion de la conjonclive, un état fongueux de cette membrane. L'exploration avec la sonde démontrait qu'il y avait là un corps étranger : on le saisit avec des pinces et on l'amena au debors. Il se trouva que c'était une portion de pousse de buisson, longue de '^U de pouce, et presque aussi grosse qu'une plume de corbeau. Ce corps étranger avait séjourné cinq mois dans le repli supérieur de la conjonctive et y était parvenu sans blesser l'œil (2).

O/;.? 20o.— Un garçon de 10 ans, ayant passé une nuit sur un drap sur lequel on avaii "iltu desepis de blé, s'éveilla le malin avec les paupières de l'œil gauclie gonnéeset douloureuses. Maigre l'emploi des topiques éniollienls, il se forma dans la paupière supérieure

(I) Traduclioii du Manud d<- Wcller par Mosti:atii, vol. I, p. 9. Glascow, 1821. (ïj II)m1.

ÔO^ MALADIES DE LA COiNJONCTlVE. )

un abcès qui vint s'ouvrir au-dessous du sourcil vers la tempe et laissa une ouverture (lu'on ne put fermer par aucun moyen. Avec le temps, la paupière commença à se renverser en deliors, sa muqueuse se gonnant et faisant licrnie, et linalement le renversement devint énorme. Huit mois environ après le déluit de l'alTection, l'excroissance fongueuse formée par la membrane interne de la pau|)ière recouvrait une portion considéralHe de la moitié supérieure du globe de l'œil, et mainlenail la piiupière tellement renversée, que son boni libre, surtout vers la tempe, touchait presque le sourcil. Lorsqu'on compri- , malt la paupière, elle cédalt'facilement, et il paraissait qu'elle serait bien descendue jusqu'à recouvrir l'œil, sans l'interposition du fongus de la membrane interne. Ce fongus étant sec et induré, Scarpa le fit recouvrir pendant 24 heures d'un cataplasme de pain et de lait; il l'enleva d'un seul coup de ciseaux courl)es, en ayant bien soin d'éviter le point lacrymal. Après l'extirpation, on découvrit dans le repli du fongus un morceau de paille d'un pouce • de long environ et épais d'une demi ligne. La paupière, après l'enlèvement de cette portion superflue de sa membrane interne, put descendre et recouvrir l'œil convenablement. Aucun svmptôme remarquable ne suivit l'opération, et dix jours après, l'enfant sortit de ■ l'hôpilal parfaiLenient guéri, et sans autre difformité qu'une légère élévation de la pau- • pière, dans le point où l'abcès s'était ouvert (1).

Des œufs d'iiisccles soiil quelquefois déposés enlrc les paui)ières et peuvent délerniiner des accidents très graves, ainsi que le démontre très bien l'observation suivante rapportée par M. Cloquet (2) :

Qljg Qog. Un homme, ÎJgé d'environ 50 ans, exerçant la double profession de chanteur des'rues et de chiffonnier, s'endormit dans la campagne, étant dans un étal d'ivresse complète Des mouciies de l'espèce musca carriaria vinrent déposer leurs œufs aux différents orifices naturels de son corps, entre les paupières, dans les narines, dans les oreilles et «ous le prépuce. Les œufs étant éclos, les larves en sortirent, dans le nez, les oreilles' les orbites, etc. Elles formèrent sous les téguments du crâne de larges cavités, percées d'ouvertures ulcérées, par où la pression les faisait sortir par milliers. Toutes les larves furent extraites dès le second jour de l'entrée à l'hôpital Saint-Louis. Les yeux lurent totalement détruits, et lorsqu'on eut fait sortir les larves à travers les perforations qui existaient à la cornée, les cristallins s'échappèrent. Les téguments du sommet du crâne tombèrent en gangrène, et le malade mourut un mois après son entrée, dans un état complet de démence, s'imaginant toujours être poursuivi par des assassins Le^ o* de la voûte du crâne étaient en partie nécrosés, et la dure-mere et l'arachnoïde enfiamniées (3).

(1) Sc.nPA. Trallalo dcllc principali malatllc dcgli oc.hi, vol I p. 170. f^^-^; t^'; ^g"

de corps étrangers de la conjonctive. Annales d Oculisl.que, t. X.\M1I, P- \2i,L\\,v.

'S'ï'a'boloslf chirurgicale, par Jclbs Cloquet, p. 60. I>-is 1851. c.s^ larves sous les paupières, voyez Bouilhet. Annales d OcuUslique , tome W , p. loo.

"nS'ëiSaSi 'S son aulenr, celle obscrvalion ne peu. être acceptée par nou. saJs eom ô e, 1 fait qu'elle relaie nous paraissant par Irop invraisemblable. Nous avons vu plù le c inqu inte fois des asUcols sur les plaies, nous avons suivi leur développemenl au m - S co pe eTnous pouvons garanlir que, mèn.e sur une charogne, leur développement n est pa IZluloL aussi rapide que le ferait supposer ladite observation. De plus, ces asf e ^ n on au n 0 gaLe perforant ni tranel.ant, ils n'ont que de faibles crochets pour >»a!"'^-"' ; "ri, enet, ils ne rongent pas les via.nles, mais se bornent ^^-'^r^']^}^ '^^ S„ quels la putréfaction les iransfornu., et ne peuvent nen sur les Ij.»' "^^^-^^^''^^j^-^J; , ^^^^ q„e

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craves. T. W.]

COUPS ih'UANGKUS ADIIKUENTS A 1, \ CONJONCTI Vlî .

ÎOhs. 207. — Oi)hll>(il)nics occasio)i)iecs par des insccics existant sous les puui)iêres \\). ù'ii 'smi I8ii, je fus l'oiisiillo pnr uik; jt^i'H'-' foiimio tic la ciiiiipiigno, qui se nliiigiiail (rune vive inlliiiimialioii do i'd'il droit : col oryaiio était on ofCcl iros roiigo, lii'iiiL'Iio et larriiovanl. Co dosordro datait du "li: le 'B, olle avait consulte son chiriirgioi), nui avait pratiqué une saignée qui ne produisit aucun elïel. Une seconde évacuation san- .'uine fut proposée, mais la malade ne voulut pas s'y soumettre, et vint me trouver. Sur la demande que jo lui lis si aucun coup n'avait |)u délerminer le nuil, elle mo dit que le di, vers neuf heures du malin, étant occupée à couper du seigle, olle avait ressenti un coup assez léger, à la vérité, dans l'œil, et (lu'aussilôt elle avait commencé h en souirrir. Jo crus îilors avoir alïaire à un corps étranger, et je me mis en devoir de m'en assurer. Après avoir écarté les paupières, j'aperçus un point blancluilre; je l'enlevai et le mis sur l'ongle pour le faire voir à la malade. Eii le lui faisant remar(iuor, quel fut mon étonnomenl de voir ce corps on mouvement. Je l'examinai avec attention, et je reconnus que c'était un petit ver. Me rappelant alors que certaines espèces do mouches déposaient leurs larves sur iliverses parties des animaux, je pensai que ce polit insecte n olail peul-ètro pas le seul :je lis couler trois gouttes d'huile d'olive sur le globe do l'œil, ol je pus hienlôl retirer dix vers successivemenl. Ces petits animaux se mouvaient avec une vitesse incroyable; ils étaient ronds , assez allongés, el plus petits que ceux qui sont déposés par la grosse niouclio sur les viandes : il y en avait dont la tôle paraissait avoir un point noir; ceux-ci semhlaienl plus vigoureux que les autres.

Obs. 208. — Vers la (in du même mois de l'année 184S, une dame conduisit chez moi, son lils âgé de 10 à il ans, et qui se plaignait d'une vive démangeaison à l'œil depuis la veille. Celte démangeaison élail survenue tout à coup après le contact d'une mouche, qui marqua à peine un temps d'arrêt sur l'organe : celle fois, le malade était sûr qu'un insecte l'avait touché. J'examinai attentivement, et je découvris de petits vers tout au fond de la paupière supérieure : j'employai le même procédé que la première fois, et je retirai six vers. Je crus avoir fini ; l'enfant s'en alla sans souffrir. Comme on parla de ce fait comme de quelque chose d'extraordinaire, un médecin eut l'occasion de voir l'enfant, cl examinant son œil, il aperçut d'autres vers; il me le renvoya aussitôt, el j'enlevai encore deux vers. Depuis lors, l'enfant est bien guéri et n'a plus rien ressenti à l'œil.

Obs. 209. — Franscisca Zembrana de Juana Diaz (île de Puerlo-Rico), âgée de 20 ans, étiiil depuis quelques semaines atteinte d'une ophthalmie palpéhrale ayant son siège principal au grand angle de l'œil droit, accompagnée d'écoulemenl purulent fétide ot de démangeaisons insupportables. Fatiguée de montrer son œil ii différents médecins du pays, olle se rendit à Ponce pour consulter M. Carron du Villards, qui, à première inspection, déclara qu'il s'agissait d'une larve de la mouche de la viande el qu'il en distinguait les crochets mandibulaires au rebord d'un trajet comme fistuleux. J'avoue que pour mon compte je ne voyais rien; mais M. Carron m'ayanl indiqué deux points noirs, je les reconnus en effet. Il introduisit une pince à pupille artificielle dans l'ouverture et chargea inimédialemenl par la tète la larve qui fut extraite avec quelques efforts; elle était de beaucoup plus large que l'ouverture de la fosse où elle était nichée. L'animal fut extrait vivant, c'était une larve apode de neuf lignes do longueur, pourvue de treize anneaux recouverts do poils et d'un appendice respiratoire caudal à trois branches. Sa tète était arméede deux crochets mandibulaires très forts el noirs. Tous les symptômes d'ophthalmie disparurent immédiatement. 11 est probable que pendant le sommeil, une mouche à viande avait pondu ses œufs au grand angle de l'œil et qu'un de ceux-ci, éclos , sa larve avait creusé sa niciie pour y attendre son évolution (2). T. W.]

[(1) Annales d"Oculisliqiic, l. XV, p. 135. Obs. par A. Bouiluet. [(2) P. TETrAMA^7.l. — Observation inédite ISyC.

MALADIF.S DE LA CONJONCTIVE

SECTION m. s

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